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 Prononciation du français du 17ème / 18ème siècle

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Greenheart
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MessageSujet: Prononciation du français du 17ème / 18ème siècle   Lun 8 Aoû 2011 - 20:44

En parcourant le livre de grammaire du Père Buffier, je suis tombé sur ce que je recherchais depuis si longtemps : la description exhaustive de la prononciation du français par rapport à son orthographe, avec en prime les variations suivant les régions, la caste sociale et le ton déclamé / chanté.

***edit***

Titre exact de l'ouvrage :

Grammaire françoise sur un plan nouveau
Avec un traité de prononciation des e et un abrégé des régles de la poésie françoise
Nouvelle édition revûë, corrigée et augmentée.

Par le Père Buffier, de la Compagnie de Jésus

A Paris, chez Bordelet, rue St. Jacques, vis-à-vis le College des Jésuites, à Saint Ignace.

M. DCC. XXIX.

Avec Approbation et Privilége du Roy.

Dédicacé à son Altesse, Madame la Duchesse du Maine.

***


C'est une source directe de l'époque. Le père Buffier va jusqu'à décrire la position de la langue dans le cas de voyelle litigieuse. Il recourt à des caractères latins ou grecs figurant dans la table des caractères de Windows 7 pour identifier certains sons qui n'ont pas d'équivalent en un seul caractère dans l'alphabet français de l'époque. Il fait référence aux prononciations des voisins Italiens ou Espagnols. Il fournit des exemples pour chaque cas de figure, et propose une transcription partielle en orthographe simplifié pour chaque mot présenté exemple. Il fait aussi référence à l'orthographe etr à la prononciation jusqu'à un siècle auparavant. Il indique pour chaque homophone potentiel sa traduction en latin pour couper court à tout équivoque.

Je vous propose de poster ici mes notes, en sachant que ce fil recoupe certains autres fils du forum, en particulier ceux qui proposent des simplifications de l'orthographe du français, mais aussi ceux qui évoquent les différentes manières de prononcer le français, notamment Belge ou Canadienne.

*** précision ****
J'ai maintenu évidemment l'orthographe exacte du livre.
Lorsque j'ai eu l'impression qu'il y avait une coquille ou lorsque la transcription de la prononciation possible est de moi, je mets des points d'interrogation.
Si j'essaie de transcrire la prononciation, je me sers des mêmes règles de transcription que Buffier.


Dernière édition par Greenheart le Jeu 11 Aoû 2011 - 22:23, édité 2 fois
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Greenheart
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MessageSujet: Re: Prononciation du français du 17ème / 18ème siècle   Lun 8 Aoû 2011 - 20:49

J'ai malheureusement commencé ma prise de notes après la présentation de l'alphabet français de l'époque, donc je laisse ce post vide pour le compléter plus tard.

J'ai cependant retenu qu'il ne s'agit pas de l'alphabet actuel, même si il en est proche.

Deux lettres sont renvoyés en fin d'alphabet : le J consonne (qui ne se confond pas avec le I voyelle) et le V consonne (à ne pas confondre avec le U voyelle).
Y est considéré comme une voyelle pure, formée à partir d'un I modifié pour être plus lisible, notamment en position finale.

***edit***

Voici les notes sur l'alphabet :

***

Buffier distingue les voyelles des consonnes ainsi : il n’est pas possible de faire durer le son des consonnes sauf pour « s » et « ch » mais pour le « s » et « ch » on n’obtient qu’un filet d’air en guise de prolongement.

De fait, Buffier considère les sons AN, EN, IN, ON, UN comme de « pures voyelles » qu’il va noter avec les caractères grecs ou latin : α (alpha), ε (epsilon), (illisible), ω (omicron), ȣ (lettre latine OU), (illisible, une espèce de S renversé).

***

Les 25 caractères de l’alphabet
A se prononce « a ».
B se prononce « bé ».
C se prononce « cé » (« sé » ?).
D se prononce « dé ».
E se prononce « é ».
F se prononce « éfe » (« èfe » ?).
G se prononce « gé » (« jé » ?).
H se prononce « ache »
I voyelle se prononce « i ».
K se prononce « ka ».
L se prononce « éle » (« èle » ?).
M se prononce « éme » (« ème » ?).
N se prononce « éne » (« ène » ?).
O se prononce « o ».
P se prononce « pé ».
Q se prononce « ku ».
R se prononce « ére » (« ère » ?).
S (transcrit ſ ) se prononce « esse » (« ésse » / « èsse » ?).
T se prononce « té ».
U voyelle se prononce « u ».
X se prononce « ixe » (« iks » / « ics » ?).
Y se prononce « i grec ».
Z se prononce « zéde » (« zède » ?).
J se prononce « J consonne » (« i consonne » ?)
V se prononce « V consonne » (« u consonne » ?).

***

Buffier préconise dans l’apprentissage de la lecture de faire prononcer le nom de certains caractères ainsi :

F se prononcerait « fe » au lieu de « éfe ».
M se prononcerait « me » au lieu de « éme ».
X se prononcerait « xe » au lieu de « ixe »
Afin que l’élève ne soit pas tenté d’ajouter des voyelles : « xo » mal prononcé « ixo ».

Buffier propose dans la foulée d’apprendre les consonnes de l’alphabet en les appuyant seulement sur la voyelle e muet (« eu » de peu ?) : « be, ce, de… » (prononcé « beu, seu, deu… » ?).
Lorsqu’on combine les 25 caractères on obtient les 33 sons divers de la langue française, listés dans la table 220 (p.220 de l’édition, 153 du livre Google).


Je reposte la table 120 complète en page 2 ou 3 de ce fil.


Dernière édition par Greenheart le Mar 9 Aoû 2011 - 12:48, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Prononciation du français du 17ème / 18ème siècle   Lun 8 Aoû 2011 - 20:51


A : Varie en longueur mais pas en son (timbre) (p.362G)

AY : Y tient lieu de deux « i ». Le premier se joint au A pour faire AI. « Pays » se prononce « Pai-is ». Le Y est parfois remplacé par ï, mais Buffier pense que c’est incompatible avec une règle sur l’usage du tréma au-dessus d’une voyelle, renvoi au numéro 370.

***


E : Trois timbres différents au moins – e (muet), é (fermé), è (ouvert). Pour dire l’alphabet, Buffier utilise é (fermé) sauf dans le cas de « esse » mais il peut y avoir une erreur typographique. Tous les auteurs n’utilisent pas les accents sur les e.

E muet : à la fin d’un mot et devant une voyelle, il disparaît : « dire une étonante avanture » se prononce « diru nétonan tavanture ».

E muet ne se prononce pas dans les temps futurs et incertains (conditionnel) : « il étudiera » « je plierois » se prononcent « il étudira » « je plirois ». Buffier note que certains suppriment ce e muet à ces temps.

E muet ne se prononce pas à la fin des monosyllabes et est remplacé par l’apostrophe : « le enfant » ne se dit pas, mais « l’enfant ». « On ne entend » ne se dit pas mais « On n’entend ». « Je crois que enfin » ne se dit pas mais « Je crois qu’enfin ». De même pour « jusque » - « jusqu’au jour ».

E muet n’est pas supprimé dans les autres cas, mais Buffier indique que certains auteurs le font (pas ceux qui ont « le plus de réputation »).

