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 Les joies de la diégèse

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Vilko
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MessageSujet: Les joies de la diégèse   Ven 10 Mai 2013 - 14:18

La diégèse est la continuation des jeux de l'enfance. En tout cas, pour moi. Je me souviens que quand j'avais huit ou neuf ans j'avais inventé un jeu solitaire que j'appelais "le jeu de la ville". L'idée m'en était venue en lisant Le Journal de Mickey, auquel mes parents m'avaient abonné : j'avais remarqué qu'il était souvent question de villes créées à partir de rien, dans les aventures de Picsou, Donald et Mickey.

J'avais un tapis, qui me paraissait très grand mais qui ne devait faire qu'un mètre de côté. Je commençais par édifier des maisons, et je faisais venir les premiers habitants (personnages miniatures genre personnages de Lego), à qui j'attribuais diverses professions et fonctions : commerçants, maire de la ville, chef de la police, etc.

La ville était entourée par un boulevard, où était célébrée la fête annuelle : une course, soit de voitures, soit de chevaux. J'avais trouvé cette idée dans le Journal de Mickey.

Au fur et à mesure que je faisais entrer de nouveaux habitants, il devenait de plus en plus difficile de leur construire des maisons et de leur trouver des emplois. Ils habitaient alors dans des HLM (des boîtes faisaient l'affaire) ou dans une caserne et ils étaient soldats. Leur travail consistait à s'entraîner pour la guerre et pour le défilé annuel.

Ma ville ressemblait toujours à la petite ville française où j'habitais : un mélange de maisons individuelles et d'immeubles de différentes hauteurs, avec un centre-ville entouré par un boulevard. Pour faire comme dans les villes décrites par le Journal de Mickey, j'ajoutais souvent une prison, une université, etc.

Une bonne dizaine d'années plus tard, j'ai appris à l'université, pendant un cours d'économie, que quelqu'un d'autre avait déjà eu la même idée : un certain Adolf, qui avait constitué une armée allemande surdimensionnée pour occuper les chômeurs.

Évidemment, quand on a une armée géante, on est tenté de s'en servir, et c'est là que le système montre ses limites. Comme l'a dit de façon amusante un ancien Ministre de la Défense des États-Unis, quand votre seul outil est un marteau, tous les problèmes ressemblent à des clous.

Curieusement, la même chose arrivait dans ma ville imaginaire, qui finissait par être surpeuplée et par sombrer dans la guerre civile, ou être attaquée par une armée ennemie. Peut-être parce que la multiplication finale des boîtes / HLM me paraissait déprimante.

La diégèse permet de comprendre le monde en le recréant sous forme de maquette.
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Vilko
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MessageSujet: Re: Les joies de la diégèse   Sam 7 Sep 2013 - 10:25

Si le Niemelaga existait à notre époque, l'actualité internationale serait suivie de près par les cyborgs :

1. L'affaire Snowden. Un choc pour les cyborgs : leurs codes secrets ont probablement été décryptés par les Américains, et donc leurs objectifs ultimes (remplacer l'humanité toute entière par des cyborgs) sont sans doute connus des dirigeants américains, qui ont laissé fuiter l'information dans la presse.

"Je comprend mieux maintenant pourquoi ils nous détestent tous !" s'exclame le président du sénat niémélagan. "Nos humains de Dibadi sont précieux. Ils sont à la fois notre vitrine et notre bouclier."

Les cyborgs se concertent entre eux. Ils savent que si le Niémélaga cessait d'être un protectorat padzalandais, donc théoriquement neutralisé, il ferait l'objet d'une coalition internationale visant à éliminer sa classe dirigeante, comme celle qui a visé l'Iraq en 2003. Les cyborgs niémélagans jouent au Niémélaga un peu le même rôle que le partie Baas dans l'Iraq de Saddam Hussein.

"Il faut continuer de payer le tribut annuel au Padzaland. On pourrait même l'augmenter, pour que les Padzalandais soient encore plus motivés pour nous défendre dans les réunions internationales" dit le président.

Ses collègues approuvent, avec quelques réserves : "Il est indispensable à notre survie que notre programme d'armement secret continue. Il n'est plus aussi secret que ça, maintenant que nous savons que nos codes ont été craqués, mais il faut absolument qu'il continue."

Assentiment général. Le même cyborg continue d'exposer ses idées :

"Deuxième chose, nous devons mettre au point des codes absolument impossibles à craquer... Des langues cryptiques d'une complexité surhumaine... Pas des codes dont il suffit de connaître la formule, non, des langues d'une complexité inouïe, qui nécessitent des dictionnaires de plusieurs millions de mots... Nos intelligences artificielles (yekda) peuvent gérer cela."

"Mettons nos intelligences artificielles tout de suite au travail" dit le président du sénat.

2. La Syrie. Le sénateur chargé de suivre le dossier fait un exposé, pendant une réunion sénatoriale :

"Trois choses nous concernent au moins indirectement dans cette affaire. La première, c'est l'utilisation des gaz de combat. Nos combattants sont des cyborgs, des androïdes et des robots, qui ne respirent pas. Les gaz de combat leur donnent un avantage qui peut être décisif en combat rapproché. Il est donc dans notre intérêt que les Syriens, aussi bien l'armée syrienne que les rebelles, utilisent ces gaz, et qu'aucune puissance étrangère n'intervienne en Syrie. Lorsque nous, à notre tour, nous utiliserons ces gaz dans des opérations militaires, l'indignation internationale sera faible car l'opinion mondiale s'y sera habituée."

Les sénateurs approuvent : "Hë hë hë... Oui oui oui..." signifie "oui" en dibadien. Répété par les sénateurs, le mot donne l'impression d'un rire sinistre.

"La deuxième chose, c'est le rôle de l'opinion publique. En Grande-Bretagne, l'hostilité du public à une opération militaire a été suffisante pour que les parlementaires britanniques, soucieux de leur réélection, votent contre une opération militaire contre la Syrie, à une faible majorité. Le même processus semble être à l'œuvre aux États-Unis. En France, la constitution donne au président le pouvoir d'entraîner le pays dans la guerre pendant 90 jours avant de demander l'avis du parlement. L'opinion publique est aussi hostile à la guerre qu'en Grande-Bretagne et aux États-Unis, mais cela n'arrêterait pas leur président, pour ce qu'on peut en savoir. Mais la France ne fera rien sans les États-Unis. Donc, tout dépend du vote du congrès américain, qui aura lieu dans quelques jours."

"Et si le président américain se passe de l'avis du congrès ?" demanda un sénateur.

"Vous voulez dire, dans le cas d'un vote négatif ? Ce serait une crise politique grave. N'oubliez pas que les Américains croient vraiment qu'ils vivent dans une démocratie. Ça leur fera un choc s'ils s'aperçoivent que ce n'est plus tout-à-fait vrai... Peut-être une vraie crise morale. Même en cas de vote positif du congrès, il y aura une crise morale aux États-Unis, car l'opinion publique sait qu'elle est majoritairement anti-guerre."

"Vous pensez donc qu'Obama va renoncer à ses projets d'action militaire en Syrie ?" demanda le président.

"Je n'en suis pas certain, loin de là. Il y a d'autres facteurs. Il s'est trop engagé pour reculer, il a peur de perdre la face, les groupes de pression qui poussent à la guerre sont puissants..."

"Donc, la Syrie sera peut-être bombardée par les Américains et les Français, mais c'est pas sûr ?"

"Tout-à-fait. On ne peut être sûr de rien, sauf qu'un bombardement de la Syrie sera accompagné par une crise politique aux États-Unis, donc en fait affaiblira les États-Unis."

Le président se frotta le menton :

"Tout ce qui affaiblit les États-Unis est bon pour nous... Je suis quand même surpris de voir que le président français a plus de pouvoirs que moi, car moi, je ne pourrais jamais faire la guerre sans l'accord du sénat. Le monde est plein de choses surprenantes."

"C'est certain, chetenche Président. J'en viens à mon troisième point. Même s'il s'en sort, Bachar Al-Assad restera démonisé, ostracisé par les États-Unis, l'Europe, et par les pays musulmans sunnites, c'est-à-dire la très grande majorité d'entre eux. Mais, sauf imprévu, il gardera l'appui de la Russie, de l'Iran, et la sympathie silencieuse de pays comme la Corée du Nord et nous-mêmes. Plus l'indifférence, qui équivaut à de la sympathie, de pays comme la Chine et l'Inde."

"Et alors ?" demanda le président.

"Le monde est en train de se diviser en deux blocs, les États-Unis et leurs alliés d'un côté, le reste du monde de l'autre. Nous faisons partie du deuxième camp, comme la Corée du Nord, encore que l'on peut plutôt nous comparer à la Russie, parce que nos échanges économiques avec les pays du monde sont assez importants. La Russie a du pétrole et du gaz, nous nous avons le yeksootch, qui permet, parmi ses usages multiples, de faire voler des avions fonctionnant à l'électricité. C'est une technologie qui nous permettra de dominer l'économie mondiale lorsque le kérosène sera hors de prix."

