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 Segmentation d'une œuvre musicale

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Sab



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MessageSujet: Segmentation d'une œuvre musicale   Lun 14 Jan 2013 - 12:35

Problème épineux : comment définir, saucissonner et exprimer la segmentation d'une œuvre musicale ?

Spécialistes musicaux (Greenheart notamment), venez à mon secours ! Je dois traduire le mot "mouvement" au sens musical. Eh bien, je suis complètement paumée. Evidemment en Kotava, je n'ai trouvé le mot nulle part et je dois donc improviser au "moins pire", sans faire du "movimento" décalqué. Mais tant qu'à faire, quelque chose m'a interpellée.

Au moins en musique occidentale, au sens mélodique, il y a tout un tas de termes piochés un peu partout et érigés en théories au fil du temps, pour décrire une oeuvre. Ma question est la suivante (et pardonnez d'avance mon ingénuité, parce que je sais qu'on va me dire que ce n'est pas si simple, qu'entre mélodie et harmonie, etc.) :
Peut-on (pourrait-on) décrire, un opéra par exemple, en structure à la manière de ce qu'on trouve pour une œuvre écrite ? Je m'explique : si on prend un roman par exemple, on va trouver les emboitements suivants* :
- lettre (ou phonème s'il y avait correspondance exacte) ;
- mot (premier niveau de regroupement) ;
- phrase (premier niveau réellement autonome de communication) ;
- paragraphe ;
- chapitre ;
- partie ;
- tome / volume / opus ;
- oeuvre entière (roman, essai, biographie, encyclopédie, etc)

Concernant un œuvre musicale, existerait-il une sorte de structure "similaire", comparable au moins en terme de "segmentation" ? Serait-il aberrant d'imaginer :
- lettre = note
- mot = accord ? temps ? mesure ?
- phrase = phrase musicale ? cantilène ?
- paragraphe = ?
- chapitre = mouvement ?
- partie = acte
- tome / volume / opus = ?
- oeuvre entière = oeuvre musicale (opéra, sonate, symphonie, etc.)
?

En faisant l'impasse sur quelques variantes ou variations intermédiaires (sous-chapitre, etc.)
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Silvano



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MessageSujet: Re: Segmentation d'une œuvre musicale   Lun 14 Jan 2013 - 15:49

Chapitre me semble intéressant, mais il faut se rappeler que si ça s'appelle mouvement, c'est que chacun est détruit par son rythme particulier, soit par une vitesse (adagio, allegro), soit par un style (menuet).
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MessageSujet: Re: Segmentation d'une œuvre musicale   Lun 14 Jan 2013 - 19:09

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Greenheart
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MessageSujet: Re: Segmentation d'une œuvre musicale   Lun 14 Jan 2013 - 22:50

Il y a des correspondances, mais ce ne sont probablement pas celles-là, à première vue.

Par contre les correspondances entre le vocabulaire de la musique et celui de la poésie sont très fortes.
En passant par la poésie, on devrait retomber sur les passerelles vers le roman et le texte en général.

***

Le mouvement d'un concerto correspond en fait au numéro de la danse dans une suite de danse.

Cela remonte à très longtemps, mais souvent on commencera par présenter les suites de danse, que l'on enchaîne traditionnellement dans un certain ordre, par groupe de 3,4,5 - les danses remplissant des fonctions sociales très intimes (les couples ou les danseurs du même sexe doivent d'abord prendre contact, puis ensuite danser à distance, puis danser plus près - et on enchaîne chaque type de danse dans un ordre à la fois pratique et symbolique). Il y a des danses à deux, à trois, à quatre, collective, distributive, hypnotique etc. etc.

Les danses peuvent aussi représenter des scènes (tableaux), donc illustrer une histoire - mais le mouvement ne correspond pas forcément à un chapitre : dans la Pastorale de Beethoven, il y a plusieurs "chapitres" de l'histoire champêtre raconté dans un même mouvement. Dans la symphonie fantastique, chaque mouvement correspond à un décor (donc ce sont des actes) mais il y a une progression (des scènes) qui se succèdent à l'intérieur de chaque mouvement.

