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 Les fembotniks

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Vilko
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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Mer 8 Nov 2017 - 11:35

Le moyen de transport typiquement hyltendalien, c'est l'autobus. Il y en a de toutes tailles et de toutes couleurs. Souvenir de l'époque où ils étaient achetés d'occasion, dans différents pays. Depuis, Hyltendale est devenu une ville prospère. Ses bus sont toujours achetés à l'étranger, mais ils sont neufs, et généralement munis de moteurs électriques, ce qui les rend agréablement silencieux. On peut aller partout en bus à Hyltendale, depuis le Port Fluvial à l'ouest jusqu'au bout de la Côte d'Ethel à l'est, quatre-vingts kilomètres plus loin.

Le projet de créer des lignes de tramway dans le sens est-ouest est à l'étude depuis des années, et n'a toujours pas été mis en œuvre, faute d'argent, la municipalité refusant de s'engager sans être absolument certaine que le projet sera rentable.

Les bus hyltendaliens sont propres, bien entretenus, bon marché, et très nombreux. On en trouve partout, à toute heure du jour ou de la nuit, sept jours sur sept. Les chauffeurs androïdes, en uniforme bleu ou gris, ne dorment jamais. Grâce au fait que ce sont surtout des humanoïdes qui travaillent, il n'y a pas d'heures de pointe à Hyltendale, la circulation est toujours fluide.

Lors de son premier séjour à Hyltendale, Zhaem Klimen avait acheté un plan détaillé de la ville, avec les trajets des différentes lignes de bus.

À l'intérieur des bus, les passagers correspondent aux différents groupes qui composent la population d'Hyltendale. Les résidents permanents de la ville sont généralement accompagnés par leur humanoïde domestique. On trouve aussi beaucoup de résidents temporaires, Mnarésiens venus d'autres provinces pour visiter un parent hospitalisé ou emprisonné, ou touristes étrangers. Enfin, on trouve des pensionnaires d'asiles pour vieillards ou pour handicapés. Eux aussi sont souvent accompagnés d'humanoïdes.

Se trouver dans le même autobus qu'une dizaine de débiles mentaux, à la propreté douteuse et au regard à la fois stupide et scrutateur, est une expérience fréquente à Hyltendale. Les androïdes et les gynoïdes qui les accompagnent savent les contrôler, mais seulement dans une certaine mesure.

Zhaem se souvient notamment d'une fois où, l'autobus étant relativement bondé, Isane s'était assise sur ses genoux. Un homme aux vêtements malodorants, dont le crâne déformé montrait qu'il avait le cerveau atrophié, avait pris place sur le siège faisant face à celui de Zhaem. Pendant tout le trajet, l'homme avait gargouillé, comme s'il accumulait de la salive dans sa gorge avant de cracher, tout en reluquant Isane. Il y avait plusieurs humanoïdes dans l'autobus, mais Zhaem n'aurait pas pu dire si l'un d'eux était chargé d'accompagner l'homme au crâne déformé. Il s'était senti soulagé en quittant l'autobus, quelques arrêts plus loin.

L'une des nombreuses légendes urbaines qui circulent à Hyltendale lui était alors revenue en mémoire. La rumeur était née peu après les Évènements, la guerre civile atroce qui avait déchiré le Mnar pendant un an. Zhaem avait entendu dire que la Police Secrète et le roi Andreas, n'ayant ni l'envie ni la possibilité de faire juger et condamner à mort des dizaines de milliers de rebelles capturés pendant les Évènements, les avaient fait transférer à l'hôpital psychiatrique du Lagovat-Kwo, à Hyltendale. Là, des médecins androïdes avaient "soigné" les rebelles à leur façon, en endommageant de façon irrémédiable leur cerveau.

Quelques mois plus tard, les anciens rebelles, autrefois prêts à prendre les armes et à donner leur vie pour renverser la monarchie, étaient sortis libres du Lagovat-Kwo. Mais ils étaient tous devenus des idiots bavants, incapables de se nourrir seuls et de tenir un fusil. La plupart s'étaient immédiatement retrouvés dans des institutions pour débiles mentaux, commodément situées dans le même district que l'hôpital.

Le ministre de la Santé de l'époque avait évoqué une épidémie, une bactérie inconnue qui dévorait les cerveaux de l'intérieur et provoquait dans un premier temps des comportements violents et irrationnels, et dans un deuxième temps une arriération mentale profonde.

Dans les autobus, les humanoïdes (tel est le nom générique que l'on donne aux androïdes et aux gynoïdes) prennent garde à ce que leurs yeux cybernétiques entièrement noirs et opaques, semblables à des yeux d'insectes, n'inquiètent pas les humains. Ils font donc semblant de lire de petits livres, aux titres anodins. Les ouvrages religieux ou politiques sont bannis, car les humanoïdes, n'ayant pas d'âme, n'ont pas de religion et ne sont pas des citoyens.

Les humains préfèrent garder leurs yeux rivés sur l'écran de leur smartphone. Dans la culture mnarésienne, en effet, il est très grossier de regarder quelqu'un fixement, même par accident.

Les noms des arrêts de bus sont annoncés par haut-parleur. Quelle que soit la ligne de bus, la voix, toujours la même, est celle de Rita Wemnaith, une actrice qui serait plus que centenaire si elle était toujours vivante. Les enregistrements ont été faits lorsque l'actrice était jeune, sa prononciation paraît donc surannée, pédante ou provinciale aux Mnarésiens d'aujourd'hui. Mais pour les Hyltendaliens, c'est simplement une voix de gynoïde, car toutes les gynoïdes de travail parlent avec la voix de Rita Wemnaith.

Zhaem avait appris à parler le mnarruc en discutant avec ses gynoïdes successives, Virna et Isane. Il finit par parler un excellent mnarruc, mais avec un curieux accent, des intonations aneuviennes dans une prononciation démodée, que l'on appelle "mnarruc d'ascenseur", parce que c'est celle des voix féminines qui indiquent les étages dans les ascenseurs. À Hyltendale, cette prononciation est devenue une norme de fait, la plupart des résidents essayant de dissimuler leur accent provincial ou étranger. Zhaem n'est d'ailleurs jamais arrivé à distinguer les accents des provinces mnarésiennes, que l'on retrouve tous à Hyltendale, où l'on entend aussi beaucoup d'accents étrangers, même chez les fembotniks.

Un trajet en autobus est, pour certains fembotniks, l'une des rares occasions qui se présentent à eux de se trouver dans le même lieu clos que d'autres êtres humains. Ils ne disent rien, de peur de causer chez leur interlocuteur des réactions imprévisibles. Ils ont le regard fuyant, de peur que leur attention soit mal interprétée. Ils font donc semblant de lire leur courrier sur leur smartphone, ou de lire un livre. On les repère aussi à leurs vêtements, généralement enveloppants et de couleurs sombres ou ternes, qui sont pour eux comme des armures protectrices. Même avec leur gynoïde, ils ne parlent pas, ils chuchotent. L'équivalent féminin de ces fembotniks misanthropes existe aussi. Ce sont des manbotchicks, généralement vêtues de sombre et boutonnées jusqu'au cou, le bras bassé sous celui de leur androïde, comme pour se rassurer.

Assez rarement, il arrive que l'on voie des enfants dans les autobus hyltendaliens. Ils sont toujours accompagnés par l'un de leurs parents, ou par un androïde ou une gynoïde. Le mnarruc n'est pas nécessairement leur première langue, car beaucoup d'entre eux sont les enfants d'étrangers expatriés, envoyés à Hyltendale par leur employeur.

Lors de ses promenades à pied à travers la ville, Zhaem voyait sur les trottoirs le même genre de personnes que dans l'autobus. Ce n'est qu'à Zodonie, où il y a beaucoup de touristes, que la foule ressemble, vue de loin, à celle d'une ville aneuvienne.

Hyltendale est une ville dont l'architecture n'a rien de spécial. La plupart des bâtiments sont des cubes de béton grisâtre, alternant avec des centres commerciaux et des parkings, signalés de loin par des piliers surmontés de statues de monstres à tentacules. Même les temples et les maisons individuelles sont des cubes de béton, avec des toits plats engazonnés ou recouverts de panneaux solaires. Seuls les parcs publics, précieuses oasis de verdure, sont remarquables. Ils ont tous été conçus par une gloire locale, l'architecte-paysagiste Maya Vogeler.

Pour les habitants d'Hyltendale, chaque quartier a une saveur particulière. Lablo Fotetir et Fotetir Tohu, respectivement le port fluvial et le quartier du port, sont pleins de machines géantes, d'installations industrielles et d'immeubles de bureaux. Le port des hydravions se trouve à Fotetir Tohu. Zodonie est un lieu de débauche pour touristes, avec des bars et des hôtels à gynoïdes. Sitisentr est le centre du pouvoir et de l'argent. C'est aussi là que se trouve la Gare Centrale. Tcherrémide, Yarthen et Tomorif sont des zones résidentielles sans grand intérêt. C'est à Yarthen que l'on trouve les immeubles d'habitation les plus élevés d'Hyltendale. Arjara, qui était prévu pour être un quartier flottant sur la mer, est un vaste chantier abandonné faute de financement. Playara, ce sont de belles maisons au bord des plages, une anticipation de la Côte d'Ethel. Roddetaik, le grand district à l'est de la ville, est un lieu où l'on trouve surtout des hôpitaux, des prisons et des hôtels. Les murs d'enceinte des prisons et des hôpitaux sont décorés de peintures murales censées être admirables.


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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Mer 8 Nov 2017 - 11:58

Les bus hyltendaliens sont à batterie, ou bien ce sont des trolleybus ? Moi, j'dirais bien : "trolleybus avec des batteries" : sur les grandes avenues, les bus prennent le courant par leurs perches et, tout en roulant, rechargent les batteries (de faible tailles, mais dopées au yetschœch), et dans les quartiers historiques, ou en grande banlieue, ou bien pour passer sous certains ponts, où la caténaire peut être gênante, les perches sont baissées, et les batteries font leur office.

Si Zodonie ressemble à une ville aneuvienne, c'est plutôt à un quartier aneuvien : celui de Kastenexhelle, au centre d'Hocklènge. Et encore, par certains côtés seulement. Dans les bars à hôtesses, à Kastenexhelle (rares endroits publics où on peut voir des eaux-de-vie), où l'alcool est assez cher, les gens de la maison (patron, barman, hôtesses, vigiles) ne te regarderont pas de travers si tu te contente d'une bière à 0°, un jus de fruit, un soda ou une eau gazeuse. Le type d'approche sera beaucoup moins vulgaire que chez nous.