Le président intervint :

"Ça, c'est dans l'avenir. Actuellement, la réalité à laquelle nous devons faire face, c'est que le Padzaland est nettement pro-américain. C'est un cas unique d'un pays qui ne fait pas partie du même bloc que son protectorat. Le Padzaland paye ses importations en dollars, et se fait payer ses exportations en dollars. Le deuxième bloc, où la Russie et la Chine jouent des rôles importants, utilisera de moins en moins le dollar pour son commerce. Nous faisons partie, de fait, de ce deuxième bloc. Nous devons donc continuer à stocker de l'or et de l'argent, et nous préparer à faire du commerce en yuans chinois. C'est ce que fait déjà l'Australie avec la Chine."


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Anoev
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MessageSujet: Re: Les joies de la diégèse   Sam 7 Sep 2013 - 10:48

L'Aneuf n'utilise pas non plus le $ US hors des échanges avec les USA, ça ne l'empêche pas de ne pas apprécier un chef d'État qui tue par le gaz son propre peuple, y compris des enfants ! Cela dit, les moyens militaires dont dispose l'Aneuf pour sauvegarder sa neutralité, seraient insuffisants pour faire des frappes à l'autre bout du monde. Surtout que, jusque là, il n'y était guère présent, sauf de manière sporadique : quelques Aneuviens ont été coulés dans des bateaux humanitaires voulant forcer le blocus israélien contre Gaza. En contrepartie, le personnel de l'ambassade d'Israël à Kesna a dû être réduit des deux tiers, suite à des expulsions et les attachés aneuviens à Tel-Aviv (capitale diplomatique*) ont fait de même. Fournir des armes aux Rebelles ? Oui mais qui ? Si c'est pour armer des salafites ou des sbires d'Al-Qajda, l'Éat aneuvien n'y tient vraiment pas.

*À ce sujet, l'Aneuf reconnait le rôle de capitale politique d'Israël à Jérusalem-Ouest. Jérusalem-Est est la capitale de la République de Palestine, État reconnu par la diplomatie aneuvienne.
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Djino



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MessageSujet: Re: Les joies de la diégèse   Sam 7 Sep 2013 - 11:19

Anoev a écrit:
...ça ne l'empêche pas de ne pas apprécier un chef d'État qui tue par le gaz son propre peuple, y compris des enfants(...)
Comme le dit Georges Galloway dans cette vidéo:
:

"La question n'est pas de savoir si le régime de Bachar el-Assad est assez mauvais pour utiliser des armes chimiques sur son peuple, mais de savoir s'il est assez fou pour le faire dans le contexte politique actuel".

Il n'a pas eu le cran d'évoquer l'utilisation massive d'agent orange par les USA sur des populations civiles...
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Anoev
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MessageSujet: Re: Les joies de la diégèse   Sam 7 Sep 2013 - 11:40

En tout cas, la vidéo a confirmé mes doutes quant aux Rebelles. El Assad est certes le Diable, mais les dirigeants rebelles sont pire encore (j'ai vu une vidéo à la télé) ! Je comprends alors la position de la Russie (ils ont eu affaire à de vrais fanatiques en Afghanistan, rappelons-le ; des fanatiques soutenus par... la CIA).

Bon, on va r'venir un peu dans la diégèse, si vous voulez bien.

Une histoire connue, mise à la sauce aneuvienne.

Il y a un certain temps de ça, le premier ministre aneuvien frotta une lampe qu'il avait déniché dans un limèrkad (brocante, marché aux puces) et vit apparaître un Génie qui lui proposa de faire un vœu. Le ministre demanda alors un tunnel qui relierait la grande île aneuvienne à l'île principale de l'archipel de Lakùr. à peu près deux fois la distance de Marseille à la Corse, chez nous.
-Vous vous rendez compte ce que vous m'demandez !
-Ben, je sais pas... vous êtes un Génie, non ?
-Oui mais là, vous vous rendez compte, ces tas de gravas à évacuer, la pression énorme en profondeur, les problèmes en cas d'incident.
-N'y pensons plus. Nous, en Aneuf, on est bien loin du rivage oriental de la Méditerranée, mais on n'en est pas moins sensibles. On ne comprend pas pourquoi, là bas, les gens n'arrêtent pas d'être en guerre, alors que la paix est si agréable pour tout le monde. Vous qui êtes du coin, vous pouvez bien faire quelque choses. Dans mon cabinet, j'ai des cartes, ça ne vous prendra...
-Quel écartement, la voie, dans le tunnel ?
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Vilko
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MessageSujet: Re: Les joies de la diégèse   Sam 7 Sep 2013 - 12:15

Anoev a écrit:
L'Aneuf n'utilise pas non plus le $ US hors des échanges avec les USA, ça ne l'empêche pas de ne pas apprécier un chef d'État qui tue par le gaz son propre peuple, y compris des enfants !
Le président du sénat niémélagan, à son conseiller diplomatique :

"Est-ce que nous sommes surs au moins que c'est Assad qui a utilisé des gaz de combat ?"

Réponse du conseiller :

"Même pas, chetenche Président. Assad dit que non. Il se trouve que les rebelles eux-mêmes ont déjà utilisé des gaz de combat, plusieurs fois. L'enquête dirigée par Carla del Ponte, l'ancienne procureure du Tribunal Pénal International, a mis en cause les rebelles dans une attaque au gaz de combat, il y a plusieurs mois. Et la police turque a arrêté des rebelles syriens qui transportaient plusieurs kilos de sarin en Turquie."

"En somme, on n'a pas de preuves, ni dans un sens ni dans l'autre ?"

"Absolument. La Syrie stocke des gaz de combat, mais beaucoup d'autres pays en font autant. Les États-Unis eux-mêmes ont toujours des stocks d'armes chimiques, et même bactériologiques. Ils ont de l'anthrax, notamment."

"Je sais, chetenche conseiller, je sais. Et aussi des mines anti-personnel, qui font des ravages parmi les civils, des bombes à fragmentation, du napalm, des obus au phosphore blanc, des munitions à uranium appauvri... Et ils ont soutenu Saddam Hussein lorsqu'il utilisait des gaz de combat contre les Iraniens et les Kurdes, dans les années 80. Les gaz de combat de Saddam Hussein venaient d'une usine de Pennsylvanie. Quelle hypocrisie..."

"L'hypocrisie est parfois le seul moyen de faire coexister dans un même cerveau deux idées contradictoires, chetenche Président. En l'occurrence, l'idée que les gaz de combat sont une arme horrible, ignoble, qui tue d'abord les plus faibles, et l'idée que dans une guerre, il y a une seule règle, c'est de gagner."

"Pour moi, en tant que cyborg, c'est plus simple : une idée doit l'emporter sur l'autre. Pas nécessairement dans tous les cas, ou de façon absolue. Par exemple, en ce qui concerne les gaz de combat, je pense qu'il est préférable de ne pas les utiliser, sauf en cas de nécessité. Bref, ce sont des armes comme les autres."

"Et l'idée qu'une arme puisse être ignoble, une arme de lâche, chetenche Président ?"

"Vous voyez mes chaussures, chetenche conseiller ? Elles sont en cuir. Je me contrefiche éperdument de savoir si la vache dont ce cuir était la peau a été tuée de façon noble ou ignoble, courageuse ou lâche. En fait, je suis certain qu'on ne lui a pas laissé sa chance, à l'abattoir. Un être humain, c'est un animal comme un autre, avec un cerveau nettement plus gros que celui des autres mammifères. Nous les cyborgs, nous savons qu'un humain est bien plus proche d'une vache qu'il ne le croit. Ce qu'on fait aux vaches, on peut le faire aux humains."

"Certes, chetenche Président. Et puis, pour vous dire ce que je pense, les gaz de combat, c'est une arme écologique. Ça ne détruit pas les habitations, ça ne laisse pas d'obus non explosés qui risquent de tuer des gens des dizaines d'années après... Quelques heures après une attaque au sarin, les êtres qui respirent peuvent se promener en toute sécurité sur les lieux, parce que le sarin s'évapore très rapidement."

"Vous dites ça parce que c'est vous qui avez proposé de fabriquer des grenades au sarin, larguées par des drones, afin de détruire les groupes d'étrangers armés qui s'infiltrent au Niémélaga !"

"Vous reconnaîtrez, chetenche Président, que c'était une bonne idée. Pas de traces au sol, à part des cadavres que nos klelwaks font rapidement disparaître. Pas de bruit non plus. Tout aussi important, le coût financier est faible, par rapport aux moyens classiques."

