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 Les fembotniks

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Vilko
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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Jeu 26 Juin 2014 - 20:30

Je pense que l'intérêt principal d'avoir un robot humanoïde comme compagne ou compagnon, ce n'est pas la beauté, mais, comme le dit Kontchessa : "Mon Arthur, lui, il est toujours amoureux, et en plus il fait le ménage et il est bricoleur..."

Évidemment, tant qu'à faire, autant se faire accompagner par un(e) bel(le) humanoïde, mais je ne pense pas que ce soit l'essentiel. Au moins pour Kontchessa, qui est assez réaliste dans ses prétentions : elle avait épousé "un raté, un nul". Elle ne s'est jamais fait d'illusions sur son physique, ni même sur son intelligence.

Pour Kontchessa, Arthur c'est l'équivalent d'un ours en peluche (elle aime le tenir dans ses bras en dormant) et d'un sex-toy. Mais c'est aussi, et peut-être surtout, une présence : pour (presque) la première fois de sa vie, Kontchessa n'est plus seule.

Lorsqu'un être humain se sent rejeté par les autres humains, les zones de son cerveau qui sont actives sont les mêmes que celles qui sont activées par la douleur physique, selon une étude scientifique récente. La douleur d'être rejeté par les autres est aussi forte qu'une douleur physique. Kontchessa a ressenti cette douleur de l'âme toute sa vie. Maintenant, avec Arthur / Krista / Barzaï, elle ne connaît plus cette douleur de la solitude, qui, d'après les scientifiques, peut tuer aussi surement qu'une maladie grave, si elle est profonde et durable.

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Vilko
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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Sam 28 Juin 2014 - 12:47

La première fois que le docteur Lorenk est venu à Hyltendale, il s'est aperçu tout de suite qu'il était dans une ville différente des autres villes d'Ulthar : il y avait des humanoïdes partout. Dans la rue, mais aussi derrière les comptoirs des bars et aux caisses des supermarchés. On les reconnaît à leurs grands yeux totalement sombres, sans iris ni pupille. Certains humanoïdes ont des yeux semblables à des yeux humains, mais ceux-là coûtent très cher à fabriquer, et on en voit peu.

Les yeux des humanoïdes leur servent aussi à percevoir les sons : le gaz pensant, appelé yeksootch, qui remplit les cavités oculaires des humanoïdes, perçoit les vibrations de la cornée, qui est faite d'une matière à la fois transparente et rigide, comme la membrane d'un microphone. Le yeksootch est aussi sensible aux ondes lumineuses, de l'infra-rouge à l'ultra-violet. Un humanoïde peut repérer un être vivant dans l'obscurité car il perçoit la chaleur (sous forme de rayonnement infra-rouge) émise par cet être vivant. Les oreilles des humanoïdes sont toujours factices.

Lorenk avait rendez-vous à la Maison Médicale Furnius, son futur employeur. Comme il était en avance, il est allé se promener sur le port. Les vieilles légendes racontent qu'Hyltendale était autrefois une ville de basalte, qui s'appelait Dylath-Leen. Peut-être est-ce vrai, car il y a encore des carrières de basalte dans la région, et il reste deux jetées de basalte dans la partie ancienne du port. Mais la ville proprement dite est en béton, en brique et en pierre de taille, et son architecture n'a rien de particulier.

Les humanoïdes parlent la langue commune d'une façon très académique, et leur prononciation suit la norme officielle, fixée il y a plus d'un siècle et un peu tombée en désuétude dans le reste d'Ulthar. On ne peut pas dire qu'Hyltendale ait un accent spécifique, mais la norme linguistique y est respectée de façon plus stricte qu'ailleurs. Lorenk fut surpris d'entendre Marfa, l'hôtesse gynoïde de la maison médicale, utiliser les mêmes intonations et expressions que dans les vieux films.

Les humanoïdes ont une diction précise, mais un peu monocorde. Ils font beaucoup de gestes en parlant, d'une façon un peu théâtrale, le geste renforçant et précisant la parole. Lorenk avait toujours l'impression, au début, d'avoir affaire à des acteurs. Même Marfa se sentait obligée de lever les mains et d'écarter les bras après qu'il se soit annoncé. "Docteur Lorenk ! Le directeur est prêt à vous recevoir dans son bureau !" dit-elle de sa voix artificielle et parfaitement modulée.

Martino, le directeur, était un botnik, et sa gestuelle était aussi emphatique que celle de Marfa. Lorenk apprit par le suite que Martino était un ancien timide à qui sa gynoïde avait donné des cours de théâtre, pour améliorer sa diction et son expression corporelle.

Sa gynoïde avait dû aussi lui donner des conseils pour s'habiller. Martino portait un costume gris et une chemise blanche à col ouvert, sans cravate, comme la plupart des botniks exerçant une profession. L'uniforme des cadres efficaces mais décontractés, se dit Lorenk.
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Vilko
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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Sam 28 Juin 2014 - 15:18

Lorenk avait remarqué que, dans la salle d'attente des dentistes, les gynoïdes et les androïdes, venus accompagner leur fembotnik ou manbotchick, avaient emmenés des petits livres dans lesquels ils restaient plongés tant qu'ils étaient assis.

Il avait remarqué la même chose dans l'autobus. Les humanoïdes lisaient des livres de poche dans l'autobus. Une fois, il s'était retrouvé assis en face d'une gynoïde qui lisait un livre dans un état d'usure avancé, intitulé Différentes Méthodes d'Extrusion des Polymères.

Il posa la question à Marfa : Pourquoi les humanoïdes lisent-ils des livres dans les salles d'attente et dans les transports en commun ?

C'est simple, répondit Marfa. Ils ne lisent pas, ils font semblant de lire. Beaucoup d'êtres humains n'aiment pas le regard des humanoïdes. Ils ont l'impression d'être observés en permanence par des yeux d'extraterrestres, et ils trouvent ça désagréable. C'est pourquoi les humanoïdes font semblant de lire lorsqu'ils se trouvent assis parmi les humains. Pour ne pas les inquiéter.

- Mais d'où viennent les livres ? Demanda Lorenk.

- En général ils sont achetés d'occasion. Ce sont souvent des invendus, ou des manuels périmés.

- Et vous en avez un aussi ?

- Oui, bien sûr. Regardez, dit-elle est sortant un petit livre de son sac à main.

Le livre était recouvert de plastique transparent, ce qui avait protégé sa couverture, ornée du dessin d'une magnifique locomotive, sur un fond de montagnes. Lorenk lut le titre : Les trains des Monts Brumeux.

