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 Le Moschtein

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Pomme de Terre

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MessageSujet: Re: Le Moschtein   Mar 23 Déc 2014 - 14:20

Elle est loin d'être la seule, il y en a plein d'autres en -ja. Et si l'on parle de ceux qui ne finissent pas par -tein, il y a Stonien et Lettonien juste à côté. Je ne vois pas trop ce qui te surprend ?

Bon je la remets ici ça sera plus simple à lire et à comprendre:

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Atíel

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MessageSujet: Re: Le Moschtein   Mar 23 Déc 2014 - 14:22

Anoev a écrit:
Pomme de Terre a écrit:
l'Europe c'est en page 4.
J'ai été un peu intrigué que, au milieu de tous ces pays se terminant en -ein, seule la Lituanie se trascrit en -ja.

Je l'aurais plutôt vue en -nien, comme ses voisines baltes.

C'est autre chose qui m'intrigue chez moi : pourquoi le -land de l'Eisland est gardé, mais ceux de la Finlande, l'Irlande et l'Allemagne (Deutschland) deviennent -tein ?


Dernière édition par Atíel le Mar 23 Déc 2014 - 15:05, édité 2 fois
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Pomme de Terre

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MessageSujet: Re: Le Moschtein   Mar 23 Déc 2014 - 15:01

Atíel a écrit:
Anoev a écrit:
Pomme de Terre a écrit:
l'Europe c'est en page 4.
J'ai été un peu intrigué que, au milieu de tous ces pays se terminant en -ein, seule la Lituanie se trascrit en -ja.

Je l'aurais plutôt vu en -nien, comme ses voisins baltes.

C'est autre chose qui m'intrigue chez moi : pourquoi le -land de l'Eisland est gardé, mais ceux de la Finlande, l'Irlande et l'Allemagne (Deutschland) deviennent -tein ?

Aucune raison. Pour le moment. Ca a été fait au gros pif, je trouverai les justifications étymologiques a posteriori. Et puis si je n'en trouve pas, je n'aurai qu'à dire que les linguistes n'ont pas de réponse à la question. Vous devez bien vous embêter la vie si vous réfléchissez à tout avant de le faire Razz Personnellement, vu les intrications complexes des millions d'histoire qui composent celles d'un pays ou d'une culture, je ne me vois pas tout régler comme du papier à musique. Donc aucune raison pour le moment, et peut-être pour toujours.
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Pomme de Terre

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MessageSujet: Re: Le Moschtein   Mer 13 Juil 2016 - 22:09

Anoev, sur le fil Du sport dans vos idéomondes, a écrit:
Tout-à-fait, du moins si l'oblast est déjà pratiqué depuis un certain temps au Moschtein. Il peut aussi porter un nom différent, un peu comme le foot international qui s'appelle soccer aux États-unis et au Canada anglophone (au Québec, j'sais pas, faudrait d'mander à Silvano). Je croyais que Moliro était une ville relativement importante (du style : >100 kHab). En tout cas, Token doit être importante, pour former à elle toute seule (ou presque : y a la banlieue) une entité administrative, j'la verrais bien flirter avec la barre des 700 kHab, ou bien alors, 450 kHab mais avec une banlieue de plus de 500 kHab, va savoir... Plus peuplée que Moschburg, y a p't'êt'des chances ; Moschburg que j'verrais bien tourner autour de 700 kHab.

100 000 habitants pour Koliro c'est possible, mais au vu de l'éloignement de l'Aneuf et de l'importance relative de cette ville, il est peu probable de voir ce type d'association là-bas.
La population des villes n'est pas encore bien déterminée, toutefois voici quelques pistes:
Moschburg, en plus d'être capitale, est bel et bien la plus grande ville avec près d'un million d'habitants (1,9 en comptant la banlieue).
Vient ensuite Grüni, au nord, plus étendue mais moins concentrée (la densité de population en Rupie et en Vertinie est cependant assez forte). Avec Moschburg elles forment une sorte de capitale économique bicéphale.
En troisième position, Pitburg et Token, de population équivalente. Toutefois le statut de Token n'a rien à voir avec la population mais avec l'histoire.