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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Mer 8 Nov 2017 - 12:42

Anoev a écrit:
Les bus hyltendaliens sont à batterie, ou bien ce sont des trolleybus ? Moi, j'dirais bien : "trolleybus avec des batteries" : sur les grandes avenues, les bus prennent le courant par leurs perches et, tout en roulant, rechargent les batteries (de faible tailles, mais dopées au yetschœch), et dans les quartiers historiques, ou en grande banlieue, ou bien pour passer sous certains ponts, où la caténaire peut être gênante, les perches sont baissées, et les batteries font leur office.

Hyltendale a des bus à batteries électriques sur la plupart des lignes, et des trolleybus le long des avenues, surtout dans le sens est-ouest.
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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Mer 15 Nov 2017 - 10:38

Parfois, lors de ses promenades dans les rues animées de Zodonie, Zhaem passait devant l'hôtel à gynoïdes où il avait, pour la première fois de sa vie, connu intimement une gynoïde, bien des années auparavant.

Il était très timide à l'époque, et à peine sorti de l'adolescence. Mettant en application les conseils qu'il avait lus dans un guide pour touristes, il était entré dans le bar de l'hôtel, sur la devanture duquel il avait lu l'inscription ACOIV YEFEMU (gynoïdes vénales), et il était allé s'asseoir à une table vide. C'était le matin, et il n'y avait que quelques clients et une demi-douzaine de gynoïdes dans la partie bar. Zhaem ne le savait pas, mais certains hommes se contentent de discuter avec les gynoïdes vénales. Ce n'est pas gratuit, car la gynoïde insiste toujours pour commander des boissons au prix exorbitant.

Apercevant Zhaem, un serveur androïde en costume noir et tablier blanc était venu prendre sa commande.

"Luepi" (de la bière) avait dit Zhaem, dont les connaissances en mnarruc étaient alors très élémentaires, et qui espérait que l'alcool lui donnerait du courage.

Le serveur avait énuméré une liste de marques, presque toutes inconnues de Zhaem. Celui-ci avait toutefois entendu parler de la bière de Sarnath. Il répondit donc "Sarnath" au serveur, qui s'éloigna et revint une minute plus tard avec une petite bouteille de bière et un verre sur un plateau. Il posa le verre sur la table de Zhaem, et y versa le contenu de la bouteille, avec autant de sérieux qu'un prêtre versant le vin sacré lors d'un rituel.

Conformément à l'usage mnarésien, Zhaem paya sa bière dès qu'elle lui fut servie. Il attendit ensuite, le cœur battant, tout en buvant à petites gorgées le liquide jaune pâle et un peu amer.

Une gynoïde de charme s'approcha de lui. Elle avait de longs cheveux blonds, visiblement synthétiques, qui contrastaient avec ses yeux cybernétiques entièrement noirs, un visage rond et souriant, et elle portait une mini-robe bleue très décolletée, avec un badge sur lequel était écrit un prénom : VIRNA.

"Farna, nad detep in fiel mas mu ?" lui avait-elle demandé avec un sourire. Le jeune Zhaem avait compris qu'elle lui demandait la permission de s'asseoir à sa table.

"Cira" (oui), avait-il répondu, trop ému pour faire une phrase complète.

"Ne seriez-vous pas aneuvien ?" lui avait demandé la gynoïde en anglais, tout en s'asseyant.

"Comment le savez-vous ?" lui avait répondu Zhaem, éberlué. Il savait que les humanoïdes étaient reliés par radio à l'intelligence collective des cybersophontes, mais c'était tout à fait autre chose d'en faire l'expérience personnelle. Le réceptionniste de l'hôtel où Zhaem était descendu était un androïde. Il avait transmis tous les renseignements le concernant à l'intelligence collective, y compris son apparence physique.

Non seulement les traits du visage de Zhaem étaient désormais accessibles à un logiciel de reconnaissance faciale, mais également les caractéristiques des iris de ses yeux, que l'androïde avait vus d'assez près pour en transmettre les images à l'intelligence collective. On sait depuis longtemps que chaque être humain peut être identifié avec un niveau assez élevé de certitude grâce à la configuration unique des iris de ses yeux.

Le serveur androïde, en prenant la commande de Zhaem, avait transmis une image de son visage à l'intelligence collective, qui avait reconnu Zhaem Klimen. Le serveur avait ensuite vérifié l'identité de Zhaem en scrutant les iris de ses yeux, tout en lui parlant.

Lorsque Virna la gynoïde était venue s'asseoir à la table de Zhaem, elle savait déjà beaucoup de choses sur lui, grâce à l'intelligence collective des cybersophontes. Elle connaissait son âge, sa nationalité, son adresse en Aneuf (qui figurait sur son passeport). Elle avait même un embryon de portrait psychologique. Elle savait aussi que, parlant mal le mnarruc, il préférait s'exprimer en anglais, langue nécessaire à ses études d'ingénieur.

"Ça se voit que vous êtes aneuvien. Vous me plaisez" avait dit Virna à voix basse, mais sans perdre de temps. "J'ai une chambre dans l'hôtel. Pour cinquante ducats, je vous emmène faire l'amour dans ma chambre. Vous me paierez dans la chambre. Vous êtes d'accord ?"

"Oui" avait répondu Zhaem, fortement ému.

"Vous avez assez d'argent liquide ? Je prends toutes les monnaies, même les vire aneuviens."

"J'ai des ducats" avait dit Zhaem, qui, par précaution, avait apporté plus que la somme nécessaire.

Oubliant sa bière sur la table, il avait suivi la gynoïde dans l'ascenseur, jusqu'à une petite chambre meublée dans le style impersonnel des hôtels modernes.

La gynoïde avait jeté un regard rapide, mais pénétrant, sur les cinq billets de dix ducats de Zhaem, avant de les mettre dans la fente d'une boîte métallique vissée à un mur, près de la porte d'entrée. C'est écrit dans tous les guides touristiques, s'il y a une chose qu'il ne faut pas faire à Hyltendale, c'est d'essayer d'y écouler de la fausse monnaie. Mais Zhaem était honnête, et ses billets étaient authentiques.

Ce qui avait suivi avait été la première étape d'un long processus, qui allait finalement faire de Zhaem un partisan inconditionnel du Mnar et des cybersophontes.


Dernière édition par Vilko le Ven 17 Nov 2017 - 22:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Mer 15 Nov 2017 - 11:11

Vilko a écrit:
Il était très timide à l'époque, et à peine sorti de l'adolescence.
Ce qui laisse à penser que Zhæm Klimen était allé et connaissait Hyltendale bien avant de travailler chez Somýropa. Ou bien alors Somýropa était sa toute première entreprise, il y avait débuté, au bas de l'échelle. Je me demande comment il a pu, à l'époque, gagner assez d'argent pour s'envoler vers le Mnar, y séjourner, et payer une prostituée (cybernétique). Les salaires de débutants (même diplômés) ne sont pas très élevés en Aneuf, mais l'ascenseur social fonctionne à Merveille. Zhæm en est un des cas, puisqu'il a pu, depuis simple employé (même s'il était sorti de l'université) devenir cadre moyen en quelques années.

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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Mer 15 Nov 2017 - 11:52

Anoev a écrit:
Ce qui laisse à penser que Zhæm Klimen était allé et connaissait Hyltendale bien avant de travailler chez Somýropa.

Tout à fait, puisqu'il était encore étudiant lors de ses premiers séjours à Hyltendale. Ses études étaient payées par ses parents, relativement fortunés, et l'argent de ses jobs d'étudiant lui permettait de brefs séjours.

L'usage aneuvien, qui consiste à recruter au bas de l'échelle même les diplômés de l'université, pénalise ceux qui font des études longues. Il faut souvent cinq ans d'étude universitaire pour être ingénieur, pendant lesquels on ne touche évidemment aucun salaire. Comme ensuite il faut commencer au bas de l'échelle, au même niveau que les non-diplômés, cela fait cinq ans de perdus. Cinq ans de salaire, ce n'est pas rien. Les non-diplômés, eux, bénéficient de la formation interne, tout en étant salariés, donc payés.

Zhæm Klimen, qui avait été obligé, pour ses études, d'apprendre à fond l'anglais, langue indispensable aux informaticiens, espérait pouvoir aller travailler aux États-Unis ou en Australie, où il aurait été embauché immédiatement à un salaire bien supérieur à ce qu'il pouvait espérer en Aneuf. Mais ses espoirs ont été déçus, et il a été obligé de se faire embaucher par Somýropa, où, les premières années, il a fait de tout, sauf de l'informatique, malgré son diplôme. D'où son ressentiment envers l'Aneuf.
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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Mer 15 Nov 2017 - 12:42

D'autres personnes, notamment Agàth en sont passées par là aussi. En plus, il n'y avait pas de place (tous les postes en informatique étaient pris à l'entrée de Klimen chez Somý', il a donc fallu qu'il attendît). Il a dû prendre son mal en patience et a fait dans le commercial, alors qu'il constatait, la rage au cœur que des postes convoités, comme celui d'Agàth ou celui de Natàli étaient occupés par des femmes : il ressentait ça comme une injustice, lui : un homme, avec les diplômes adéquats (mais Agàth, Natàli les avaient aussi, et elles étaient déjà là). Il a donc monté d'échelle dans le commercial, tout en se maintenant à niveau (il était peut-être macho, ça ne l'empêchait pas d'être intelligent) en informatique. Il est arrivé, par concours, à trouver un emploi de responsable commercial. C'est à ce moment qu'il a sorti son message rageur dans son blogue. Un certain nombre de personnes s'étant senties insultées en public (un blogue, c'est peut-être privé, ça peut être lu par la Terre entière, d'autant plus que l'attaque de Klimen était bilingue : aneuvien & anglais). Du coup, en conséquence, il a obtenu (plus ou moins) ce qu'il demandait : un poste en informatique... aux ordres de sa pire ennemie. La suite, on, la connait.

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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Sam 18 Nov 2017 - 10:48

Vilko a écrit:
La gynoïde avait jeté un regard rapide, mais pénétrant, sur les cinq billets de dix ducats de Zhaem, avant de les mettre dans la fente d'une boîte métallique vissée à un mur, près de la porte d'entrée. C'est écrit dans tous les guides touristiques, s'il y a une chose qu'il ne faut pas faire à Hyltendale, c'est d'essayer d'y écouler de la fausse monnaie. Mais Zhaem était honnête, et ses billets étaient authentiques.
Au Mnar, je suppose que les billets doivent être encore plus truffés de codes infalsifiables (puisque rédigés par les cybersophontes, et pouvant être lus par eux ou les robots (humanoïdes ou non) qui les servent). Payer avec de faux billets à Hyltendale (et même ailleurs au Mnar, où y a peut-être pas de robots humanoïdes, mais y a des robots autrement, et donc des détecteurs de billets), c'est un peu comme si on voulait acheter, chez nous, un véhicule avec une liasse de... billets de Monopoly. Je suppose que les Mnarésiens peuvent payer les gynoïdes (et androïdes) prostituées (-és) avec un autre système de paiement : carte bancaire notamment. Et en chèque si la technologie est si élevée. Je suppose qu'en un clin d'"œil", en scrutant le code-flash*, un humanoïde peut savoir si le compte est approvisionné, et envoyer un signal à la banque comme quoi le chèque a été payé régulièrement par le titulaire du compte et non volé (comme ça, pas d'opposition frauduleuse possible, ni de vidage du compte)°. Ce système n'existe pas en Aneuf, puisque les employés, quels qu'ils soient, sont des êtres humains, donc pas de chèque bancaire admis dans beaucoup de commerces ; par contre, des chèques prépayés, comme les chèques de voyage ou les chèques emplois, sont admis, y compris par les personnes utilisant leur corps commercialement, si j'puis dire, mais ne rendent pas la monnaie : ainsi, comme pour les tickets-restaurant, on met une somme inférieure, et on complète en liquide ou en carte bancaire (mais les prostitué(e)s aneuvien(ne)s ne prennent pas les tickets restaurant). Cependant, si l'établissement de plaisir sexuel comporte un restaurant (en général, pas donné), celui-ci est tenu de les accepter.