Virtuellement, un concerto va mimer tout cela, en partant du plus exubérant (baroque), le plus millimétré (classique), et le retour aux racines et l'appel de l'exotisme du romantisme, et la transposition des jeux de perception et représentations des courants de peinture (moderne), puis l'arrivée des technologies et la mainmise des carriéristes des conservatoires, suivis des majors sur la création.

(la suite plus tard - le plus simple serait que je poste des définitions et des illustrations, si cela vous intéresse ?)
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MessageSujet: Re: Segmentation d'une œuvre musicale   Mar 15 Jan 2013 - 1:29

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Sab



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MessageSujet: Re: Segmentation d'une œuvre musicale   Mar 15 Jan 2013 - 11:46

@Greenheart : tu penses qu'on pourrait davantage faire une analogie au point de vue du découpage de structure avec la poésie et les poèmes ?
Donc :
- lettre = note
- mot = accord ? temps ? mesure ?
- vers = phrase musicale ? cantilène ?
- strophe, stance , couplet, verset = ?
- poème, chant, cantique = mouvement ?
- épopée, saga, geste, dit, cycle = oeuvre musicale (opéra, sonate, symphonie, etc.)

@lsd : et toi, dans ta conception totalement a priori, comment bâtis-tu de tels schémas ? sur quelles analogies ? sur quelles logiques de découpage ?
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Silvano



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MessageSujet: Re: Segmentation d'une œuvre musicale   Mar 15 Jan 2013 - 18:11

Sab, je ne pense pas qu'on puisse définir précisément chaque éléments d'une œuvre musicale et en trouver une correspondance dans la littérature (sauf peut-être les œuvres chantées, qui sont structurées par du texte). Pourquoi? Parce que les œuvres musicales ne sont pas toutes faites sur le même modèle. On pourra difficilement trouver un vocabulaire commun précis pour décrire à la fois le plaint-chant et la musique atonale du XXe siècle.

Comment dit-on acte (comme une pièce en cinq actes) en kotava? Est-ce la même chose que chapitre?
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MessageSujet: Re: Segmentation d'une œuvre musicale   Mar 15 Jan 2013 - 20:14

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Greenheart
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MessageSujet: Re: Segmentation d'une œuvre musicale   Mer 16 Jan 2013 - 17:37

Sab a écrit:
@Greenheart : tu penses qu'on pourrait davantage faire une analogie au point de vue du découpage de structure avec la poésie et les poèmes ?
Donc :
- lettre = note
- mot = accord ? temps ? mesure ?
- vers = phrase musicale ? cantilène ?
- strophe, stance , couplet, verset = ?
- poème, chant, cantique = mouvement ?
- épopée, saga, geste, dit, cycle = oeuvre musicale (opéra, sonate, symphonie, etc.)


Oui, mais attention, rien que le début de la classification que tu présentes peut poser problème : une lettre n'égale pas un mot en musique, tout simplement parce que nous pouvons chanter une lettre (si elle est sonnante) ou des syllabes.

En effet, la musique peut parfaitement chanter une pièce de théâtre, c'est un opéra.

Donc si on part de l'opéra comme étant la plus grande correspondance possible entre la musique et les autres arts (il y a les décors pour la peinture, les ballets et la mise en scène pour la danse, le livret pour le texte), on constate que les divisions vont concorder jusqu'à la phrase (une phrase de texte, une phrase musicale - en opéra on peut distinguer les interventions parlées, les interventions déclamées, le récitatif noté musicalement sur des mélodies imitant l'intonation, les airs, duos, etc. jusqu'aux choeurs (chantés avec paroles) et les passages joués sans paroles (dont l'ouverture, les intermèdes, et n'importe quelle pièce musicale comme les danses = sonates = symphonie = poèmes symphoniques et ballets).

***

Sur les notes

Mais quand il faut descendre à la subdivision en dessous de la phrase musicale, il y a un os : la musique et le texte se complètent, ils ne s'excluent pas.

Lorsqu'on parle, on parle à une hauteur qui peut être notée avec des notes. Tous les tons du chinois correspondent à des notations musicales (notamment de guitaristes) par exemple.

