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 Inventer un registre familier en traduction

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Sab



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MessageSujet: Inventer un registre familier en traduction   Dim 18 Nov 2012 - 0:13

Je viens de traduire en Kotava les premiers chapitres du roman d’Octave Mirbeau, Le Journal d’une femme de chambre (voir ici : http://www.europalingua.eu/wikikrenteem/Pone_ke_mawakwikya_Luz01).

D’une part, je conseille à tous de lire ce roman, pas loin d’être un chef-d’œuvre.

Ce texte est particulièrement intéressant à traduire de par son tour. Comme le titre l’indique, il s’agit d’un récit confié à un journal « intime ». Le style est dans un registre familier, flirtant parfois avec l’argotique, celui de la fin du XIXe siècle, avec une connotation volontairement faussement libertine. C’est à la fois savoureux et un vrai défi.

Le défi est à mon sens le suivant : comment arriver à restituer en traduction en Kotava le style et le registre ? Autant pour une langue ayant une large production littéraire et usage quotidien comme support, on peut s’appuyer sur des choses, des tournures, des expressions et un tour qui rendra de façon similaire, quand bien même on doive s’éloigner assez largement de la lettre du texte. En revanche, dans le cadre d’une langue à culture de référence réduite (spécialement une langue construite), comment arriver à cela, sachant qu’aucun matériau ou presque n’existe ? La tâche est d’autant plus compliquée que, quand bien même on disposerait de la totalité du vocabulaire adéquat, c’est en réalité surtout dans l’usage d’une syntaxe inhabituelle, de métaphores permanentes, d’ellipses et de clins d’œil complices au lecteur que lèvent ce style et ce récit. Et donc, comment et de quelle façon arriver à torturer la langue pour lui « créer un style » de registre similaire, alors même que, vu qu’il n’y a pas de précédents, il n’est pas du tout certain qu’un lecteur kotavophone s’y retrouvera ?

Il y a un autre aspect qui rentre en ligne de compte. En traduction vers une langue naturelle, on vise généralement un lectorat ayant une culture assez homogène et des références culturelles propres et bien connues. Et donc, on adapte le registre de traduction à ce qu’on connait de « similaire » dans la culture-langue cible pour restituer l’ambiance et le style. Et un bon traducteur y parviendra toujours, quitte à s’éloigner de la lettre du texte. En revanche, pour une langue construite, le lectorat visé est multi-culturel. En conséquence de quoi, à quel « substrat » préférentiel faudrait-il se référer ? Là est le véritable challenge : arriver à « inventer » un style qui soit à la fois une « fidèle » illustration de l’original et qui puisse être compris comme « le registre équivalent en Kotava », un registre qui n’existe pas encore, mais sans que soit contredite la philosophie foncière de la langue, c’est-à-dire qui n’emprunte pas à de vulgaires calques syntaxiques, lexicaux ou d’expressions. Tout en étant compris, et avec une pointe archaïsante pour rester dans l’esprit d’un texte qui a plus d’un siècle et qui est représentatif d’un contexte précis.

En tout cas, traduire un tel texte est cent fois plus difficile (mais mille fois plus excitant) que de s’attaquer à un quelconque texte juridique, un traité international ou une notice technique.

Qu’en est-il de tels exercices pour les autres langues à vocation auxiliaire ?
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MessageSujet: Re: Inventer un registre familier en traduction   Dim 18 Nov 2012 - 0:55

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Vilko
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MessageSujet: Re: Inventer un registre familier en traduction   Dim 18 Nov 2012 - 2:00

J'ai l'impression que les traducteurs français de romans policiers américains, obligés de trouver des équivalent à l'argot américain, tout en étant eux-mêmes peu familiers avec l'argot français authentique, ont simplement inventé des équivalents, par exemple en créant dans les années 1930 "discuter le bout de gras" comme équivalent de "chewing the fat" :
http://www.expressio.fr/expressions/discuter-le-bout-de-gras.php

Bref, ils ont inventé un argot... Frédéric Dard en a fait autant dans la série des San Antonio.

Evidemment, les Dibadiens ont fait de même, comme Vincent l'apprend en discutant avec un Dibadien dans le train qui l'emmène vers Dibadi :

Citation :
"Comment êtes-vous passé d'une langue secrète à la langue des feuilletons télévisés ?"