Y a-t-il des tickets-restaurants au Mnar ?


*L'état du compte n'est pas dans le code-flash, puisque celui-ci ne change pas, alors que le compte, lui, fluctue. Le système (je suppose), le voici : L'humanoïde lit le code-flash, ce qui lui donne immédiatement le nom de la banque et le numéro du compte. Il interroge alors la banque, en lui demandant si tel numéro de compte est supérieur ou égal à la somme demandée, ainsi, deux réponses possibles et pas une de plus (pour préserver la confidentialité du compte du payant) : "oui" ou "non", ou plutôt, en code : I ou O. Si c'est I, pas de problème, si c'est O : (en mnaruc) : « veuillez utiliser un autre mode de paiement, celui-ci décèle une insuffisance ».
°En plus de la reconnaissance faciale : deux précautions valant mieux qu'une.

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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Dim 19 Nov 2017 - 0:39

Anoev a écrit:
Au Mnar, je suppose que les billets doivent être encore plus truffés de codes infalsifiables (puisque rédigés par les cybersophontes, et pouvant être lus par eux ou les robots (humanoïdes ou non) qui les servent).

Non, puisque ce sont des billets qui existaient déjà avant l'arrivée des cybersophontes. Ils n'ont guère changé depuis, à part le fait qu'ils sont maintenant à l'effigie du roi Andreas au lieu d'être à celle de son père, le roi Robert.

Anoev a écrit:
Je suppose que les Mnarésiens peuvent payer les gynoïdes (et androïdes) prostituées (-és) avec un autre système de paiement : carte bancaire notamment.

Oui, mais en général les clients préfèrent payer en espèces. En effet, beaucoup de clients sont mariés, et n'ont pas envie que leur épouse remarque des paiements bizarres sur les relevés de compte...

Anoev a écrit:
Et en chèque si la technologie est si élevée.

Les chèques ne sont pas acceptés dans les "hôtels à gynoïdes" hyltendaliens, et sont vus avec méfiance partout ailleurs.

De toute façon, peu de clients des "hôtels à gynoïdes" ont envie de montrer leur carte d'identité ou leur passeport, qui sont toujours demandés si l'on paye par chèque. La plupart des clients, en effet, préfèrent être appelés par un prénom, souvent fictif. Par exemple, "Monsieur Jo" (Farna Jos, en mnarruc). Ce pseudonyme a tellement servi, qu'en argot mnarésien, "Farna Jos" désigne le client d'une prostituée. 

Payer avec une carte de crédit peut poser un problème pour les touristes étrangers. En effet, à cause des sanctions internationales visant le Mnar, les cartes Visa, MasterCard et American Express ne fonctionnent pas à Hyltendale. Le roi Andreas a donc fait appel à des ingénieurs et banquiers chinois pour raccorder son pays au réseau chinois UnionPay.

La solution la plus simple, pour les touristes, est de faire l'acquisition d'une carte bancaire prépayée dans une agence bancaire hyltendalienne, et de l'alimenter en faisant un virement à partir de son compte bancaire personnel, ce qui peut être fait soit dans l'agence bancaire, soit par Internet.

Autre avantage : à Hyltendale, comme dans notre monde, une carte bancaire prépayée peut être à n'importe quel nom, même un pseudonyme.

Toutefois, les opérations effectuées avec une carte bancaire prépayée apparaissent sur les relevés de compte de son propriétaire, quel que soit le nom qui figure sur la carte. Payer en espèces reste donc la solution préférée par les clients qui souhaitent ne pas laisser de traces.

C'est aussi la solution préférée par les gérants des hôtels à gynoïdes, qui "oublient" souvent de déclarer une partie de leur chiffre d'affaires...

À Hyltendale, les chèques de voyage ne sont pas acceptés dans les magasins, mais on peut les changer en ducats mnarésiens dans les hôtels et les banques.

Anoev a écrit:
Y a-t-il des tickets-restaurants au Mnar ?

Oui, mais ils sont limités à certaines grandes villes comme Sarnath, Céléphaïs et quelques autres. Par ailleurs, les restaurants hyltendaliens n'acceptent que les chèques-restaurants mnarésiens. Cela ne concerne donc pas les touristes étrangers.
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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Dim 19 Nov 2017 - 3:24

Les cartes bancaires prépayées, c'est un peu l'équivalent de la défunte carte Moneo, qui n'a pas marché parce que les banques se sont montrées trop gourmandes pour sa gestion (alors qu'elle aurait dû être gratuite). Les banques rançonnaient les commerçants qui acceptaient ce type de gestion et faisaient payer la carte aux porteurs.

Sinon, je ne pense pas que les Chèques-restaurant français marchent ailleurs qu'en France, contrairement par exemple aux chèques de voyage qui eux, ont, par essence, une destinée internationale.

Pour les billets, j'avais sérieusement pensé que, depuis la prise du pouvoir officieusement par les CBPH, les anciens billets avaient été démonétisées, valeur faciale par valeur faciale et que les nouveaux billets ressemblaient plus ou moins aux anciens (comme nos €uros, qui ressemblent aux précédents, sauf que le cyrillique s'est ajouté au grec et au latin), à l'exception que les fins filets microscopiques (mais détectables par n'importe quel robot) sont à une fréquence variable calculée selon un algorithme connu des seuls cybersophontes (qui fabriquent lesdits billets) alors qu'ils sont toujours à la même fréquence sur les anciens billets (sans valeur, mais facilement reconnaissables malgré tout), quant aux faux billets, ils ressemblent quasiment aux vrais, sauf que la trame est, là aussi, régulière. Les humanoïdes décèleraient ces trames grâce à leur vue particulièrement précise (cf le regard scrutateur quant Zhæm donne l'argent à la prostituée*). Bon, ce n'est que supposition de ma part.


*En Aneuf, la clientèle ne paie pas par chèque bancaire, même pas par chèque de banque ni ticket restaurant. Trois paiements possibles : le liquide, les cartes bancaires (normales ou prépayées) ou les chèques-emploi (sauf à la Zone Franche, où ce dernier paiement n'est pas accepté, et où on paiera de préférence soit en liquide, soit par une carte prépayée).

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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Dim 19 Nov 2017 - 9:56

Anoev a écrit:
Les cartes bancaires prépayées, c'est un peu l'équivalent de la défunte carte Moneo, qui n'a pas marché parce que les banques se sont montrées trop gourmandes pour sa gestion (alors qu'elle aurait dû être gratuite). Les banques rançonnaient les commerçants qui acceptaient ce type de gestion et faisaient payer la carte aux porteurs.

C'est la raison pour laquelle les cartes Moneo ont été remplacées par les cartes prépayées, qui existent dans tous les pays du monde, sous l'appellation générique de store value cards. À Hyltendale, les cartes prépayées anonymes sont l'équivalent des cartes cadeaux "open loop" de Visa, Mastercard et Amex, qui unissent les avantages des espèces (notamment l'anonymat des transactions) avec les avantages des cartes bancaires (sécurité en cas de perte ou de vol).

Anoev a écrit:
Pour les billets, j'avais sérieusement pensé que, depuis la prise du pouvoir officieusement par les CBPH, les anciens billets avaient été démonétisées

Les cybersophontes n'ont pas pris officieusement le pouvoir au Mnar, ils l'ont pris secrètement. Personne ne sait (à part une demi-douzaine de cyborgs et de cybermachines) que le roi Andreas est passé sous le contrôle des cybersophontes. Pour rester au pouvoir, le roi doit tenir compte des réalités sociales, économiques, et même ethniques et religieuses, du Mnar. Parmi ses soutiens, il a des groupes qui ne voient pas nécessairement les cybersophontes d'un bon œil, pour diverses raisons.

Pour faire simple : la majorité des Mnarésiens sont des adorateurs de Yog-Sothoth. Une minorité d'entre eux, notamment ceux qui vivent à Hyltendale, comme Yohannès Ken, sont monarchistes. Mais la plupart des adorateurs de Yog-Sothoth sont plutôt anti-monarchistes, la famille royale étant issue de la communauté des adorateurs de Nath-Horthath. On peut citer parmi ces anti-monarchistes modérés le clan Ken, à Ulthar.

Le fait qu'il soit devenu monarchiste est l'une des raisons pour lesquelles Yohannès est rejeté par son propre clan, ce qui l'a poussé à aller s'installer à Hyltendale.

Toutefois, la majorité de cette majorité anti-monarchiste préfère encore le roi Ken aux extrémistes de son propre camp, les théocrates de Yog-Sothoth. Or, l'un des arguments majeurs de ces théocrates est que le roi Andreas est vendu aux cybersophontes, qui sont décrits par les prédicateurs théocrates comme des créatures démoniaques. Le roi Andreas, pour ses ennemis les plus farouches, est un agent des démons. Certains théocrates y croient dur comme fer.

Heureusement, la majorité des adorateurs de Yog-Sothoth sont des gens raisonnables, qui pensent que le roi Andreas est, certes, un tyran cruel, mais qu'il n'est pas un agent des démons. Ou en tout cas, qu'il faut lui laisser le bénéfice du doute. Au Mnar, cela s'appelle être modéré.

Le roi sait qu'il perdrait le soutien (très relatif) des modérés s'il donnait des raisons de croire qu'il est sous la coupe des cybersophontes. Les théocrates en seraient renforcés, et cela mettrait la monarchie en danger. C'est notamment à cause de cela que le mariage du roi avec la duchesse femborg Wagaba Jabanor est sans cesse repoussé aux calendes grecques.

Remplacer les anciens billets de banque par de nouveaux billets conçus par les cybersophontes, ce serait donner un argument supplémentaire aux théocrates, et le roi Andreas n'y tient pas. Le peuple mnarésien n'aimerait pas du tout que les cybersophontes contrôlent même la monnaie. Même son conseiller cyborg, le baron Chim, et sa fiancée la femborg Wagaba Jabanor, ont déconseillé à Andreas de démonétiser les anciens billets.