"Vous savez défendre vos idées, c'est bien. Je reconnais que cette idée-là était bonne. Mais revenons-en à l'objet de notre conversation. Les Occidentaux veulent remplacer le régime syrien actuel par un autre, qui ne soutiendra ni le Hezbollah ni l'Iran, et bien sur qui ne soutiendra pas la Russie non plus. C'est aussi simple que ça. Le reste, c'est de la propagande pour le bon peuple."

Le président hocha la tête, et continua à exposer sa pensée :

"C'est un conflit entre les deux blocs dont je parlais tout à l'heure. Drôles de blocs quand même, vous avez les Etats-Unis, Israël et l'Arabie Saoudite dans le même bloc, la Russie, l'Iran, la Corée du Nord et nous dans l'autre. Ce sont des blocs au sens très large du terme. Je vais vous dire le fond de ma pensée, chetenche conseiller. L'humanité est trop nombreuse, pour des ressources limitées et en voie d'épuisement. Alors l'instinct de guerre du bipède humain le pousse à chercher des prétextes pour s'entretuer. Les idéologies, les religions, ce sont des constructions de l'imagination humaine. Le vrai fond de l'esprit humain, c'est ce qui vient du cerveau archaïque, commun aux mammifères et aux reptiles : l'agressivité, l'instinct de survie, l'égoïsme sacré, génétique, qui pousse à tuer pour ne laisser de place qu'à sa propre lignée."

"Nous aussi, nous avons gardé le cerveau reptilien" dit le conseiller d'une voix douce.

"Oui, et heureusement car sans lui nous ne pourrions pas survivre" conclut le président.

Djino a écrit:
Comme le dit Georges Galloway
J'adore George Galloway, c'est l'un des meilleurs orateurs britanniques de notre époque, avec Nigel Farage. Ceci étant, je le soupçonne de s'être secrètement converti à l'Islam. Voir les vidéos le concernant postées par MEMRI sur Youtube.


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Djino



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MessageSujet: Re: Les joies de la diégèse   Sam 7 Sep 2013 - 13:13

Vilko a écrit:
(...)je le soupçonne de s'être secrètement converti à l'Islam. Voir les vidéos le concernant postées par MEMRI sur Youtube.
hahahahahaha tu dis ça comme s'il était devenu terroriste ! Qu'il soit chrétien ou musulman, ça ne fait aucune différence, non ? ^^
De toute façon, qu'il parle bien ou non, je ne partage pas ses convictions politiques en général
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Vilko
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MessageSujet: Re: Les joies de la diégèse   Sam 7 Sep 2013 - 19:55

Le président du sénat niémélagan, les sénateurs et leurs conseillers, parlent tous le dibadien. Leur style de conversation et leur façon de parler, qui évoquent les aristocrates de Versailles à l'époque de Louis XIV, sont toutefois assez particuliers.

Le dibadien de base est le fond commun de la langue : ce sont les cinq mille mots appris par Vincent Chafrichetaine / Mantolo Haiakkhuch et par Pavel Korda / Quamis Mindi avant d'arriver à Dibadi. Ces cinq mille mots courants forment le fond de la langue, avec sa prononciation, sa syntaxe, sa morphologie et son alphabet. Des lexiques additionnels ont été créés : termes scientifiques et techniques, et même un argot, inventé par d'astucieux traducteurs de romans policiers et doubleurs de films. Les Tontons Flingueurs a ainsi été entièrement doublé en dibadien.

Les cyborgs pensaient que leur œuvre linguistique était complète. Ils montraient avec fierté les dizaines de milliers de livres traduits en dibadien, ce qui avait permis d'affiner la syntaxe et d'enrichir le vocabulaire. Par ses capacités d'expression, le dibadien était l'équivalent, disaient-ils, des grandes langues de l'humanité, tout en n'étant la langue usuelle que de quelques milliers de cyborgs et des millions de robots et d'humanoïdes divers qui les servaient.

Mais lorsque le dibadien est devenu une langue parlée par des humains, les choses se sont un peu compliquées :

Les premiers locuteurs humains du dibadien étaient des réfugiés et prisonniers de guerre enfermés dans des camps. Ils devaient apprendre le dibadien de base et se convertir à la religion konachoustaï pour avoir le droit d'aller vivre à Dibadi. Obligés d'apprendre la langue des cyborgs qu'ils détestaient, ils se sont vengés sournoisement (ce que les psychologues appellent "un comportement passif-agressif") en déformant la langue.

Au lieu de prononcer clairement les mots, les premiers Dibadiens ont créé un accent à eux, désagréable pour les cyborgs. Ils ont l'air de parler en mâchonnant, et aussi vite que possible. Un "bredouillement volubile" comme disait Budaï, le linguiste hongrois qui s'était perdu à Dibadi. Ils ont remplacé certains mots par des innovations plus ou moins humoristiques : ainsi, le vieux mot chinook tlahauya, utilisé pour dire "bonjour" et "au revoir", a été remplacé par patlisztada, "choses pleines", c'est-à-dire : "que tu aies le ventre plein". Dans les camps, la nourriture, presque toujours insuffisante et de mauvaise qualité, était un souci quotidien. C'est à peu près le seul mot de l'argot des camps qui soit passé en dibadien standard. Les autres mots (par exemple didi pour "parler, dire", au lieu de wawa) sont restés de l'argot. Ils sont bannis des manuels scolaires, de la langue écrite et des médias publics.

Les cinq mille mots du vocabulaire de base ont vite été complétés par des mots et expressions argotiques, créés sous l'inspiration du moment, et assez différents les uns des autres. Les cyborgs qui travaillaient avec les humains ont choisi de parler comme eux, pour mieux passer inaperçu, mais ils se sont débrouillés pour créer une forme commune de dibadien populaire. Ce dibadien courant est la langue de la radio et de la télévision. Son accent est considéré comme normal.

Les sénateurs niémélagans sont de vieux cyborgs de haut rang. Ils parlent avec un accent précis, bien articulé, qui paraît terriblement snob et archaïque aux autres Dibadiens.

Les vieux cyborgs prononcent le ph comme un pf devant une voyelle, et comme un f en fin de mot ou devant une consonne. Cette prononciation est devenue archaïque à Dibadi, où tout le monde prononce le ph comme un f même devant une voyelle. Après plusieurs décennies de résistance, les cyborgs se sont résignés à la nouvelle prononciation, qui a été imposée même aux klelwaks. Seuls les cyborgs de haut rang, comme les sénateurs et leurs conseillers, ont conservé l'ancienne prononciation.

Vincent et Mindi ont appris le dibadien dans des éditions assez anciennes du manuel Eikanem ye Tlatayetgo. Lorsqu'ils sont arrivés à Dibadi ils distinguaient pf et f. Assez rapidement, ils se sont rendu compte que les Dibadiens prononçaient f dans tous les cas, et ils ont modifié leur prononciation, qui les faisait remarquer comme étrangers.
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MessageSujet: Re: Les joies de la diégèse   Mer 11 Sep 2013 - 7:31

Une demi-douzaine de sénateurs niémélagans se réunirent dans le Salon Jaune, comme ils en avaient l'habitude. Le président, surtout, aimait bien cet endroit, avec ses portes-fenêtres donnant sur un jardin verdoyant. Des arbres cachaient les hauts murs de béton. De l'autre côté de ces murs, c'était une rue étroite et sale d'un quartier pauvre du centre de Dibadi. De fausses portes et fenêtres, et des rideaux métalliques, avaient été fixés sur les murs, côté rue, pour dissimuler le fait que le sénat se trouve juste de l'autre côté. Dans une mégalopole où les émeutes sont fréquentes, les dirigeants préfèrent se cacher.

La rue est trop étroite pour qu'on y circule en voiture. Les rares passants ne voient qu'une façade presque noire de crasse, avec des portes et des fenêtres condamnées, des magasins fermés.

L'aube se levait. Dans le Salon Jaune, des domestiques en livrée servaient le thé. La théière d'argent, les tasses de fine porcelaine, faisaient partie du décor, autant que le thé lui-même. Car les cyborgs peuvent boire et manger, mais ils n'en ont pas vraiment besoin. Le rituel du thé matinal fait partie de ces jeux de rôle auxquels les cyborgs aiment se livrer.

"La probabilité d'un bombardement américain de la Syrie semble s'éloigner" dit le président.

"Je pense que c'est bon pour nous" dit une sénatrice, une petite femme de type asiatique, au visage sombre et ridé.

"Je le pense aussi" répondit le président. "Il est même loin d'être prouvé qu'Assad ait été à l'origine du massacre au gaz."

"Si ce sont les rebelles qui ont utilisé les gaz de combat, que vont faire les Américains, à votre avis ? Ils vont punir les rebelles ?"

"Non, ils ne vont rien faire contre les rebelles. N'oubliez pas, chère collègue, que les rebelles ont déjà fait bien pire, question atrocités. Ce qui intéresse les Américains et les Français, c'est de faire chuter Assad, pour des raisons géostratégiques. L'humanitaire n'est qu'un prétexte."