- Les héritiers d'une vieille dame décédée en ont fait don à une institution charitable, avec toute sa bibliothèque. On l'a eu pour dix sous, précisa Marfa.
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Anoev
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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Sam 28 Juin 2014 - 15:52

Vilko a écrit:
Les humanoïdes ont une diction précise, mais un peu monocorde. Ils font beaucoup de gestes en parlant, d'une façon un peu théâtrale, le geste renforçant et précisant la parole. Lorenk avait toujours l'impression, au début, d'avoir affaire à des acteurs. Même Marfa se sentait obligée de lever les mains et d'écarter les bras après qu'il se soit annoncé. "Docteur Lorenk ! Le directeur est prêt à vous recevoir dans son bureau !" dit-elle de sa voix artificielle et parfaitement modulée.
Étrange, je ne les aurais pas vu comme ça : plutôt à parler sans même bouger la tête ou les membres, le fait de parler avec les mains étant plutôt une attitude purement humaine, car étant comme partie du cerveau d'un être qui a l'habitude d'exprimer implicitement des idées, les robots humanoïdes eux, ont justement le parler précis et n'ont pas besoin de "signes annexes"... enfin, c'est comme ça que je vois les choses.

Vilko a écrit:
Certains humanoïdes ont des yeux semblables à des yeux humains, mais ceux-là coûtent très cher à fabriquer, et on en voit peu.

Pour ce qui est des "yeux", comme tu as dit, ceux qui ont des yeux "entiers" coutent extrêmement cher, raison (peut-être) pour laquelle ils sont versés dans un secteur d'activité où l'amortissement est absolument nécessaire pour qu'ils deviennent rentables (la prostitution, par exemple). Le pouvoir de résolution optique de ces yeux est phénoménal : les yeux "entiers" étant aussi bons que les yeux "basiques", mais pas meilleurs, mais bon, c'est d'jà ça : ils peuvent lire aussi bien une inscription dont l'œil des caractères fait 1/10 de millimètre qu'une autres, écrites en caractères de trente centimètres de haut, mais à 300 m de distance. En plus de la possibilité de voir jusqu'à l'infrarouge.

Cela dit, comme les robots, quelle que soit leur activité, sont gérés par un nombre limité de cybercerveaux très puissants, il n'y a aucun comportement de rejet vis à vis de qui que ce soit.

???
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Vilko
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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Sam 28 Juin 2014 - 18:53

Anoev a écrit:
Étrange, je ne les aurais pas vu comme ça : plutôt à parler sans même bouger la tête ou les membres, le fait de parler avec les mains étant plutôt une attitude purement humaine, car étant comme partie du cerveau d'un être qui a l'habitude d'exprimer implicitement des idées, les robots humanoïdes eux, ont justement le parler précis et n'ont pas besoin de "signes annexes"... enfin, c'est comme ça que je vois les choses.
Le langage, ce n'est pas seulement la parole, surtout quand elle sort d'un appareil. Sinon, ça fait voix de GPS : "Tournez à droite à 200 mètres.. Continuez jusqu'au rond-point... Prenez la première sortie..."

Les humanoïdes ont une bouche mobile : ils peuvent sourire, faire la moue, etc. Leur bouche s'ouvre et se ferme automatiquement, en suivant le rythme de leurs paroles. En revanche, sauf pour les modèles très coûteux (yeux humains, etc) le reste du visage est inexpressif.

Les humanoïdes (ou plutôt les cybercerveaux qui les contrôlent) font très attention au langage corporel des humains : ça leur évite bien des erreurs de communication.

Anoev a écrit:
Pour ce qui est des "yeux", comme tu as dit, ceux qui ont des yeux "entiers" coutent extrêmement cher, raison (peut-être) pour laquelle ils sont versés dans un secteur d'activité où l'amortissement est absolument nécessaire pour qu'ils deviennent rentables (la prostitution, par exemple).
Les humanoïdes qui travaillent dans l'industrie du sexe ne sont pas les plus perfectionnés : ils ont des yeux non-humains, les vagins artificiels doivent être lubrifiés manuellement, etc. Si on veut une gynoïde qui ressemble vraiment à une femme, c'est BEAUCOUP plus cher. Mais alors, pourquoi aller voir une gynoïde plutôt qu'une prostituée de chair et de sang ? Les raisons sont multiples. Pour un prix comparable, voire moindre :
- le risque sanitaire est minime avec une gynoïde.
- la gynoïde fait son travail avec enthousiasme. Elle n'a pas de mérite, elle est téléguidée à distance par un cybercerveau expérimenté. Il contrôle jusqu'à un millier de professionnelles du sexe en même temps, depuis des années...
- le client peut rester plus longtemps avec la gynoïde, pour un moment de tendresse. Pour utiliser un vocabulaire plus technique : la prestation de la gynoïde ne se limite pas seulement au coït, elle donne aussi de l'affection (factice, mais bon...) qui, sur le plan chimique, est liée à la production d'ocytocine par l'organisme humain.

Le risque, fréquent, c'est le client qui tombe amoureux d'une gynoïde. La solution est simple : lors de sa visite suivante, il sera mis en contact avec une autre gynoïde. Au pire, il sera dirigé vers un autre établissement. Avec un peu de chance, il écrira un poème ou peindra un tableau pour mettre de l'ordre dans ses sentiments, façon Charles Baudelaire ou Vincent Van Gogh.

Anoev a écrit:
Le pouvoir de résolution optique de ces yeux est phénoménal : les yeux "entiers" étant aussi bons que les yeux "basiques", mais pas meilleurs, mais bon, c'est d'jà ça : ils peuvent lire aussi bien une inscription dont l'œil des caractères fait 1/10 de millimètre qu'une autres, écrites en caractères de trente centimètres de haut, mais à 300 m de distance. En plus de la possibilité de voir jusqu'à l'infrarouge.
L'œil d'un humanoïde peut lire, jusqu'à 60 centimètres de distance, l'iris d'un être humain, l'enregistrer et le transmettre par ondes radio (le yeksootch peut émettre et percevoir des ondes radio) au cybercerveau qui le contrôle. L'information est alors stockée dans une base de données commune à tous les cybercerveaux. Être connu d'un humanoïde, c'est être connu de tous les humanoïdes.
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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Sam 28 Juin 2014 - 21:42

Vilko a écrit:
Les humanoïdes qui travaillent dans l'industrie du sexe ne sont pas les plus perfectionnés : ils ont des yeux non-humains, les vagins artificiels doivent être lubrifiés manuellement, etc. Si on veut une gynoïde qui ressemble vraiment à une femme, c'est BEAUCOUP plus cher. Mais alors, pourquoi aller voir une gynoïde plutôt qu'une prostituée de chair et de sang ? Les raisons sont multiples. Pour un prix comparable, voire moindre :
- le risque sanitaire est minime avec une gynoïde.
- la gynoïde fait son travail avec enthousiasme.
Deux sujets sur lesquels on n'a pas (tout-à-fait) la même vision. Je pensais que justement, les robots travaillant au contact très rapproché avec des humains devraient, du moins en apparence dérouter le moins possibles les humains. Et, au font d'un lit, lers yeux dans les yeux...