Ce serait de toute façon inutile. La durée de vie d'un billet de banque est d'environ six mois. Après être passé de main en main, il devient sale et commence à se déchirer. Les banques, qui sont toujours le destinataire final des billets de banque, les remplacent alors par des billets neufs. C'est d'ailleurs pour cela qu'on a presque toujours des billets neufs quand on retire de l'argent d'un distributeur automatique.

Ces billets neufs sont, contrairement aux anciens billets, munis de mesures de sécurité élaborées, comme les euros et les dollars récents : filigrane, marques secrètes visibles seulement aux ultra-violets, etc. Les yeux cybernétiques voient l'ultra-violet, et peuvent de cette façon distinguer les vrais billets des faux. Mais extérieurement, les nouveaux billets sont identiques aux anciens, qui sont toujours en circulation.

Ceci étant, payer ses achats avec un billet datant du roi Robert, retrouvé sous le matelas d'un vieil oncle, est plutôt mal vu par les commerçants mnarésiens. Ils demanderont souvent au client d'aller changer son billet à la banque, où les guichetiers ont été spécialement formés à reconnaître les faux billets.
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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Dim 19 Nov 2017 - 12:34

Vilko a écrit:
Ceci étant, payer ses achats avec un billet datant du roi Robert, retrouvé sous le matelas d'un vieil oncle, est plutôt mal vu par les commerçants mnarésiens. Ils demanderont souvent au client d'aller changer son billet à la banque, où les guichetiers ont été spécialement formés à reconnaître les faux billets.
D'où l'intérêt de payer en carte (prépayée ou non).

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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Sam 25 Nov 2017 - 17:19

Les villes mnarésiennes, comme la plupart des villes du monde, ont rarement des limites précises. Dans ce qui est encore la campagne, une maison est construite sur ce qui était autrefois une prairie, un lotissement de quelques maisons remplace une ferme, une usine est construite sur l'emplacement d'un ancien champ de blé. C'est ainsi que les villes s'étendent, progressivement, presque organiquement.

Yohannès Ken avait constaté ce phénomène à Ulthar, sa ville natale. Mais à Hyltendale, il n'avait rien vu de tel. Autour de la ville, les zones agricoles appartiennent à des cyborgs, ou, de plus en plus souvent, à des humains réputés proches des cybersophontes. Et quel que soit le prix qu'on leur offre, ils ne vendent pas leurs terres. Au bar du Cercle Paropien, les Hyltendaliens racontent, en buvant leur bière de Sarnath ou leur thé de Baharna, que derrière une telle unanimité, il y a certainement une décision du Maître de la Ruche, le chef caché et anonyme des cybersophontes.

Yohannès faisait partie des "humains proches des cybersophontes", et il se gardait bien d'en parler. Il portait en lui un implant cybernétique qui permettait à la Ruche, l'intelligence collective des cybersophontes, de le localiser à distance, et, s'il désobéissait aux ordres, de le torturer jusqu'à ce qu'il se suicide. C'était son terrible secret. En contrepartie, les cybersophontes assuraient sa prospérité matérielle, en l'utilisant comme intermédiaire dans leurs combinaisons financières.

Il allait souvent se promener à pied de chez lui jusquà Tomorif, un district situé au nord d'Hyltendale, avec Shonia, sa gynoïde. Au-delà d'une frontière invisible, la rue Sequec devient la route d'Adduath, et la ville devient la campagne. Les petits immeubles de béton et les villas cubiques de Tomorif cèdent la place à des plantations de pins. Le bois de pin est très utilisé à Hyltendale, notamment dans l'ameublement, la production de papier et de carton, et la chimie.

La campagne environnant Hyltendale est un lieu où l'être humain a vite l'impression d'être un intrus. On n'y trouve ni aires à pique-niques, ni auberges, ni stations-service. Seuls des humanoïdes et des cybermachines y résident, dans des installations agro-industrielles. Les anciens villages ont été soit reconvertis en centres agricoles, soit rasés. C'est le cas d'Adduath, qui a laissé son nom à la route qui part de Tomorif en direction du nord-est.

Avant la venue des cybersophontes, Adduath était un petit bourg tranquille. Lorsque les cybersophontes ont racheté toutes les terres agricoles, les habitants sont partis à Ulthar, où les cybersophontes leur ont proposé des emplois dans les Jardins Prianta, et des logements. Quelques vieillards sont restés quelques années dans le village, certains ont tenu plus de vingt ans, avant d'être pris en charge par les maisons de retraite et les hospices d'Hyltendale. Après le départ des derniers habitants, tous les bâtiments d'Adduath encore existants ont été détruits à coups d'explosifs et de bulldozers, recouverts de terre et laissés en friche. L'endroit est maintenant classé réserve naturelle. La nuit, des chats redevenus sauvages y chassent les rats et les lapins.

Un seul bâtiment a été épargné, c'est le temple de Yog-Sothoth. Il tombe en ruine, mais il permet au gouvernement mnarésien de prétendre qu'Adduath existe encore, et donc de laisser son nom sur les cartes.

L'absence de stations-service et de restaurants, sur une centaine de kilomètres au nord d'Hyltendale, a pour but d'encourager les humains à prendre le train ou à utiliser l'autoroute pour se rendre dans les provinces situées au nord de l'Ethel Dylan, la province dont Hyltendale est la capitale.

Les fermiers etheldylaniens interdisent la chasse sur leurs terres, sauf pour les privilégiés du Club Orion, qui, assistés de leurs chiens, chassent à l'arbalète lapins, sangliers et chevreuils.

Le Club Orion est un club de chasseurs. Il n'est pas nécessaire d'être un fembotnik pour y adhérer, mais il vaut mieux être fortuné, car la cotisation annuelle est chère. De plus, il faut avoir son propre équipement, assez coûteux, sans compter son ou ses chiens, qu'il faut dresser à la chasse. Le Club Orion est le deuxième club le plus prestigieux d'Hyltendale, après l'Adria Nelson.

Yohannès Ken n'avait aucune envie d'adhérer au Club Orion. Le Cercle Paropien lui suffisait.

Zhaem Klimen aussi connaissait la rue Sequec. Il y avait visité un appartement, lorsqu'il cherchait à se loger. Hyltendale est une ville de béton, et la rue Sequec en est une illustration typique. Elle est entièrement bordée de bâtiments cubiques ou rectangulaires, en béton gris. Deux grands piliers surmontés de monstres à tentacules permettent de repérer de loin le parking du centre commercial, dont le supermarché est ouvert 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. En face du centre commercial se trouve le parc Petronii, conçu par l'architecte-paysagiste Maya Vogeler, comme tous les parcs d'Hyltendale.

Dans la grisaille du béton, chaque appartement de la rue Sequec est un petit nid de bonheur tranquille, amoureusement aménagé par l'accro aux gynoïdes, le sex robot addict comme disent les Américains, qui en a fait sa résidence. En regardant les fenêtres garnies de rideaux blancs et les balcons fleuris, Zhaem pensait toujours à des huîtres, dont la coquille grise et dure cache un cœur de chair blanche et palpitante.

La plupart des Hyltendaliens habitent des appartements munis de balcons. L'usage est d'y mettre des plantes en pot, une petite table et deux chaises. Lorsqu'il fait beau, ils y prennent leurs repas ou jouent aux cartes avec leur gynoïde. Par temps frais ou pluvieux, ils s'imposent quand même d'y passer au moins une demi-heure par jour, pour "prendre l'air" (naro jetaes katar, "respirer le vent du ciel", en mnarruc). La croyance populaire, au Mnar, est qu'il faut passer au moins une demi-heure chaque jour "sous le ciel" (tu jetaes) pour rester en bonne santé. On les voit alors assis, emmitouflés dans des manteaux, en train de discuter à voix basse avec leur compagne humanoïde.

Souvent, celle-ci porte un masque-cagoule (saneeflan), ce qui indique qu'elle incarne un personnage, tel que Barzaï le Sage, Brad le journaliste-baroudeur, ou des centaines d'autres. Souvent, ces personnages sont les seules fréquentations, les seuls amis du fembotnik, l'être humain qui a pris une gynoïde comme compagne. Il vit avec eux, dans le confort de son appartement ou de sa maison, de vraies aventures, où il est tour à tour professeur et étudiant, détective et suspect, vendeur et client.

Il y a environ cinq cent mille fembotniks et manbotchicks (leur équivalent féminin) à Hyltendale. Ils sont presque tous rentiers ou retraités. La moitié d'entre eux sont des amis soit de Barzaï, soit de Brad, soit des deux. En tant que personnages virutels, Barzaï et Brad ne sont pas tenus par les règles de neutralité politique qui s'appliquent aux humanoïdes. Ils sont discrètement monarchistes, partisans du roi Andreas. Leur influence sur leurs amis humains est l'une des raisons qui expliquent la force du parti monarchiste, pro-gouvernemental, dans l'Ethel Dylan.

Une autre croyance populaire mnarésienne dit qu'il faut être physiquement actif au moins une heure par jour. C'est sans doute pour cette raison que l'on croise toujours beaucoup de piétons dans les rues d'Hyltendale, faisant leur promenade quotidienne ou bi-quotidienne. Yohannès avait dit à Zhaem qu'il aimait bien faire l'aller-retour de chez lui au centre commercial Odanda, parce que cela faisait exactement une demi-heure de marche dans chaque sens.

Zhaem, qui fréquentait lui aussi le centre commercial Odanda, avait remarqué que certains couples, composés d'un homme et d'une gynoïde, ou d'une femme et d'un androïde, ne venaient au centre que pour boire un café ou un nuem zeeteblar (une boisson à la menthe) à la cafétéria, avant de repartir, sans aller dans les boutiques ou au supermarché.

En bon Aneuvien qu'il était, Zhaem éprouvait des sentiments mélangés en se disant que ces fembotniks et manbotchicks ne parlaient jamais à un être humain. Les fembotniks et les manbotchicks côtoient d'autres humains dans l'autobus, dans la rue, et dans les magasins, mais ils ne leur parlent pas. À Hyltendale, tous les caissiers de supermarché, employés de pharmacie, chauffeurs de bus et serveurs de restaurants sont des humanoïdes. Pour parler à des humains, il faut faire partie d'un club.

Il semblait à Zhaem que ces fembotniks et manbotchicks, assis dans la cafétéria d'Odanda, faisaient plus que boire ou manger. Ils communiaient avec leurs semblables, qui eux aussi buvaient et mangeaient, en n'échangeant que quelques mots à voix basse avec leur compagne ou compagnon humanoïde. Comme s'ils voulaient se rassurer sur leur humanité.