"Ah, ç'a été beaucoup de travail ! Comment dire, par exemple, 'Fais pas chier, connard, ou j't'en fous une' dans une langue qui a été créée, dois-je le rappeler, par des savants pour communiquer entre eux par écrit sur des sujets hautement scientifiques ? En dibadien, cela donne :

Tlush kamuk, pelten, pëswik nai pak!

Littéralement : Bon chien, idiot, sinon je frappe.

Mes collègues et moi, nous étions très satisfaits : nous venions d'inventer une expression idiomatique : Bon chien, pour dire sois gentil, laisse moi tranquille, mais avec beaucoup de mépris et de vulgarité. Elle est entrée dans le vocabulaire dibadien courant, après avoir été utilisée dans les films et les romans policiers. Les immigrants regardent beaucoup de vidéos et essayent de parler comme les acteurs dont ils aiment le style."

"Bon chien" m'est sans doute venu en pensant à l'expression française "coucouche panier" qui a à peu près le même sens. En dibadien on exprime son mépris, ou son désir d'être vulgaire, en parlant aux gens comme s'ils étaient des chiens.

En allemand, on mentionne plutôt les cochons : Verdammte Schweine ! Schweinkerl !

J'ai lu quelque part que, question grossièreté, il existe deux sortes de langues : celles qui font surtout référence à la copulation, comme l'anglais (get your fucking car out of the way!) et celles qui font surtout référence à l'excrétion, comme l'allemand ou le français : Scheißleben ! Quelle vie de merde ! Mais l'un ne va pas sans l'autre, et chaque langue utilise les deux registres : What a shitty job you have! (excrétion). Il m'a niqué ma voiture, ce con ! (copulation).

Idem en dibadien. Les deux dernières phrases pourraient se traduire ainsi :

Hëm sëpu, ti tlët hanyet! Hedë go chi mamuk nai chik, ya ti umtlëkhwap!
Littéralement : Une merde puante, ton travail ! Ce type a niqué ma caisse*, lui (qui) est un vagin !

* Le mot dibadien pour voiture est wehëchik, "véhicule (à roues) pour route". En argot on dira plutôt chik, qui signifie à la fois "véhicule" et "roue". Si l'on veut éviter toute ambiguïté on dira chikchik, qui signifie uniquement "roue". Mais dans un garage, chik signifie toujours "roue", car un véhicule se dira toujours wehëchik.

En hindi, une expression injurieuse désignant les étrangers signifie "ceux qui sont nés du vagin". Les Hindous qui utilisent cette expression croient sans doute que, contrairement aux étrangers, 'ils ont été apportés par les cigognes. Very Happy

C'est assez facile d'inventer un argot, car le contexte permet de le comprendre. Mais il faudrait que ta traduction inspire les autres traducteurs en kotava de textes familiers ou vulgaires. Autrement dit, les expressions et métaphores que tu inventeras devront se retrouver dans d'autres traductions pour faire vraiment partie du patrimoine stylistique du kotava...

J'imagine les locuteurs du dibadien comme étant pour la plupart des immigrés récents, au vocabulaire plutôt pauvre et à la syntaxe simple. La morphologie très simple du dibadien leur convient tout à fait. Leur argot manque de créativité lexicale, contrairement au français, où le mot "manger" a de nombreux synonymes en argot : becqueter, bouffer, tortorer, grailler, se sustenter, etc... On ne peut pas séparer une langue de ses locuteurs, même imaginaires.

Du coup, en dibadien, une phrase comme "Salut les mecs, je vais bouffer" peut se traduire de deux façons différentes :

Patlisztada, goda, shëgszë nai mumëk
Salut (les) hommes, juste-après-maintenant je mange

Patlisztada, goda, shëgszë nai mumëk kakwa kamuk
Salut (les) hommes, juste-après-maintenant je mange comme (un) chien

D'où la phrase "authentique" :

Patlisztada, goda, shëgszë nai kamukësh
Salut (les) hommes, juste-après-maintenant je bouffe

kamukësh : kamuk- (chien) -ësh (l'un des nombreux suffixes de sens vague, permettant de créer des néologismes).
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Anoev
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MessageSujet: Re: Inventer un registre familier en traduction   Dim 18 Nov 2012 - 13:25