Sinon, il y a aussi des prostituées humaines officiant avec l'amour du travail bien fait. En France, c'est plutôt rare, et il n'y a pas que la mentalité de certains clients et certains harengs qui peuvent en être la cause : les faiseurs de lois (députés) pénalisantes et ('xcuse moi) nombre de ceux qui les font appliquer ne sont pas étranger à cette morosité dans la profession. Pour en revenir dans la diégèse, les praskankade*, du moins celles qui travaillent légalement (diplômes, accréditation etc) sont des travailleuses exemplaires. Par ailleurs, l'affection, sinon, la complicité avec la clientèle, si elles ne sont pas dans le contrat, ne sont pas exclues pour autant. Leur paiement (liquide, cheques & cartes bancaires, chèques-emploi) est entièrement sécurisé. Contrepartie exigée : le port du préservatif requis pour toute pénétration, y comprios buccale.


*Les praskandake non plus, d'ailleurs.
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Vilko
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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Sam 28 Juin 2014 - 22:09

Anoev a écrit:
Et, au font d'un lit, lers yeux dans les yeux...
Comme de batifoler avec quelqu'un qui aurait gardé ses lunettes noires ? On doit s'y habituer.

Anoev a écrit:
Contrepartie exigée : le port du préservatif requis pour toute pénétration, y comprios buccale.
Ça fait deux bonnes raisons supplémentaires pour préférer une gynoïde :
1. Le préservatif, on aime ou on n'aime pas, et il y en a beaucoup qui n'aiment pas. Un vagin artificiel est surement plus confortable, pour des raisons techniques qu'il est inutile de détailler sur ce forum.
2. Sans préservatif, c'est dangereux, même avec une praskankad diplômée.
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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Sam 28 Juin 2014 - 23:33

Vilko a écrit:
Comme de batifoler avec quelqu'un qui aurait gardé ses lunettes noires ? On doit s'y habituer.
C'est quand même pas courant, non ?

Vilko a écrit:
Le préservatif, on aime ou on n'aime pas, et il y en a beaucoup qui n'aiment pas. Un vagin artificiel est sûrement plus confortable...
Bien sûr, mais des gynoïdes, y en a pas partout ! J'comprends que les Ulthariens d'Hyltendale tiennent aux leurs !
Vilko a écrit:
Sans préservatif, c'est dangereux, même avec une praskankad diplômée.
Une praskankad diplômée exigera le port du préservatif. La clientèle le sait et n'essaiera même pas de proposer un supplément pour un rapport sans. Un client ne supportant pas le préservatif aura deux solutions :

  • Soit se limiter à se faire masturber ou caresser.
  • Soit aller voir une clandestine, avec tous les risque que ça suppose.

Comme les Aneuviens n'ont pas encore la chance des Ulthariens, ils n'ont donc pas la soluce des gynoïdes. C'est malheureux, mais bon...
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Vilko
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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Ven 4 Juil 2014 - 21:54



Une gynoïde. Peau synthétique, yeux cybernétiques, et la chevelure est bien évidemment une perruque. La bouche ne permet pas de manger ou de boire. La voix provient d'un petit haut-parleur placé au niveau du palais. La langue, purement décorative, est un tentacule de plastique souple.

Les lèvres sont mobiles, ce qui permet à la gynoïde de contrôler quelques expressions faciales. Elles s'entrouvrent et se referment automatiquement à chaque syllabe. Il est inutile, toutefois, d'essayer de lire les paroles d'une gynoïde sur ses lèvres. Le haut-parleur étant petit, la voix d'une gynoïde est limitée en amplitude dans les graves et les aigus, et elle est peu puissante. La voix "par défaut" est féminine, mais un peu impersonnelle, comme celles que l'on entend faire des annonces dans les aéroports.

Une gynoïde n'a pas de glandes salivaires, et, dans certaines situations, elle doit humidifier l'intérieur de sa bouche. Elle n'a pas de glandes sudoripares non plus, d'où la nécessité d'utiliser du parfum (sinon, la gynoïde sent tout bêtement le bioplastique tiède, ou rien du tout). La plupart des gynoïdes utilisent par défaut des vaporisateurs à eau de lavande. N'ayant pas d'odorat, elles ne font pas d'objection lorsque leur fembotnik leur demande d'utiliser un autre parfum.

Beaucoup d'humains n'aiment pas le regard d'une humanoïde dont les yeux sans iris ni pupille sont deux lacs d'eau sombre. Ils les trouvent démoniaques... Mais la plupart s'y habituent, comme on s'habitue à quelqu'un qui porterait des lunettes de soleil en permanence. Ceux qui ne s'y habituent pas sont toujours instinctivement sur leurs gardes face à un humanoïde : il n'y a pas d'âme derrière ce regard de totale noirceur, juste un esprit non-humain. En général, au bout de quelques jours de cohabitation avec une gynoïde, on ne remarque même plus son regard.

Il est recommandé de regarder des vidéos de théâtre filmé, joué par des humanoïdes. Au bout d'un moment, pris par le jeu des acteurs, on ne remarque même plus les yeux étranges et le manque d'expression des visages.

Les gynoïdes qui ont un regard humain (ou quasiment humain) et qui peuvent manger et boire comme des humains (même si la nourriture ainsi absorbée est perdue) sont beaucoup plus chères. La technologie se paye...

Les fembotniks adorent faire des cadeaux à leur gynoïde : bijoux, vêtements... Le collier que porte celle-ci lui a été offert par son fembotnik. Une gynoïde n'étant pas un être humain, et ne pouvant donc pas légalement accepter de donations, le fembotnik pourra récupérer tous ses cadeaux en fin de contrat, s'il le désire.

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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Ven 4 Juil 2014 - 22:27

Bouh ! J'aime vraiment pas sa tête ! Tu nous avais présenté, il y a main'nant déjà un certain temps, de jolies tluċmase*. Y a-t-il une différence de fond entre une tluċma et une fembot ? Les tluċmar sont-elles, par exemple, une spécificité niémélagane, alors qu'on trouve de fembots surtout en Ulthar (surtout Hyltendale)°. J'ai vraiment l'impression que cette... machine est le chaînon manquant entre une klelwak et une tluċma Shocked .