Histoire de Token:
 

Koliro arrive déjà loin derrière les "quatre capitales", comme on dit au Moschtein, que sont Moschburg, Grüni, Pitburg et Token. Il y a même au moins une dizaine de villes qui sépare Koliro du haut du classement.
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Anoev
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MessageSujet: Re: Le Moschtein   Jeu 14 Juil 2016 - 1:23

Pomme de Terre a écrit:
Koliro arrive déjà loin derrière les "quatre capitales", comme on dit au Moschtein, que sont Moschburg, Grüni, Pitburg et Token. Il y a même au moins une dizaine de villes qui sépare Koliro du haut du classement.
En guise de comparaison:
 

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Pomme de Terre

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MessageSujet: Re: Le Moschtein   Mer 21 Fév 2018 - 15:17

Et non vous ne rêvez pas, il y a bien un nouveau message sur ce fil ! Comme ça fait longtemps qu'on me réclamait l'histoire du Moschtein... je poste complètement autre chose. Plus sérieusement l'histoire est en cours, mais j'aimerais que ce soit nickel pour la présenter plus en détail ; d'ici là je posterai une chronologie très simplifiée pour que vous vous y retrouviez. Toutefois vous aurez un peu d'histoire à vous mettre sous la dent quand même, puisqu'aujourd'hui nous abordons le thème de la religion au Moschtein, et plus particulièrement le férésianisme.

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Le férésianisme, l'Église chrétienne du Moschtein


Qu'est-ce que le férésianisme ?

Le férésianisme est un courant chrétien né au XVIe siècle, souvent assimilé au protestantisme, et est aujourd'hui la religion majoritaire au Moschtein. Il est actuellement régi par l'Église Férésienne du Moschtein (ou Église Férésienne Unifiée du Moschtein) et rassemble 11 à 12 millions de fidèles. Endogène au Moschtein, le férésianisme ne s'est pas répandu à cause de certaines caractéristiques particulières, et il n'est donc guère pratiqué en dehors du pays que par des personnes d'ascendance moschteinienne.

Fondé en 1522 par le prêtre Gidrel Feresz, auquel il doit son nom, dans le courant de la Réforme protestante, il lui est classiquement associé bien qu'un certain nombre de traits l'en distingue.
1) Autorité des écritures. Contrairement à la plupart des courants issus de la Réforme, le férésianisme ne considère pas la Bible comme la seule source d'autorité. En effet la tradition et les doctrines du clergé férésien entrent également en ligne de compte. Le férésianisme a son propre canon biblique, c'est-à-dire que l'ensemble des livres reconnus comme faisant partie de la Bible est spécifique à ce courant. La traduction en langue moschtein de Feresz occuppe d'ailleurs un statut bien spécial (voir plus bas).
2) Vénération de la Vierge et des Saints. Elle est pratiquée, mais les saints reconnus par les férésiens sont bien moins nombreux que ceux reconnus par les églises catholiques ou orthodoxes.
3) Clergé. Le pape n'est considéré que comme l'évêque de Rome, les férésiens lui refusent toute autorité ainsi qu'aux différents patriarches orthodoxes. Église indépendante, on trouve à sa tête d'un côté le Pontife, qui est une figure symbolique, et de l'autre le Consulat (ou Conseil des Sept), qui dirige effectivement l'église.
4) Salut. Il n'y a pas de purgatoire, et l'accès au paradis est conditionné par la foi comme par les oeuvres méritoires.
5) Sacrements. Les férésiens reconnaissent trois sacrements: le baptême, l'eucharistie (skersz) et le mariage.
6) Prêtrise. Les prêtres comme leurs supérieurs ne peuvent être que des hommes. Le célibat n'est pas obligatoire, hormis pour le Pontife. Il n'existe pas d'ordre monastique à proprement parler et l'entrée dans le clergé se fait par validation des supérieurs.
Ces différences ont amené certains analystes comme l'historien des religions allemand Friedrich Marx à considérer le férésianisme comme « à mi-chemin entre le catholicisme romain et les courants protestants ». Les théologiens férésiens considèrent au contraire qu'il s'agit d'un mouvement de son propre genre, ce qui empêche de le définir par comparaison aux autres courants.