E muet ne se prononce pas lorsqu’il suit un C ou un G et qu’il est suivi d’un A ou d’un O. Le C se prononce alors S, le G se prononce J (consonne). « il commencea » se prononce « il commensa ». « nous mangeons » se prononce « nous manjons ». De même « Jean » se prononce « Jan », « Asseoir » se prononce « assoir ».

E muet après une voyelle à la fin d’un mot sert à indiquer que la voyelle se prononce longue : « vie » se prononce « vi » (« vi-i » ?), « journée » se prononce « journé » (« journé-é »), « ils rient » se prononce « ri » (« ri-i »).

ENT dans les verbes à la troisième personne au pluriel : le NT n’est là que pour figurer le pluriel. Il ne se prononce pas. « ils crient » se prononce « cri-i ».

ER dans les verbes à l’infinitif. Le E de ER est considéré comme accentué, donc comme un é (fermé). Si un E se trouve dans l’avant-dernière syllabe, il se transforme en é (fermé) quand le dernier E devient muet. « mener » devient « je méne », « je ménerai ».

É fermé : Buffier préconise l’accent systématique du moment qu’il correspond à la prononciation, sauf règle générale. Il précise que la moitié des français ne prononcent pas correctement ce é, en particulier ceux du Rhône (« Rône ») et de la Garonne (« Garone »).

E se prononce toujours é fermé quand il est la dernière voyelle et qu’il porte l’accent aigu : « Café » « Bonté », « Estimé ».

E se prononce é fermé à la seconde personne du pluriel : « Vous aimés », « vous chantés », « assez » et « nez ».

ES / EZ : Le S et le Z ne se prononcent pas et servent seulement à allonger la voyelle é (fermé).

É fermé se trouve à la fin de tous les participes passés « aimé », et de tous les noms en té et tié dérivés du Latin : « Charité ».

É fermé à la fin des secondes personnes au futur ne s’ouvre pas : « vous dirés », « vous irés ». Il s’agit d’un accent bourgeois parisiens, mais pas de l’usage ou de la cour.

É fermé à l’intérieur d’un mot suivi d’une autre voyelle : « géant » « géométre », « néophite », « réunir ». Voir 836 et 837 quand é ne fait qu’une même syllabe avec la voyelle suivante.

É fermé dans les infinitifs et les mots en ER où le R ne se prononce pas : « louer » se prononce « loué », « danger » se prononce « dangé ».

ET monosyllabe : se prononce « é », le T ne se prononce pas, les Gascons ouvrent le é en è.

ER se prononce èr pour les mots « Hiver », « altier », « cancer », « enfer », « léger », « amer », tous les monosyllabes en ER comme « fier », « cher », tous les noms propres latins ou étrangers « Jupiter », « Luther ». « Singulier », « particulier » sont tantôt prononcés avec un « é », tantôt un « èr » avec une préférence pour le « é ». Idem pour « entier » avec préférence pour le « èr ».

È ouvert : deux sortes : un peu ouvert, très ouvert.

È ouvert : avant-dernière syllabe suivie d’un e muet est un peu ouverte. « difère », « mistère », « litière », « grèfe », « mène », « tristesse ». Les Normands ferment ce è.

EX et devant deux consonnes : Le X est une double consonne, le E est donc un peu ouvert. « Examen », « étrange », « infestant ».

E muet devant deux consonnes pour dix exceptions dont : « decret », « regret », « secret », « fesser », « vessie ».

EN ou EM fait exception avec nasalisation : « entrer », « rempli », « disent ».

RESS fait exception : le E est muet comme dans « ressentir ».

ELER / ETER fait exception : le E de l’avant-dernière syllabe est muet comme dans « apeler », « acheter », mais s’ouvre un peu quand il devient l’avant-avant-dernière syllabe « apèlerons » « chèteroient ».

E final suivi d’une consonne qui se prononce : é un peu ouvert. « bec », « nef », « motet » ( !), sauf « lent » (nasal), « aiment », « vérités », « chantes » dont les consonnes finales ne se prononcent pas.

E dans les syllabes issues du latin suivi d’une seule consonne, un peu ouvert : « gémir », « téméraire », « prétendre », sauf l’avant-dernière syllabe de « lever », « venir », « tenir ».
E dans la première syllabe DE suivi d’une consonne, un peu ouvert : « dépit », « défaire ». Exception : « desir », « devoir », « denier » (la monnaie), « devin », « deviner », « demi ».
E dans la première syllabe RE suivi d’une consonne, un peu ouvert : « répéter », « réformer » et chaque fois qu’elle signifie « réitération », « redire ». Exception « Recevoir », « reprendre ».

EL / ER final ou suivi d’une consonne : è très ouvert. « Sel », « Cartel », « Hiver », « Mer », « Ouvert », « Ternir », « Fermer », « Anselme ».

ES pluriel d’un é un peu ouvert ou CES / RES singulier : è très ouvert. « Projets », « Profes » // « abscès » « Progrès », « très », « dès », « près ».

Articles et pronoms en es : un peu ouvert sauf en position finale très ouverts : més, tés, cés, dès, lés. « més amis », « cés gens-là », « lés princes » mais « dites-lès ».
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Greenheart
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MessageSujet: Re: Prononciation du français du 17ème / 18ème siècle   Lun 8 Aoû 2011 - 20:54

I se prononce « i » marqué, même dans « bien » ou dans « rien ». Buffier note l’erreur « ben » et « ren ».

I devant L et précédé d’une autre voyelle ne se prononce pas, marque le L mouillé (« y » consonne ?) : « travailler », « veiller », « mouillé », « vermeil », « travail », « fenouil ». Prononcer « Trava-iller » (« trava-yer » ? »), « mou-iller » (« mou-yer »). Buffier propose le caractère λ
pour marquer le L mouillé.

IN / IM : Le I nasal se prononce comme le E nasal ouvert èn dans les mots courts (pas plus de deux syllabes : « Vin » se prononce « vèn » (« vaine ? »), « inde » se prononce « ènde » (« aine-de » ?).
IN / IM se prononce I nasal dans les mots plus longs : « infini » et pas « ènfini », « imprudent » et pas « èn ». Le parisien prononcera « ènfini », « ènmprudent ».

Ï est parfois utilisé pour marquer deux I comme dans « pays » (« pai-is ») mais Buffier préconise l’usage du Y, réservant l’usage du tréma à d’autres règles de prononciation.

Le I voyelle n’est pas confondu avec la graphie Y consonne ou I mouillé dans « employer » « voyions », « ayant » ou « aïant »
I voyelle se prononce langue en avant jusque sur les dents.
Y (consonne) ou I mouillé se prononce en arrière, langue pliée vers le palais, brièvement.

***

O se prononce d’une seule façon.
O plus ouvert selon certain dans « mobile », « opter », « motion », et plus fermé dans « soner », « voguer » mais Buffier juge la différence très faible.

***

U se prononce d’une seule façon, sauf pour les mots étrangers ou Latin.

UM / UN emprunté au latin devient O nasale : « Factum » prononcer « factom », « rectum » prononcé « rectom », « usuncassant » prononcer « usoncassant ». « Fundus » se prononce « fondus ».

U ne se prononce pas comme V consonne.
I ne se prononce pas comme J consonne.

***

Y voyelle n’a pas d’autre son que l’Y voyelle.
Ce serait un I transformé par un trait de plus des copistes lorsque situé en fin de mot.