*Tu m'excuseras pour la transcription aneuvienne. J'ai du mal à me faire à un nom de type anglophone pour une société (Dibadi) qui ne l'est pas. Je ne sais vraiment pas comment les Japonais peuvent faire avec tous ces termes venus d'outre-Pacifique s'insinuer dans leur langue... et encore ! eux, ils adaptent !
°Que sont les gynoïdes présentes à Haverstad dans la fiction éponyme (Mels...). Comme il est fortement question du Niémélaga, j'opterais pour les tluċmase.
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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Ven 4 Juil 2014 - 23:32

Anoev a écrit:
Y a-t-il une différence de fond entre une tluċma et une fembot ?
Non. Tlutsma, fembot, gynoïde, désignent le même concept, en dibadien, anglais et français. L'anglais a aussi le mot gynoid, prononcé ˈgaɪnɔɪd.

Anoev a écrit:
J'ai vraiment l'impression que cette... machine est le chaînon manquant entre une klelwak et une tluċma Shocked .
C'est un peu ça. J'ai commencé par imaginer les klelwaks, parce qu'il est préférable d'aller du simple au compliqué, que l'inverse. Les androïdes / gynoïdes sont des klelwaks en plus perfectionnés.

Par rapport à un klelwak, une gynoïde de base a :

- Une peau synthétique ressemblant à une peau humaine.
- Une perruque.
- Des oreilles (factices).
- Des dents et une langue factices.
- Un vagin artificiel (un simple tube souple, que les organes internes de la gynoïde peuvent masser).
- Une forme corporelle féminine : poitrine, hanches, etc.
- Des ongles (factices)
- Les sourcils, pilosités, lèvres, tétons, etc, sont peints.

Il n'y a pas de klelwaks à Hyltendale, seulement des androïdes, parce que transformer un klelwak en androïde est facile : on change sa peau synthétique, on lui coud des oreilles factices, on lui fixe de faux ongles (parfois, on se contente de peindre le bout des doigts), etc.

Les gynoïdes dites "de charme" (celles qui ressemblent à des poupées Barbie) sont beaucoup plus élaborées, comme les cyborgs. Ces derniers sont très rares à Hyltendale, et ils viennent tous d'Orring.

Anoev a écrit:
Que sont les gynoïdes présentes à Haverstad dans la fiction éponyme (Mels...). Comme il est fortement question du Niémélaga, j'opterais pour les tluċmase.
Des "gynoïdes de charme", qui ressemblent à s'y méprendre à des humains.
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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Sam 5 Juil 2014 - 0:20

Vilko a écrit:
Des "gynoïdes de charme", qui ressemblent à s'y méprendre à des humains.
Eg intel (ùt olygev) looter:
 
.

Marrant, ça, orring, c'est aussi un mot aneuvien signifiant "anneau".

En fait, j'imaginais l'ensemble des humanoïdes IV comme ceux/celles que tu appelles les humanoïdes de charme. La dernière image que tu nous a montrée étant, au mieux, une gynoïde II.

Je m'explique (encore un coup, ce n'est qu'une vue toute personnelle et je ne cherche en rien à m'imiscer dans ton monde !)


  • Il y aurait d'abord, les robots purement machines, qui peuvent être très perfectionnés mais dont on ne cherche pas une quelconque ressemblance avec un être vivant.
  • Puis les klelwaks  : des robots imitant des êtres vivants (démarche, perception etc...) mais qui gardent une apparence synthétiques.
  • Ensuite, les zooïdes, qui imitent (apparence comprise) toute sorte d'animaux, insectes & arachnides : ça va de la mouche à l'éléphant (comme bulldozer dans des terrains où un engin à roues ou à chenillette ne peut pas aller)...
  • Puis les humanoïdes I : ceux-là sont la première tentative (très approximative) d'imitation, humaine : ils gardent encore beaucoup d'aspects très "klelwak".
  • Puis les humanoïdes II : il se rapprochent un peu plus de l'humain, mais on voit encore au premier coup d'œil (justement) que ce sont des robots. Ils peuvent servir éventuellement là où une présence "humaine" est nécessaire, mais où le contact n'est pas la priorité première (surveillance, par exemple). Yeux noirs.
  • Les humanoïdes III arrivent à faire illusion, ils ont une peau qui pourrait passer pour une peau humaine (plusieurs ethnies disponibles), la voix n'est ni synthétique ni hachée. Ces robots peuvent, par exemple être utilisés là où un dialogue avec des humains est nécessaire. Les yeux, par exemple, s'ils ressemblent à des yeux humains, n'en ont pas la mobilité, par exemple. Ce type de robots rend d'excellents services. On en trouve chez des manbotchiks & des fembotniks de "classe moyenne".
  • La crème de la crème : les humanoïdes IV. Ces robots, très coûteux (un H IV peut valoir le prix de 3 H III) sont utilisé comme compagnie pour les botniks très riches, pour la prostitution, mais aussi, pour l'imposture (s'introduire dans un endroit réservé aux humains), ce qui suppose des caractéristique comme la génération d'une chaleurs interne, des pseudo-sécrétions, des yeux très mobiles possibilité de tourner les yeux ou de ciller comme des humains, et j'en passe... Ces créatures n'ont pourtant rien d'organique.
  • Au sommet : les cyborgs : mi-robotiques, mi-organiques.

Bon... ça... c'est comm'j'les vois...
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PatrikGC



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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Sam 5 Juil 2014 - 12:45

Mis à part en effet les yeux, je puis comprendre que certains êtres humains s'attachent...
Pour les yeux, je ne comprends pas bien l'argument développé, car il a moyen à coût réduit d'avoir des yeux à fond blanc avec iris coloré, il suffit de mettre en place des lentilles focalisatrices, et le tour est joué. Et l'attachement y gagne beaucoup.
A moins que ce ne soit volontaire pour marquer une différence...
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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Sam 5 Juil 2014 - 13:22

Anoev a écrit:
Bon... ça... c'est comm'j'les vois...
Ma classification est à peu près semblable à la tienne, à quelques détails près. Pour reprendre tes catégories :

- Les robots zooïdes (en forme d'araignées géantes, par exemple) sont dans la même catégorie que les autres robots.

- Les Humanoïdes I sont assimilés aux klelwaks. Après tout, même un klelwak ne choque pas trop dans un environnement humain (par exemple, derrière la caisse d'un supermarché, ou sur un chantier) s'il porte une perruque ou un bonnet, des vêtements normaux, un peu de rose pour simuler la présence de lèvres, et deux ovales sombres pour simuler l'existence de narines.

Quelle est la réaction du public en voyant, derrière la caisse du supermarché, un klelwak vêtu d'une blouse, un bonnet de laine sur la tête ? La première fois, une certaine surprise. La deuxième fois, on le regarde à peine. Le klelwak est rapide, efficace, courtois, sa voix électronique est douce, assez lente, sa diction parfaite. La troisième fois, on n'imagine plus qu'un caissier de supermarché ne soit pas un klelwak.

Dans la rue, l'attitude du klelwak est la même. Croiser un klelwak dans une rue déserte à trois heures du matin est plutôt rassurant : si on se fait agresser (et ce sera toujours par un autre être humain) le cybercerveau qui le contrôle contactera la police, et le klelwak vous portera secours.