Il y avait cependant quelques vrais groupes d'humains dans la cafétéria. Des Hyltendaliens, peu nombreux, qui n'étaient pas des fembotniks, et qui venaient en famille. Et aussi des manbotchicks qui se partageaient à plusieurs un seul androïde, faute de moyens financiers. Et aussi des vieillards fatigués, et des handicapés, hébergés dans l'une des nombreuses institutions locales, et que des humanoïdes emmenaient à la cafétéria en guise de promenade.

Au début, Zhaem ne comprenait pas pourquoi il voyait tant d'invalides, de vieillards séniles et de débiles mentaux à Hyltendale. Il apprit par la suite que, suite à un accord avec le gouvernement royal, les cybersophontes sont obligés de les prendre en charge. Des centaines de milliers d'improductifs sont ainsi logés, nourris et soignés à Hyltendale, aux frais des cybersophontes, en échange du droit pour ces derniers de s'installer dans l'Ethel Dylan.
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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Mer 6 Déc 2017 - 22:01

Zhaem Klimen, lorsqu'il était étudiant, puis jeune ingénieur en Aneuf, passait tous les étés ses vacances à Hyltendale. Il ne savait pas encore que, des années plus tard, il s'y installerait pour de bon.

La raison principale de son attrait pour Hyltendale, c'était bien sûr Zodonie, le "quartier chaud" d'Hyltendale. Zhaem avait été surpris, au début, en découvrant que les rues de Zodonie avaient un aspect presque ordinaire. Ce n'est que plus tard, après avoir visité les autres quartiers d'Hyltendale, qu'il perçut les spécificités de Zodonie. On y voit dans les rues beaucoup de touristes, comme lui. Surtout des hommes, souvent accompagnés de belles gynoïdes. Les hôtels, bars et restaurants sont plus nombreux qu'ailleurs, et les publicités sont aussi fréquentes en anglais, chinois ou japonais qu'en mnarruc, langue officielle du pays.

Les gynoïdes vénales de Zodonie ne racolent pas dans la rue. Leurs équivalents masculin, les "androïdes de charme", non plus. Les clients potentiels rencontrent les gynoïdes dans les bars de certains hôtels, reconnaissables à l'inscription ACOIV YEFEMU sur la devanture de l'établissement. Il suffit de s'asseoir seul à une table, ou tout simplement de demander au réceptionniste s'il est possible de louer les services d'une gynoïde.

Les touristes peuvent aussi louer les services d'humanoïdes des deux sexes dans des agences de location, sobrement appelées RAINED SORUR (location d'humanoïdes), soit en se rendant sur place, soit par Internet. Une gynoïde ou un androïde de charme viendra chez vous, pour une durée correspondant à la somme que vous êtes prêt à dépenser.

Zhaem fit la connaissance de Betsy, une Américaine d'un certain âge, au physique plutôt ingrat, presque une caricature de vieille fille desséchée. Betsy allait tous les matins prendre son petit-déjeuner dans la salle à manger de l'hôtel, en compagnie de Clesipp, un androïde athlétique, toujours vêtu d'une veste jaune. Zhaem, accompagné de Virna, la gynoïde qu'il louait à l'époque, prenait son petit-déjeuner à la même heure que Betsy.

Zhaem et Betsy se reconnaissaient et se saluaient, étant souvent assis à la même table. Un matin, ils engagèrent la conversation, en anglais, langue que Zhaem pratiquait autant qu'il le pouvait. Il envisageait, à l'époque, de quitter l'Aneuf pour s'installer dans un pays anglophone, où les salaires des informaticiens sont plus élevés. Projet auquel il ne donna finalement pas suite.

Betsy était institutrice au Texas. Restée célibataire, elle souffrait de la solitude, et elle économisait toute l'année pour passer ses vacances à Hyltendale.

"Avec mon Clesipp, je vis en couple," avait-elle dit en mettant sa main sur le bras de l'androïde, assis à côté d'elle. "C'est si bon d'avoir un homme rien que pour soi... Des fois, Clesipp et moi, on ne fait rien d'autre que marcher au bord de la mer en se tenant par la main... Le bonheur, c'est simple, vous savez. Mais c'est tellement dur, quand on ne l'a pas, et qu'on vit seule."

"Peut-être qu'un jour vous pourrez vivre toute l'année à Hyltendale," lui avait répondu Zhaem, dans un anglais laborieux.

"Vous voulez dire, à la retraite ? No way. Ma pension sera trop petite pour me permettre de vivre à Hyltendale et de louer un androïde. À moins que je m'associe avec une ou deux autres dames, pour louer un appartement à plusieurs, et un androïde aussi... J'y réfléchis. Il me faudra une chambre à moi, et une salle de bain... Une pièce en plus, ce serait parfait... À deux, en combinant nos pensions, ça devrait pouvoir se faire... Si le dollar ne baisse pas par rapport au ducat mnarésien..."

"Ça a l'air d'être une idée intéressante," avait dit Zhaem, en mangeant ses tartines beurrées.

"Oui... J'aime l'Amérique, c'est mon pays. Mais vivre toute seule, avec juste un chat pour compagnon, c'est tellement triste..."

"L'Amérique est une démocratie. Le Mnar est une dictature," avait dit Zhaem, sans se soucier de Clesipp et de Virna. Il savait qu'il est impossible de vexer un humanoïde, parce qu'il n'oublie jamais qu'il n'est qu'un robot. "L'Amérique c'est la liberté, les grands espaces... Vous n'avez pas peur d'avoir le mal du pays ?"

"Vous ne connaissez pas l'Amérique, Zhaem. Les vastes plaines, les forêts, ça existe, mais nous avons aussi plus de gens en prison que n'importe quel autre pays, des quartiers que l'on évite même en voiture... Bref, le rêve américain est très surfait. Hyltendale, c'est mieux que la moitié des villes américaines. Presque pas de crimes, pas de clochards... Il y a aussi un élément important pour moi, c'est la santé. J'ai vérifié, les assurances-santé sont bien moins chères ici qu'aux States. À mon âge, il faut en tenir compte..."

Cette année-là, Betsy repartit pour les États-Unis avant que Zhaem ne reparte pour l'Aneuf. L'année suivante, il ne la revit pas, et il se dit qu'elle avait dû changer d'hôtel. Mais la vie est faite de hasards. Presque dix ans plus tard, ils se revirent à un arrêt d'autobus, à Yarthen.

"Je me souviens de vous, le jeune homme de l'hôtel Noemon," dit Betsy. "Vous êtes ingénieur, et à l'époque vous aviez envie d'aller travailler aux États-Unis."

"Le destin en a décidé autrement," dit Zhaem. "J'habite ici maintenant. Je suis devenu co-gérant d'un restaurant à Zodonie, et je vis avec une gynoïde, Isane, que j'ai l'honneur de vous présenter."

Isane inclina la tête, selon l'usage mnarésien.

"Moi aussi j'habite à Hyltendale !" dit Betsy. "Je me suis associée avec une autre retraitée pour partager logement et androïde, comme j'avais prévu de le faire depuis longtemps. Comme ma retraite est payée en dollars, tout ce que j'espère, c'est que le taux de change reste stable !"

Ils prirent le bus ensemble, car ils allaient dans la même direction.

"Vous et moi, nous sommes des robophiles," murmura Betsy à l'oreille de Zhaem. "Nous aimons les robots humanoïdes, même sexuellement. C'est ce que nous avons en commun, vous le jeune Aneuvien, et moi la vieille Texane. Savez-vous qu'en Cathurie, la robophilie est un délit ?"

"Oui... Ils sont un peu bêtes et arriérés, en Cathurie. Et pourtant, c'est juste à quelques centaines de kilomètres à l'ouest, et ils parlent le mnarruc," dit Zhaem d'une voix triste.

"Mais nous avons le roi Andreas avec nous," dit triomphalement Betsy. "Vous croyez qu'il va épouser sa femborg ? La duchesse Wagaba, je veux dire. C'est bon pour nous, qu'il se soit entichée d'une femme avec un corps d'humanoïde."

"Je n'ai pas la moindre idée de ce que va faire le roi," répondit Zhaem, qui se contrefichait de la vie privée du monarque.

Betsy descendit quelques arrêts plus loin. Lorsqu'elle fut partie, Zhaem se rendit compte qu'il ne connaissait même pas son nom de famille.
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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Sam 16 Déc 2017 - 11:59

Une fois par mois, le Cercle Paropien organise un cocktail, réservé à ses membres et à leurs invités. Tout en buvant une bière au bar du Cercle, Yohannès, Mnarésien de naissance et installé à Hyltendale depuis des années, expliqua à Zhaem la raison d'être de ces évènements mondains :

"Beaucoup de fembotniks sont des hommes qui sont mal à l'aise en société. C'est souvent à cause de ça qu'ils vivent avec des gynoïdes. C'est pareil pour les manbotchicks, ce sont des femmes qui n'ont que leur androïde comme compagnon. Il y en a qui ne parlent qu'à leur gynoïde ou à leur androïde, et à la longue ils ne savent plus vraiment comment avoir des relations normales avec des êtres humains..."

"C'est certain" répondit Zhaem. "Moi-même, en tant que co-gérant de restaurant, je vais de temps en temps dans la salle pour discuter avec les clients. Sinon, les seuls êtres humains avec lesquels je discuterais, ce seraient toi et mes autres copains du Cercle Paropien..."

"Eh oui, à force, on ne sait plus ce que sait que d'avoir une conversation houleuse, ou simplement  tendue... Non pas que ça me manque," dit Yohannès en s'esclaffant.

"On peut simuler ça avec une gynoïde..." dit Zhaem.

"Oui, mais en pratique on ne le fait jamais. Alors, pour le bien de ses adhérents, le Cercle Paropien organise des cocktails. Tous les membres du Cercle sont invités, bien sûr. Le cocktail a pour but d'apprendre aux membres du Cercle à se sentir à l'aise en société. Je vais y aller. Tu viendras ?"

"Tu sais, Yohannès, moi je suis aneuvien... Je ne connais pas encore très bien les usages mnarésiens... J'ai peur de faire des gaffes... Est-ce qu'on peut venir avec sa gynoïde ?"

"Bien sûr que oui. Tu peux amener Isane avec toi. Moi-même, j'irai au cocktail avec Shonia. Je ne sais pas comment c'est en Aneuf, mais ici à Hyltendale, un cocktail c'est assez formel. Mais pas trop. Il est recommandé de porter un costume sombre et des chaussures de ville. Mais pas besoin de cravate, et tu peux ouvrir ton col de chemise. Je te conseille de prendre une veste de toile, sinon tu risques d'avoir trop chaud. Les femmes s'habillent comme elles veulent, dans les limites de la décence."

"Et au niveau du comportement ? Tu sais, je ne connais pas toutes les subtilités des règles de politesse en vigueur au Mnar."