Une religion intimement liée au Moschtein
En plus de motivations purement politiques (indépendance vis-à-vis de la papauté et du Saint-Empire), le férésianisme est né d'un besoin de mettre en accord la foi chrétienne et les traditions culturelles propres au Moschtein.

Un des aspects importants lors de la création du courant, est la question des maisons nobles moschteiniennes. Ces familles réunies par un nom plus que par les liens du sang, qui fonctionnaient par élections internes et dont certains membres pouvaient être exclus par le chef de famille, déplaisaient à l'église catholique, pour qui une famille était avant tout une question de sang et de communauté morale et non pas une fiction juridique organisée autour de monopoles économiques. Malgré l'obligation de prendre des prêtres et non plus des juges coutumiers pour juger les affaires concernant les maisons nobles, et malgré le rapprochement de la noblesse moschteinienne vers la noblesse européenne, les différences, bien que lissées, étaient toujours tangibles au XVIe siècle.

Cette adaptation de la religion aux coutumes moschteiniennes comme celle-ci (entre autres) explique en partie la non-diffusion du férésianisme en dehors de l'aire culturelle moschteinienne. Et si ces différences culturelles ont rendu la diffusion difficile, il est un dogme férésien qui la rend simplement impossible.

En effet, petit à petit s'est développée l'idée que la version en langue moschtein de la Bible était l'unique vraie Bible, inspirée à Feresz par le Saint-Esprit comme une réactualisation de la parole divine, là où les versions en d'autres langues seraient obsolètes et corrompues. Cet aspect de la religion férésienne est central, pour deux raisons.
La première c'est que de là découle l'idée -plus tardive- que les Moschteiniens sont une sorte de peuple élu, ce qui aura des répercussions importantes sur la façon dont ils se perçoivent, permettra la pérennisation des coutumes particulières du Moschtein plus longtemps qu'il aurait été pensable autrement, et ne facilitera bien sûr pas l'entente avec les voisins.
La deuxième raison est que cette idée sera la principale motivation des tentatives de standardisation de la langue qui suivront, ce qui finalement constituera un terreau fertile pour le renforcement du pouvoir central, et plus tard pour le nationalisme moschteinien.

Tout cela entre en conflit avec la portée universaliste du message chrétien en faisant des Moschteiniens un peuple à part, et interdit de ce fait toute diffusion hors de la communauté linguistique. Cette superposition de la question religieuse à la question linguistique se retrouve encore aujourd'hui : alors que les moschteinophones sont majoritairement férésiens, les norkhophones sont majoritairement luthériens et les polonophones majoritairement catholiques. L'étude démographique de l'Université de Moschbourg (Bei der nórmascherrilisaj davja en Moschteinok, Fanesz et al., 2015 ) va dans le même sens : les conversions au christianisme parmi les minorités linguistiques ou ethniques immigrées se font quasi-exclusivement vers ces deux derniers courants.

L'Église du Moschtein promulgue officiellement ce dogme en 1612, alors que l'Église de Talire, bien que partisane de cette idée, se garde de le faire pour maintenir une certaine cohésion dans un royaume aux fois plus diverses que le Moschtein.