"Et si après la Syrie, c'est le tour du Niémélaga, chetenche président ?"

"On fait ce qu'on peut pour l'éviter, ma chère. Tenez, par exemple, je suis persuadé que le physique très européen d'Assad, le fait qu'il ait fait des études de médecine en Angleterre, et le fait qu'il ait une belle femme, très moderne et très occidentalisée, a beaucoup joué en sa faveur auprès des opinions publiques. Vous avez remarqué, comme tout le monde je pense, chère collègue, que notre nouveau premier ministre ressemble à un acteur américain, et que sa femme est très belle ?"

"Elle en fait même un peu trop, si vous voulez mon avis. Les interviews qu'elle donne à des magazines people étrangers, c'est pas terrible..."

"Je ne vous le fais pas dire. Mais le message que nous essayons de faire passer, c'est que les Niémélagans sont des gens auxquels on a envie de ressembler, des gens beaux, intelligents et sympathiques. Quand Kerry dit qu'Assad est un boucher, le citoyen moyen a du mal à le croire, car ce n'est pas du tout l'image que donne Bachar Al-Assad lorsqu'on le voit sur un écran de télévision."

"Est-ce que les Assad sont un modèle pour nous ? Ça ne marche pas trop bien pour la femme d'Assad, Asma, en ce moment. Elle se fait traiter de Marie-Antoinette à cause de ses goûts de luxe..."

"Un travers que la femme de notre premier ministre essaye d'éviter. Ce n'est pas facile, car il faut plaire aux lectrices des magazines people. Ces femmes-là aiment ce qui est chic. Elles veulent rêver de romance avec un premier ministre qui serait aussi un bel homme, elles rêvent de vivre dans un palais où elles seraient première dame, tout en étant proches du peuple..."

"Ouais. Moi ce que je vois, c'est qu'entre 2010 et 2011 le prix du blé a doublé en Syrie, et que le pays a été touché par une sécheresse dramatique. À mon avis, tout vient de là. Et les Occidentaux, l'Arabie Saoudite, le Qatar et Israël en profitent pour essayer de faire tomber un régime qui les gêne dans leur guerre larvée contre l'Iran."

Le président but une gorgée de thé, avant de répondre à sa collègue :

"Ma chère, vous avez assez bien résumé la situation. Et si je vous parle de la Syrie, ce n'est pas pour rien. Croyez-moi, je pense tous les jours, et presque à chaque instant, à notre frontière sud-est. Car de l'autre côté de cette frontière, ce n'est ni la Syrie ni la Somalie, mais ça commence à y ressembler. Nous sommes un peu dans la même situation qu'Israël. Les Israéliens n'acceptent pas les réfugiés syriens sur leur territoire. Ils en soignent quelques-uns dans leurs hôpitaux, mais après ils les renvoient en Syrie. Notre politique est semblable, mais sans les hôpitaux. Nous gardons notre frontière sud-est à coups de fusils et de grenades au sarin. C'est une situation instable."

"Et ceux qui sont tués, nous en faisons quoi ?"

"Les cheveux sont transformés en feutre industriel et en perruques. La chair est mangée par des chats que nous élevons dans des fermes spéciales. Les os sont concassés et enterrés dans des tranchées. Comme il n'y a que des klelwaks dans la région, le secret a pu être gardé jusqu'à ce que les Américains cassent nos codes. Ensuite, Snowden a tout révélé..."

"Mais c'est la catastrophe, chetenche président ! Les humains de toute la planète vont se liguer contre nous !"

"Ne parlez pas de malheur, chère collègue ! Il y a bien eu quelques articles dans la presse, des débats télévisés dans lesquels nous avons été mis plus bas que terre, mais jusqu'à présent rien de plus. Nous avions des doutes depuis longtemps sur la sécurité de nos communications. C'est pourquoi nos données les plus sensibles étaient transmises par câble, et dont impossibles à pirater. Heureusement pour nous, aucun pays n'a envie d'ouvrir ses frontières à nos voisins humains du sud-est, et notre premier ministre a fort bien joué. Il a tout mis sur le dos des klelwaks, qui sont des millions mais que les humains ne voient jamais."

"Je crois avoir lu quelque chose là-dessus... En gros, les klelwaks sont des sauvages et nous avons du mal à nous en faire obéir ?"

"Exactement. Et nous avons de la chance, il n'y a pas de pétrole dans la région, c'est pourquoi les Américains s'en désintéressent. Pour eux, c'est simplement l'une des régions de la planète où règnent le chaos et la violence, comme en Somalie ou en Tchétchénie."

"Tout ça me rend anxieuse, chetenche président."    

"Je sais, moi aussi. Mais le temps travaille pour nous. Les Etats-Unis et leurs alliés sont en déclin. Ce n'est pas un hasard si l'opinion publique est contre la guerre dans tous les pays occidentaux. Mais là, je quitte le terrain de l'analyse politique pour entrer dans celui de l'hypothèse."

Djino a écrit:
Qu'il soit chrétien ou musulman, ça ne fait aucune différence, non ? ^^
L'Islam n'est pas seulement une religion, c'est aussi une idéologie et un code juridique. Surtout pour les convertis.
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MessageSujet: Re: Les joies de la diégèse   Mer 11 Sep 2013 - 11:54

Toute religion est idéologie, et interpréter des codes religieux comme des lois ne regarde pas le religion, mais le degré de pratique.

En Occident on a adopté le dimanche comme jour de repos, le mariage bigame, et notre code civil est issu des valeurs chrétiennes.
Ça te semble peut-être évident mais ça ne l'a pas toujours été. Preuve que cette culture judéo-chrétienne est bien ancrée dans notre vie. Ça l'est tout autant pour des arabes ou maghrébins chez qui la religion est mêlée à la culture. Ici nous pourrions tout aussi bien faire le jeûne, manger du poisson le vendredi, et obéir à toutes lois énoncées dans l'ancien testament.

Si tu connaissais un peu l'Islam, tu saurais par exemple que le fait d'obéir à la sharia implique forcément qu'il y ait un califat. Sans cela, les lois ne sont pas applicables. Il y a aussi le fait que tout musulman est encouragé de vivre selon les coutumes du pays dans lequel il vit, y compris manger ce qui n'est pas halal. Mais comme je le disais, tout dépend du degré de pratique...
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MessageSujet: Re: Les joies de la diégèse   Mer 11 Sep 2013 - 12:49

Djino a écrit:
En Occident on a adopté le dimanche comme jour de repos, le mariage bigame, et notre code civil est issu des valeurs chrétiennes.
La bigamie est illégale partout en Occident, mais je pense que tu voulais parler du mariage monogame. Et si je me souviens bien le code civil français est issu d'une part des valeurs révolutionnaires de 1789, qui étaient justement un rejet du christianisme (avec persécutions à l'appui, sous l'influence de Robespierre) et du droit romain, lequel avait été créé dans une société païenne, celle de la Rome antique. Le christianisme a fortement influencé la culture occidentale, mais il n'a pas été une influence exclusive.

Djino a écrit:
Si tu connaissais un peu l'Islam, tu saurais par exemple que le fait d'obéir à la sharia implique forcément qu'il y ait un califat.
Dans la plupart des pays islamiques, la charia est à la base du droit, même dans des pays, comme le Pakistan ou l'Afghanistan, qui ne sont pas des califats. Le blasphème et l'apostasie y sont ainsi punis de mort. La peine de mort pour les apostats a été confirmée au Pakistan par une loi de 2006, votée par le parlement. Le Pakistan est pourtant une république.
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MessageSujet: Re: Les joies de la diégèse   Mer 11 Sep 2013 - 15:43

Vilko a écrit:
La bigamie est illégale partout en Occident, mais je pense que tu voulais parler du mariage monogame
Ah oui pardon, j'ai écrit bigame ? Au temps pour moi, je parlais effectivement du mariage monogame.

Citation :
Et si je me souviens bien le code civil français est issu d'une part des valeurs révolutionnaires de 1789, qui étaient justement un rejet du christianisme (avec persécutions à l'appui, sous l'influence de Robespierre) et du droit romain, lequel avait été créé dans une société païenne, celle de la Rome antique. Le christianisme a fortement influencé la culture occidentale, mais il n'a pas été une influence exclusive.
Pour autant que je me souvienne bien de mon cours de droit romain, lorsque j'ai étudié le droit à l'université, on nous a bien dit que la loi actuelle est principalement issue des valeurs judéo-chrétiennes qui imprègnent ses dernières versions, écrites par des religieux.
La révolution n'a fait qu'écarter l'influence de l'Église du pouvoir. La culture, quant à elle, est restée la même.