YEUX, YVOIRE, YVRE à l’origine IEU, IVOIRE, IVRE, le Y est utilisé pour éviter la confusion visuelle du I avec un J, et le U confondu avec V, et éviter la prononciation JEUX, JURE.
De même le mot Y dans « y pensez-vous », « je vous y trouve », « il y a ».
Y remplace deux I consécutifs chez les auteurs : « essaiiyer » devient « essayer », « voiiions » devient « voyons ».
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MessageSujet: Re: Prononciation du français du 17ème / 18ème siècle   Lun 8 Aoû 2011 - 20:55

DIPHTONGUES IMPROPRES : groupes de plusieurs voyelles

Le tréma sert à indiquer quand il faut séparer en plusieurs syllabes un groupe de voyelles : « haïr » se prononce « ha-ir » et pas « hèr » ; « Pirithoüs » se prononce « Piritho-us » et pas « Piritous ».

AE vient du grec et a le son « é » : « Aegipte » (« éjipt » ?), s’écrit aussi « Egipte » ; « Aenée » (« éné-é » ?) s’écrit aussi « Enée »

CAEN : on ne prononce que le A : « can ».

***

AI / AY en fin de mot : son é fermé quand il s’agit des deux dernières lettres d’un mot : « je dirai » ou « je diray », « j’estimai », « moi de mai », se prononce « je diré », « j’estimé », « mois de mé ». Exception : « vrai », prononcé ouvert, ainsi que parfois « essai » et « délai ».

AIS ou AIE : son è ouvert. « Jamais », « effais », « plaie », « futaie », se prononcent « jamès », « effès ».

AI suivi d’une consonne à l’intérieur d’un mot se prononce plus ou moins ouvert selon la voyelle qui suit (plus ouvert si c’est un e muet).
AIL suivi de deux L ou un seul L final : A reste « a », I marque le L mouillé. « mail » se prononce « a-il » (« a-ye » ?), « émailler » se prononce « éma-iller » (« éma-yer » ?).

***

EI suivi de deux L ou d’un seul L final : E reste « è », I marque le L mouillé. « Soleil » se prononce « solé-il », « veiller » se prononce « vé-iller ».

***

AO dans « Paon », « Faon », « Laon » (ville) et « Août » se prononce « pan », « fan », « Lan », « oût ». Aussi « Saone » (rivière) donc « Sane », parfois prononcé et écrit « sône ».

***

EAU se prononce O, comme dans « chapeau », « foureau », « marteau », prononcer « chapo », « fouro », « marto », sauf dans « fleau » - « flé-au ».

EAU et SCEAU se prononcent « e-o » et « sce-o ». Le « e » est quasiment inaudible.

EA et EO : voir numéro 803.

***

EI / EY se prononce é fermé : « peine » se prononce « péne », « enseigner » se prononce « enségner ».

EIN / AIN / èN se prononcent pareil : « dessein » se prononce « dessèn ».

EU : Une seule prononciation (de « meuble », et pas de « peu ») renvoie à la table à ω


VEU, CREU, EU participes passés se prononcent U (« vu, cru, u »), comme les prétérits « je feus » (« je fus »), « tu peusses » (« tu pusses »), les noms en EUE et EUR dérivés de verbes : « veue » (« vue ») , « piqueure » (« piquure »). De même « feur » (« fur »), « meur » (mur), Europe (« urope ») et l’adverbe « à jeun » (« à jun ») et le prénom « Eustache » (« ustache »). Buffier indique que le E de ces mots est en train de disparaître à l’usage.

HEUREUX se prononce « UREUX », mais l’usage persiste de déclamer ou chanter « heureux ».
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MessageSujet: Re: Prononciation du français du 17ème / 18ème siècle   Lun 8 Aoû 2011 - 20:57

OE se prononce « é » fermé : « oeconomie » se prononce « économie ».

OEU se prononce « eu » (de meuble) : « œuvre » se prononce « euvre », « oeuil » se prononce « euil ».

***

OI se prononce « è » ouvert (« ai » ?), ou bien en deux syllabes « o-è » (« o-ai » ?).

OI se prononce « o-è » (il y a cent ans, toujours o-è) aujourd’hui dans tous les cas o-è, sauf :

OI dans Imparfait et incertain (conditionnel) des verbes : se prononce è : « je parlois » se prononce « je parlès » ; « tu ferois » se prononce « tu ferès ».
OI dans les verbes en OITRE, et dans FOIBLE se prononce è : « connoître » se prononce « connètre » et « foible » se prononce « fèble ».
OI dans « endroit », « froid », « étroit », « adroit », « droit » quand il veut dire rectiligne (RECTUS), « croire », « noyer », « nétoyer » « sois, soyez » se prononce è ou parfois o-è. « endrèt », « frèd », « étrèt », « adrèt », « drèt », « néyer », « nétéyer », « sés, séyer » dans le discours familier, o-è dans le discours soutenu, la déclamation, le chant.

OI se prononce o-è quand il s’agit de l’arbre « noyer », le droit (la justice, JUS), dans « ainsi soit-il », dans « soit » (fiat en latin), dans « soit » (five).

OI dans les noms de nations voisines se prononce è : « Francois », « Anglois », « Ecossois », « Irlandois », « Holandois », « Polonois ».
OI dans les noms de nations éloignées se prononce o-è : « Suèdois » se prononce « Suèdoès », « Danois » se prononce « Danoès », « Siamois » se prononce « Siamoès », « Hongrois » se prononce « Hongroès ».

OI ne se prononce pas OU-A. C’est la prononciation parisienne : « bois » se prononce « boès » et non « boas », « poix » se prononce « po-è » et non « pou-as ».

***

OU n’a qu’un seul son, marqué par Ȣ majuscule ȣ minuscule

C’est la prononciation italienne et espagnole de U.

***

OIE et AIE à la fin d’un verbe n’ont que le son de è : « Ils avoient » se prononce « ils avè », « ils essaient » se prononce « ils essè ».
Le NT ne marque que le pluriel, le E n’est là que pour allonger OI ou AI.

Dans la prononciation soutenue OIENT et AIENT, le T final se prononce légèrement. Jamais le N.

***

UEIL ne se trouve que devant le L final, le I permet de prononcer le L mouiller, UE se prononce EU de meuble : « dueil » se prononce « deu-il ».
L’inversion du E et du U s’explique par la crainte de voir prononcer « recueil » écrit « receuil » « resseuil ».

***

UE, UA, UI, UU, UO après Q, voir numéro 890.
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MessageSujet: Re: Prononciation du français du 17ème / 18ème siècle   Lun 8 Aoû 2011 - 20:58

LES DIPHTONGUES PROPRES : voyelles qui gardent leur son particulier quand elles sont ensemble

« Dieu » se prononce « DI-eu », il s’agit d’une seule syllabe parce que les voyelles s’enchaînent vite, mais il s’agit aussi d’une diphtongue propre.

Dans le discours ordinaires, toutes les diphtongues propres sont enchaînées : « Diable » ne se prononce pas « Di-able », « Lier » ne se prononce pas « Li-er », « violon » ne se prononce pas « vi-olon », « jouer » ne se prononce pas « jou-er », « jouaie » (joie ?) ne se prononce pas « jou-aie », « oui » ne se prononce pas « ou-i », « fuir » ne se prononce pas « fu-ir ».

L’accent Gascon consiste à faire l’inverse : « action » prononcé « acti-on », « lier » prononcé « li-er ».