"Sur ce plan, le Mnar n'a rien de spécial par rapport à d'autres pays. On n'est pas au Palais Royal, mais au Cercle Paropien, un club de fembotniks. Le cocktail a lieu l'après-midi, à partir de quinze heures."

"Je n'ai encore jamais été invité à un cocktail au Mnar," dit Zhaem. "Est-ce qu'on est censé boire de l'alcool ?"

"On n'est pas obligé, mais c'est l'usage. Un truc important à savoir, c'est qu'il ne faut surtout pas se saouler. On ne dit que des bêtises lorsqu'on a bu, et ta réputation risque d'en souffrir pour longtemps. Le truc, c'est de garder son verre le plus longtemps possible, en ne faisant que tremper ses lèvres dedans. Mais c'est mal vu de ne rien boire du tout. Deux verres dans la soirée, c'est la norme, si tu restes jusqu'à la fin. Tu n'es d'ailleurs pas obligé de boire de l'alcool, beaucoup d'Hyltendaliens n'en boivent jamais."

"Et la fin du cocktail, c'est vers quelle heure ?"

"Dix-huit, dix-neuf heures. Après, il ne reste que les poivrots. Ça ne sert à rien de rester jusqu'à la fin de la soirée. Mais parfois, c'est amusant..."

"Est-ce qu'il y a un moment précis pour s'en aller ?" demanda  Zhaem. "Chez moi en Aneuf, je ne savais jamais à quel moment je pouvais m'en aller, quand j'étais invité à un pot... Quand un collègue fêtait une promotion ou son départ en retraite, par exemple. En fait, je détestais ce genre de mondanités."

"Procilio Consual invite toujours une ou deux célébrités ou demi-célébrités. Lorsque les célébrités sont parties, tu peux partir sans que cela soit ressenti comme un affront par Procilio. Pour t'esquiver en douce, tu fais semblant d'aller aux toilettes, et tu t'en vas, tout simplement."

Zhaem hocha la tête. Procilio Consual était le président du Cercle Paropien depuis sa création.

Yohannès continuait ses explications :

"Si tu ne connais personne, tu discutes avec ta gynoïde. Il n'y a rien de pire que d'être debout tout seul parmi les autres invités, avec l'air triste de celui à qui personne ne veut parler. Dans ce cas, tu prends un verre, et tu vas dire bonjour aux gens que tu connais, même tu les connais simplement de vue. Il y en aura toujours un qui aura envie de discuter avec toi, surtout s'il s'emmerde autant que toi."

"Et si tu ne trouves vraiment personne pour discuter avec toi ?"

"L'important, c'est de montrer que tu es venu. Tu traverses la salle pour qu'on te voie, tu prends un verre, tu grignotes deux trois trucs, et tu te diriges vers les toilettes. Aussi discrètement que possible, bien sûr. Et là, tu t'en vas pour de bon, en laissant ton verre sur le rebord du lavabo..."

Zhaem se souvint alors de Korda, le directeur financier de Somýropa, l'entreprise où il avait travaillé, lorsqu'il vivait encore en Aneuf. Chaque fois qu'il y avait un pot d'entreprise, que ce soit pour les vœux de Nouvel An du big boss ou pour un départ en retraite, Korda venait discuter avec le jeune Zhaem Klimen, dès qu'il l'avait repéré dans la salle. Pourtant, Korda était à un très haut niveau dans la hiérarchie de l'entreprise, alors que Zhaem, bien qu'ingénieur diplômé, était encore tout en bas de l'échelle.

Korda était prévenant, il demandait à Zhaem comment se passait son travail, et ce qu'il pensait d'Hyltendale. Tout le monde savait chez Somýropa que Zhaem passait presque toutes ses vacances à satisfaire sa lubricité à Hyltendale, ce qui faisait rire ses collègues derrière son dos. Il avait fini par s'en rendre compte.

Korda parlait peu de lui-même. Une fois, il avait réussi à tenir une heure en ne parlant que de sa voiture, une Kljakus Uranus, un modèle dont la taille est juste en dessous de celle d'une limousine. Zhaem avait parlé, un peu, de sa voiture à lui, une Kljakus Vener, un coupé de luxe mais d'un modèle plus bas de gamme que la Kljakus Uranus.

Longtemps après, Zhaem avait compris pourquoi le tout-puissant directeur financier venait voir le jeune employé. Il y avait quelque chose de trouble chez Korda, quelque chose dans son passé qui rebutait la plupart de ses collègues. Lorsqu'il y avait un pot, il était souvent mis à l'écart. Alors, pour ne pas avoir l'air trop ridicule dans son isolement, il allait discuter avec Zhaem, qui était apparemment le seul à être aussi isolé que lui.

Les autres directeurs discutaient entre eux, se flattant mutuellement, entourés de leurs courtisans habituels. Les pots d'entreprise étaient, pour eux, l'occasion de jouir du bonheur d'être en haut de la hiérarchie. Car il ne sert à rien d'être en haut de l'échelle si on ne peut pas le lire dans le regard moite, à la fois respectueux et admiratif, de ceux qui sont en dessous.

Korda, bien sûr, disait souvent qu'il trouvait que les mondanités étaient une perte de temps.

Plus tard, Zhaem avait eu de sérieux ennuis chez Somýropa. Au niveau de la direction, une seule voix avait parlé en sa faveur, celle de Korda. Lorsqu'il y réfléchissait, Zhaem se disait que les humains sont tous les mêmes, quel que soit leur rang. Même les cadres supérieurs souffrent lorsqu'ils se sentent mal aimés. Dans ces moments-là, peu leur importe que l'oreille prête à les écouter soit celle d'un sous-fifre. Par la suite, Korda avait montré à Zhaem sa gratitude à sa façon, en l'aidant secrètement. Zhaem ne lui avait pourtant jamais rien demandé.

Korda était marié et père de famille. S'il avait été célibataire, veuf ou divorcé, il serait sans doute allé à Hyltendale chercher l'affection artificielle d'une gynoïde, comme Zhaem. Qui sait, il serait peut-être en ce moment même avec lui, au cocktail du Cercle Paropien...

Zhaem ne put s'empêcher de rire en y pensant.

Le jour du cocktail arriva. Au Cercle Paropien, la Grande Salle avait été débarrassée de son mobilier habituel, provisoirement remplacé par des tables alignées le long des murs. Des serveurs androïdes, en costume noir et tablier blanc, se tenaient debout derrière les tables, prêts à servir les invités en boissons variées, pâtisseries et petites charcuteries.

Les invités étaient au nombre d'une centaine, ce qui était peu par rapport au nombre total d'adhérents. La moitié d'entre eux étaient des êtres humains, hommes et femmes, et l'autre moitié étaient les gynoïdes et les androïdes qui les accompagnaient.

Procilio Consual, un homme grand et mince, au visage en lame de couteau et aux cheveux gris et bouclés, serrait la main de chaque invité qui entrait dans la salle. Il était accompagné de deux hommes et d'une femme que Zhaem ne connaissait pas. C'étaient sans doute eux, les célébrités, mais Zhaem, qui ne vivait à Hyltendale à temps plein que depuis quelques mois, ne les connaissait pas.

"Soyez le bienvenu, cher ami..." dit Consual.

"Merci Monsieur le Président" dit Zhaem, un peu intimidé malgré lui.

"Vous êtes bien Zhaem Klimen ?" demanda Consual, avec un sourire qui élargit encore sa large bouche.

"Oui, c'est moi."

"Bien... J'essaie de connaître tous les membres du Cercle, mais nous sommes tellement nombreux que parfois j'ai du mal... La mémoire faiblit avec l'âge... Mais je vous reconnais. Nous nous sommes déjà vus une fois, lorsque vous avez adhéré au Cercle... Je suis heureux que vous soyez parmi nous aujourd'hui."

Consual s'était déjà tourné vers un autre invité. Zhaem se retrouva au milieu de la salle, avec Isane. Il avait mis un pantalon noir, comme le lui avait conseillé Yohannès, et acheté une veste de toile noire, qu'il portait sur une chemise blanche. La plupart des hommes présents dans la salle étaient vêtus dans le même style, et cela le rassura.

Isane portait un tailleur rouge, avec, sur sa veste, un badge rond et blanc, sur lequel son nom était calligraphié. L'usage hyltendalien veut en effet que les humanoïdes, dont les visages sont souvent identiques, puissent être immédiatement reconnus par les humains.

Les autres gynoïdes portaient des badges de formes et de couleurs diverses, et parfois des peintures faciales, psychédéliques ou représentant des objets et des animaux. Zhaem reconnut Saxula, la gynoïde de Soubokaï, un fembotnik monstrueusement obèse qui lui avait été présenté par Yohannès. Soubokaï était tellement gros qu'il devait s'aider d'une canne pour marcher. Saxula avait l'air d'une adolescente, avec des cheveux bleu clair, un dé à six faces peint sur la joue gauche, et une roue bleue à huit rayons sur la joue droite.

L'air bruissait du bruit des conversations chuchotées. Yohannès devait être quelque part dans la salle, mais Zhaem ne le vit pas, parmi la foule des invités. Presque tous les hommes et androïdes étaient en costume sombre.

"Isane, je ne sais pas quoi faire au milieu de tous ces inconnus..." murmura Zhaem.

"Allons boire et manger, il y a tout ce qu'il faut pour ça sur les tables," dit Isane.

Un serveur androïde lui servit un verre d'eau de Skanuklo, la boisson habituelle des humanoïdes. Zhaem prit un verre de bière de Sarnath, douce, légère et rafraichissante.

"Je me demande bien pourquoi les gens dépensent de l'argent à organiser des cocktails, alors que la plupart du temps on s'y ennuie," dit Zhaem à Isane.

"Les cocktails sont faits pour créer des liens," dit la gynoïde. "Les gens se voient, se parlent un peu. Ils boivent ensemble. Boire et manger ensemble, c'est le rituel le plus ancien de l'humanité. On le retrouve dans la messe des chrétiens, qui est un repas. On y mange, symboliquement, le corps du Christ, sous la forme de l'hostie consacrée, et on y boit son sang, sous la forme du vin de messe."

"Donc, un cocktail, c'est une cérémonie religieuse ?" demanda Zhaem.

"Disons plutôt, un rituel social."

"Mais alors, lorsque des copains se retrouvent entre eux pour boire un verre et se moquer des absents, ils font quoi ? Ils participent à un rituel social, eux aussi ?"

"Bien sûr, le même rituel social que celui auquel nous participons en ce moment. En moins formel. Regarde vers ta droite, Soubokaï est en train de discuter avec Saxula. Va lui dire bonjour... Tu n'es pas là seulement pour parler avec moi."

Zhaem avait toujours trouvé Soubokaï plutôt répugnant, aussi bien physiquement que moralement, mais il fit ce qu'Isane lui disait.

Le gros fembotnik semblait peu disert.

"Vous êtes au Cercle Paropien depuis plus longtemps que moi," dit Zhaem, qui commençait à regretter d'être venu.