Vilko a écrit:
J'ai lu quelque part que, question grossièreté, il existe deux sortes de langues : celles qui font surtout référence à la copulation, comme l'anglais (get your fucking car out of the way!) et celles qui font surtout référence à l'excrétion, comme l'allemand ou le français : Scheißleben ! Quelle vie de merde ! Mais l'un ne va pas sans l'autre, et chaque langue utilise les deux registres : What a shitty job you have! (excrétion). Il m'a niqué ma voiture, ce con ! (copulation).

Idem en dibadien. Les deux dernières phrases pourraient se traduire ainsi :

Citation :
Hëm sëpu, ti tlët hanyet! Hedë go chi mamuk nai chik, ya ti umtlëkhwap!
Littéralement : Une merde puante, ton travail ! Ce type a niqué ma caisse*, lui (qui) est un vagin !
(...)

En hindi, une expression injurieuse désignant les étrangers signifie "ceux qui sont nés du vagin". Les Hindous qui utilisent cette expression croient sans doute que, contrairement aux étrangers, 'ils ont été apportés par les cigognes. Very Happy

Dans les cultures originelles aneuviennes, les parties génitales étaient surtout considérées comme des "parties nobles" de l'anatomie, puisqu'elles servent à renouveler l'espèce (ce qui n'empêchait pas la pudeur, ô ironie : il était hors de question ne montrer à tout bout de champ ses attributs si on n'a pas l'intention de s'en servir. Susciter l'envie n'était pas bien vu, c'est encore le cas). Malheureusement, les missionnaires, toutes tendances confondues y ont mis à peu près (seulement à peu près, heureusement) "bon ordre". Les expressions grossières ne font que très peu rapport au sexe, donc, et c'est plutôt le "trou à évacuation des œufs, ou de la corde, qui puent"* qui est la source d'expressions triviales, voire franchement grossières ; ça va de l'infantil çhogi-çhogo (l'équivalent de "caca-boudin") passe par le calembour çhoglad, jusqu'à a inzhet sed çhogs! imínzhor!°, ce qui donnerait : "Mange ta merde ! cannibale !", ce qui fait mouche deux fois : on associe l'injurié à ce qu'on lui enjoint d'avaler ! Eg uçhòger an en (J'te chie dessus). On n'oubliera pas la troisième personne.


*Ce qui fait que la sodomie (adræktet) n'est pas vraiment bien vue, puisque mettant en contact une partie noble (organe génital) avec une partie sale (rectum, anus). Dans le domaine des pratiques sexuelles "parallèles", la fellation ou le cunilingus (syl-ni-pynev, syl-n'onágev) mettant en contact deux parties anatomiques nobles. La bouche servant également à manger & à boire (indispensables à la vie) et à communiquer.
°À différencier de a inzhet sed çhogs an! æt imínzhor! : là, on conchie effectivement une autre personne auprès d'un témoin : Qu'il mange sa merde, ce cannibale !
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Nemszev
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MessageSujet: Re: Inventer un registre familier en traduction   Dim 18 Nov 2012 - 17:18

Le but de l'argot, c'est de ne pas être compris par quelqu'un d'autre que ceux de son groupe.

Divers procédés sont utilisés... Je pense aux exemples suivants :
- le verlan : syllabe1-syllabe2 > syllabe2-syllabe1, mais quand il y a davantage de syllabes, ça devient compliqué
- le louchebem (argot boucher) : C1V1C2V2 > L+V2C1V1C2+M, et d'autres cas
- le rhyming slang (cockney) : remplacer un mot par un autre (un prénom ou un mot un peu incongru) qui rime avec celui qu'on remplace


Je pense à adapter le dernier exemple au ba gai dun, parce que je ne peux pas facilement inverser les syllabes (beaucoup de mots monosyllabiques) ou les lettres (certaines ne vont pas en fin de mot). J'ai envie de m'inspirer aussi des hiéroglyphes/sinogrammes qui rajoutent un élément à valeur sémantique (par exemple : image de chat + image d'aiguille = chas (d'une aiguille)).