D'après les sociologues Hermón Birgen et Zara Hozna, il faut toutefois relativiser l'impact de cette croyance sur la société moschteinienne actuelle. En effet, selon les auteurs ce sentiment d'appartenance à une foi spéciale est aujourd'hui dissipé, et les férésiens tendent à choisir les dogmes auxquels ils adhèrent « à la carte ». Si l'on en croit F. Marx c'est une tendance qui apparait déjà à la fin du dix-neuvième siècle. La création en 1964 du Grand Conseil Oecuménique du Moschtein, réunissant les différentes fois chrétiennes qui y sont représentées, témoigne d'ailleurs bien de l'évolution du rapport des férésiens aux autres courants.

Aujourd'hui, les férésiens représentent à peine plus de la moitié de la population moschteinienne, et entretiennent pour la plupart un rapport distant aux dogmes officiels de l'église. De fait beaucoup pratiquent peu, dans des églises locales indépendantes ou hors de toute organisation.

Histoire du férésianisme : le grand schisme

(Cette partie historique ne concerne pas la totalité de l'histoire férésienne, et encore moins chrétienne, du Moschtein. Il ne s'agit pour le moment que d'un seul évènement.)


Depuis 1632, l'église férésienne du Moschtein est dirigée par le roi en personne, en tant que Souverain Pontife, et en 1802 l'autorité religieuse devient indissociable de la fonction impériale. En juin 1850, l'empereur se suicide et la révolution éclate. Dès les premières semaines de combat, des prêtres prêchent pour la République, et appellent parfois à soutenir les révolutionnaires. Ils sont dénoncés par d'autres prêtres, pour qui soutenir les assassins de l'empereur qui est chef de l'église est impardonnable (à l'époque peu de gens croient les républicains quand ils affirment que l'empereur s'est suicidé, ce qui de toute façon serait impensable tant cela serait déshonorant). Le Second Pontife, le Chambellan et la plupart des évêques, refusent ces prêches républicaines et les messes données en l'honneur de la révolution et les interdisent. Toutefois cela n'empêchera pas les dissidents de continuer. Les dirigeants de l'Église, qui sont en majorité issus de la famille royale ou d'autres familles anciennement nobles, ne veulent pas se mettre à dos les révolutionnaires : craignant pour leur place voire pour leur vie, ils finissent par tolérer mollement ces prêches.

En attendant, la population se divise : les croyants monarchistes et les croyants républicains cessent de fréquenter les mêmes églises. Ils se dirigent vers des églises où le prêtre prêche pour l'une ou l'autre des factions, même si il leur faut parfois marcher un long moment pour rejoindre la « bonne » église la plus proche.

En septembre, les armées monarchistes sont défaites et il apparaît clairement que les révolutionnaires n'ont aucunement l'intention de s'en prendre à des hommes d'église, tout Belzem qu'ils soient. Le second pontife réitère alors l'interdiction des prêches révolutionnaires et menace d'excommunication ceux qui s'y adonneraient ou y assisteraient. Un groupe de prêtres dissidents, menés par Torom et Zegin, en contact avec le comité républicain de Moschburg par le biais d'un de ses membres influents, décide de prendre la direction du clergé et de le réformer. Ils prennent alors le nom de « consuls »  et se proclament représentants légitimes de l'église férésienne en lieu et place du pontife. La partie monarchiste refuse totalement cette proclamation et réaffirme sa légitimité en excommuniant les dissidents et tous les fidèles qui les suivent. La réponse ne se fait pas attendre puisque le même jour l'église républicaine excommunie d'un bloc tous les clercs et fidèles monarchistes. La rupture est consommée et l'église férésienne se fracture en deux obédiences distinctes : la branche consulaire, de tendance républicaine et réformatrice, qui affirme que l'autorité religieuse doit être élue au sein du clergé et participer au gouvernement, et la branche pontificale, monarchiste et conservatrice, qui considère que seul le Second Pontife peut diriger l'église en attendant le rétablissement de la monarchie. Soulignons que cette division se fait uniquement sur une querelle politique et hérarchique, mais les dogmes et les rites restent en principe les mêmes des deux côtés.
Notons tout de même que certaines zones n'étaient pas concernées par cette scission : les zones périphériques où l'église n'avait de toute façon qu'une autorité limitée, certaines campagnes quasi-exclusivement monarchistes, et bien évidemment les zones catholiques (Polonie notamment).