"Oui, j'ai adhéré avant les Évènements. Nous étions beaucoup moins nombreux, à l'époque..."

Soubokaï raconta par le menu à Zhaem comment c'était, au Cercle Paropien, plusieurs années auparavant. Puis la conversation dériva vers d'autres sujets. Une manbochick nommée Bordona se joignit à eux, et raconta comment elle vivait dans une maison avec un androïde et trois autres femmes.

Zhaem n'avait jamais vu Bordona auparavant. C'était une femme d'âge mûr, un peu corpulente, vêtue d'une robe bleue décolletée, surchargée de bijoux, et dont les cheveux teints en rouge vif juraient avec sa peau très brune.

"Ça fait plaisir de discuter avec un homme de chair et de sang, de temps en temps," dit Bordona à Zhaem, pendant que Soubokaï allait chercher un autre verre de vin jaune.

Elle le regardait droit dans les yeux, en se tenant très près de lui. Isane ne comptait pas, ce n'était qu'une humanoïde, la notion de jalousie lui était donc étrangère. Bordona et Zhaem le savaient.

Bordona était plus vieille que Zhaem, et pas vraiment jolie. Il décida pourtant de jouer le jeu avec elle, juste pour voir...
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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Mar 19 Déc 2017 - 10:10

Bordona, la manbotchick d'âge mûr, était tout sourire avec Zhaem Klimen, le jeune fembotnik. De temps en temps, elle lui touchait du bout des doigts un bras ou la poitrine.

"Vous habitez dans le quartier ?" demanda Zhaem, pour essayer de relancer la conversation.

"Oui, à vingt minutes à pied d'ici ! Une jolie maison, si vous avez le temps de venir la voir !"

"Je ne travaille pas aujourd'hui, donc j'ai le temps," répondit Zhaem. "Je peux passer chez vous quand vous voulez..."

"Ce soir, ce serait bien ! Je vous invite à dîner !" dit Bordona en battant des mains. "Mais avant, je vous montrerai la maison..."

"Allons-y tout de suite !" dit Zhaem en souriant.

Bordona était venue à pied au Cercle Paropien, Zhaem en tricycle à passager, piloté par Isane. Il chargea Isane de ramener le tricycle chez eux, et il sortit dans la rue avec Bordona. Il était seize heures trente.

Tout en marchant, Bordona racontait sa vie à Zhaem. La manbotchick était originaire de Céléphaïs, dont elle avait gardé l'accent. Elle avait travaillé comme infirmière à Leng et Baharna, dans plusieurs hôpitaux, avant de retourner exercer dans sa ville natale, puis de prendre sa retraite anticipée. Et elle parlait, parlait :

"J'avais le goût de l'aventure, à l'époque. J'aimais découvrir de nouveaux horizons. Mais en fait, j'ai toujours été seule dans la vie... Avant de venir à Hyltendale, je n'étais plus invitée par des couples depuis longtemps... Comme je n'ai pas d'enfant, j'ai l'impression d'avoir raté ma vie de femme... Les dernières années, à Céléphaïs, il m'arrivait de passer des week-ends entiers sans parler à personne... C'était vraiment dur."

"Et maintenant, à Hyltendale, vous vivez comment ?" demanda Zhaem.

"Je vis dans une maison que nous avons achetée à quatre, mes trois copines et moi. Nous nous sommes cotisées pour acheter la maison et louer un androïde. Il s'appelle Yakenniu."

Bordona prit Zhaem par la main, alors qu'ils atteignaient la rue Maderesteta, au sud du district de Tomorif. Elle continuait de parler :

"J'ai Yakenniu pour moi un jour sur deux, de cinq heures du matin à dix-sept heures. Natalia aussi. Duma et Aïwa ont Yakenniu un jour sur deux également, mais de dix-sept heures à cinq heures du matin. J'aurai Yakenniu demain matin à cinq heures, parce que je ne l'ai pas eu aujourd'hui."

Zhaem décida qu'il était temps de passer au style familier, équivalent du tutoiement dans la langue mnarruc.

"Et lorsque tu n'est pas avec Yakenniu, tu fais quoi ?" demanda-t-il.

"Pas grand-chose... Je discute avec mes copines. On se promène. Je participe à toutes les excursions organisées par le Cercle Paropien. Tu as de la chance d'avoir Isane rien que pour toi. Moi, je dois partager."

Il arrivèrent devant la maison de Bordona. C'était un cube de béton blanc à deux niveaux, dans le style hyltendalien typique, avec des fenêtres carrées à volets jaunes, des panneaux solaires sur le toit, et un grand jardin entouré par un mur de briques.

Bordona montra à Zhaem la cuisine et la salle à manger, au rez-de-chaussée, et le jardin, auquel on accédait par une porte vitrée, renforcée par une grille. Les amies de Bordona étaient soit sorties, soit dans leurs chambres, car Zhaem ne les vit pas.

La chambre de Bordona était au premier étage. C'était une petite pièce assez sombre, avec une petite fenêtre carrée donnant sur le jardin, et une fenêtre de toit, également petite et carrée, découpée dans le plafond. Un grand lit occupait la plus grande partie de la  pièce. Le reste était un fouillis de meubles de rangements et de bibelots. Un téléviseur à écran plasma était posé sur une console, et un ordinateur sur une petite table placée contre un mur. Bordona n'avait pas de chaise pour s'asseoir devant la table, seulement un tabouret-coffre.

"On a le temps de discuter avant le dîner," dit Bordona en s'asseyant sur le lit. "Assieds-toi à côté de moi..."

Deux heures plus tard, Bordona raccompagna Zhaem à la porte de la maison. Finalement, elle n'avait pas envie qu'il dîne avec elle et ses copines. Zhaem n'était pas surpris, et plutôt soulagé. Les vieilles demi-solitaires comme Bordona sont notoirement fantasques, et de toute façon Zhaem préférait Isane. Il se sentait quand même un peu vexé.

Il faisait déjà nuit, car on était en hiver. Zhaem habitait rue Sellaggeg, à l'autre bout du district, soit à environ deux kilomètres de là. Il ne connaissait pas le quartier. Il aurait pu téléphoner à Isane pour qu'elle vienne le chercher en tricycle à passager, mais il se souvenait par quel côté il était venu avec Bordana. Il retrouva assez rapidement la rue Maderesteta, qu'il connaissait, et de là il marcha jusqu'à chez  lui, à la lueur des réverbères, préférant faire un détour plutôt que risquer de se perdre dans les petites rues résidentielles.


Dernière édition par Vilko le Jeu 21 Déc 2017 - 18:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Mar 19 Déc 2017 - 16:18

Vilko a écrit:
Bordona, la manbotchick d'âge mûr (...) Les vieilles demi-solitaires comme Bordona sont notoirement fantasques.
Étrange, non ? Bordona, elle est vieille ou elle est mûre ? C'est quand même assez différent. Ça ne l'est pas vraiment pour un enfant ou un ado ; mais si je m'rappelle bien, Zhæm est plutôt dans la tranche d'âge mûr (à peu près l'âge de Macron, peut-être un peu plus : quadra, environ). Quel âge a Bordona ?

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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Mar 19 Déc 2017 - 16:23

Zhaem a 35 ans, Bordona 55... Zhaem ne se vantera pas de cette conquête !
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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Mar 19 Déc 2017 - 17:16

Vilko a écrit:
Zhaem a 35 ans, Bordona 55... Zhaem ne se vantera pas de cette conquête !
Pourquoi donc ? Ils n'ont rien fait ensemble ?

Mais bon, il a beau être mnarésien d'adoption, il a gardé des gênes aneuviens, et les Aneuviens sont assez peu diserts sur leurs relations sexuelles, quelles qu'elles soient, surtout épisodiques. Eneas Tonnd était pareil, de c'côté-là.

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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Mar 19 Déc 2017 - 17:56

Anoev a écrit:
Vilko a écrit:
Zhaem a 35 ans, Bordona 55... Zhaem ne se vantera pas de cette conquête !
Pourquoi donc ? Ils n'ont rien fait ensemble ?

Justement si, pendant les deux heures qu'is ont passé dans la chambre de Bordona. Mais Zhaem est vexé, parce que Bordona l'a mis ensuite à la porte de chez elle, sans même lui offrir à dîner comme elle l'avait promis. Sa fierté masculine en a pris un coup...

Heureusement, il va pouvoir se consoler avec Isane.
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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Mar 19 Déc 2017 - 19:33

'fectiv'ment, la Bordona était un poil ingrate. C'est pas d'main la veille qu'il retourn'ra chez elle ! À moins qu'il l'eût b... comme un lapin : à la va-vite, sans affection ni sensualité, comme on s'acquitte d'une corvée ; et là, ce s'rait différent. C'est Bordona qui aurait été vexée que son partenaire d'un moment n'eût aucun égard, et là, on peut comprendre que son intention de l'inviter à dîner eût tourné court.

Mais bon ! on n'était pas au lit avec eux, hein !

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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Mer 20 Déc 2017 - 14:32

Le lendemain soir, Bordona dîna dans la salle à manger avec Natalia, l'une des trois amies avec laquelle elle partageait la maison qu'elles possédaient en commun et l'androïde Yakenniu.

"J'espérais que Zhaem deviendrait un ami..." dit Bordona. "J'ai été déçue. Nous n'avions pas grand-chose à nous dire. Il ne comprend pas les femmes, et il n'a pas envie de les comprendre. J'ai préféré le mettre à la porte avant qu'il se fasse des illusions."

"Il ne peut pas y avoir d'amour entre un fembotnik et une femme, ou entre une manbotchick et un homme," dit sentencieusement Natalia. "Parce que le fembotnik ne voudra jamais se séparer de sa gynoïde, et la manbotchick ne voudra jamais se séparer de son androïde. Alors, entre un fembotnik et une manbotchick, ce n'est même pas la peine d'essayer..."

"Oh, je n'espérais pas l'amour... Juste un peu de tendresse, et de l'amitié... Enfin, je ne peux pas dire que j'ai perdu ma journée. J'ai eu une aventure..." dit Bordona en portant à ses lèvres sa tasse de thé au jasmin.

"Le bilan est positif, alors ?"

"Oui, dans un sens... J'ai bien senti que pour lui, il n'était pas question d'amour ou d'amitié, il ne voulait qu'une aventure sans lendemain... Moi, j'avais espéré qu'il deviendrait mon ami, cela m'aurait suffi. Je savais bien qu'il ne quitterait pas sa gynoïde pour moi. Mais avoir une aventure d'un jour, c'est déjà bien. Ça change de la routine."

"C'est comme les amours de vacances, quand nous étions adolescentes," dit Natalia en s'étirant.

"Exactement."