T'as vu ce type ? = Ra pa tan ne? (Tu vois ce morceau (-a // ga = garçon) debout?)
Elle a des nibards minuscules ! = Lin pen ti de i! (Elle a des cordes (-in // sin = sein) à pointe petites)
Je vais bouffer... = Go can bo... (Je vais à la grande lune (-an // kan = manger))

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Anoev
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MessageSujet: Re: Inventer un registre familier en traduction   Dim 18 Nov 2012 - 20:35

Nemszev a écrit:
- le rhyming slang (cockney) : remplacer un mot par un autre (un prénom ou un mot un peu incongru) qui rime avec celui qu'on remplace.

Un tel type de manipulation serait adaptable à l'aneuvien, à condition de faire quelques modifs.

En effet, à cause des déclinaisons des noms, du comparatif/superlatif des adjectifs/adverbes et le passé des verbes, qui sont des formes communes (-en/-ev ; er(t), -a), ce qui exigerait, pour grand nombre de mots, l'intervention de la rime précédente.

Da dæna (il est mort) étant transformé en da gæna (il est parti : partir, c'est mourir un peu).
qoz (partie de l'anatomie féminine) devenant rooz.
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MessageSujet: Re: Inventer un registre familier en traduction   Dim 18 Nov 2012 - 21:03

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Sab



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MessageSujet: Re: Inventer un registre familier en traduction   Lun 19 Nov 2012 - 8:00

lsd a écrit:
Le langage familier ce n'est pas que que l'injure ou le langage des voleurs, c'est aussi réintroduire de l'affect ou de l'expressivité dans un langage trop neutre.
Oui, le texte de Mirbeau c'est à tout cela. Le choix même de la forme de journal, intime mais écrit dans le but (l'espoir faussement secret et malicieux) qu'il soit découvert par quelque homme tout à la fois discret et dénué d'hypocrisie, pose un registre complètement affectif, une forme qui tient d'un blog personnel avant l'heure.

Vilko a écrit:
C'est assez facile d'inventer un argot, car le contexte permet de le comprendre. Mais il faudrait que ta traduction inspire les autres traducteurs en kotava de textes familiers ou vulgaires. Autrement dit, les expressions et métaphores que tu inventeras devront se retrouver dans d'autres traductions pour faire vraiment partie du patrimoine stylistique du kotava...
Oui, ce ne sont pas tant les quelques expressions argotiques qui est chose compliquée, car là on se rapproche davantage, il me semble, de l'inventivité propre à un auteur au sens strict (quant au résultat "qualitatif", c'est un autre débat...). La problématique centrale c'est bien, en revanche, de faire émerger un style et une façon d'user de la langue qui dénote avec celle académique, tout en restant conforme (car Célestine l'héroïne-rédactrice se pique de parler un langage châtié et d'être de bonnes manières), et qu'un lecteur peu averti qualifierait "d'instinct" de familier, de proche et d'incarné.

lsd a écrit:
Et comment t'en es tu sortie, quels sont les subterfuges que tu as adoptés ?
En premier lieu, étant donné que le récit transpire malicieusement une assez forte charge sexuée, j'utilise à plein en contrepoint la caractérisitique du Kotava qui justement sexue rarement. C'est à dire que je fais un large emploi des suffixes de genre (-ya féminin ; -ye masculin). De la sorte la traduction va un peu plus loin que l'original, mais je pense que c'est/serait justement un bon marqueur de familiarité en Kotava puisque inhabituel en contexte standard.

Un trait désormais assez bien connu et compris comme registre familier "sympa" est celui de la fusion de la sursuffixation indiquant un individu. Par ex.
PWERTaf = gros (adj.)
--> pwertik = un gros, une grosse personne (subst. d'individu)
--> pwertikye = un gros, un homme gros (sexué, subst. d'individu mâle)
--> pwertye = mon gros père, mon gros (l'ellipse du -ik d'individu enlève le caractère formel et marque une proximité ; la notion sexuée s'en retrouve plus saillante mais atténue de ce fait la charge sématique stricte du radical)