Profitant de la confusion créée par la scission, une troisième branche se créé au sud avec pour but de faire renaître l'église de Talire, disparue en 1777 avec l'annexion du royaume de Talire. Pendant la guerre civile, le sud était indépendant de fait, qu'il soit contrôlé par les indépendantistes voulant restaurer l'ancien royaume ou par les républicains sudistes très sceptiques vis-à-vis à l'autorité du gouvernement provisoire. Par conséquent le clergé du sud avait déjà acquis une certaine autonomie, qu'il a souhaité conserver en proclamant la renaissance de l'Église Férésienne de Talire, indépendance que ne reconnaît ni l'église consulaire ni l'église pontificale. L'audience de l'Église de Talire se cantonne logiquement au sud du pays et n'y a qu'une importance relative puisque certains clercs sont restés fidèles à l'église du Moschtein, que ce soit la branche consulaire ou la branche pontificale.

En octobre, le gouvernement provisoire reconnaît le férésianisme consulaire comme étant la seule église légitime et en fait la religion d'état. La religion occupant une place prépondérante dans la société, il n'est alors pas question de laïcité et les républicains veulent naturellement régir la religion au même titre que les autres fonctions étatiques. Un conseil dédié au culte est alors constitué au sein du gouvernement provisoire. Il devient le Conseil du Culte lors de l'établissement du premier gouvernement officiel début 1851. Le Conseil du Culte est un ministère civil, relativement indépendant du gouvernement, chargé des relations avec l'Église officielle. Celle-ci est alors dirigée par sept « consuls », nouveau titre donné à ces clercs républicains qui avec l'accord du gouvernement se sont proclamés chefs de l'église.

Convaincue par les idées républicaines d'une part, la branche consulaire considère également que l'empereur, par son suicide, s'est rendu indigne de diriger la communauté férésienne, et que les clercs désignés à sa tête par les empereurs doivent être remplacés par de nouveaux dirigeants plus en accord avec les idées modernes. Ces nouveaux dirigeants, ce sont sept Consuls (formant ensemble le Consulat) qui prennent des décisions sur le mode de la collégialité et dirigent les évêques. Le plus âgé d'entre eux est le Consul président, qui préside les réunions et tranche en cas de conflit irrésoluble. Les Consuls le sont à vie, et lorsque l'un d'entre eux meurt, son successeur est choisi par les autres Consuls.

Face aux Consuls, la branche pontificale, restée fidèle à la monarchie, considère que les clercs n'ont pas à se désigner entre eux, c'est à l'empereur, Souverain Pontife, de le faire. Les évêques sont donc dirigés par le Second Pontife, qui assure l'intérim en attendant qu'un nouvel empereur reprenne la tête du clergé.
Dans les faits il existe quelques rivalités entre le Second Pontife et le Chambellan, leurs rôles n'ayant jamais été clairement définis. Avec la désorganisation qui a suivi la Révolution, ils se partageront le pouvoir jusqu'à la mort du Chambellan en 1858. Officiellement fidèle à l'idée que seul l'Empereur peut nommer le Chambellan, et officieusement satisfait d'être seul maître à bord, le Second Pontife ne nommera pas de successeur à son comparse décédé.
Il meurt lui-même en 1862, et on découvre alors une lettre dans laquelle il désignait un successur en la personne de Mgr. Daza, au cas où la monarchie n'aurait pas été rétablie à sa mort. Les évêques se réunissent et acceptent la nomination de Daza comme nouveau Second Pontife.

En septembre 1865, les fédéralistes remportent les élections. En vertu du principe de laïcité de la Fédération qu'ils avaient décidé quelques mois plus tôt, ils suppriment le Conseil du Culte et les Consuls voguent seuls désormais, ce qui atténue une première fois les différends entre les deux églises.