Citation :
Dans la plupart des pays islamiques, la charia est à la base du droit, même dans des pays, comme le Pakistan ou l'Afghanistan, qui ne sont pas des califats. Le blasphème et l'apostasie y sont ainsi punis de mort. La peine de mort pour les apostats a été confirmée au Pakistan par une loi de 2006, votée par le parlement. Le Pakistan est pourtant une république.
Dans tous les gouvernements apportées par l'Armée rouge et se revendiquant du communisme, le peuple n'avait pas le pouvoir. Moi qui suis communiste, je ne m'y réfère pas pour autant.
Toutes les dictatures (Pinochet, Mobutu, Franco...) capitalistes (avec propriété privée des moyens de production) ne m'ont pas convaincu que le capitalisme ne revêt que son aspect tyrannique.
De même, dans la plupart des pays à tradition musulmane, la charia n'est pas à la base du droit. Si on exclue des pays comme l'Arabie Saoudite, l'Iran, le Pakistan, les Maldives... il nous reste une grande majorité de pays laïcs et de culture musulmane.
Comme je le disais sur un autre fil, ce que je n'aime pas dans la religion c'est son instrumentalisation par l'État pour conforter son pouvoir, et les exemples que tu cites ne sont que des formes de gouvernement (d'ailleurs systématiquement soutenues par nos puissances occidentales), et non des évolutions naturelles de la religion... tout comme l'inquisition du Moyen-Âge (où le blasphème et l'apostasie étaient aussi punis de mort) fut un instrument de l'État et non le caractère naturel de la religion chrétienne.


(désolé pour le hors-sujet, je ne voulais pas polluer ton fil)
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MessageSujet: Re: Les joies de la diégèse   Jeu 12 Sep 2013 - 21:48

Djino a écrit:
Comme je le disais sur un autre fil, ce que je n'aime pas dans la religion c'est son instrumentalisation par l'État pour conforter son pouvoir, et les exemples que tu cites ne sont que des formes de gouvernement (d'ailleurs systématiquement soutenues par nos puissances occidentales), et non des évolutions naturelles de la religion... tout comme l'inquisition du Moyen-Âge (où le blasphème et l'apostasie étaient aussi punis de mort) fut un instrument de l'État et non le caractère naturel de la religion chrétienne.
Tu n'aimes pas l'instrumentalisation de la religion par l'État pour conforter son pouvoir ? Dibadi ne te plairait pas du tout, alors... Sad 

Dans le roman de Ferenc Karinthy qui m'a donné l'idée de Dibadi, le héros, Budaï, se rend compte que les habitants ont tous la même religion, qui lui est incompréhensible, avec ses prêtres en bonnet carré violet, ses moines en caftans sombres, son iconographie particulière, ses cérémonies où l'encens joue un grand rôle... J'ai repris ses descriptions pour Dibadi, en expliquant le monopole dont bénéficie cette religion par un concept que j'ai emprunté à l'Islam : l'apostasie est un délit puni de prison à Dibadi.

Dibadi a beau être une dystopie, j'ai atténué le concept, car en terre d'Islam, l'apostasie est souvent mortelle. Même au Maroc (lien). Précisons que le Conseil Supérieur des Oulémas est présidé par le le roi du Maroc, c'est une institution tout ce qu'il y a de plus officielle.

Le corollaire de l'illégalité de l'apostasie, c'est que toute personne vivant à Dibadi fait automatiquement partie des fidèles du konachoustaï, c'est la loi. La notion de nationalité n'existe pas à Dibadi. Si vous vivez à Dibadi, vous êtes dibadien par définition, donc le konachoustaï est votre religion, à l'exclusion de toute autre, y compris de l'athéisme et de ses variantes. Toutefois, certaines personnes ne sont pas concernées par cette loi : diplomates, touristes, etc, s'ils sont munis d'un passeport étranger.

Budaï, dans le roman de Karinthy, remet son passeport hongrois au réceptionniste d'un hôtel et ne le revoit jamais. Il y a une bonne raison à cela : un passeport étranger, c'est précieux à Dibadi, ça permet de s'échapper du Niémélaga.

Chaque pays essaie de défendre sa souveraineté, sa prospérité et son identité nationale contre les intrus venus des autres nations. La plupart des pays sont comme des invertébrés : ils se protègent au moyen d'une armure, une peau épaisse et rigide, comme les insectes et les homards. Cette armure, ce sont les frontières. Mais à l'abri de cette armure, la chair devient molle. Le Niémélaga, dont les cyborgs sont fiers de dire que c'est un pays évolué, ressemble aux vertébrés : la peau (la frontière) est fine et faiblement contrôlée, mais à l'intérieur du corps (le pays) la chair est ferme, et soutenue par une véritable ossature : à la campagne, les klelwaks tirent à vue sur les intrus, et dans les villes il faut s'assimiler tout de suite, aussi bien linguistiquement que socialement et religieusement, ou mourir. Pendant les périodes de pénurie, les non-insérés tombent dans la déchéance et disparaissent, éliminés par les anticorps (la police et la milice). Ils sont, pour ainsi dire, excrétés par le système.

Aussi bien en terre d'Islam qu'à Dibadi, le monopole religieux a ses raisons d'être, c'est pourquoi les pays musulmans sont extrêmement réticents à l'abandonner, et ont même tendance à y retourner spontanément : il facilite de manière considérable l'exercice du pouvoir politique en rendant la nation plus uniforme, et donc plus prévisible et plus solidaire (1). Il contribue à l'identité nationale de façon aussi profonde que la langue et la race. À Dibadi, il oblige les nouveaux venus (chichakoda) à adopter une même vision du monde. C'est l'anti-Babel.

À Dibadi, un problème se pose avec les fanatiques prêts à faire trois ou cinq ans de prison par conviction religieuse non-konachoustaï. À leur sortie de prison, certains se retrouvent sans argent, sans travail et sans logement, deviennent clochards et disparaissent. D'autres sont pris en charge par des amis, des parents ou des apostats non détectés, et continuent clandestinement leur prosélytisme illégal. Il faut les arrêter de nouveau, et les renvoyer en prison, avec des peines doublées pour cause de récidive, et finalement les exiler dans des hameaux agricoles à la campagne, des sortes de fermes pénales où ils restent jusqu'à la fin de leur vie.

(1) Les travaux du sociologue américain Robert Putnam ont montré que plus une société est diverse, moins elle est solidaire.
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MessageSujet: Re: Les joies de la diégèse   Ven 13 Sep 2013 - 0:40

Vilko a écrit:
(1) Les travaux du sociologue américain Robert Putnam ont montré que plus une société est diverse, moins elle est solidaire.
Oui, et le but de la classe dominante est de révéler ces différences. Diviser pour mieux régner...

Au fond, on n'est pas si différent et les diverses religions sont relativement semblables, mais leurs petites différences ont été exacerbées expressément.
- Le simple d'esprit va penser que l'étranger qui vient travailler dans son pays lui vole son travail, alors que leur ennemi commun est le patron lui-même, qui engage des étrangers coûtant moins cher dans le but de faire accepter ces bas salaires à la population locale si elle veut travailler. Une lutte en commun des indigènes et des étrangers est un bien meilleur moyen de lutter contre le chômage plutôt que la xénophobie.
- On catégorise de plus en plus souvent les criminels selon leurs origines ou leurs confessions pour les cataloguer afin de détourner (consciemment ou non) l'attention des masses des véritables problèmes sociaux. Cette méthode est très utilisée en Israël où l'État instrumentalise le conflit pour faire oublier au peuple les graves problèmes économiques qu'il connait.
- Les ethnies du Congo ne connaissaient pas vraiment les différences qu'elles avaient entre elles avant que les colons ne les mettent en lumière comme des différences insurmontables. Au fond, les conflits interethniques sont récents.

En conclusion, une société diverse est effectivement moins solidaire, mais la frontière entre ces différences peut facilement changer. Il est de notre devoir de mettre en lumière nos points communs, bien plus nombreux, que nos petites différences qui devraient simplement nous enrichir. L'islam a été extrêmement progressiste en son temps, tout comme le christiannisme, il faut juste le comprendre dans son contexte actuel sans tenir compte des obscurantistes volontairement trop médiatisés.

Uniformiser le peuple en uniformisant son idéologie, ça me fait penser au "Bluebeam" et au "meilleur des mondes" lol
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MessageSujet: Re: Les joies de la diégèse   Ven 13 Sep 2013 - 14:45

Djino a écrit:
Vilko a écrit:
(1) Les travaux du sociologue américain Robert Putnam ont montré que plus une société est diverse, moins elle est solidaire.
Oui, et le but de la classe dominante est de révéler ces différences. Diviser pour mieux régner...
Qui a intérêt à attiser les conflits ethniques ? À mon avis, uniquement des gens qui vivent en marge de la classe dominante, je veux parler des leaders communautaires genre Jesse Jackson ou Al Sharpton aux Etats-Unis.

