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 Article "Langage et écriture"

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Greenheart
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Messages : 2137
Date d'inscription : 03/05/2008

MessageSujet: Article "Langage et écriture"   Ven 13 Juin 2008 - 14:00

Voici le premier jet d'un article sur le langage et l'écriture.
Je serai heureux d'avoir votre point de vue dessus afin de l'améliorer.
Il pourrait éventuellement être adapté pour l'idéowiki si vous le jugez bon à cet usage.


Ecriture et langage

On ne peut s’exprimer que par le langage. Donc, le récit, qu’il soit écrit, dessiné, filmé, chanté ou dansé ne peut être qu’un produit du langage. En japonais, le mot « langage » (Go) est d’ailleurs synonyme de « récit ».

Alors quel profit un auteur débutant ou confirmé peut-il tiré des langues de toutes sortes ? Nombreux sont les auteurs qui ont découvert leur style ou imaginé de nouvelles histoires en traduisant d’un autre langage. Qu’il s’agisse du poète Baudelaire traduisant Edgar Allan Poe, ou du compositeur Debussy s’inspirant des tableaux des peintres Impressionnistes, le phénomène est le même que celui qui mène à la découverte, scientifique ou philosophique : les mêmes objets vus sous l’angle différent d’une autre langue révèlent d’autres réalités, qui font bouillonner de nouvelles idées. Le langage est la clé de l’inspiration.

Pour simplifier, il existe deux sortes de langues : les langues naturelles et les langues imaginées, que l’on dit aussi « artificielles », « construites » ou « forgées ».

Les langues naturelles, comme le français, l’anglais, le latin, le chinois, qui sont le fruit de l’évolution, à la fois au sens de la transformation de l’appareil vocal, et subséquemment des lobes frontaux de l’être humain au fil d’histoire de la planète Terre, et au sens de la transformation continuelle des mots, des définitions, des énoncés, des accents, des écritures, au fil de l’histoire de l’Humanité.

Souvent, cette dernière transformation est l’objet de luttes de pouvoir violente, et souvent sanglante, en vue de laquelle une autorité interdira la pratique de telle ou telle langue, ou la déformera dans le sens d’une idéologie qui la sert, via l’école, les académies, les administrations, le droit via le dépôt des brevets, des marques et la « protection » des droits d’auteurs, le contrôle de la presse et de l’édition via l’obligation du dépôt légal, ou aujourd’hui d’Internet et des logiciels multimédia et traitement de textes. Des écrivains célèbres, comme Frédéric Mistral ont lutté pour préserver la richesse de leur langue, et ont dénoncé la manipulation par la langue, comme George Orwell dans son roman 1984.

Les langues imaginées, comme l’Espéranto, la Langue des Signes des sourds-muets, les Smileys, la notation musicale et les langages Mathématiques sont des langues imaginées. Ces langues, toujours inspirées d’une manière ou d’une autre des langues naturelles préexistantes sont autant d’outils à disposition de leur auteur et de leurs locuteurs. Des outils d’expérimentation et de recherche scientifique, des outils de création et d’intuition, des outils d’apprentissage des modes de pensées étrangers et des outils d’expression plus ou moins libre de la pensée. Lorsque des siècles en arrière, on faisait ses humanités en étudiant le latin et le grec et les écrits d’auteurs morts mille années auparavant, on illuminait son esprit. Et l’on ne pouvait s’empêcher de jouer avec ces langues qu’on découvrait, pour en créer des nouvelles : c’est le parcours de bien des auteurs et inventeurs fameux ou oubliés, comme John R. R. Tolkien, Ampère, Poe, ou Thomas Brown. Et c’est aussi le parcours de tout ceux qui ont réinjecté dans le français pléthore de mots latins et grecs dans leur orthographe originale (mais lus à la française) pour enrichir une langue épuisée et moribonde par les efforts xénophobes et despotiques des dictateurs d’alors.