Les décennies passant et le monarchisme s'éteignant, la querelle politique disparaît au profit d'une querelle purement organisationnelle. En 1874, après une décennie de pouvoir personnel accru au sein l'église pontificale, Daza -pourtant originellement monarchiste- se proclame Souverain Pontife, supprimant le caractère provisoire de sa fonction et actant ainsi symboliquement la fin définitive de la monarchie. Cela lui vaut la totale inimitié des monarchistes qui voient cet acte comme une trahison.

Lassés par les conflits internes au clergé, beaucoup de férésiens s'éloignent de celui-ci pour pratiquer comme ils l'entendent. L'église perd alors progressivement son rôle d'encadrement de la société.

Un premier rapporochement s'opère en 1879 lorsque Daza accepte de nommer publiqement comme successeur Mgr. Martanen, un évêque favorable au compromis entre les deux églises. Daza pensait vivre encore une dizaine voire une quinzaine d'années, et avait dans l'idée que le rapprochement qui surviendrait à sa mort serait modéré. Son plan ne marcha pas comme prévu puisqu'il meurt seulement sept ans plus tard, en 1886. Martanen, qui ne pensait pas devoir diriger l'église si tôt, cherche un compromis avec les Consuls (entièrement renouvelés : tous les consuls fondateurs étaient décédés). N'étant plus contraint pas les monarchistes, évincés du parlement par leur échec électoral quelques mois plus tôt, et peu enclin à diriger l'église, Martanen accepte bien plus qu'un compromis puisque ce rapprochement se solde par la fusion des deux églises.

Les deux parties reconnaissent la légitimité de l'autre, ttoutes les excommunications prononcées par l'une ou l'autre sont annulées, et les rôles sont ainsi fixés : les consuls exercent seuls l'autorité effective, le pontife n'a quant à lui qu'une autorité symbolique de guide des croyants et peut conseiller le Consulat. Chaque autorité continue à nommer ses propres successeurs indépendamment de l'autre. Pour acter ce rapprochement hautement symbolique, les Consuls rendent au Pontife la Sainte Clé (attribut symbolique prinicpal du chef de l'église férésienne, qui sert à ouvrir le tabernacle de l'église Sainte Madeleine de Moschburg, résidence du pontife). Martanen conserve son titre de Souverain Pontife, perdure la tradition de nommer lui-même son successeur et instaure celle de cacher la lettre de succession dans le Saint Tabernacle que seule la Sainte Clé peut ouvrir. 1886 est généralement considérée comme la réunification de l'Église Férésienne du Moschtein, qu'on appelle parfois Église Férésienne Unifiée du Moschtein en référence à cet événement. C'est sous cette forme que le férésianisme perdure jusqu'à nos jours.

Toutefois l'Église du Moschtein continue de considérer l'Église de Talire comme une hérésie. Celle-ci voit d'ailleurs le nombre de ses fidèles diminuer en flèche suite à cette réunification, au point de se transformer en une secte minuscule à la fin des années 1890. Tolérée par les gouvernements successifs des trois états du sud, ses activités criminelles pendant la première guerre mondiale l'amèneront à être interdite et ses membres à être éxécutés en 1917.

L'ensemble des sept consuls et du souverain pontife est nommé « tête » de l'église ; actuellement cette tête en est à sa 45e composition. Les Consuls résident toujours dans l'Église du Prieuré (qui servit de lieu de réunion pour le Conseil du Culte sous la République), et le Pontife continue de séjourner dans la cathédrale Sainte-Madeleine, comme depuis le XVIIe siècle.

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Anoev
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MessageSujet: Re: Le Moschtein   Mer 21 Fév 2018 - 15:49

Tu m'as inspiré.

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MessageSujet: Re: Le Moschtein   Mer 21 Fév 2018 - 21:04

Anoev a écrit:
Tu m'as inspiré.
C'est déjà ça. Smile
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MessageSujet: Re: Le Moschtein   

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