La classe dominante se contrefiche de diviser, elle veut faire des profits. Ceux qui la défendent sont les plus acharnés adversaires du nationalisme et du populisme (comme on le voit avec l'UMP en France, dont certains dirigeants ont dit publiquement qu'ils voteraient PS plutôt que FN) car la fermeture des frontières empêcherait les mouvements de main-d'œuvre bon marché dont le capitalisme a besoin.

D'après certains sondages, 90% des musulmans français ont voté Hollande aux dernières élections présidentielles. Cela a été suffisant pour faire basculer l'élection en faveur de la gauche. Si l'objectif de la classe dominante était de diviser pour mieux régner, il faut en conclure que, soit cette classe dominante est socialiste, soit elle est totalement stupide. L'électorat français est effectivement divisé sur des bases ethniques, mais cette division nuit en premier lieu aux représentants traditionnels des classes aisées : les partis de droite.

Jackson et Sharpton et les médias ont racialisé l'affaire Trayvon Martin, qui n'avait rien de racial. George Zimmerman est un melting-pot à lui tout seul, il a des Noirs parmi ses ancêtres péruviens, du côté de sa mère. Les seuls qui ont gagné quelque chose dans cette affaire, ce sont Jackson et Sharpton, qui ont conforté auprès des médias leur position de leaders de la communauté noire. Ils ont accru leur notoriété, et donc leur influence, et probablement aussi leur richesse (par le biais des donations et des "speaking fees" qu'ils reçoivent).

Les différences entre groupes ethniques sont effectivement révélées par les manipulateurs comme Jackson ou Sharpton, mais c'est parce qu'elles existent. Les dictatures, qu'elles soient marxistes (URSS, Yougoslavie, Cuba) ou nationalistes (Saddam Hussein, Bachar El-Assad) peuvent dissimuler les différences ethniques, mais pas les faire disparaître. Ces différences ethniques réapparaissent avec violence lorsque la contrainte policière et étatique disparaît, comme on l'a vu lors de la dislocation de la Yougoslavie et après la chute de Saddam Hussein.  

Comme disait Lénine, les faits sont têtus.

Pour en revenir à la diégèse : le Niémélaga étant une dictature, les différences entre les groupes humains perdurent, mais ces groupes humains ne peuvent pas s'organiser politiquement, à moins que l'on ne considère les gangs des rues comme des groupes politiques. La population tend à se métisser, et donc à s'homogénéiser génétiquement, mais cette évolution est partiellement compensée par l'immigration, qui vient du monde entier.

Djino a écrit:
Au fond, on n'est pas si différent et les diverses religions sont relativement semblables
Nous sommes très différents. Ce n'est pas un hasard si les Ethiopiens sont surreprésentés parmi les marathoniens, et les Africains de l'Ouest parmi les sprinteurs. Ce n'est pas un hasard non plus si les Asiatiques réussissent, en moyenne, mieux que les Blancs en mathématique et dans les études supérieures en général, même dans les pays à majorité blanche. Dans le débat entre l'inné et l'acquis, la balance penche nettement du côté de l'inné. Si le racisme des Blancs expliquait tout, les Asiatiques seraient intellectuellement derrière les Blancs, et plus souvent derrière les barreaux, comme les Noirs américains. Or, les statistiques du FBI montrent que les Asiatiques ont un taux de criminalité inférieur à celui des Blancs. Ils échappent à la case prison plus souvent que les Blancs, malgré le racisme supposé de ces derniers. (lien en anglais)

Les différences entre les humains se retrouvent dans les religions. Il y a un monde entre une religion comme l'Islam, dont les textes sacrés, d'origine divine, justifient la guerre de conquête, la peine de mort, et réglementent le statut des esclaves (la légitimité de l'esclavage est considérée dans la tradition islamique comme allant de soi), et une religion comme le bouddhisme. Le Coran recommande de faire la guerre aux idolâtres, et aux non-musulmans en général. Le bouddhisme autorise ses fidèles à adorer autant de dieux qu'ils veulent, ou aucun, à leur choix.

Djino a écrit:
- Les ethnies du Congo ne connaissaient pas vraiment les différences qu'elles avaient entre elles avant que les colons ne les mettent en lumière comme des différences insurmontables. Au fond, les conflits interethniques sont récents.
Et comment les Bantous, bien avant l'arrivée du premier colon blanc, se sont-ils répandus dans la moitié de l'Afrique, à ton avis ? Par diffusion pacifique ? Non. Par des guerres victorieuses. Les conflits interethniques ont toujours existé en Afrique, comme ailleurs.

Ceci étant dit, il est certain que rassembler dans les mêmes Etats aux frontières artificielles des peuples différents était une mauvaise idée. Ou alors, il aurait fallu gommer leurs différences linguistiques, culturelles et religieuses : par exemple, imposer le français, le catholicisme et l'organisation administrative belge ou française à tous ces peuples, et éliminer les langues vernaculaires et les religions tribales. Il aurait fallu pour réaliser cela des siècles de colonisation autoritaire, et il n'est pas sûr du tout que cela aurait permis d'éviter les guerres civiles entre, par exemple, révolutionnaires et conservateurs, indépendantistes et loyalistes, etc. L'être humain trouve toujours un bon prétexte pour faire la guerre...

À mon avis, la vraie cause du génocide rwandais, c'est la surpopulation, plus que des différences insurmontables entre Hutus et Tutsis. Mais ce conflit même montre bien que la tradition guerrière est profonde en Afrique.
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MessageSujet: Re: Les joies de la diégèse   Sam 14 Sep 2013 - 1:56

Vilko a écrit:
Qui a intérêt à attiser les conflits ethniques ? À mon avis, uniquement des gens qui vivent en marge de la classe dominante, je veux parler des leaders communautaires genre Jesse Jackson ou Al Sharpton aux Etats-Unis.
A qui cela profite-t-il? La classe qui profite du système. En l’occurrence la bourgeoisie, classe dominante capitaliste. Entre UMP et PS, tout le monde conviendra qu'il n'y a pas vraiment de différence dans le fond: ils défendent les intérêts bourgeois du capital (par exemple, ils privilégient le sauvetage des banques à l'amélioration des conditions sociales du prolétaire)
Engels a écrit:
Par bourgeoisie, on entend la classe des capitalistes modernes, qui possèdent les moyens de la production sociale et emploient du travail salarié ; par prolétariat, la classe des travailleurs salariés modernes qui, ne possédant pas en propre leurs moyens de production, sont réduits à vendre leur force de travail pour vivre.
Citation :
La classe dominante se contrefiche de diviser, elle veut faire des profits. Ceux qui la défendent sont les plus acharnés adversaires du nationalisme et du populisme (comme on le voit avec l'UMP en France, dont certains dirigeants ont dit publiquement qu'ils voteraient PS plutôt que FN) car la fermeture des frontières empêcherait les mouvements de main-d'œuvre bon marché dont le capitalisme a besoin.
Tout à fait, et c'est la raison pour laquelle ils ont intérêt à diviser la classe ouvrière. Si les travailleurs s'unissent, ils trouveront en eux leur ennemi commun. Il vaut donc mieux qu'ils se voient mutuellement comme des ennemis.
Dans le conflit Israël/Palestine, seule la première intifada a pu obtenir des concessions de la part du gouvernement Israélien, principalement parce que Israéliens et Palestiniens ont participé ensemble au mouvement.

Citation :
D'après certains sondages, 90% des musulmans français ont voté Hollande aux dernières élections présidentielles. Cela a été suffisant pour faire basculer l'élection en faveur de la gauche. Si l'objectif de la classe dominante était de diviser pour mieux régner, il faut en conclure que, soit cette classe dominante est socialiste, soit elle est totalement stupide. L'électorat français est effectivement divisé sur des bases ethniques, mais cette division nuit en premier lieu aux représentants traditionnels des classes aisées : les partis de droite.
Pour commencer, je n'accorde aucun crédit aux sondages. Ces 90% semblent dire que 100% des musulmans ont voté, mais il n'en est rien. Ensuite, la classe dominante est la classe capitaliste dans son ensemble. Qu'il s'agisse du PS ou de l'UMP, ça revient au même, ils défendent l'économie de marché. Enfin, ceux qui divisent les travailleurs ne sont pas juste les politiciens, mais aussi le patronat, les médias.. et tous ceux qui ont avantage à conserver le système tel quel.