Si je déclame ou si je chante un récitatif ou si je chante un air, je ne fais que donner plus d'ampleur et de précision aux intonations et aux tons (dans le sens langue à ton) qui correspondent aux syllabes : musicalement,

> une ligne mélodique (partie liée d'un air = phrase musicale) qui monte est une question ("frère jacques, dormez-vous ?" la phrase musicale se termine sur une note plus haute que les précédentes) ;

> une ligne qui descend est un réponse ((la phrase "l'amour est enfant de Bohême" dans l'air de Carmen, qui se termine en descendant parce que le personnage fait une affirmation) ;

> une ligne qui se maintient autour d'un même ton est une attente ou suspension ("suspens"... exemple, le thème de l'attaque du requin de la bande original les dents de la mer, copié collé de la maison à pattes de poule de Baba Yaga des tableaux d'une exposition de Moussorski).

***

Donc il n'est pas possible à mon sens, de faire concorder la définition de note et de lettre, parce qu'une lettre (syllabe) se chante en même temps qu'une note, à mon avis.

Maintenant, une note est bien la partie d'une mélodie, mais une note c'est une hauteur, une durée (longueur), un timbre (quel instrument, quelle manière de chanter, quelle ouverture de voyelle, quel bruit de la consonne en plus de la hauteur), une intensité (quelle puissance, quelle variation) et surtout un rapport à la précédente et la suivante (quel "phrasé") sans lequel le "mot musical" change de signification du tout ou tout.

Par ailleurs une note a un registre (c'est à dire elle appartient à un groupe de notes, qui lorsqu'on en joue évoque un bruit naturel, comme par exemple l'orage ou le tremblement de terre dans les supergrave du piano, le chant des oiseaux dans les supersaigus, ou une boite à musique dans les sur-aigus, la voix humaine dans les médiums, les notes moyennes, la flûte dans les aigus, etc.).

Enfin, et dans la limite du registre (en gros les 8 notes d'une gamme), une note se transpose sans que le mot musical ne change de sens : on peut chanter "au clair de la lune" à une douzaine de hauteurs différentes (en s'en tenant à la gamme occidentale) sans que l'air cesse d'être reconnaissable - il aura simplement une "personnalité" différente (celle d'une basse, d'un baryton, d'un ténor, d'un contre-ténor, d'une contralto, d'une mezzo, d'un soprano) - sans que cela soit une question de timbre, mais plutôt de hiérarchie dans le chœur ou l'orchestre : à volume égal, la voix la plus aiguë "passe" par-dessus la voix moins aiguë.

***

Sur les accords :

Les accords sont encore une chose à part pour la même raison : s'ils sont bien composés de notes soit entendues simultanément (harmonie) soit successivement (arpèges, tonalité etc.), d'une part ils se superposent au texte, soit que le texte soit accompagné d'un instrument ou d'une ambiance sonore (celle de la pièce, de la forêt, du ruisseau, de l'orage), soit que le texte soit chanté par une seule personne qui utilise le chant diphonique (on parle dans les graves tout en produisant une seconde mélodie harmonique, cf. la musique tibétaine) soit plusieurs personnes qui énoncent en même temps le texte (différentes intonations ou hauteur de voix plus ou moins naturelles), soit qu'il y ait polyphonie (le texte est chanté sur plusieurs voix) ou polyrythmie (le texte est chanté sur plusieurs rythmes).

Bien davantage que les notes, ce sont les relations entre les accords successifs (le dernier resté dans l'oreille et les suivants) qui comptent : les accords sont nommés par rapport à une note fondamentale (qui peut être transposée, c'est à dire librement changée), que l'on va remplacer par un degré, noté en chiffres romains : degré 1 = I, degré 2 = II, degré 3 = III, degré 5 = V. C'est le passage d'un degré à un autre qui a un sens musicale, et non l'accord isolé. Comme pour la mélodie, mais en plus riche, on peut considérer I vers V comme une question, et V vers I comme une conclusion (= affirmation).