Exception : si précédé de L ou de R ; plus la diction en poésie. « Nous plions » se prononce « Nous pli-ons », « vous voudriez » se prononce « vous voudri-ez ».

***

LES VOYELLES NASALES
Table 220.
Voir 880 : toutes les voyelles suivies de N ou M ne sont pas nasales.
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MessageSujet: Re: Prononciation du français du 17ème / 18ème siècle   Lun 8 Aoû 2011 - 20:59

PRONONCIATION DES CONSONNES AU DEBUT DES MOTS

B : Son propre constant.

***

C : Son propre du K, sauf devant les voyelles E et I, son propre du S. « camart » se prononce « kamart », « colier » se prononce « kolier », « cure » se prononce « Kure » mais « céder » se prononce « séder », « civil » se prononce « sivil ». Le ç (cédille, c renversé) dessous le c force le son propre S. « glaça », « garçon », « aperçu » se prononce « glassa », « garson », « apersu ».

Le C ne se prononce pas avant le T de « conctrat » (?) : « contrat ».

Le C se prononce G dans « second » (« segond »), « secret » (« segret ») et dérivés, ainsi que deuxième c de « cicogne » (« sigogne »).

CH son propre CH (caractère grec ou latin illisible) : « Char », « cher », « chose », « chimie », « chute », « chou ».

CH dérivé du grec se prononce K : « chiromancie » se prononce « kiromancie », « chœur » se prononce « Koeur », « choriste, « écho », « archiépiscopal », « Bacchus », « Chersonèse ».

Dans « Cheval », « Chevaux », « Acheter », il faut le prononcer proche du J comme « ajeter ».

CH devant consonne a toujours le son K : « Chrême » se prononce « Krême », « Christ » se prononce « Krist ».

***

D se prononce d’une seule manière.
Il y avait des D étymologiques (voire faussement étymologique) qui ne se prononçait pas et sont en cours de suppression : « adversion », qui se prononce « aversion » et vient de « aversor ».

***

F se prononce d’une seule manière.
De même les F non prononcés sont en cours de suppression, sauf pour Chef-d’œuvre, prononcé « ché-d’œuvre ». « Juive » s’écrivait avant « Juifve », avec le F non prononcé.


Dernière édition par Greenheart le Mar 9 Aoû 2011 - 2:32, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Prononciation du français du 17ème / 18ème siècle   Lun 8 Aoû 2011 - 21:01

G se prononce d’une seule manière mais devant E ou I devient J : « Manger » se prononce « Manjer », « régir » se prononce « réjir ».

GEA, GEO : le E sert à donner à G le son J : « IL mangea » se prononce « manja », « nous mangeons » se prononce « manjons ».
Sauf quand E et O sont deux syllabes différentes dans les mots venus du grec : « géométre », « géographe », « géant » et leurs dérivés – « gé-omètre ».

Certains marquent la différence entre « geolier » prononcé « jolier » et « géomètre » prononcé « gé-omètre » en ajoutant un tréma sur la lettre après le E. Sinon on ajoute aussi un accent sur le è pour le différencier du e qui marque seulement le G transformé en J. L’usage n’est pas fixé.

GUE, GUI : Le U ne se prononce pas, le G redevient G : « guenon », « guérir », « guide », se prononcent « ghenon », « ghérir », « ghide ».

Exceptions : « Güise » (sans doute « Guïse ») et « Guïde » (noms propres), « aiguïlle », « aiguïser », « ciguë », « ambiguë », « contiguë », « ambiguïté ». Les trémas marquent la voyelle qui suit le U. Prononciation ? « Ghu-ise », « Ghu-ide », « aighu-ille », « aighu-iser », « cighu-u », « ambighu-u » etc.

***

GN désigne le son propre ñ espagnol : « dogne » pour « doña » ; « régner », « enséigna ».

GN prononcé N dans « signer » - prononcer « siner », « signifie », prononcer « sinifie ».

Les deux prononciations sont concurrentes pour « agneau » (gens de lettres) / « aneau » (gens de la cour).

G ne se prononce pas dans « vingt », « legs », « doigt ». Il s’écrit pour les distinguer de « vin » (« vèn » ?), « lait » et « il doit ».

***

H précédé de C, donne CH.
H précédé de P donne F : « philosophie » se prononce « filosofie ».

H aspiré : la voyelle d’avant se prononce comme si H était une autre consonne : « sa honte », « le hazard » comme dans « le péril », « sa disgrace ».
H non aspiré : H ne se prononce pas. « L’horreur », « son humeur » se prononcent « l’orreur », « son umeur ».

H non inspiré dans les mots dérivés du Latin sauf « héros », « harpie », « hennir » et quelques autres.

Liste exhaustive des mots dont le H est aspiré - les autres sont non aspirés :

>> je transcrirai cette liste plus tard <<

***

Pluriel du mot Henri – H aspiré. Singulier, les deux sont possibles.
Holande, Hongrie : H aspiré sauf d’Holande, d’Hongrie, sauf « les troubles de Hongrie ». « le fromage d’Holande » « le vin d’Hongrie ».

Le H ne se prononce pas dans le milieu des mots. « Rhétorique » se prononce « rétorique ».

H suivi de I fait prononcer J consonne le I : Hiérusalem, Hierome, Hierarchie se prononcent Jérusalem, Jérome, Jérarchie. Les noms propres peuvent s’écrire avec un J, mais pas Hiérarchie.

L’usage familier peut ne pas aspirer le H : « une halebarde » prononcé « une alebarde »
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MessageSujet: Re: Prononciation du français du 17ème / 18ème siècle   Lun 8 Aoû 2011 - 21:02

L garde un son propre.

Sauf dans les mots où il est écrit mais non prononcé, et le L tend à disparaître.
« Tiltre » se prononce « titre », « quelque » se prononce « quèque », « quelqu’un » se prononce « quéqu’un », « fils » se prononce « fis », « ils » se prononce « is » ???

***

L redoublé sans être précédé de I se prononce comme L sauf pour tous les mots qui commencent par ILL : il faut prononcer les deux L, comme dans « illustre », « illégitime ».

L double précédé de I donne L mouillé sauf pour « argille », « Achille », « distille », « imbécille », « idille », « mille », « pupille », « sillabe », « tranquille », « ville ». certains n’écrivent qu’un seul L.

L final précédé de I, le L mouille un peu dans « babil », « péril », « Avril », « Bresil » (le pays), mil (grain).

L final précédé de I ne se prononce pas dans « chenil », « baril », nombril », « gril », « perfil », « fusil », « sourcil » - « prononcer « cheni », « bari » etc.

GENTILHOMME : On doit mouiller le L autant que dans ŒIL.
GENTILSHOMMES : On ne prononce pas le L : on prononce « gentishommes ».

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MessageSujet: Re: Prononciation du français du 17ème / 18ème siècle   Lun 8 Aoû 2011 - 22:14

Le M a un son propre.

M suivi d’une autre consonne devient N nasal : « Prompt » se prononce « pront », « emmener » se prononce « en-mener », « sembler » se prononce « sen-bler ».
Sauf « Amnistie », « Amsterdam » et autres mots étrangers, où le M bien que suivi d’une autre consonne se prononce M.

Sauf les mots qui commencent par IMM : Les deux M se prononcent, comme dans « immoler », se prononce « im-moler » et non « i-moler » ; « immédiat », se prononce « im-médiat » et non « i-médiat ».