En second lieu, j'utilise également à plein une autre ressource assez géniale de la langue, celle des suffixes totaux (diminutif, augmentatif, emphatique, péjoratif, excessif, insuffisant) qui peuvent affecter n'importe quel terme. Et là, bien au delà des notions classiques et factuelles.
La combinaison des deux (suffixes sexués et totaux) est très productive. Ex.
pwertye = mon gros père, mon gros
--> pwertyenye = mon bon gros (le suffixe total appréciatif -ny- apporte une note de grande empathie, d'affectif positif, un rôle généralement réservé aux seules formes diminutives sur prénom dans beaucoup de langues)

Troisième ressource (cela plaira à Leo, grand adepte des mots "interjectifs" et qui mettent de l'huile dans la syntaxe), les fameux adverbes énonciatifs du Kotava (ae, arse, anye, aje, tce, etc.), ceux qui expriment un sentiment de l'énonciateur (et ici la narratrice est censée être aussi l'actrice) quant à ce que celui-ci exprime. Etant donné que le Kotava n'est pas une langue à syntaxe théoriquement stricte, on ne peut guère jouer sur cette dimension-ci et donc il faut trouver d'autres moyens de "colorer" l'expression. Complémentairement, j'use aussi beaucoup des autres interjections "ponctuantes" (fi ! allons donc ! sapristi/la vache/mince alors ! etc.).

Autre aspect, je tente assez des mélanges avec les modalités. Sachant que le système des modalités du Kotava (les diverses façons pointues de considérer la réalité, l'obligation, la possibilité, la maîtrise, etc. d'un procès) est plutôt jugé comme relevant d'une pratique relevée, je le mixte avec une façon assez simple et très directe d'expression dans de mêmes enchaînements, un peu comme en Français quelqu'un qui manierait l'imparfait du subjonctif (n'est-il point Anoev ?) avec des verbes ou locutions jugés familiers (que je te kiffasse ; qu'il me tirât... les vers du nez ; etc.).

Sinon, mais cela seul un kotavophone pourrait bien le percevoir, je réplique des successions de qualificatifs hors (c'est-à-dire au delà du verbe conjugué, qui se trouve classiquement à la fin) du cadre de la proposition habituelle, grâce à la réitération de la préposition accusative (va) ou aux témoins euphoniques sur adjectif ou pronom (la fameuse voyelle euphonique ajoutée) en faisant de ces "accords" de véritables marqueurs de référence.

Par ailleurs, l'absence de vouvoiement en Kotava oblige à ruser pour introduire un marquage de supériorité (maître --> domestique), de distance respectueuse (domestique --> maître) ou condescendante (domestique stylé --> domestique tout venant).
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Anoev
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MessageSujet: Re: Inventer un registre familier en traduction   Lun 19 Nov 2012 - 12:53

Sab a écrit:
Autre aspect, je tente assez des mélanges avec les modalités. Sachant que le système des modalités du Kotava (les diverses façons pointues de considérer la réalité, l'obligation, la possibilité, la maîtrise, etc. d'un procès) est plutôt jugé comme relevant d'une pratique relevée, je le mixte avec une façon assez simple et très directe d'expression dans de mêmes enchaînements, un peu comme en Français quelqu'un qui manierait l'imparfait du subjonctif (n'est-il point Anoev ?) avec des verbes ou locutions jugés familiers (que je te kiffasse ; qu'il me tirât... les vers du nez ; etc.).

Razz T'as mis l'doigt où il fallait, Sab :

La syv pùzotăr aṅtep àr lùfe ere pàtez = On mit vite les bouts avant que les keufs ne vinssent.

Sab a écrit:
pwertye = (...) mon gros

J'en déduis que pwert(en)ya signifie "ma grosse", et ce, sans aucune connotation péjorative comme c'est (malheureusement) le cas en français. En aneuvien, on s'en sort par une adaptation, du style
med rymynek, de
rym = gros, avec une connotation de rondeur, de beauté (cf ryln)
-yn- : interfixe hypocoristique
-(e)k : ♀, ici, condensé de -kad.

Comme le mot est affectueux, on peut utiliser med.

Citation :
... a oblige à ruser pour introduire un marquage de supériorité (maître --> domestique), de distance respectueuse (domestique --> maître) ou condescendante (domestique stylé --> domestique tout venant).