Le nombre de ces "passages" d'un degré à un autre, et la richesse des accords (combien de notes s'ajoutent à la fondamentale), ainsi que leur tension (à quel point les notes sont écartées les unes des autres dans le registre) et leur largeur (sur combien et sur quels registres l'accord est déployé) caractérise le genre musicale, la forme de la pièce et quelles émotions ils provoquent chez l'auditeur, en fonction de la vitesse à laquelle ils se succèdent.

***

Une grille simple donne par exemple :

Accord majeur rapide = sentiment de joie, d'excitation positive, exaltation (le début du "Printemps" des quatre saisons de Vivaldi).
Accord majeur vitesse modérée = élan, marche positive, action, bonheur ("Toréador prends garde..." dans Carmen, "L'amour est enfant de Bohême")
Accord majeur lent = paix, méditation, contemplation positive, éveil, rêverie (marche nuptiale ; la chanson The Man I love etc.)

Accord mineur rapide = drame, panique, guerre, horreur, danger avéré, rage (le début des Carmina Burana "O fortuna", l'air de la reine de la nuit dans la flûte enchantée, qui commence par le mot "rage")
Accord mineur vitesse modéré = inquiétude, colère contenue, préparation au combat, danger possible, peur, risque (Smell like teen spirit de Nirvana).
Accord mineur lent = tristesse, mort, angoisse, déprime, maladie (la marche funèbre, l'air de la chanson Russians de Sting, reprit sur un air classique)

Aucun morceau de musique ne restera dans une seule émotion, simplement parce que c'est trop fatiguant biologiquement pour le cerveau, qui en toute logique pond à la demande les neurotransmetteurs qui correspondent à la succession des accords. Par exemple, dans la chanson "Titanic", le refrain ("Here, far, wherever you are..." commence en majeur lent pour tourner en mineur lent et revenir en majeur lent, ce qui suit d'une part la dominante "rêverie" des paroles, le côté positif du grand amour que la chanson est censé illustré et le mélodrame lourdingue du film.

***

Sur le décalage entre le discours textuel et le discours musical

Les chansons humoristiques, parodiques (ou les films comiques) joueront sur une opposition grotesque entre le sens des paroles et l'enchaînement des accords, comme par exemple dans la chanson du petit fiacre ("Un petit fiacre allait trottinant")

http://www.youtube.com/watch?v=T8b3u3KRTxI

Ou la chanson des Charlots "Ah viens", qui joue sur le contraste entre la chanson musicalement romantique et des paroles qui, coupées par les phrases musicales, prennent un tour trash au-delà de l'imaginable, ou toutes les chansons actuelles d'Alex Boublil, par exemple "depuis que tu n'es plus là", avec sa super orchestration pop-rock à la manière des tubes d'Obispo et des comédies musicales ultra-romantique du moment).

http://www.youtube.com/watch?v=nOH7eJ0uSE4

***

Sur la correspondance versification / phrase musicale

Une dernière remarque sur l'idée de faire correspondre une phrase musicale avec un vers : il est vrai que les règles de versification visent précisément à permettre au poète d'être certain que sa poésie correspondra bien à n'importe quelle structure musicale de même forme, sans qu'il ait à se soucier de trouver un compositeur. Donc il y a bien une correspondance, mais attention, une ligne mélodique peut très bien enjamber deux vers ou plus, ou les couper en morceaux, exactement comme dans un théâtre rimé, la réplique de l'un termine l'alexandrin de l'autre.

Il y a des exemples dans toutes les chansons récentes rimés : tapez le titre de la chanson suivi de paroles (lyrics) et suivez les paroles en même temps que le clip vidéo sur youtube pour constater ce qui se passe.

Si vous tapez "chanson" sur Google Book en limitant la recherche au texte entier, vous allez tomber sur des centaines de recueils de "chansons", datant d'entre le 16ème et le 19ème, où le texte est indiqué précédé de la mention "à chanter sur l'air de".

***

Correspondance littérature / œuvre musicale

Il est bien sûr possible de définir chaque élément d'une oeuvre musicale et d'en trouver une correspondance avec la littérature.
La langue française l'a fait, avec des variations selon les époques et c'est l'objet de tous les cours d'Histoire de l'Art dans toutes les langues.
Donc je ne vois pas pourquoi une langue construite n'y arriverait pas, et avec des résultats meilleurs qu'une langue naturelle, grâce à des capacités d'adaptation supérieure.