***

Le N a deux valeurs : N nasale et N consonne, voir p. 120.

N est consonne quand elle est en début de mot, comme dans « nier », « renier ».
N est consonne entre deux voyelles à l’intérieur d’un mot, comme dans « animal ».
N est consonne quand précédé d’une autre consonne, comme dans « borner ».

Dans les autres cas, N comme M est nasale et change la voyelle qui précède.

Exceptions : N précédé d’un A ou d’un O puis suivi d’une autre M ou N, dans ces cas, A et O ne sont plus nasales : « condamner » se prononce « condaner », « année » se prononce « anée », « bonne » se prononce « bone », « homme » se prononce « home ». Si on fait le contraire, on prononce à la Normande.

Pour EN et EM, même principe, avec nasalisation ; « ennui » se prononce « an-nui », « emmener » se prononce « an-mener ». Mais « femme » se prononce « fame » et « innocent » se prononce « inocent ».

EN et EM suivis d’une consonne autre que N se prononce comme AN : « enfant » se prononce « anfant » ; « entendre » se prononce « antandre » ; « femme » se prononce « fame ».

Quatre exceptions :
ENT de la troisième personne du pluriel : seulement le son du E muet. « ils disent » se prononce « dise ».

EN garde le son de « en » (« èn ») quand il est suivi d’un autre N : « ennemi », « prenne » sauf pour « ennui », bennir », « nenni » qui se prononcent « an-nui », « banir », « nani ».
Il faut distinguer le é nasal (sonnant) par exemple dans « ennemi » – du e muet nasal comme dans « entrer », il faudrait mettre un accent aigu sur le é nasal sonnant : « énnemi », « entretièn », « viènnent ». La suite de la grammaire indiquera ces accents à l’attention des lecteurs étrangers.

IEN sans T se prononce « ièn », comme dans « bièn », « fièns », « vièns », « tièns » et leurs composés « soutièns », « il maintiènt » car ils gardent la prononciation de leur première personne.
IENT avec le T : « orient » se prononce « oriant », « patient » se prononce « patiant » parce qu’ils finissent par un T.

Mots étrangers en EM et EN : ils gardent le son propre de ém et én : on prononce donc « Jérusalém », « hymén », « èxamén » et pas « Jérusalan », « Hyman », ni « Jérusalén », « Agaménnon ».

***

Nasales IN et IM : se prononcent AIN ou éN : « destin » se prononce « destain » ou « destèn », « timbre » se prononce « taimbre » ou « tèmbre », « fin » se prononce « fain » ou « fèn »,
IN ou IM en début de mot non monosyllabe : on prononce I nasale : « imbu » et pas « aimbu », « intraitable » et pas « aintraitable ». Si on fait le contraire, on prend l’accent parisien, bourgeois ou de certains lettrés. « Indes » est considéré comme monosyllabique et se prononce « aindes ».

***

Le N à la suite du G donne la prononciation notée ñ en espagnol.
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MessageSujet: Re: Prononciation du français du 17ème / 18ème siècle   Lun 8 Aoû 2011 - 23:15

Merci pour cette plongée dans la mémoire de la phonologie françoise.

Le françois était déjà une langue pas évidente à prononçer, ça n'a guère changé avec le temps.

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MessageSujet: Re: Prononciation du français du 17ème / 18ème siècle   Mar 9 Aoû 2011 - 0:07

P se prononce P.

Il ne se prononce pas dans « baptême » et ses dérivés, sauf « baptismal ».
Il se prononce dans « septuagénaire » et « septuagésisme » mais pas dans « sept ».
Il ne se prononce pas le plus souvent dans « pseaume »
Il se prononce dans « Psalmiste » et « Psautier ».
P ne se prononce pas dans « Ptisane », « temps », « corps », « compte », « compter », « prompt », « nepveu », « niepce », « èxempt » ( ?). Certains écrivent aussi ces mots sans le P.
PH se prononce F : « Philosophie » se prononce « filosofie », « Phisique » se prononce « fisique ».

***

Q se prononce K.
Q est toujours suivi du U sauf pour « Coq » et « Cinq ».

Q et U se prononcent K : « Quaré » se prononce « karé », « querelle » se prononce « kerelle », « qui » se prononce « ki », « quelqu’un » se prononce « kelk’un ».

Exception : QU se prononce KU dans « équestre » - « écuestre » ; « équiangle » se prononce « écuiangle » ; « quincagésime » se prononce « cuincagésime » ( ?) ; ainsi que dans leurs dérivés.

Exception : QU se prononce KOU dans « aquatique » - « akouatique », « quadragénaire » se prononce « kouadragénaire », « quadragésime » se prononce « kouadragésime », « quadrature » se prononce « kouadrature » ; « équateur » se prononce « ékouateur ».

***

R se prononce R

R ne se prononce plus dans « mercredi » - qui s’écrit « mécredi ».

R ne se prononce pas dans « quatre », « notre », « votre » quand ils sont suivis de leur substantif et que ce substantif commence par une voyelle (sauf chez les Gascons ou par pédanterie). « votre livre » se prononce « vot livre » ; « votre présent » se prononce « vot présent » ; « quatre persones » se prononce « quat persones ».

Le R se prononce dans les autres cas : « quatre amis », « j’en ai quatre ».
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MessageSujet: Re: Prononciation du français du 17ème / 18ème siècle   Mar 9 Aoû 2011 - 0:09

S de prononce S au début et à l’intérieur des mots tant qu’il n’est pas entre deux voyelles.

S seul entre deux voyelles se prononce Z : « oser » se prononce « ozer », « bise » se prononce « bize ». De même après la préposition latine « trans » suivie d’une voyelle : « transiger » se prononce « tranziger », « transition » se prononce « tranzition » ainsi que dans leurs dérivés « transaction » se prononce « tranzaction »).

S redoublé permet de retrouver le son « S » entre deux voyelles : « ressembler », « ressort ».

S unique entre deux voyelles sonne quand même S dans les mots suivants : « désaisir » se prononce « déssaizir » ; « préséance » se prononce « présséance » ; « présentir » se prononce « préssentir » ; « présentiment » se prononce « préssentiment » ; « présuposer » se prononce « préssupozer » ; « tournesol » se prononce « tournessol » ; parce que « pré » est comme un mot séparé.

S devant CH ne se prononce pas : « schisme » se prononce « chisme ».

Beaucoup de S ne se prononcent pas dans les anciennes orthographes. Voici les règles pour discerner le S qui se prononce du S qui ne se prononce pas :

S se prononce dans les mots en ISME : « catéchisme », « schisme ».
S se prononce dans les syllabes IST, YST ou AUST : « Christ », « mistére », « austral » à l’exception du subjonctif des verbes comme « il fist » et dans les mots « giste », « viste », « Jesus-Christ » bien qu’on le prononce dans « Christ » sans le « Jesus ».

S se prononce dans les mots composés d’une préposition et d’ « escrire » : « Prescrire », « inscrire », « transcrire », « souscrire » et leurs dérivés, mais on ne prononce pas le S dans « escrire » - « écrire », « descrire » se prononce « décrire » et « rescrire » se prononce « récrire ».

S se prononce devant les lettres qui se prononcent K : « Pascal », « Presque ». Sauf « Pasque » et « Boscage ».
S se prononce quand le mot commence par ABS, AS, BIS, CONS, DIS, INST, OBS, POS, SUBS, SUPERS, SUS, TRANS, comme « abstrait », « asmatique », « biscuit »

S se prononce dans les noms propres étrangers : « Esdras », « Asdrubal ».