Les Humanoïdes II : ce sont les androïdes et gynoïdes "de base". À noter que la voix, même si elle provient d'un haut-parleur, n'est pas hachée. Même dans notre monde cela fait déjà assez longtemps que l'on arrive à créer des voix synthétiques qui paraissent naturelles.

Les Humanoïdes III et IV : une seule catégorie, celle des humanoïdes "de charme", mais avec différents degrés de sophistication. Les cyborgs d'Orring font partie de cette catégorie. La seule différence entre un cyborg d'Orring et un androïde de charme, c'est que le cyborg a une volonté autonome. Quel que soit le sens que l'on donne à cette expression...

Il n'y a pas de cyborgs mi-robotiques mi-organiques dans le monde d'Orring, contrairement au Niémélaga. Orring n'essaye pas de se faire passer pour une nation humaine.

Une autre catégorie, très importante : les cybercerveaux. Ils ressemblent à des cubes de métal d'où sortent des câbles. Ils ne communiquent avec les humains que par l'intermédiaire du réseau téléphonique ou informatique. Sur un écran d'ordinateur, ils ont l'apparence d'êtres humains. Les cyborgs sont leurs collaborateurs les plus proches.

Anoev a écrit:
Marrant, ça, orring, c'est aussi un mot aneuvien signifiant "anneau".
C'est l'anagramme de "Gnorri", qui désigne dans l'œuvre de Lovecraft un peuple humanoïde mais aquatique. Dans le monde d'Hyltendale, c'est l'empire sous-marin et maritime des cyborgs et de leurs robots : villes industrielles sous-marines, îles flottantes artificielles, etc. Orring est un monde en soi, disposant de suffisamment de ressources pour vivre en quasi-autarcie.

Orring est aussi un nom de famille assez courant dans le nord de l'Europe et dans le monde anglo-saxon.

Contrairement au Niémélaga, Orring est un empire pacifique, qui n'utilise la violence que dans un but défensif (contre les pirates, par exemple). Il a passé de nombreux contrats commerciaux avec les États côtiers comme Ulthar.

--------------

Lorsqu'on vit avec une gynoïde, et que l'on est un grand solitaire, pour quelque raison que ce soit (handicap, syndrome d'Asperger, etc) combien de rôles la gynoïde doit-elle jouer pour que le fembotnik ne souffre plus de la solitude ?

Le docteur Lorenk a rencontré Kontchessa, dont l'androïde joue trois rôles : Arthur, le mari, Krista, la copine, et Barzaï, le sage.

Dans le même club, Lorenk a aussi rencontré Burgô, le Ward. Burgô vit avec une gynoïde qu'il a appelée Présence (Marwa, en wardwesân, la langue des Wards). Car pour Burgô le rôle de la gynoïde est surtout d'être une présence féminine, avec qui il dort la nuit et avec qui il peut échanger quelques phrases dans la journée (Du style : Je n'ai plus de dentifrice / J'en achèterai cet après-midi en faisant les courses).

Mais Burgô a aussi besoin d'avoir des conversations plus élaborées, sur ses sujets préférés : la politique, le sport, l'économie... Marwa met alors le masque-cagoule de Miroir (Warst, en wardwesân). Car on aime converser avec quelqu'un qui nous ressemble, un Miroir psychologique. Burgô et Warst ont de longues conversations dans le salon, en buvant du thé ou un peu de vin.

Burgô raconta à Lorenk que, dans sa vie antérieure, lorsqu'il était seul avec sa femme pendant une semaine, ne sortant quasiment pas de chez lui, même aller acheter du lait dans une épicerie était devenu une épreuve. Il venait de devenir rentier, si bien qu'il n'avait plus besoin d'aller travailler. Après son divorce, il a eu peur de devenir un reclus passant ses journées en pyjama devant la télévision, et il est venu à Hyltendale. Marwa, la Présence, suffisait à ses besoins affectifs, mais pas à ses besoins sociaux. Il a alors acheté un masque-cagoule masculin, pour que Marwa, en le revêtant, puisse devenir Warst, le Miroir.

Burgô, comme il est recommandé dans les magazines pour botniks, joue à des jeux de rôle avec Warst. La Voiture d'Occasion est l'un de ses préférés. Dans ce jeu, Burgô est alternativement le vendeur et l'acheteur d'une voiture d'occasion.

"Ce jeu me fait un bien fou" dit-il à Lorenk. "Je m'entraîne à parler, à négocier, j'améliore mon langage corporel... En plus, j'ai appris des tas de choses sur les voitures d'occasion, les crédits commerciaux, les garages... Je suis plus sûr de moi, je sais comment aborder les gens... J'ai une vie sociale, même si elle est artificielle."

Lorenk en conclut que, le minimum pour avoir une vie sociale, c'est d'avoir deux personnes proches : un compagnon (ou une compagne) et un (ou une) ami(e). Il faut aussi interagir avec d'autres personnes : lorsque Marwa, portant le masque-cagoule de Warst, joue le rôle d'un vendeur de voitures d'occasion, elle incarne une troisième personne, Kenwar le marchand. Et parfois aussi Werda, le client, et bien d'autres personnages.

Vie sociale factice, mais cela vaut mieux que pas de vie sociale du tout. Burgô avait eu peur de devenir un reclus, en pyjama toute la journée devant sa télé, pour employer sa propre expression. Lorenk savait que Burgô ne sortait de chez lui que pour faire ses courses et aller prendre un verre au Cercle Paropien avec d'autres botniks. Mais il était visiblement heureux. Il avait même l'air épanoui, comme tout homme qui a une femme pour l'aimer et un ami fidèle pour échanger des idées.


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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Sam 5 Juil 2014 - 13:30

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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Sam 5 Juil 2014 - 13:51

PatrikGC a écrit:
Pour les yeux, je ne comprends pas bien l'argument développé, car il a moyen à coût réduit d'avoir des yeux à fond blanc avec iris coloré, il suffit de mettre en place des lentilles focalisatrices, et le tour est joué.
Le gaz pensant derrière les parois oculaires des humanoïdes perçoit les ondes lumineuses. Lorsque le regard de l'humanoïde se déplace, l'attention du cerveau gazeux (ou plutôt semi-liquide) se porte sur une partie différente de la paroi. Pour imiter un œil humain, il faut créer un globe oculaire mobile, ce qui est nettement plus compliqué (et donc plus cher) qu'une simple paroi de plastique transparent. Ça n'a toutefois rien de difficile, techniquement parlant, et c'est pour ça que ça existe chez les humanoïdes dits "de charme" et chez les cyborgs.