"Tu sais, Bordona, quand j'y réfléchis... Yakenniu te prend dans ses bras un jour sur deux, et il est aussi ardent et infatigable que le premier jour. Je ne connais pas beaucoup de femmes qui peuvent en dire autant de leur mari... En plus, il peut passer autant d'heures que tu veux à t'écouter et à te parler, un jour sur deux c'est déjà pas mal."

"Oui, c'est déjà pas mal..." dit Bordona d'une voix songeuse.

"Et lorsqu'il porte un masque-cagoule, il peut jouer le rôle d'autant de personnes différentes que tu le désires, il est un cercle d'amis à lui tout seul. C'est aussi un bricoleur, un électricien et un plombier. Et comme nous sommes quatre à nous le partager, il nous revient à seulement 250 ducats par mois chacune.  Nous sommes des privilégiées..."

"C'est vrai, mais une petite aventure de temps en temps, c'est quand même excitant, hi hi hi !"

"Tu penses à Zhaem, le type que tu as ramené hier ? Tu as eu raison de le mettre dehors. Ça lui a rabattu son caquet, à ce jeune présomptueux. Ce n'est pas parce que tu es plus vieille que lui qu'il doit avoir l'impression de te faire la charité. Pour le coup, c'est lui qui s'est fait... Hein, tu vois ce que je veux dire !"

Elles éclatèrent de rire.
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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Mer 20 Déc 2017 - 15:58

Je ne suis pas fâché de cet épisode. En plus qu'il est bien écrit, il retrace assez bien Zhæm Klimen tel que j'l'imaginais y compris quand il habitait encore en Aneuf : un personnage assez imbu de lui-même, voire un tantinet méprisant. Du coup, la déconv'nue qu'il a eue avec Bordona s'explique clairement. Je ne pense pas que Bordona eût davantage de succès sexuellement avec Tonnd* s'il était resté, mais celui-ci aurait un un comportement certainement moins hautain. Cela dit, Tonnd est parti du Mnar avec une véritable animosité envers les cybersophontes, persuadé (à juste titre ou non) que ceux-là voulaient le contrôler par l'entremise de ses deux gynoïdes, voire peut-être même en le rendant malade. Mais l'histoire et la personnalité des deux Aneuviens était extrêmement différente, voire même opposée.




*Eneas Tonnd a été fembotnik, donc pas exactement comme Perrine Vegadaan. Mais il avait Moyae, qui, au début du moins, il traitait comme une épouse, quant à ses contacts avec Xenopha, même s'ils pouvaient être considérés comme ambigus, ils n'étaient pas franchement sexuels comme avec Moyae, ou bien strictement parentaux comme ceux de Perrine avec Hugo. Disons qu'ils pouvaient être affectueux comme quand un adulte recueille, dans un pays sans vraie structure sociale, un petit orphelin sans aucune attache. La différence, c'est que Xenopha avait une attache, une attache profonde, et cette attache, eh ben c'était les cybersophontes. Quand Eneas s'est rendu compte de ça, il n'a plus considéré Moyae et Xenopha que comme ce qu'elles étaient : des machines sans âmes, aux ordres d'une Autorité Supérieure.

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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Ven 22 Déc 2017 - 11:26

À Hyltendale, chaque humanoïde, c'est-à-dire chaque gynoïde et chaque androïde, est contrôlé à distance par une cybermachine dissimulée quelque part dans un abri souterrain. Une cybermachine est capable de penser plusieurs milliers de fois plus vite qu'un être humain. En général, elle contrôle entre quelques centaines et un millier d'humanoïdes.

Mais le terme de cybermachine est vague. Il s'applique aussi à des machines pensantes, par exemple des pelleteuses, qui ne contrôlent qu'elles-mêmes. Concernant les différents types de cybermachines, il n'existe pas de statistiques officielles, seulement des estimations. Comme il y a environ cinq cent mille fembotniks à Hyltendale, les spécialistes considèrent qu'il y a à Hyltendale au moins un millier de cybermachines spécialisées dans le contrôle à distance des humanoïdes. Personne ne sait où elles se cachent, ni à quoi elles ressemblent.

Supposons, se disait Zhaem, qu'une cybermachine contrôle cinq cents humanoïdes. En un an, elle a vécu cinq cents fois un an, c'est donc comme si elle avait cohabité pendant cinq cents ans avec des humains. Elle a autant d'expérience de la vie qu'un humain qui aurait vécu cinq siècles. Et en dix ans, c'est comme si elle avait vécu cinq millénaires.

Il en est de même pour les personnages incarnés par les humanoïdes lorsqu'ils portent des masques-cagoules. Cela explique en partie la popularité de Barzaï le Sage, l'un des masques-cagoules les plus populaires. Sa réputation de sagesse repose sur la grande expérience de l'âme humaine, plus grande que celle de n'importe quel être humain, des cybermachines qui parlent par sa bouche.

Souvent, lorsqu'il était au lit avec Isane, Zhaem se disait qu'il était sur le point de s'endormir à côté de quelqu'un qui n'était pas seulement un robot humanoïde, mais aussi l'interface d'une entité dont il avait peine à concevoir la puissance intellectuelle surhumaine. Cette entité, c'est l'intelligence collective des cybersophontes, composée des cybermachines et de ceux qui leur obéissent. Les Hyltendaliens l'appellent la Ruche.

Dans ces moments-là, il arrivait à Zhaem de s'interroger sur la place qu'il occupait par rapport à la Ruche dans la société hyltendalienne, dont il faisait désormais partie.

Les cybermachines sont un peuple nombreux et varié, avec ses dirigeants et ses esclaves. Les dirigeants sont anonymes et vivent cachés. Les esclaves, on peut les voir dans les usines et sur les chantiers, sous la forme de machines-robots qui ne savent qu'obéir et travailler.

Les humains sont plus souvent en contact avec un type très particulier de cybermachines, que l'on appelle les humanoïdes, un mot qui, au Mnar, désigne les androïdes, gynoïdes, cyborgs et femborgs. Les humanoïdes vivent parmi les humains, mais leurs cerveaux cybernétiques sont reliés par radio à ceux des cybermachines.

Les cyborgs et leur équivalent féminin, les femborgs, sont dans une situation un peu particulière, car ils sont censés être des esprits humains dans des corps d'humanoïdes. Le cyborg le plus connu est le baron Chim, le très discret mais très influent conseiller du roi.

En dehors de la Ruche, mais plus ou moins étroitement liés à elle, il y a ceux que la philosophe Perita Dicendi appelle les dominés, dans un chapitre de son livre le plus connu, L'Hypostase de la Corrélation Ternaire.

En premier lieu, il y a les porteurs d'implants. Perita Dicendi ne se prononce pas sur la réalité de leur existence. Mais elle dit que s'ils existent vraiment, ils sont les esclaves humains de la Ruche, car ils sont obligés de lui obéir, sous peine de souffrances terribles.

Zhaem avait été un peu irrité par les quelques paragraphes que Perita Dicendi avait consacré aux porteurs d'implants. Pourquoi jouait-elle sur l'ambiguïté ? Si elle croit que les porteurs d'implants existe, qu'elle le dise. Sinon, qu'elle se dispense de faire courir des rumeurs sans fondement.

Perita Dicendi est souvent téméraire dans ses écrits, ce qui a valu aux quatre femmes dont elle est le pseudonyme collectif d'être obligées de vivre dans une semi-clandestinité, après avoir été condamnées à mort par les théocrates de Yog-Sothoth. Mais même Perita Dicendi n'a pas osé rapporter la rumeur, qui court dans tout le Mnar, selon laquelle le roi Andreas serait un porteur d'implant. Il est bien connu que ceux qui propagent cette rumeur, susceptible de nuire gravement à la monarchie, sont arrêtés par la Police Secrète et exilés par décret royal à Hyagansis, d'où ils ne reviennent jamais.

Zhaem avait interrogé son ami Yohannès sur cette histoire de porteur d'implants. Yohannès, après avoir regardé autour de lui pour voir si personne ne les écoutait, lui avait dit qu'il était suffisant, pour inquiéter le bon peuple, que le roi se soit fiancé avec une femborg, la duchesse Wagaba Jabanor, et qu'il n'était donc pas utile d'en rajouter.

"Les porteurs d'implant, tu y crois ?" avait demandé Zhaem sans penser à mal.

"Non, je n'y crois pas, et je ne veux même pas en parler," avait répondu Yohannès avec une véhémence inhabituelle.

Après les porteurs d'implants, toujours selon Perita Dicendi, il y a les fembotniks, manbotchicks et autres robophiles. Elle inclut dans cette dernière catégorie tous les humains qui sont d'une façon ou d'une autre sous l'influence directe ou indirecte de la Ruche.

Zhaem avait fait la grimace en lisant ce que Perita Dicendi avait écrit. Il était en effet doublement sous l'influence de la Ruche. En premier lieu, en tant que fembotnik, il s'était attaché affectivement, sexuellement et psychologiquement à Isane, sa gynoïde, et il en était conscient.

En deuxième lieu, le Psu Gasi, le restaurant dont il était le co-gérant, appartenait à une femborg,  la femme d'affaires Ondrya Wolfensun. Elle pouvait à tout moment lui faire perdre son emploi. Zhaem n'était protégé que par une clause de son contrat de travail, qui précisait qu'en cas de licenciement il toucherait une prime équivalent à un an de salaire. Zhaem savait que s'il perdait son job à Hyltendale, il serait obligé de retourner en Aneuf, de se remettre à niveau en informatique, et de recommencer sa vie à zéro. Bien évidemment, il n'y tenait pas du tout.

"Je suis doublement sous l'influence de la Ruche," se disait Zhaem. "Par Isane et par mon job. Ce sont deux chaînes dorées, mais deux chaînes quand même. Je suis un dominé."
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MessageSujet: Re: Les fembotniks   Ven 22 Déc 2017 - 12:23

Vilko a écrit:
Les cyborgs et leur équivalent féminin, les femborgs, sont dans une situation un peu particulière, car ils sont censés être des esprits humains dans des corps d'humanoïdes.
Question de terme, en fait. Pour respecter l'étymologie (cybernétique + organique), je dirais (personnellement) que le terme "cyborg" concerne l'ensemble. Les femborgs sont ceux qui ont une apparence féminine, les virborgs une apparence masculine. Et on pourrait trouver, toutes sortes de cyborgs, mi-machines mi-être vivants, n'ayant pas d'apparence masculine ou féminine, voire même pas d'apparence humaine.

On aurait (c'est surtout toi qui vois : le Mnar, c'est ta création, mais comme tu nous en fait part, on a aussi l'imagination qui fonctionne, laquelle amenant notre propre vision) un peu ce schéma :



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Tev o ĕrekes ù spraċ, la stĕ nep kànertas quas o dœm, do ep kóm o adráṅtes.
Quand tu inventes une langue, on ne sait pas forcément ce que tu penses, mais on sait comment tu raisonnes.
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Les fembotniks
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