S se prononce dans « aduste », « ajuster », « apostat », « apostille », « aposter », « apostolat », « apostrophe », « apostume », « atester », « Auguste ».
« Balustre », « baptismal », « bastille », « bastion », « bestiaux », « blasphème », « buste », « bastonner ».
« Catastrophe », « caustique », « céleste », « circonspect », « circonstance », « clandestin », « combustible », « contester », « contraste », « correspondre », « responsable ».
« Détester », « digeste », « digestion », « démonstration », « désespoir », « destin », « destituer », « destruction », « domestique ».
« Eclesiastique », « enregistrer », « épistolaire », « espace », « Espagne », « espalier », « espéce », « espérer », « espiégle », « espion », « esplanade », « esprit », « estafier », « estafilade », « estame », « estampe », « estime », « estomac », « estrade », « estramaçon », « estrapade », « estropier ».
« Fantastique », « fastueux », « festin », « frustrer », « funeste », « fustiger ».
« Gaspiller », « geste ».
« Hospitalité », « hostie ».
« Jasmin », « jaspe », « illustre », « immodeste », « imposteur », « inceste », « industrie », « infester », « intestin », « investir », « jurisdiction », « jurisprudence », « juste ».
« Législateur », « leste », « lustre ».
« Majesté », « manifeste », « Maistre-de-Camp », « modeste », « monastère », « monstre », « moustache ».
« Nonobstant ».
« Ostentation ».
« Pastel », « Pasteur », « Perspective », « Peste », « Piédestal », « Pilastre », « Pistache », « Plastron », « Prédestiner », « Presbitére », « prestement », « prestige », « pronostique », « pustule ».
« Question ».
« Respect », « respirer », « resplendir », « reste », « restituer », « restriction », « robuste », « rustique ».
« Satisfaire », « scholastique », « Sébastien », « semestre », « sequestre », « solstice », « suggestion », « silvestre ».
« Tester », « Toscan »
« Vaste », « Vestale », « Zeste ».

Le S ne se prononce pas dans :
« Apostre », « baptesme », « bestail », « beste », « baston », « respondre », « démonstrer », « destruire », « registre », épistre », « espier », « hoste », « maistre »

Dans tous ces exemples, il n’y a de doute que si S est précédé d’une voyelle et suivi d’une consonne. Lorsque le S est suivi d’une consonne faible, il se prononce Z comme dans « Presbitére » prononcé « Prezbitére » ou « Asrubal » prononcé « Azrubal ». Sinon, le S se prononce S comme dans « Austral », « Jaspe » et « Israël »
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MessageSujet: Re: Prononciation du français du 17ème / 18ème siècle   Mar 9 Aoû 2011 - 0:22

T se prononce T.

Sauf dans les noms composés où il est suivi d’une consonne : il ne se prononce pas. « avant-coureur » se prononce « avan-coureur ».

TI devant A, E, O sauf au commencement d’un mot se prononce S comme dans « action » - « acsion », « martial » se prononce « marsial », « patience » se prononce « passience ».

TI reste TI quand il suit S ou X : « mixtion », « question » ; quand TIEN garde le son TIEN au lien de prendre le A nasal – « tien », « soutien » ; dans les temps des verbes « nous bations », « vous étiez » et dans les mots terminés par TIE comme « partie », « amitié » sauf « Primatie » se prononce « Primassie », « Prophétie » se prononce « professie » et « minutie » et les noms de pays « Dalmatie » se prononce « Dalmassie », « Galatie » ou dérivés du grec « Aristocratie » se prononce « Aristocrassie ».

***

V se prononce toujours V.

***

X peut avoir quatre sons : KS / GZ / S / Z

X se prononce KS en tête de mot : « Ximenès » se prononce « csimenès ».

X se prononce KS quand X précède une autre consonne : « extrait » se prononce « ecstrait » (?)

X se prononce KS dans les noms dérivés du grec : « Axiome » se prononce « acsiome », « Aléxandre » se prononce « alecsandre », « Phénix »

X se prononce GZ dans les mots qui viennent du latin entre deux voyelles : « éxaucer » se prononce « égzaucer », « éxemple » se prononce « égzample », « éxil » se prononce « egzil »

X se prononce S dans « soixante » se prononce « soissante », « soixantiéme » se prononce « soissantiéme » ainsi que dans les noms propres « Xaintes » se prononce « saintes », Xaintonge » se prononce « saintonge », « Bruxelles » se prononce » Brusselles » (et peuvent s’écrire de même). « Auxerre » se prononce « Ausserre » mais s’écrit le plus souvent « Auxerre ».
X se prononce Z dans « dixiéme » se prononce « diziéme », « sixiéme » se prononce « siziéme », « dixain » se prononce « dizain », « deuxième » se prononce « deuziéme ».

***

Le Z garde la même prononciation partout.
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MessageSujet: Re: Prononciation du français du 17ème / 18ème siècle   Mar 9 Aoû 2011 - 0:49

CONSONNES REDOUBLEES

Deux consonnes identiques se prononcent comme une seule.

***

Quatre exceptions :

Mot qui commence par I : on fait sonner les deux consonnes sauf pour deux R : « Irriter » se prononcer « Iriter », « immédiat » se prononce « im-médiat », « illustre » se prononce « il-lustre ».
Noms propres étrangers ou latins : « Accaron », « Appius » se prononcent « Ac-caron » et « Ap-pius » et non « A-caron » et « A-pius ».

Dans les futurs et temps incertains (conditionnel) des verbes en IR, « Je courrois », « je courrai » se prononce « je cour-rai », « je mourrais ? » se prononce « je mour-rais ? ».

***

Deux G devant é ou i, les deux G avec leur son propre (GH ?) : « Suggérer » se prononce « Sug-gérer ».

Deux C devant é ou I, le premier C se prononce K, le second S : « Accident » se prononce « Ak-cident », « accélérer » se prononce « akcélérer »

***

Deux L précédé d’un I, voir plus haut.

***

PRONONCIATION DES CONSONNES FINALES

On prononce toujours la consonne finale quand le mot suivant commence par une voyelle.

***

Adjectif devant substantif : « franc animal » se prononce « fran canimal » ; « sot ouvrage » se prononce « so touvrage ».
La préposition ou l’adverbe devant son régime : « chez eux » se prononce « ché zeux », « fort adroit » se prononce « for tadroit ».
Le pronom personnel avant son verbe : « Il aime » se prononce « I laime », « vous offrez » se prononce « vou zoffrez » ; « on leur aprend », se prononce « on leu raprend »

***
On prononce toujours la finale d’un nom propre : « Agag », « Bétléem », « Périclès »

Exception pour fin en S précédé d’un E muet, ou précédé d’un I dans les noms propres français très communs : « Athénes » se prononce « Athène » « Louis » se prononce « Loui », « Paris » se prononce « Pari ».
De même pour les consonnes précédés d’une voyelle nasale : « Pharamond » se prononce « Pharamon », « Cunimond » se prononce « Cunimon ».

***

Dans la conversation soutenu, la déclamation, la poésie en vers, les consonnes finales peuvent et doivent se prononcer alors qu’elles ne le sont pas dans le discours familier.

***

B final ne se trouve que dans « plomb », ne se prononce pas.

***

Le C final se prononce dans « roc », « sac ».