A noter également que les œuvres littéraires sont constamment adaptées en œuvres musicales, et les oeuvres littéraires constamment illustrés par des oeuvres musicales inédites ou adaptées: comment cela serait-il possible s'il n'existait aucune correspondance d'un support à l'autre ?

***

Exemple récapitulatif

Ce qui me permet de terminer sur deux versions de "au bord de l'eau", la mélodie de Fauré sur une poésie de Sully Prudhomme :

Version Régine Crispin, plus moderne et plus simple :

http://www.youtube.com/watch?v=SvR3q1VG1jE

Version Gérard Souzay, peut-être plus proche du style de l'époque à laquelle la mélodie a été chantée et la poésie déclamée (notez le changement de hauteur, une prononciation différente par la couleur = timbre des voyelles, une voix plus chevrotante à opposer au timbre presque "droit" de Régine Crispin, plus de résonance (= réverbération naturelle) dans le timbre de voix (qui techniquement explique sans doute le chevrotement léger) :

http://www.youtube.com/watch?v=P2rD8prRaHs

avec le texte de la mélodie dans ce lien.

http://www.youtube.com/watch?v=vkdeKh4teXA

Enfin pour référence, une version live avec une voix plus jeune - un anglais qui respecte les liaisons et offre un timbre moins chevrotant, mais qui commet une faute de goût inimaginable à l'époque de la création de la mélodie, car il se permet à un moment de mimer les paroles de la chanson. C'est aussi un point intéressant, parce qu'il souligne qu'à partir du moment où la musique a déjà complété le tableau des paroles (on dirait, "faire un contrepoint"), il n'est pas nécessaire (voire, il est grossier) que de souligner encore les paroles et la musique de gestes, à moins bien sûr de supposer que le public est sourd.

http://www.youtube.com/watch?v=vkdeKh4teXA
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Greenheart
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MessageSujet: Re: Segmentation d'une œuvre musicale   Mer 16 Jan 2013 - 18:42

lsd a écrit:
Sab a écrit:
@lsd : et toi, dans ta conception totalement a priori, comment bâtis-tu de tels schémas ? sur quelles analogies ? sur quelles logiques de découpage ?
drunken Je n'ai pas exploré les notations musicales encor, mais je pense que pour bâtir des systèmes découpés de la sorte je passerais bien par les notations mathématiques fractionnaires (qui sont complètement intégrées au discours).Basketball

Le rythme musical se note avec un système lié aux fractions.

Chaque ligne musicale s'ouvre avec une indication de "chiffrage" qui consiste en deux chiffres au début de la ligne ("portée"), avec un premier chiffre, le chiffre du haut qui indique en combien de parties (= temps) on va subdiviser la phrase musicale en partant du premier accent (temps fort) ou si vous préférez, du premier pas de danse où le corps retombe en équilibre.

Sur un morceau rock ou sur une marche, on subdivise en quatre temps la phrase musicale.

4
4


Le temps le plus fort est toujours le premier.

Sur la marche, le premier et le troisième temps sont accentués.

Par exemple la Marche de Radetsky

http://www.youtube.com/watch?v=A18xPtJ9T1c

Sur le rock, c'est le second et le quatrième temps.

Par exemple Bill Haley, Rock Around The Clock.

http://www.youtube.com/watch?v=-mZLpDuuf40

Pour le sentir, on clappe des mains (sur les temps forts) ou on frappe en alternance ses cuisses avec la paume de ses mains (sur tous les temps, ou seulement sur les temps forts).

***

Si la danse est différente, le nombre de temps peut changer ou alors la place des temps forts, ainsi que le tempo (vitesse à laquelle les temps doivent se succéder).

Par exemple, la valse, trois temps, comme le menuet.

3
4


Le premier temps est toujours le temps fort, le troisième temps est la "levée", le temps le plus faible, qui correspond au pas glissé dans la valse, celui qui fait tournoyer.