Par contre, l'aneuvien m'a permis de réagir contre de tels traitements (respect à sens unique, domination), mais bon. Le kotava étant une langue auxiliaire, il est vrai qu'il doit s'adapter aux sociétés les plus égalitaires, comme les plus inégalitaires ; ce qui n'est pas le cas de l'aneuvien. Cependant, ce dernier connait le vouvoiement, y compris l'équivalent de ustedes (autres cas que le nominatif), parallèlement au tutoiement.
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MessageSujet: Re: Inventer un registre familier en traduction   Lun 19 Nov 2012 - 21:03

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MessageSujet: Re: Inventer un registre familier en traduction   Mar 20 Nov 2012 - 13:27

Sab a écrit:
Qu’en est-il de tels exercices pour les autres langues à vocation auxiliaire ?
Le saiwosh n'est pas une langue à vocation auxiliaire (encore que, si j'étais dictateur... Wink ) mais je l'utilise, en concurrence avec l'anglais, dans mon journal. Afin de peaufiner le saiwosh comme langue "parlable" dans un registre familier, depuis quelques mois je note toutes les phrases qui me passent par la tête et qui pourraient être échangées au cours d'une journée par un couple composé d'un humain et d'une gynoïde (ou androïde féminin, ou fembot, pour ceux qui préfèrent).

Cela va de "Je vais préparer le thé" à "Laisse-moi plus de place".

Mon idée est que le fondement d'une langue, la base sur laquelle tout le reste est bâti, ce sont ces conversations quotidiennes, souvent très brèves. C'est au moyen de ces dialogues quotidiens, familiers, parfois triviaux, que l'enfant apprend sa langue maternelle.

Lorsque ce travail, que je fais à mes moments perdus, sera terminé, je pense l'enregistrer sous forme de fichier mp3 sur mon ordinateur. Et d'ici là je vais essayer de trouver un logiciel, gratuit de préférence, pour changer ma voix, la rendre plus haut perchée, lorsque je lirai les phrases prononcées par la gynoïde... Car ma femme n'a pas du tout envie d'apprendre le saiwosh ! Very Happy


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MessageSujet: Re: Inventer un registre familier en traduction   Mar 20 Nov 2012 - 14:04

Diabolique ! Twisted Evil

Je ne sais pas trop pour le langage familier, mais la langue orale elle-même est souvent pleine de marques discursives et autres interjections qui souvent ne servent qu'à entretenir le champs phatique (parler pour ne rien dire).
C'est aussi souvent très imagé et il y a une tendance à l'intensification pour faire réagir son interlocuteur.

J'étais à la boulangerie et une dame arrive en disant "J'ai faim !". Je l'ai regardée en disant "ohlala".

Sun, fin en dom pan den go in si jen la we i gogo "wan kan!". Na ra jen ben la, ra ne, na kom "hoho".

(Litt. écoute, j'étais à la boulangerie et ensuite entre cette dame et elle aboie "j'ai faim!". Moi je regarde cette bonne femme, tu vois?, je suis comme "hoho")

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MessageSujet: Re: Inventer un registre familier en traduction   Mar 20 Nov 2012 - 14:32

Nemszev a écrit:
Moi je regarde cette bonne femme, tu vois?, je suis comme "hoho")
Anglicisme ? I am like "uh-uh"
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MessageSujet: Re: Inventer un registre familier en traduction   Mar 20 Nov 2012 - 15:42

J'étais à la boulangerie et une dame arriva en disant "J'ai faim !". Je l'ai regardée en disant "ohlala":
 
Merci, Nem' : j'vais mettre à jour mon dico !

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MessageSujet: Re: Inventer un registre familier en traduction   Mar 20 Nov 2012 - 19:11

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MessageSujet: Re: Inventer un registre familier en traduction   Mer 21 Nov 2012 - 3:54

Mouais anglicisme ou non, les espagnols disent "como" dans le même sens, nous on dit "(j'étais) là : (citation/expression faciale)". Strictement pour une citation, les anglophones disent "(he) goes : (citation)", nous disons "(il) me fait/lâche/sort : (citation)"...

C'est toujours intéressant de comparer tout ça. Je remarque en tout cas que ça reste très imagé.