Le C final ne se prononce pas devant le T dans « Aspect », « Circonspect », « Respect », « suspect ».
Le C et le T final se prononcent dans « Pact », « exact », « correct, « direct ».

Le C final ne se prononce pas dans « almanac », « arsenic », « arsenac », « cotignac », « clerc », « marc », « porc », « porc-epic », ainsi qu’après une voyelle nasale dans « banc », « jonc », « donc » sauf en récitant des vers.
Le C final suivi d’une consonne dans « estomac » et « tabac » ne se prononce pas.
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MessageSujet: Re: Prononciation du français du 17ème / 18ème siècle   Mar 9 Aoû 2011 - 1:11

D final s’il se prononce se prononce toujours T : « David » se prononce « Davit »

***

Le D se prononce à la fin des verbes à la troisième personne suivis des pronoms : « rend-il » se prononce « ren-til », « prend-on » se prononce « pren-ton ». Sans le pronom, le D final peut ne pas se prononcer : « Il répond en docteur » se prononce « il répon ten docteur » ou bien « il répon en docteur ».

***

Le F final se prononce.

Sauf dans « clef » et dans « baillif » qui peuvent s’écrire « clé » et « bailli ».
Sauf dans « beuf », « cerf », « nerf », « neuf » (NOVUS), « œuf » suivis d’une consonne, sauf s’ils sont en fin de phrase : « du beuf tendre » se prononce « du beu tendre », « un cerf qui court » se prononce « un cer qui court » ; « un nerf de bœuf » se prononce « un ner de bœuf ». Le F ne se prononce pas au pluriel : « beufs » se prononce « beus », « cerfs » se prononce « cerfs », « nerfs » se prononce « ners », « œufs » se prononce « oeus ».

Pour « neuf » le nombre, suivi d’une consonne, le F ne se prononce pas : « neuf pistoles » se prononce « neu pistoles ». Suivi d’une voyelle le F se prononce V : « neuf arêts » se prononce « neu varêts ». La lettre faible F se change ici en lettre forte V. De même quand « neuf » est suivi de la conjonction « et » : « neuf et demi » se prononce « neu vet demi », « neuf et trois font douze » se prononce « neu vet trois font douze ». Si « neuf » est à la fin d’une phrase, le F se prononce : « J’en ai neuf ».

***

G à la fin d’un mot se prononce dans la conversation soutenue avec le son K : « Le sang et le carnage » se prononce « le san ket et le carnage ». La lettre faible G se change en lettre forte K. De même pour « joug » se prononce « jouk », « sang et eau » se prononce « san ket eau ».

***

Le L final se prononce comme dans « sel », « royal », « fil », « bémol ».

Exception « baril », « chenil », « nombril », « perfil » et les pronoms « il » et « quel » dans le discours familier : « persil » se prononce « persi », « il dit » se prononce « i dit », « quel monstre » se prononce « qué monstre ». Pour « ils », on ne prononce pas le L, mais le S se prononce Z : « ils ont fait » se prononce « iz ont fait ».

COL s’écrit et se prononce désormais « cou » en prose. Mais on écrit et on prononce toujours « col » quand il s’agit de montagne « le col de Tende ».

Le L final se prononce mouillé dans les mots suivants : « Avril », « Babil », « Bresil » (le pays), « péril », y compris après les diphtongues impropres « ail », « eil », « ueil », « ouil », « mail », « soleil ». Mais pas dans « verrouil » ni dans « genouil » qui s’écrivent souvent aujourd’hui « verrou » et « genou ».
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MessageSujet: Re: Prononciation du français du 17ème / 18ème siècle   Mar 9 Aoû 2011 - 1:24

Greenheart a écrit:
Le C se prononce G dans « fécond » (« fégond » ?)
Quoique cette étrangeté puisse être mise sur le compte de la très forte influence que l'écrit a eue sur la prononciation, principalement dans la période de la Révolution française, ne pourrait-il pas s'agir d'une erreur de transcription et ne devrait-on pas lire ſecond, c'est-à-dire second avec, à l'initiale, l'ancien s long ? D'autant plus que la famille de ce mot doit bien être mentionnée à cette section, n'est-ce pas ?
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MessageSujet: Re: Prononciation du français du 17ème / 18ème siècle   Mar 9 Aoû 2011 - 1:25

Greenheart a écrit:
Mais pas dans « verrouil » ni dans « genouil » qui s’écrivent souvent aujourd’hui « verrou » et « genou ».

Là, j'en tombe su'l'cul!

Parce qu'on a, à deux noms à final originel* identique, deux pluriels différents!

genoux et... verrous.

*Et verbes dérivés aussi: s'agenouiller, verrouiller.
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MessageSujet: Re: Prononciation du français du 17ème / 18ème siècle   Mar 9 Aoû 2011 - 1:26

M à la fin d’un mot nasalise la voyelle : « Adam » se prononce « Adan », « Siam » se prononce « Sian », « nom » se prononce « non », « parfum » se prononce « parfun ».

Exception, si le M est précédé d’un E : « Mathusalem », « Saint Ephrem »

***

N final peut se prononcer en consonne ou en nasale.

N se prononce en consonne dans les mots latins transformés en français : « Amen » « examen », « hymen ».

N se prononce en consonne dans les mots suivis d’une voyelle : « divin amour » se prononce « divin amour », « bien étudier » se prononce « bien nétudier », « on admire » se prononce « on nadmire ».

Dans « bénin » et « malin », n reste toujours nasal. De même dans les autres cas : « n’être bon-à-rien » et pas « n’être bon na rien » ; « voit-on en France » et pas « voit-on nen France ».

***

Le P final se prononce dans « cap », « jaloup » ( ?). Il se prononce légèrement dans « éep », « julep » et « galop ».
Il se prononce distinctement dans « coup » suivi d’une voyelle et peut être prononcé à la fin d’une phrase.

Il ne se prononce jamais dans « loup », « champ », « camp », « sirop ».

***

Q se prononce K à la fin de « coq »
Q ne se prononce pas dans « coq d’inde », se prononce « co d’inde ».

Q ne se prononce pas dans « cinq » suivi d’une consonne : « cinq livres » se prononce « cin livres ».
Il se prononce à la fin d’une période : « J’en ai cinq » se prononce « j’en ai cink » et devant les voyelles « cinq écus » se prononce « cin kécus ».
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MessageSujet: Re: Prononciation du français du 17ème / 18ème siècle   Mar 9 Aoû 2011 - 2:00

Greenheart a écrit:
M suivi d’une autre consonne devient N nasal : « Prompt » se prononce « pront », « emmener » se prononce « en-mener », « sembler » se prononce « sen-bler ».

(...)

Dans les autres cas, N comme M est nasale et change la voyelle qui précède.̴

Exceptions : N précédé d’un A ou d’un O puis suivi d’une autre M ou N, dans ces cas, A et O ne sont plus nasales : « condamner » se prononce « condaner », « année » se prononce « anée », « bonne » se prononce « bone », « homme » se prononce « home ». Si on fait le contraire, on prononce à la Normande.
Étrangement, les Acadiens disent /A~ne/ pour année. Comme, dans Molière, on dit /grA~mER/ pour grammaire.
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MessageSujet: Re: Prononciation du français du 17ème / 18ème siècle   Mar 9 Aoû 2011 - 2:24

R final se prononce : « Car », « Recevoir ».