Valse : Mon amant de Saint-Jean (reprise par Patrick Bruel)

http://www.youtube.com/watch?v=_qQeJLSYz_M

***

Menuet et gigue, avec deux couples en costume d'époque, ce qui permet de voir les figures et les pas correspondant à la progression de la musique :

http://www.youtube.com/watch?v=sJUwtXki3iQ

***

On trouve un document plus long, qui décrit parfaitement les phases des danses pour rapprocher progressivement les couples et les séparer, histoire que cela ne chauffe pas trop :

http://www.youtube.com/watch?v=9wlU4PP1eUI&NR=1&feature=fvwp

***

La valse vise exactement le contraire : l'idée est d'étourdir la jeune débutante qui souvent pour la première fois se retrouve en public, épaules nues et seins remontés et présentés comme sur un plateau à son cavalier, qui doit maintenir son bassin au plus près de celui de la jeune fille, sans quoi la chute du couple est assurée. Ce n'est pas encore la lambada, mais on y vient...

Exemple de valse lente (la position des bassins vous indique le degré de maîtrise des danseurs, très proches sans être collé, le centre de gravité du couple se plaçant au plus près de chacun d'eux). Comme c'est une valse lente, les risques de chute et de collision avec les autres couples sont limités :

http://www.youtube.com/watch?v=5zuXknyM3Ao

***

Ensuite un second chiffre en dessous du premier indique quel sera la figure de note (noire, blanche, croche, etc.) qui va remplir chaque temps.

C'est essentiellement une question de lisibilité : l'éditeur choisit plus ou moins quel système de figures de notes sera le plus facile à lire, c'est à dire correspondra le mieux à la manière dont les phrases musicales se chantent : si on les étalent sur toute la page, ça coûte cher et on ne se rend plus vraiment compte si elles montent ou descendent. Si on comprime trop en choisissant une figure de note par temps trop grande (par exemple ronde), les phrases musicales deviennent très difficiles à lire, la page devient noire.

Quand on doit lire la partition, il faut compter les temps et se baser sur la forme et la couleur "noire" (couleur de l'encre) ou "blanche" (couleur de la page) des notes pour savoir si la note que l'on est en train de jouer / chanter doit durer tout le temps en cours, moins que le temps en cours ou plus que le temps en cours. Quand on additionne la valeur fractionnée de toutes les figures de notes d'une "mesure" (boite encadrant le nombre de temps indiquée par le chiffre du haut au départ) on doit retomber sur le total indiqué par le chiffre du bas au départ.

Les musiciens apprennent la hiérarchie suivante par coeur :

1 ronde = 2 blanches (donc 1 blanche = 1/2 ronde)
1 blanche = 2 noires (donc 1 noire = 1/2 blanche = 1/4 de ronde).
1 noire = 2 croches (donc 1 croche = 1/2 noire = 1/4 de blanche = 1/8 de ronde).
1 croche = 2 double croches (donc 1 double croche = 1/2 croche = 1/4 de noire etc.)

Et ainsi de suite, avec également la possibilité de diviser par 3 au lieu de 2.


***

Une dernière indication de rythme est la "mesure" : c'est une boite qui sert à guider l'oeil et à indiquer le premier temps (temps le plus fort), qui se trouve juste après la barre verticale indiquant le début de la mesure (boite). En français on appelle aussi "mesure" le chiffrage, c'est à dire les deux nombres dont je viens de parler, ce qui engendre habituellement une certaine confusion.

La mesure (boite) sert aussi à indiquer les reprises (parties répétées) et les subdivisions de la pièce musicale (par exemple couplet, refrain, le nom de la danse dans une suite de danse, le point d'entrée d'un instrument pour son solo etc.).

***

Dans "L'homme qui en savait trop" // The Man Who Knew Too Much, le remake en couleur de son propre film, Hitchcock se retrouva avec le problème de montrer au spectateur qui ne savait pas la musique la progression de la musique au cours de la scène la plus importante de son film (climax, le point de tension maximal pour le spectateur) : un meurtre va être commis, les héros veulent l'empêcher, avec le spectateur ils connaissent le signal de déclenchement du meurtre et Hitchcock voulait que le spectateur se retrouve à regarder arriver le meurtre comme on voit foncer un train sur soi. Le problème est que la voie ferrée, c'est la musique : il choisit donc de montrer la partition, qui progresse vers le signal convenu.