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Leo



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MessageSujet: Re: Inventer un registre familier en traduction   Mer 21 Nov 2012 - 20:57

En esperanto j'ai toujours senti une presque-absence des registres de langue. Bien sûr, chacun s'exprime à sa façon, avec son caractère, mais le langage imagé n'est pas l'apanage du familier ou du populaire, et je crois que le trait majeur qui différencie les registres et les jargons est simplement un lexique "de classe".

Par exemple, le mot français "tête" est issu d'un usage populaire qui a remplacé "chef" (opiner du chef, couvre-chef), mais hormis les étymologistes, personne ne décèle son origine de manant. Inversement, l'usage populaire de "abusé" au sens de "excessif, révoltant" n'a rien de choquant linguistiquement, des tas d'adjectifs de bonne famille sont assis de traviole sur les principes grammaticaux (largement fantasmés); et pourtant, le mot est connoté.

Mais il faut des siècles pour que ces lexiques de registre se forment, il faut une dynamique sociale avec des groupes qui veulent se démarquer par leur vocabulaire, avoir son propre lexique, bannir celui des autres groupes. Du coup, l'esperanto est bien plus morcelé géographiquement que dans les registres de langue.

Mais je trouve ça rigolo de créer des registres en utilisant le matériel sous la main. Il faudrait tester auprès des locuteurs sans leur préciser ce qu'on a en tête, et observer leurs réactions.
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Sab



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MessageSujet: Re: Inventer un registre familier en traduction   Jeu 22 Nov 2012 - 11:12

lsd a écrit:
Il faut dire que le texte de Mirabeau est particulièrement adapté à la weltanschauung kotavique, très attentive aux nuances affectives du locuteur (très féminine en somme);
Mirbeau, pas Mirabeau... Wink

Vilko a écrit:
Mon idée est que le fondement d'une langue, la base sur laquelle tout le reste est bâti, ce sont ces conversations quotidiennes, souvent très brèves. C'est au moyen de ces dialogues quotidiens, familiers, parfois triviaux, que l'enfant apprend sa langue maternelle.
D'évidence, d'où l'argument massue opposé aux langues construites qui, faute de racines et d'affect dans l'enfance, seraient incapables d'imprégner réellement et d'être aimées autrement que par froide démarche intellectuelle ou -à la limite- par calcul de type économique.

Leo a écrit:
En esperanto j'ai toujours senti une presque-absence des registres de langue. Bien sûr, chacun s'exprime à sa façon, avec son caractère, mais le langage imagé n'est pas l'apanage du familier ou du populaire, et je crois que le trait majeur qui différencie les registres et les jargons est simplement un lexique "de classe".
L'expérience de l'Espéranto doit être intéressante sur ce plan. Ainsi, en dépit de plus d'un siècle de pratique et d'un corpus désormais bien constitué et puisant à des sources très diverses, n'y aurait-il guère de registres distinctifs ? Mais qu'en est-il pour les "denaskoj", les gens qui ont l'Espéranto comme langue maternelle, élevés avec dès leur jeune âge ? Comment les parents et ces enfants fonctionnent-ils ensemble ? Ils développent forcément des formes "familières" de communication ? Avec quelles particularités, selon quelles dérives ?
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Leo



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MessageSujet: Re: Inventer un registre familier en traduction   Jeu 22 Nov 2012 - 11:36

De ce que j'ai pu voir, l'esperanto "familial" est très fortement influencé par les langues maternelles des parents, et il est propre à chaque famille. Pour les enfants denaskuloj, l'esperanto reste une langue secondaire mais ils sont beaucoup plus spontanés que la plupart des locuteurs. Et ils ont tendance à garder les idiomatismes de leurs parents, gravés durant l'enfance. Pour qu'un esperanto familier généralisé émerge, il faudrait, je crois, beaucoup plus de contacts quotidiens entre les esperantistes. D'autres ont peut-être une vision différente de la mienne. Silvano?
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Silvano



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MessageSujet: Re: Inventer un registre familier en traduction   Jeu 22 Nov 2012 - 16:09