Exceptions pour le discours familiers :
Le R final ne se prononce pas pour l’infinitif des verbes autres que ceux en OIR, pas même devant une voyelle : « chanter et rire » se prononce « chanté et rire », « finir un conte » se prononce « fini un conte ».

Le R final ne se prononce pas à la fin des noms en R de plus d’une syllabe : « danger » se prononce « dangé », « métier » se prononce « métié ». Si le nom est au pluriel, le é se prononce long.
Mais le R est prononcé si le é final est ouvert : « Lucifer », « Hiver ». Il se prononce dans le discours soutenu si le é final est fermé.

***

Le R ne se prononce pas à la fin de « loisir » se prononce « loisi », « plaisir », se prononce « plaisi », « monsieur », se prononce « monsieu » et les infinitifs employés comme nom comme « le repentir » se prononce « le repenti », sauf devant une voyelle quand la prononciation est soutenue. Le R ne se prononce jamais dans « Messieurs » se prononce « Messieus », « toujours » se prononce « toujous »

Le R final de « sur » suivi de son régime ne se prononce pas dans le discours familiers, en particulier si le régime commence par une consonne : « Sur la Terre » se prononce « Su la Terre ».

Le R final des adjectifs en EUR et des noms en OIR de plus d’une syllabe tombe souvent dans le discours familiers : « un causeur » se prononce « un causeu », « un miroir » se prononce « un miroi ». Il se prononce dans « espoir », « devoir », « pouvoir » et pour « leur » pronom personnel suivi d’une voyelle : « je leur ofre » se prononce « je leu rofre » ; « leur ami » se prononce « leu rami ».

***

S final se prononce dans « as » (jeu de cartes) , « aloës » et dans d’autres mots étrangers devenus français : « agnus », « bolus », « calus », « rébus », « finus ».

S final se prononce Z dans les impératifs et les pronoms personnels conjoints : « vous », « nous », « ils » suivis des particules pronominales « en » et « y ». « Portes-en » se prononce « Porte-zen », « venés-y » se prononce « venézy ». De même pour ces pronoms suivis de leur verbe quand il commence par une voyelle. « nous aimons » se prononce « nou zaimons », « vous estimez » se prononce « vou zestimez », « ils aloient » se prononcent « ils zaloient ».

***

S final se prononce Z dans tous les autres cas mais on peut l’omettre, même devant une voyelle et on doit l’omettre pour « Paradis ».

***

T final se prononce toujours pour « fat », « zenit », « placet », « exact », « correct », « direct », « rapt », « échec et mat », « zest », « vent d’est et ouest » ainsi que dans « vingt et un », « vingt-deux ». Il ne se prononce pas dans « quatre-vingts-un », « quatre-vingts-deux ».

Le T final ne se prononce jamais dans un monosyllabe : « Il vit » se prononce « il vi ».

Dans les autres cas on peut le prononcer ou pas.
Il faut le prononcer pour dans « cet », « sept », « huit » quand ils ne sont suivis par aucun substantif ou si ce substantif commence par une voyelle. « cet homme » se prononce « cé thomme », « j’en ai sept » se prononce « j’en ai sét ».

***

Le X final des adjectifs se prononce Z lorsqu’ils sont suivis immédiatement de leur substantif : « doux amusement » se prononce « dou zamusement », « heureux homme » se prononce « heureu zhomme ».

***

Le X de « dix » a trois prononciations. Le X ne se prononce pas si le substantif commence par une consonne. « dix pistoles » se prononcent « di pistoles ». Si le substantif commence par une voyelle, le X final se prononce Z : « dix écus » se prononce « di zécus » ; ainsi que pour « dix-huit » se prononce « di-zhuit », « dix-neuf » seprononce « diz-neuf ». Le X se prononce S à la fin d’une phrase : « J’en ai dix » se prononce « J’en ai dis ». De même pour « dix-sept » se prononce « dissèt ».

De même pour le X de « six ».

***

On ne prononce pas le X final de « choux », « faix », « poux », « toux », « crucifix », « salsifix »

Le X final ne se prononce pas devant une consonne ou à la fin d’une phrase : « Heureux les gens de bien » se prononce « heureu les gen de bien »
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Greenheart
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MessageSujet: Re: Prononciation du français du 17ème / 18ème siècle   Mar 9 Aoû 2011 - 2:31

Silvano a écrit:
Greenheart a écrit:
Le C se prononce G dans « fécond » (« fégond » ?)
Quoique cette étrangeté puisse être mise sur le compte de la très forte influence que l'écrit a eue sur la prononciation, principalement dans la période de la Révolution française, ne pourrait-il pas s'agir d'une erreur de transcription et ne devrait-on pas lire ſecond, c'est-à-dire second avec, à l'initiale, l'ancien s long ? D'autant plus que la famille de ce mot doit bien être mentionnée à cette section, n'est-ce pas ?

Oui, tout à fait, c'est bien "second" qu'il faut lire.
J'ai confondu le s avec un f.
Je corrige le post.
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Silvano



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MessageSujet: Re: Prononciation du français du 17ème / 18ème siècle   Mar 9 Aoû 2011 - 3:21

Greenheart a écrit:
Oui, tout à fait, c'est bien "second" qu'il faut lire.
À ce propos, j'ai connu une dame qui était convaincue qu'on prononçait le C de second comme un K. Elle le prononçait très bien, mais ne s'écoutait pas, sans doute hypnotisée par l'orthographe du mot.
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MessageSujet: Re: Prononciation du français du 17ème / 18ème siècle   Mar 9 Aoû 2011 - 13:07

Première partie de la table récapitulative des 33 sons du français (Voyelles).

Buffier propose dans cette table une liste des sons associés aux mots français / allemand / anglais, / italien / espagnol où on les rencontre.

A : Frapa : Fragen (interroger) : Ouater (eau) : Amare (aimer) : Amar (aimer)

E muet : Muse : Meine (ma) : Love (amour) : --- ; ---
É fermé : Café : Ehr (honeur) : Equity (équité) : ardore (ardeur) : emanar (émaner)
È ouvert : Mère : Pfèrd (cheval) : Ale (bière) : Verbo (verbe) : Verdad (vérité)

I : Fini : Irren (manquer) : Iniquity (iniquité) : finire (finir) ; Ir (aller)
O : Or : Bogen (un arc) : So (ainsi) : Morire (mourir) : obrar (opérer)

U : Tuer : Fürhen (mener) : bruit (bruit) : U en Lombardie : ---
EU : Feu : Mögen (pouvoir) : Good (bon) : --- : ---

Ơ (lettre latine O cornu ?) EU : Feu : Mögen (pouvoir) : Good (bon) : --- : ---

ȣ - OU : Fou : Mutter (mère) : --- : Puro (pur) : Ulcerar (ulcérer)

Nasales

α - AN : Glan : Begangen (Comis) : --- : Andare (aller) : ---

ε - EN : Bien : Eng : --- : Tentare (Tenter) : ---

Ϟ ( Koppa ? ressemble à une espèce de N) - IN : Ingras : Ing : --- : Ingrato (Ingrat) : ---

ω - ON : Son : Ong : --- : Rispondere (répondre) : ---

ʊ - UN : Quelqu’un : Ung : --- : --- : ---

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MessageSujet: Re: Prononciation du français du 17ème / 18ème siècle   Aujourd'hui à 3:46

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Prononciation du français du 17ème / 18ème siècle
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