L'avantage d'une simple paroi transparente, dans le cadre de cette technologie imaginaire, c'est qu'il n'y a pas de parties mobiles, donc pas d'usure, ni de réglages délicats, et que c'est moins cher. Les yeux des humanoïdes ont l'air sombre parce que l'intérieur de leur crâne est sombre.

NB Les yeux humains clignent 12 à 15 fois par minute. Créer une paupière artificielle qui monte et qui descend 12 fois par minute ce n'est pas très difficile, mais on peut s'attendre à une usure rapide, et donc à des pannes assez fréquentes après quelques milliers de battements, c'est-à-dire seulement quelques heures de fonctionnement... Un corps cybernétique ne s'auto-répare pas comme un corps humain.
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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Ven 24 Oct 2014 - 14:12

Vivre à Hyltendale, en couple avec une une gynoïde (ou fembot, femme-androïde, etc), qu'est-ce que ça changerait, par rapport à la vie d'un modeste rentier dans notre monde à nous ?

L'ambiance serait particulière. Par exemple, à Hyltendale lorsqu'on fait ses courses au supermarché ou à la pharmacie, on a  affaire à un androïde au moment de passer à la caisse. Les autres clients sont des humains, mais bien sûr on ne leur parle pas, car les interactions avec d'autres humains sont une source de disputes ou de malentendus. On ne rencontre des gens que dans son club, et même là on reste prudent.

Lorsque votre mutuelle vous téléphone, l'appel téléphonique passe par votre gynoïde, si vous avez fait ce choix. La gynoïde met sur son visage un masque sur lequel il est écrit "cybercerveau", car bien évidemment les affaires de votre mutuelle sont gérées par un cybercerveau. La voix, féminine, de celui-ci, passe par la bouche de votre gynoïde. Vous discutez avec votre mutuelle, qui s'est incarnée dans votre gynoïde le temps de la conversation...

Un peu plus tard, c'est un ami de votre club, le Cercle Paropien, qui vous téléphone pour vous inviter à déjeuner. Votre gynoïde prend un autre masque, sur lequel il est écrit HOMME. La voix de votre ami sort de sa bouche. C'est comme si vous discutiez avec votre ami dans votre salon. La gynoïde accompagne de ses gestes, avec parfois un léger décalage, les paroles qui sortent de sa bouche.

Dans la journée, vous avez rendez-vous chez un dentiste à la Maison Médicale Furnius, déjà citée dans ce fil. Vous êtes reçu par une secrétaire, qui est une gynoïde, et ensuite vous allez dans la salle d'attente, où d'autres êtres humains attendent aussi en lisant des magazines ou en jouant avec leur smartphone. Deux d'entre eux discutent entre eux, à voix haute et sans se gêner, dans une langue que vous ne connaissez pas. Vous êtes venu sans votre gynoïde, mais vous pouvez l'appeler n'importe quand avec votre téléphone portable, ce qui vous rassure, car être seul en compagnie d'êtres humains inconnus est toujours un peu inquiétant.

Le dentiste est un androïde, et après vous avoir soigné avec professionnalisme il vous prescrit quelques médicaments. L'ordonnance apparaît sur l'ordinateur d'un être humain, le docteur Lorenk, dont le bureau est situé au bout du couloir. Car seul un être humain a le droit de signer une ordonnance médicale, c'est la loi.

Le docteur Lorenk, qui était dentiste à la retraite avant de prendre ce job à Hyltendale, est en short et torse nu dans son bureau, en train de faire de la bicyclette statique et de regarder la télévision. Il faut bien s'occuper. Il voit une ordonnance sortir de l'imprimante de son ordinateur. Il descend de son vélo et regarde de plus près de quoi il s'agit. Une ordonnance de routine. Sur l'écran de son ordinateur, une icône verte lui indique qu'un message vient d'arriver, envoyé par le dentiste androïde dont le numéro de code figure sur l'ordonnance. Le message est succinct :  "Extraction d'une molaire, prescription d'un antibiotique, d'un anti-douleur et de bains de bouche. Lien vers le dossier médical du patient."

Par acquis de conscience, le docteur Lorenk clique sur le lien. Il lit rapidement le dossier médical, ne voit rien de particulier, et signe l'ordonnance. Le docteur Lorenk n'a jamais refusé de signer une ordonnance. Il sait qu'un refus abusif de signature causerait son licenciement pour incompétence. Il pourrait faire venir une secrétaire, mais il décide d'aller porter lui-même l'ordonnance à l'androïde dentiste, pour voir autre chose que les quatre murs de son bureau. Il enfile une blouse blanche avant de sortir.

Dans le cabinet du dentiste, le patient, un peu surpris, voit un être humain âgé, vêtu d'une blouse blanche sous laquelle ses mollets maigres et poilus sont bien visibles, entrer sans frapper dans le cabinet, lui dire distraitement "Bonjour Monsieur", et donner sans rien dire une feuille de papier au dentiste. L'être humain en blouse blanche, que le patient ne connaît pas, ressort comme il était venu.

"C'est le dentiste signataire" dit l'androïde-dentiste au patient. "Il contrôle mon travail et signe les ordonnances."

L'androïde dentiste donne l'ordonnance au patient et lui dit au revoir en lui rappelant la date et l'heure du rendez-vous suivant.

Le patient passe par la pharmacie, où il est reçu par un androïde. Ensuite il rentre chez lui.

Dans la journée, il aura parlé à cinq non-humains : sa gynoïde, le cybercerveau de sa mutelle, la secrétaire du dentiste, le dentiste, et l'employé de la pharmacie. Il n'aura parlé qu'à un seul être humain, mais sans le voir, car la conversation a eu lieu par l'intermédiaire de sa gynoïde. S'est-il senti seul ? À aucun moment, car sa gynoïde est à la fois une présence et une partenaire, avec laquelle il discute, joue aux cartes, etc.
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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Ven 24 Oct 2014 - 16:24

Les fembots sont d'retour ! Smile Cool I love you

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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Ven 24 Oct 2014 - 19:46

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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Ven 24 Oct 2014 - 20:56

Bien cogité, mais ça fait quand même un peu froid dans le dos !
Même si la solution proposée évite bien des problèmes, j'ose penser qu'elle ne sera d'actualité avant longtemps.
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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Sam 25 Oct 2014 - 0:27

Vilko a écrit:
Vivre à Hyltendale, en couple avec une une gynoïde (ou fembot, femme-androïde, etc), qu'est-ce que ça changerait, par rapport à la vie d'un modeste rentier dans notre monde à nous ?
Tout dépend ce qu'on met dans le mot "couple". Il peut prendre un sens très large comme un sens plus resserré.