Leo a écrit:
D'autres ont peut-être une vision différente de la mienne. Silvano?
Les seuls denaskuloj que j'aie fréquentés avait des parents de langues maternelles différentes (québécois et croate) mais ils ne fréquentent plus trop le milieu espérantiste. Plus jeunes, leur espéranto me semblait fort correct, mais ils étaient en contact avec de nombreux autre espérantistes (le plus souvent québécois). Tu devrais contacter les animateurs des Infanaj Kongresetoj pour valider tes hypothèses.
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MessageSujet: Re: Inventer un registre familier en traduction   Jeu 22 Nov 2012 - 19:36

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Leo



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MessageSujet: Re: Inventer un registre familier en traduction   Ven 23 Nov 2012 - 4:26

Silvano a écrit:
Les seuls denaskuloj que j'aie fréquentés avait des parents de langues maternelles différentes (québécois et croate) mais ils ne fréquentent plus trop le milieu espérantiste. Plus jeunes, leur espéranto me semblait fort correct, mais ils étaient en contact avec de nombreux autre espérantistes (le plus souvent québécois).
Quand je disais que les denaskuloj gardaient les idiomatismes de leurs parents, je ne voulais pas dire qu'ils parlaient de façon "incorrecte", mais que leur esperanto était plus individualisé que celui des "delernuloj". C'est une bonne chose en fait.

Silvano a écrit:
Tu devrais contacter les animateurs des Infanaj Kongresetoj pour valider tes hypothèses.
J'ai perdu le contact avec le mouvement, tu es mieux placé que moi pour enquêter ^^


lsd a écrit:
Par définition, le langage familier est propre à chaque famille, ce n'est que sa publicité et le mimétisme des autres locuteurs qui en fait un "standard" reconnaissables...
Oui, c'est pour ça que je parlais de langage "familial" plutôt que familier. Plein de langages familiaux, mais pas vraiment de registre familier caractéristique. On peut quand même distinguer de légers registres, notamment générationnels. Par exemple les très vieux espérantistes donnent volontiers du "samideano" comme on donnerait du "monsieur" ou du "camarade", c'est assez rigolo. Et on peut commencer un email par "Estimata samideano" (Estimé confrère), "Kara" (Cher) ou "Sal!" (Yo!)...

lsd a écrit:
Le traducteur idéolinguiste s'il ne peut se rapporter à ce "standard" pourra tout au moins utiliser à bonne escient le transfert des tournures du texte source en fonction de son vécu et de son usage personnel de la langue cible...(et en quoi cela ne serait pas valide Cool (tant qu'aucun standard ne se sera dégagé Rolling Eyes ))
Liberté auxilangueuse!
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MessageSujet: Re: Inventer un registre familier en traduction   Mar 27 Nov 2012 - 1:37

Je ravive le thread après avoir vu l'histoire du chignon dans le fil des pépites.
Est-ce que tu as eu des retours des kotavophones sur les dialogues, Sab? Est-ce qu'ils ont senti qu'il y avait une rupture de registre?
Ca me rappelle quand je m'étais cassé les dents sur la tirade du nez où Cyrano explore les styles, notamment le Campagnard : « hé, ardé ! C'est-y un nez ? Nanain ! C'est queuqu'navet géant ou ben queuqu'melon nain ! » En plus c'est du campagnard de l'époque de Rostand (à moins qu'il n'ait tenté le campagnard de l'époque de Cyrano, mais j'en doute un peu). Et surtout, c'est du campagnard fantasmé par les citadins, à n'en pas douter. Donc on a déjà une première couche d'invention avant celle de l'idéolangue.
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MessageSujet: Re: Inventer un registre familier en traduction   Mar 27 Nov 2012 - 12:13

Leo a écrit:
Est-ce que tu as eu des retours des kotavophones sur les dialogues, Sab? Est-ce qu'ils ont senti qu'il y avait une rupture de registre?
Non, je n'ai pas eu encore de commentaires là-dessus. Difficile à dire donc.

Je poursuis ma traduction. En tout cas, je me rends compte qu'il me faut rester bien dans le rythme et ne pas lâcher trop le travail, car on a vite fait soi-même de ne plus trop être en concordance. Cela est vrai dans tout travail d'haleine, mais davantage encore lorsqu'on innove et que l'on n'a que sa propre production comme éléments de référence.
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MessageSujet: Re: Inventer un registre familier en traduction   Mar 27 Nov 2012 - 12:23

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