Les auteurs latins ou grecs étaient eux-mêmes prisonniers des langues qu’ils pratiquaient et ne pouvait « voir » que ce que les mots qu’on leur enseignait leur laissaient voir. Mais l’étudiant qui avait une autre langue maternelle pouvait grâce au latin, ou au grec (ou grâce à toute autre langue étrangère) échapper à son propre carcan. Fusionner ou transformer ces langues étrangères et maternelles ouvre une troisième voie. Certains ont imaginé à partir de là un nouvel instrument de pouvoir, la langue internationale qui supplanterait toutes les autres. D’autres ont simplement profité d’une nouvelle liberté et la partager. D’autres enfin avaient besoin de ces langues imaginées, sans lesquelles aucune découverte, aucune réalisation n’était possible.

Avec l’arrivée du numérique, les langues imaginées ont explosé, sous la forme des langages de programmations, également objet de lutte de pouvoir acharné. Une autre lutte plus souterraine fait rage aujourd’hui autour de la traduction et de la compréhension du langage humain, afin d’espionner les particuliers par le scan de leur correspondance et leurs conversations téléphoniques, s’approprier par dépôt de droit toutes les œuvres musicales ou textuelles possibles, contrôler les prises de décisions et la consommation humaine en s’interposant, et surtout contrôler l’éducation et la manière de pensée des populations en filtrant les moyens d’apprendre, que ce soit à l’école ou à distance.

Alors effectivement, la maîtrise des langues est aujourd’hui non seulement un outil précieux d’invention et d’expression pour un auteur, mais aussi, et surtout, un outil de survie. Alors que des milliards d’habitants pourront à terme communiquer avec vous (si tant est qu’ils survivent à un monde toujours plus brutal, en guerre totale toujours plus efficace), le pouvoir de communiquer dépend des langues que vous pratiquez, et des langues que les autorités du moment vous laisseront pratiquer.

Mais dans quelles langues se lancer, pour ne perdre ni de temps (il ne se rattrape jamais) ni de l’argent ? Le premier critère qui doit vous guider est avant tout la méthode d’acquisition du langage : rapide, claire, honnête (vous l’essayez, vous maîtrisez de suite le langage, pas dans dix ans ou seulement si vous êtes doué).

Le second critère est le gain immédiat apporté par ces langues : est-ce qu’elles vont vous servir ici et maintenant pour vous faire encore plus plaisir dans l’écriture, pour écrire plus vite et plus puissamment, pour toucher plus de lecteurs ?

Par ailleurs, on apprend plus de langues et mieux quand on commence par les langues mères : le latin pour toutes les langues romanes (français, italien, espagnol, roumain, anglais etc.), le grec pour les langues slaves, l’hébreu et l’arabe pour les langues orientales, et ainsi de suite. Le principe est le même pour les langues imaginées, à ceci près qu’elles sont souvent pensées pour être apprises plus rapidement qu’une langue naturelle.

Mais que faire de ses langues une fois qu’on les a acquises ? D’abord il faut les pratiquer : parlez et pensez dans différentes langues au cours de la journée. Vous constaterez d’ailleurs que vous rêverez aussi dans différentes langues (toutes parfaitement intelligibles). Plus spécifiquement, lorsque vous aurez écrit vos premiers jets, dans la langue de votre choix, vous arriverez à une bien meilleure rédaction (y compris et en particulier dans votre langue maternelle) si vous repensez vos phrases dans plusieurs langues.

Car derrière tout énoncé, il y a les idées que vous voulez exprimer, et qui sont fourbies par votre inconscient. Et pour lui, aucune langue ne compte, sinon celle qui lui permettra de vous transmettre ce qu’il a à vous dire, et la meilleure manière de vous le dire – ainsi qu’à vos lecteurs. Les langues sont autant de volets clos au travers desquels la lumière de votre pensée filtre. Alors, histoire de ne pas mourir idiot, apprenez à ouvrir vos volets, voire à les changer ou à en construire de nouveau. C’est une chance d’y voir plus clair à l’intérieur, et de découvrir ce qui nous attend vraiment dehors.

FIN
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