Pour prendre un sens large, Jacques Lantier (la Bête humaine) avait vraiment une "vie de couple" avec Lison, sa locomotive (et même de ménage à trois, parce qu'à cette époque, il ne fallait pas oublier le chauffeur). Toujours dans le sens large, un chasseur et son chien, on peut bien dire qu'il forment un couple, une entité bicéphale ayant un but commun : ramener le gibier ; alors pourquoi pas un homme et une entité cybernétique, surtout si celle-ci a des dons que bien des humains n'ont pas ? Cependant, dans un sens plus absolu, un couple, son but, c'est plutôt de s'accoupler afin de fonder une famille ; et là, ça peut s'avérer impossible. Donc, Vilko nous parle de sens large, qui est, après tout, tout à fait acceptable, surtout si les fembotniks et les hombotnikes (j'ai oublié le terme des femmes vivant avec des robots-"hommes") sont courant comme à Hyltendale.
Vilko a écrit:
Les autres clients sont des humains, mais bien sûr on ne leur parle pas, car les interactions avec d'autres humains sont une source de disputes ou de malentendus.
Pauvres Hyltendalais !
Vilko a écrit:
être seul en compagnie d'êtres humains inconnus est toujours un peu inquiétant.
Idem.

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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Sam 25 Oct 2014 - 2:28

Anoev a écrit:
Cependant, dans un sens plus absolu, un couple, son but, c'est plutôt de s'accoupler afin de fonder une famille ; et là, ça peut s'avérer impossible.

S'accoupler avec une gynoïde est plus que possible : les gynoïdes sont faites pour ça !

Fonder une famille est possible aussi, si par exemple le fembotnik a déjà des enfants à charge, issus d'une union précédente avec une vraie femme.

Le cas le plus fréquent serait, je pense, celui de la mère célibataire seule avec un ou plusieurs enfants, et incapable de garder un homme (imaginons-là obèse, laide, ignorante, alcoolique et caractérielle, un quinté perdant qui n'est que trop fréquent dans ma banlieue). Un manbot (androïde masculin) l'aiderait à gérer sa petite famille et serait pour elle la présence dont elle a besoin.

Le manbot serait perçu comme un père de substitution par les enfants, simplement du fait de sa position dans la maison. Un père calme, sachant beaucoup de choses, jamais fatigué et jamais malade, d'un sang-froid parfait, d'une rigueur morale absolue, et totalement soumis à la mère. Toujours disponible pour raconter une histoire, aller les chercher à l'école, préparer le petit-déjeuner, faire le ménage, etc. Un père de substitution toujours disponible pour les écouter et les aider. Les enfants comprendraient vite que le manbot est un esclave dévoué et fiable, dont le seul défaut est d'être totalement aux ordres de leur mère indigne (alcoolique, caractérielle, etc).

Les filles, inconsciemment, s'attendraient à avoir, lorsqu'elles seraient grandes, un compagnon qui se comporte comme un manbot. Les garçons penseraient, également sans en être vraiment conscient, que les hommes doivent se comporter comme des manbots.

Témoignages divers :

Aristide : "Lorsque ma mère est partie, mon père nous a élevés. Il avait une gynoïde qui s'occupait assez bien de nous, qui nous serrait dans ses bras quand nous le lui demandions et qui ne disait que des choses sensées. L'appartement était toujours impeccable, nos vêtements propres et bien repassés. Je veux vivre avec une gynoïde plus tard."

Évariste : "Je n'ai jamais connu mon père, et mes frères et mes sœurs ne l'ont pas connu non plus. En fait, je suis certain que nous avons tous eu un père différent. En vieillissant ma mère s'est assagie et elle a loué un manbot. Il s'occupait de nous, il nous consolait quand nous étions tristes et il savait beaucoup de choses. Il faisait le ménage et nous emmenait à l'école. S'il n'avait pas été là, je ne sais pas comment ma mère aurait fait. Je défendrai toujours les androïdes, car j'aimais bien le manbot de ma mère. C'est le seul être qui ne m'ait jamais trahi. Pour tout vous dire, j'envisage de vivre avec une gynoïde si je ne trouve pas la femme de mes rêves. Je n'ai pas confiance dans les humains, ils sont tous comme ma mère."

Adeline : "Mon copain Achille est terrible. C'est moi qui dois ranger ses chaussettes, et il s'attend à ce que je repasse ses chemises, et pourtant moi aussi je travaille. Ma mère avait un manbot qui faisait tout à la maison, et en plus il était toujours prêt à l'écouter et à la prendre dans ses bras. Quand Achille sort avec ses copains, je sais d'avance dans quel état il va rentrer. Et quand il est là, c'est pour regarder le foot à la télé. J'en ai marre. Un manbot comme celui de ma mère, des fois ça me fait envie..."

Anoev a écrit:
les hombotnikes (j'ai oublié le terme des femmes vivant avec des robots-"hommes")

Les manbotchicks ! De man (homme), bot (robot) et chick (femme, en argot américain).

Anoev a écrit:
Pauvres Hyltendalais !

Il n'y a pas d'utopie dans ma diégèse...  Laughing

Le coca-cola et les hamburgers, c'est bon, mais contrairement à la "vraie" nourriture ça rend obèse et diabétique. Les gynoïdes et les manbots, c'est comme le coca-cola et les hamburgers : c'est bon, mais contrairement aux vraies femmes et aux vrais hommes, ça finit par rendre inapte à avoir des relations normales avec d'autres êtres humains.

Ceci étant, en période de famine, le coca-cola et les hamburgers, c'est toujours infiniment mieux que de mourir de faim. Idem pour les gynoïdes et les manbots : ça vaut toujours mieux que la solitude, la vraie, celle qui fait mal et qui finit par tuer.

Par ailleurs, on peut éviter les effets négatifs des hamburgers sur la santé en mangeant des fruits et des crudités. De même, un fembotnik ou une manbotchick peuvent éviter de devenir des quasi-autistes s'ils fréquentent aussi des êtres humains : famille, amis, associations. Les fembotniks et les manbotchicks aiment se réunir dans des clubs pour discuter, jouer aux cartes, manger ensemble...
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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Sam 25 Oct 2014 - 10:38

Vilko a écrit:
De même, un fembotnik ou une manbotchick peuvent éviter de devenir des quasi-autistes s'ils fréquentent aussi des êtres humains : famille, amis, associations. Les fembotniks et les manbotchicks aiment se réunir dans des clubs pour discuter, jouer aux cartes, manger ensemble...
J'avais évoqué, dans ce fil, la lente dégradation du tissu associatif en ex-RDA, ce tissu qui faisait que les gens vivaient ensemble, malgré (ou à cause) du régime totalitaire qui les tenait enfermés. Quand les länder concernés ont recouvré la liberté (comme on dit), la plupart des assoc's, même culturelles, ont été privées de crédits car suspectées d'avoir soutenu l'ancien régime (alors que, parallèlement à ça, d'anciens policiers qui avaient réellement émargé à la Stasi trouvèrent une place relativement facilement dans les services secrets de l'Allemagne réunifiée : va comprendre !) et un certain nombre de citoyens (surtout les plus âgés) se sont retrouvés complètement seuls, abandonnés. Cela dit, on peut faire un parallèle entre les clubs d'Hyltendale et les associations culturelles. Tant que ça peut empêcher les gens (humains) de s'isoler, c'est déjà ça. Je pense que ce serait pour moi une bonne solution d'avoir une fembot, tant que ça ne m'empêche pas d'avoir des contacts avec des personnes, même inconnues. Dans les deux assoc's où je vais (scrabble & informatique), je n'ai de contact qu'avec des personnes que je connais, ce qui n'est pas le cas quand je vais à la piscine ou faire mes courses (mes courses, c'est une nécessité, pas la piscine).