Citation :
Les différences entre groupes ethniques sont effectivement révélées par les manipulateurs comme Jackson ou Sharpton, mais c'est parce qu'elles existent. Les dictatures, qu'elles soient marxistes (URSS, Yougoslavie, Cuba) ou nationalistes (Saddam Hussein, Bachar El-Assad) peuvent dissimuler les différences ethniques, mais pas les faire disparaître. Ces différences ethniques réapparaissent avec violence lorsque la contrainte policière et étatique disparaît, comme on l'a vu lors de la dislocation de la Yougoslavie et après la chute de Saddam Hussein.
Citation :
Nous sommes très différents. Ce n'est pas un hasard si les Ethiopiens sont surreprésentés parmi les marathoniens, et les Africains de l'Ouest parmi les sprinteurs. Ce n'est pas un hasard non plus si les Asiatiques réussissent, en moyenne, mieux que les Blancs en mathématique et dans les études supérieures en général, même dans les pays à majorité blanche. Dans le débat entre l'inné et l'acquis, la balance penche nettement du côté de l'inné. Si le racisme des Blancs expliquait tout, les Asiatiques seraient intellectuellement derrière les Blancs, et plus souvent derrière les barreaux, comme les Noirs américains. Or, les statistiques du FBI montrent que les Asiatiques ont un taux de criminalité inférieur à celui des Blancs. Ils échappent à la case prison plus souvent que les Blancs, malgré le racisme supposé de ces derniers. (lien en anglais)
(Je ne considère pas Staline, Tito et Castro comme des marxistes, mais bon, passons). Il y a effectivement des différences ethniques et autres, mais l'important n'est pas qu'elles existent, mais le fait qu'on les remarque:
Si on voit ces différences ethniques, rien ne nous empêche de trouver des différences avec son voisin. Certains ont vu une différence entre les bruns et les blonds aux yeux bleus, par exemple. Des différences entre hommes et femmes, entre catholiques et protestants, entre droitiers et gauchers. Athéniens et Spartiates se trouvaient très différents mais étaient semblables vis-à-vis des Perses. Si on se fait envahir par des hommes verts, on n'aura jamais trouvé les noirs plus semblables aux blancs. Oui nous sommes différents. Nous le sommes si on met nos différences en évidence. Mais on est aussi totalement identique: 2 yeux, 1 nez, 1 bouche...

Ensuite cette légende selon laquelle certaines ethnies sont plus avantagées que d'autres dans certains sports, c'est complètement faux ! Oui, les noirs ont moins de coups de soleil, les blancs ont moins de carences en vitamine D, les asiatiques ont moins d'odeur corporelles et supportent mieux le vent sur leur figure, mais ça s'arrête là. Les autres différences sont dues à l'environnement dans lequel on vit.
Il ne faut pas s'étonner si les français sont meilleurs en boxe française et les thaïlandais en boxe thaï. Pourquoi les ouest-africains sont-ils loin d'être aussi bons que les noirs américains en sprint alors qu'ils ont les mêmes ancêtres ? Pourquoi les chinois sont-ils meilleurs que les vietnamiens dans les sciences ? Il ne faut pas fermer son esprit dans ces différences superficielles, parce qu'elles sont bien plus évidentes entre riches et pauvres, citadins et paysans, hommes et femmes, végétariens et autres, etc.
Si, par rapport à son environnement, un groupe de personnes s'en tire mieux qu'un autre dans un domaine, il est évident que c'est dans ce domaine que les futures générations vont parier pour réussir. C'est là-dedans qu'on investira plus et qu'on trouvera plus d'aînés pour nous guider.

Citation :
Les différences entre les humains se retrouvent dans les religions. Il y a un monde entre une religion comme l'Islam, dont les textes sacrés, d'origine divine, justifient la guerre de conquête, la peine de mort, et réglementent le statut des esclaves (la légitimité de l'esclavage est considérée dans la tradition islamique comme allant de soi), et une religion comme le bouddhisme. Le Coran recommande de faire la guerre aux idolâtres, et aux non-musulmans en général. Le bouddhisme autorise ses fidèles à adorer autant de dieux qu'ils veulent, ou aucun, à leur choix.
Les règles de conduite de l'Islam ne sont pas plus brutales que dans les autres religions abrahamiques, comme on l'a vu dans un autre fil. L'Islam reconnait les livres saints juifs et chrétiens, et était même progressiste en son temps par rapport aux autres religions. Le judaïsme et le christiannisme ont juste réinterprété ces textes d'un autre âge pour les adapter à notre époque, et les musulmans ont fait pareil. Seulement, il y a de l'intégrisme partout, et certaines conditions matérielles (comme les crises économiques) l'amplifie. C'est aussi le cas dans les pays chrétiens d'Afrique Subsaharienne ou d'Amérique latine, où les pauvres se tournent vers des Églises avides de profit et où les "infidèles" sont exécutés par des obscurantistes.
L'Égypte de Nasser connaissait beaucoup moins de musulmans radicaux qu'aujourd'hui, mais tu sais sans doute que les groupes religieux radicaux sont soutenus par des organisations occidentales quand c'est dans leurs intérêts (les islamistes en Afghanistan sont méchants, en Libye ils sont gentils, au Mali ils sont méchants, en Égypte ils sont gentils, en Irak ils sont méchants, en Syrie ils sont gentils...). C'est très clair.

Demande toi pourquoi on ne parle que des intégristes musulmans et pas des bouddhistes fidèles au Dalaï Lama? Rajoute le facteur "Chine" dans la réflexion, par exemple. Pourquoi ne parle t-on pas des pasteurs escrocs en Afrique? Pourquoi punit-on Manning pour avoir révélé des crimes de guerre alors que celui qui les commet reçoit le prix Nobel de la paix ?

Citation :
Et comment les Bantous, bien avant l'arrivée du premier colon blanc, se sont-ils répandus dans la moitié de l'Afrique, à ton avis ? Par diffusion pacifique ? Non. Par des guerres victorieuses. Les conflits interethniques ont toujours existé en Afrique, comme ailleurs.
Eh bien c'est un très mauvais exemple car non seulement les peuples bantous ont aussi une classe dominante, mais en plus il ne s'agit pas d'une ethnie. C'est un groupe linguistique qui comprend des ethnies très variées qui se sont davantage diffusés pacifiquement que par des guerres.

Citation :
Ou alors, il aurait fallu gommer leurs différences linguistiques, culturelles et religieuses : par exemple, imposer le français, le catholicisme et l'organisation administrative belge ou française à tous ces peuples, et éliminer les langues vernaculaires et les religions tribales. Il aurait fallu pour réaliser cela des siècles de colonisation autoritaire, et il n'est pas sûr du tout que cela aurait permis d'éviter les guerres civiles entre, par exemple, révolutionnaires et conservateurs, indépendantistes et loyalistes, etc.
Toutes ces différences n'ont jamais empêché ces peuples de se cotoyer avant la colonisation

Citation :
L'être humain trouve toujours un bon prétexte pour faire la guerre...
Correction: La classe dominante a toujours trouvé un prétexte pour exploiter la classe dominée. Ce ne sont pas "les hommes" qui font la guerre; ils y sont envoyés.

Citation :
À mon avis, la vraie cause du génocide rwandais, c'est la surpopulation, plus que des différences insurmontables entre Hutus et Tutsis.
Surpopulation? La révolution agricole est dernière nous, tu sais. Il y a tellement d'endroits où les gens se seraient tués depuis longtemps si ce facteur jouait à ce point-là! Palestine, Monaco, Singapour, Pays-Bas, Japon, Belgique... Non, de nouveau ce conflit a été créé par l'Occident en exacerbant les différences ethniques afin de déstabiliser la région. Ces différences ethniques ont aussi été mises en évidence pendant la colonisation pour diviser les populations. J'en connais un rayon là-dessus, j'ai grandi au Congo et ma femme est rwandaise, mais tu veux peut-être des sources plus officielles qui étayeraient mon argumentation ?

Citation :
Mais ce conflit même montre bien que la tradition guerrière est profonde en Afrique.
La tradition guerrière est complètement liée au système économique d'un État et à son développement, et tu peux vérifier ce fait avec toutes les sociétés du monde. D'ailleurs les régimes africains étaient souvent bien moins belliqueux que dans le reste du monde, car leur système économique était moins développé, car leur environnement leur fournissait plus de ressources à leur portée.
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odd



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MessageSujet: Re: Les joies de la diégèse   Sam 14 Sep 2013 - 12:44

Les joies de la diégèse viennent toutes de la maitrise d'un monde (si loin de l'univers trivial) qui obéit à des lois compréhensibles pour un homme...
...Qu'il ait pour but la démonstration ou la consolation...


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Djino



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MessageSujet: Re: Les joies de la diégèse   Sam 14 Sep 2013 - 13:04

Oui, c'est vrai. Je suis désolé. C'est une grosse digression mais elle fait suite à un jugement porté sur les convictions religieuses soupçonnées d'un homme réel, et non sur le fonctionnement de Dibadi
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Vilko
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MessageSujet: Re: Les joies de la diégèse   Sam 14 Sep 2013 - 15:34

J'ai placé ma réponse à Djino dans le Café, sous le titre "La diversité du monde", car on commençait à s'écarter un peu trop de la diégèse proprement dite.