Le clip doit se trouver facilement sur youtube car il est souvent utilisé dans les cours de cinéma et de musique.

***

Si vous voulez vous entraînez à repérer les temps et aussi jeter un coup d'oeil à un autre genre de danse, le Charleston : essayez par exemple si c'est un chiffrage à trois temps ou un quatre temps. Si vous clappez ou comptez les temps, notez qu'il ne faut pas s'arrêter de compter quand la musique s'arrête.

http://www.youtube.com/watch?v=5zuXknyM3Ao

L'idée du Charleston est surtout de s'amuser et d'amuser la galerie. Dans le clip, l'américain est très fort, sa partenaire beaucoup moins à l'aise - et j'ai l'impression qu'ils ne sont pas sur la meilleure surface pour danser.

***

Enfin pour en revenir aux langues construites, la description de la musique et de la chorégraphie est une épreuve de feu particulièrement démonstrative, un peu comme la traduction des mathématiques (achat et vente, problèmes de math à résoudre, comptabilité) : si la musique ou la chorégraphie n'est pas décrite correctement, votre couple ne pourra pas danser, ou alors il se cassera la figure Smile
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MessageSujet: Re: Segmentation d'une œuvre musicale   Mer 16 Jan 2013 - 22:35

silent 


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Sab



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MessageSujet: Re: Segmentation d'une œuvre musicale   Ven 18 Jan 2013 - 13:26

Silvano a écrit:
Comment dit-on acte (comme une pièce en cinq actes) en kotava? Est-ce la même chose que chapitre?
Dans le dico, on trouve : nakila (acte, scène). Donc, une pièce en cinq actes = alubnakilafa drunta.

Sinon, je sais bien que chaque domaine ne peut se voir transposer à l'identique le vocabulaire et la terminologie d'un autre, surtout avec un tel que la musique, très ancien et pour lequel il existe de multiples variations et nuances. Cela dit, on voit bien aussi que ce qui a cours dans la musique occidentale est également très difficile à décliner pour décrire les autres traditions musicales d'Orient et d'ailleurs. Mais si l'Esperanto a la facilité (particulièrement occidentale pour le coup) de décalquer identique les termes (et certainement à l'exact champ sémantique près), pour le Kotava on est bien plus enquiquiné.

Pour "mouvement", je pense que je vais donc utiliser le mot luz (chapitre). En Allemand, c'est le même mot que pour "phrase" ; en Russe, cela signifie à la base "partie". Comme quoi, même les langues occidentales n'ont pas forcément repris la logique initiale du "movimento" de l'Italien.

@Greenheart. Merci, grand merci pour tes explications détaillées et très éclairantes. Va rin gu yona pintakirafa koafipisa pebura grewá, grewapá. Smile
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MessageSujet: Re: Segmentation d'une œuvre musicale   Ven 18 Jan 2013 - 13:56

Sab a écrit:
Spécialistes musicaux (Greenheart notamment), venez à mon secours ! Je dois traduire le mot "mouvement" au sens musical. Eh bien, je suis complètement paumée. Evidemment en Kotava, je n'ai trouvé le mot nulle part et je dois donc improviser au "moins pire", sans faire du "movimento" décalqué. Mais tant qu'à faire, quelque chose m'a interpellée.

Ça me fait penser que je ne l'ai pas non plus ; cependant, je verrais bien quelque chose se rapprochant de "séquence", dans la mesure où ce mot vient d'une suite (de morceaux, de mouvements, justement). Mais la séquence est un ensemble ; il faudrait trouver l'élément. J'ai été chercher, manque de chance, lexolk donne l'élément le plus basique, autrement une simple note de musique , faut trouver quelque chose de plus gros : peut-être "section d'œuvre musicale". J'ai bien lexaxa pour l'œuvre musicale, mais pas la section. Par conséquent, comme on dit dans l'jargon ferroviaire, je plante un chou.
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MessageSujet: Re: Segmentation d'une œuvre musicale   Aujourd'hui à 2:49

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Segmentation d'une œuvre musicale
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