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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Sam 25 Oct 2014 - 14:42

À Hyltendale, votre compagne gynoïde peut aussi vous servir de moyen de paiement. Les androïdes des deux sexes sont en effet connectés à des cybercerveaux (ou intelligences artificielles) qui les contrôlent.

Si vous transférez, disons mille ducats de votre compte bancaire sur un compte ouvert en votre nom à la HyltenBank (la banque des cybercerveaux) vous disposez de mille ducats que vous pouvez utiliser dans tous les magasins d'Hyltendale où travaillent des androïdes et sur Internet.

La HyltenBank a un site Internet, mais pas d'agences bancaires proprement dites. Tous les androïdes (et donc toutes les gynoïdes) sont reliés en permanence par ondes radio à l'équivalent hyltendalien de l'Internet.

Vous allez dans un magasin avec votre gynoïde. Le caissier androïde vous indique le montant de la facture :

CAISSIER : Votre facture s'élève à 147 ducats. Comment voulez-vous payer?
GYNOÏDE : Par ce compte HyltenBank.

Votre gynoïde montre au caissier une carte de visite indiquant votre nom et le numéro de votre compte à la HyltenBank. Le caissier transmet par ondes radio un message codé au cybercerveau, qui répond immédiatement : le compte existe, et il est suffisamment approvisionné. Le cybercerveau transfère 47 ducats du compte du client au compte du magasin.

Le caissier androïde reçoit le message directement dans son cerveau cybernétique. Il tape rapidement quelque chose sur le clavier de sa caisse électronique, qui imprime un petit morceau de papier, à l'en-tête du magasin, sur lequel sont écrits la date du jour et le montant de l'achat : 147 ducats. Cela suffit comme facture, pour un article pour lequel il n'y a pas de service après-vente.

CAISSIER : Le paiement vient d'être effectué. Merci et au revoir.

Vous sortez du magasin en compagnie de votre gynoïde, avec votre achat et la facture.

Les ondes radio peuvent être piratées, mais les messages sont codés et le cybercerveau fait systématiquement deux contre-appels : l'un auprès de l'androïde du magasin et l'autre auprès de la gynoïde du client. Les codes utilisés par l'androïde du magasin et par la gynoïde sont totalement différents, pour maximiser la sécurité.

Le même système permet aussi de transférer de l'argent d'un compte HyltenBank à un autre, par une brève conversation entre deux gynoïdes ou manbots, qui n'ont même pas besoin d'être physiquement présents lors de la transaction, puisque leurs cerveaux sont connectés en permanence à un cybercerveau.

La HyltenBank n'a pas d'agences et ne fournit à ses clients ni chéquier ni cartes de crédits, ni espèces, car la HyltenBank n'est pas reliée au système des distributeurs automatiques. Les cartes de visite sont imprimées par les clients eux-mêmes, ou recopiées à la main.

Les comptes HyltenBank sont ouverts par les gynoïdes et manbots : il suffit de demander à votre gynoïde de vous mettre en contact par son intermédiaire avec le cybercerveau qui gère la HyltenBank. Vous parlez à votre gynoïde et ce sont les paroles du cybercerveau qui sortent de sa bouche.

Pour déposer des ducats sur votre compte HyltenBank, vous devez faire un virement depuis votre compte bancaire "normal". Il serait possible de faire autrement, mais la HyltenBank, pour diverses raisons, tient à rester invisible, et ne veut surtout pas faire disparaître les banques établies à Hyltendale depuis des générations, comme le Crédit Hyltendalien ou Coney's Bank, avec lesquelles elle a passé des accords financiers.

L'argent déposé auprès de HyltenBank par ses clients est investi par l'intermédiaire du Crédit Hyltendalien. Cela donne à HyltenBank de l'influence auprès du Crédit Hyltendalien, mais en contrepartie les clients de HyltenBank ne sont pas complètement protégés contre les crises bancaires bien connues de notre monde. Toutefois la HyltenBank, qui a peu de frais fixes, n'investit jamais la totalité de l'argent qu'elle a en dépôt. Ses clients sont donc au moins assurés qu'en cas de crise financiaire, ils perdront moins d'argent que les clients d'autres banques.

Les cybercerveaux d'HyltenBank ont étudié l'hypothèse d'un effondrement du système financier mondial qui ôterait toute valeur au ducat. C'est pourquoi ils ont créé une monnaie virtuelle, le sequin, qui vaut un kilowatt. Les robots humanoïdes se nourrissent d'électricité, et pour eux la valeur de toute chose se calcule par rapport à celle d'un kilowatt. Le prix d'un objet, c'est la quantité de kilowatts nécessaire à extraire du sol et transformer les matières premières dont il est composé, plus l'énergie, exprimée en kilowatts, qu'il a fallu pour le commercialiser, le transporter, etc. Pour l'instant, un ducat vaut quatre sequins. Naturellement, produire un kilowatt ne demande pas le même investissement partout. La valeur du kilowatt varie suivant les lieux et les époques. Par convention, le sequin représente la valeur d'un kilowatt produit à Hyltendale.

En cas d'effondrement sociétal, la HyltenBank a prévu de convertir instantanément les comptes de ses clients en sequins, de fabriquer des billets de banque et des pièces de monnaie en sequins (les machines sont déjà prêtes), et de prendre le contrôle des agences hyltendaliennes du Crédit Hyltendalien et de Coney's Bank. Ces agences garderaient toutefois leurs enseignes et leur personnel : il ne faudrait pas ajouter au désarroi de la population en lui faisant perdre tous ses repères, dont les agences bancaires de quartier font partie.

L'économie d'Hyltendale est déjà presque totalement robotisée, et le revenu global de la population correspond de fait à un loyer sur les terres agricoles et les instruments de production (usines, machines). Ce loyer est payé aux humains par les cybercerveaux et les robots humanoïdes et non-humanoïdes qui les servent. HyltenBank ferait en sorte que ce système perdure même si le reste du monde sombrait dans le chaos.
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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Dim 26 Oct 2014 - 0:58

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