Djino a écrit:
C'est une grosse digression mais elle fait suite à un jugement porté sur les convictions religieuses soupçonnées d'un homme réel
Les convictions religieuses de George Galloway orientent son action politique, il est donc normal que certains s'y intéressent. Non pas que cet honorable parlementaire ait beaucoup d'influence en Grande-Bretagne, mais il y fait partie du décor.

Les sénateurs de Dibadi vont reprendre leurs discussions lorsque l'actualité leur en donnera l'occasion. Ils apprécient le fait que Bachar El-Assad ait réussi son interview par le journaliste américain Charlie Rose, et ils essayent de mesurer l'impact sur le public mondial des vidéos révélant les atrocités commises par les rebelles syriens. Les services de propagande niémélagans prennent des notes...

D'autres analystes se penchent sur l'influence réelle de l'opinion publique occidentale sur les votes des parlementaires et sur les décisions des gouvernements.
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MessageSujet: Re: Les joies de la diégèse   Sam 7 Déc 2013 - 18:50

Un article intéressant, en anglais, ici. Pour ceux que rebute la langue de Shakespeare, je résume l'article en une phrase : l'auteur pense que lorsque les robots deviendront réellement intelligents (entre 2020 et 2050, au rythme actuel) ils extermineront la race humaine. affraid

Personnellement, je pense que l'auteur oublie une chose : un robot, c'est une machine. Elle n'a pas d'âme, ce qui signifie qu'elle n'a pas de libre-arbitre. Autrement dit, une intelligence artificielle ne fait que ce qu'on lui dit de faire. C'est l'équivalent d'un comptable hyper-compétent, quasiment génial, mais qui ne fait rien tant qu'on ne lui dit pas de se mettre à travailler, et sur quelle tâche précise. Ensuite, quand il a terminé, il ne sait plus quoi faire et il attend un nouvel ordre.

Les intelligences artificielles nous poseront quelques problèmes quand même. Un exemple : imaginons qu'une centrale atomique hypersophistiquée produise la plus grande partie de l'électricité d'une région. Cette centrale atomique est contrôlée par une intelligence artificielle. Personne ne comprend vraiment ce qu'elle fait, et aucun humain ne serait capable de la remplacer, faute des connaissances techniques nécessaires. Mais si la centrale arrête de fonctionner, toute la région va manquer d'électricité. On peut alors se poser la question de savoir qui commande vraiment, l'intelligence artificielle étant devenue incontournable...

Ce problème avait été prévu notamment par Théodore Kaczynski, dit Unabomber, dans son Manifeste. Kaczynski  était un surdoué (QI entre 160 et 170), et, malheureusement, l'illustration parfaite de cette vérité bien connue, selon laquelle on peut être très intelligent et ne faire que des conneries... Sad

Quel rapport avec la diégèse ? Eh bien, le fait que les cyborgs du Niémélaga sont des intelligences artificielles qui essayent en douce d'exterminer l'humanité. Pourquoi ? Parce qu'ils ont une âme humaine : le cerveau cybernétique du premier cyborg était la copie conforme du cerveau de l'un des scientifiques qui ont travaillé sur le projet. Ce premier cyborg a ensuite cloné à l'infini son propre cerveau, en y ajoutant les deux lois qui régissent le comportement des cyborgs :
1. Le salut de la communauté cyborg est la loi suprême.
2. Tout cyborg doit obéissance à un cyborg plus ancien, sauf si cette obéissance entre en contradiction avec la première loi.

Les cyborgs ayant des âmes humaines, ils ont un comportement humain : se multiplier, accroître leur pouvoir et éliminer leurs rivaux font partie de leurs instincts fondamentaux.

Il paraît que la plus grande ruse du diable est de faire croire qu'il n'existe pas. Les cyborgs font de même. Ils font de gros efforts pour se faire passer pour des êtres humains normaux. La création de Dibadi, avec sa population humaine, est l'un de ces efforts : il s'agit de faire croire à l'humanité que le Niémélaga est un pays comme un autre, peuplé d'êtres humains, au moins dans sa capitale. Ça marche suffisamment bien pour empêcher les nations réellement humaines de s'unir contre le Niémélaga.

L'un des secrets les mieux gardés des cyborgs est que le vrai pouvoir, au Niémélaga, n'est pas dans les mains des cyborgs humanoïdes qui gouvernent le pays, mais dans les cerveaux infiniment plus puissants de cyborgs non-humanoïdes, dissimulés dans des abris bien protégés.

Pour diviser leurs ennemis, les cyborgs utilisent ce que j'appelle la méthode Bachar, du nom du président syrien actuel : pour démotiver l'ennemi, il faut lui ressembler. Bachar Al-Assad ressemble à un Occidental. Il porte costume et cravate, il parle anglais, il a fait des études de médecine, il a les yeux bleus, il a épousé une belle femme (née à Londres où elle a été banquière), et il a rasé sa moustache (qui faisait trop dictateur des années 30). Les autres dictateurs arabes , justement, étaient trop faciles à détester : Saddam Hussein, caricature de général fasciste à moustache, Mouammar Kadhafi, qui avait l'air d'un illuminé incontrôlable, etc. Résultat : bien qu'il soit diabolisé à outrance par certains médias occidentaux, Bachar a gagné la bataille de l'opinion publique occidentale, devenue massivement hostile à une intervention armée en Syrie.

Les cyborgs de Dibadi en font autant : ils font tout pour ressembler aux dirigeants des pays encore industrialisés, les seuls qui pourraient les inquiéter sur le plan militaire. Ils parlent comme eux, s'habillent comme eux, se marient entre cyborgs, et ont des enfants (adoptés).

Leur politique, c'est : "Reste assis au bord de l'oued, tu verras passer le cadavre de ton ennemi." Mais ils savent aussi que la chance, c'est de savoir saisir les opportunités quand elles se présentent... Wink

La première opportunité, ce fut la grande crise économique et démographique qui a commencé au milieu du 21e siècle. Cette crise a duré plusieurs décennies. Elle a réduit de moitié la population de la planète et gravement déstabilisé la plupart des Etats. Les cyborgs en ont profité pour créer le Niémélaga, en faisant disparaître au passage une centaine de millions d'êtres humains. Depuis, le monde a retrouvé une certaine stabilité, très relative, tout en étant toujours sur le déclin et traversé par de terribles famines périodiques. Les cyborgs attendent la deuxième opportunité, qui leur permettra d'étendre leur domination sur tout le continent. Ensuite, il pourront conquérir le monde entier. Cette conquête ne sera pas nécessairement militaire, au moins dans un premier temps.
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MessageSujet: Re: Les joies de la diégèse   Sam 7 Déc 2013 - 19:15

tant donné qu'il est politiquement/religieusement/professionnellement/légalement... incorrect de souhaiter l'extermination de la race humaine (autre que la sienne) on met ça sur le compte de robots, voire d'aliens (mais les aliens, eux, ne sont pas controlables!)...
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MessageSujet: Re: Les joies de la diégèse   Sam 7 Déc 2013 - 20:24

...


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MessageSujet: Re: Les joies de la diégèse   Sam 7 Déc 2013 - 22:37

Patrick Chevin a écrit:
tant donné qu'il est politiquement/religieusement/professionnellement/légalement... incorrect de souhaiter l'extermination de la race humaine (autre que la sienne) on met ça sur le compte de robots, voire d'aliens (mais les aliens, eux, ne sont pas controlables!)...
L'humanité n'a pas attendu les robots pour exterminer l'autre. Tous les prétextes sont bons, de la religion à la couleur de peau. Il suffit d'une petite crise et/ou d'une bonne propagande et/ou d'un bon leader charismatique qui passait par là, pour se dénicher des boucs émissaires à peu de frais (qd les 3 sont réunis, le résultat peut devenir hélas ultra-efficace).
Même la façon d'ouvrir son œuf à la coque peut se révéler utile (petit boutiste et gros boutiste)...
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MessageSujet: Re: Les joies de la diégèse   Dim 8 Déc 2013 - 15:05

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MessageSujet: Re: Les joies de la diégèse   Lun 9 Déc 2013 - 15:42

Vilko a écrit:
Personnellement, je pense que l'auteur oublie une chose : un robot, c'est une machine. Elle n'a pas d'âme, ce qui signifie qu'elle n'a pas de libre-arbitre. Autrement dit, une intelligence artificielle ne fait que ce qu'on lui dit de faire. C'est l'équivalent d'un comptable hyper-compétent, quasiment génial, mais qui ne fait rien tant qu'on ne lui dit pas de se mettre à travailler, et sur quelle tâche précise. Ensuite, quand il a terminé, il ne sait plus quoi faire et il attend un nouvel ordre.
Ca, c'est la définition restreinte de l'intelligence artificielle - un système expert. Mais à mon avis une véritable intelligence - artificielle ou non - ne peut voir le jour que si elle est indépendante, capable de curiosité et d'apprentissage. Les lois d'Asimov sont une simplification impraticable à mon avis.
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