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 Les Skavens

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Vilko
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MessageSujet: Les Skavens   Jeu 25 Déc 2014 - 21:00

Juste quelques idées que m'a inspirées le fil sur les rats, dans le Café...

1. Que sont les skavens ?

Des humanoïdes de petite taille (1,60m pour les mâles, 1,50m pour les femelles) créés par manipulation génétique. Les skavens ont tout du rat, sauf le squelette (humain), le cerveau (humain) et la longévité (humaine). Leur croissance est aussi lente que celle des humains.

Les skavens étaient censés être de la main-d'œuvre gratuite pour les humains, dans les pays en déclin démographique, et être un peu moins intelligents que l'homo sapiens moyen, afin d'être plus faciles à dominer.

En pratique, les généticiens ont utilisé leur propre patrimoine génétique pour créer les skavens, en pratiquant divers mélanges si bien qu'il est impossible de déterminer, même par analyse génétique, de quel généticien ou employé de laboratoire descend tel ou tel skaven. Mais l'intelligence moyenne d'un skaven est équivalente à celle de leurs ancêtres généticiens, donc sensiblement supérieure à la moyenne humaine. C'est d'ailleurs cette caractéristique, non inscrite dans le cahier des charges initial, qui a causé quelques problèmes par la suite.

On sait par contre de quelles lignées de rats domestiques ils descendent, bien que cela n'ait pas grand intérêt. Pour mémoire, les skavens descendent de rats gris, les généticiens ayant préféré éviter les rats de laboratoire, albinos, l'albinisme étant un handicap dans la nature. À l'époque, il était prévu que les skavens soient utilisés pour les travaux agricoles. La fourrure des skavens varie du blanc crème au gris foncé, suivant les individus. Il n'y a pas de "races" de skavens : ils sont tous issus du même fonds génétique.

On sait, en tout cas, à qui ils doivent leur taille, et leur squelette gracile : à un couple de généticiens d'origine coréenne, dont les gènes contrôlant la taille du squelette ont été isolés et ont servi à tous les skavens. Le cahier des charges initial prévoyait que les skavens devaient être un peu plus petits que la plupart des humains.

Le cerveau d'un skaven est entièrement humain, donc leurs instincts le sont aussi. Leurs ancêtres humains étant, en majorité, des intellectuels dont certains étaient notoirement coupés du réel, ce qui explique pourquoi ils s'étaient retrouvés à faire des expériences bizarres, voire illégales, dans des laboratoires plus ou moins secrets. Beaucoup de gens considèrent, à tort ou à raison les skavens comme un mélange de savant fou et de rat de laboratoire.

Le diable est dans les détails, et les généticiens ne sont pas parvenus à créer des skavens donnant naissance à un seul nouveau-né à la fois et dont la naissance se fasse de manière normale. Par sécurité, les femelles skavens sont donc toutes porteuses d'une altération génétique qui les rend stériles : tous les skavens naissent dans des "cuves" bioniques, ce qui permet de contrôler facilement leur démographie.

Les skavens dépendent donc, pour leur survie, d'une technologie très avancée : les cuves bioniques sont des appareils très élaborés. C'est pourquoi les skavens ont créé des bases secrètes un peu partout, où ils ont dissimulé des cuves bioniques, qu'ils ont appris à fabriquer eux-mêmes. Mais ce développement n'était pas prévu au départ.

Les skavens ne se reproduisant pas eux-mêmes, les généticiens les ont rendu presque asexués, par sécurité : les rongeurs sont les animaux dont le pénis est le plus grand par rapport à la masse corporelle. Un rat de taille humaine aurait un pénis énorme. C'est pourquoi les skavens les ont presque désexualisés, afin de rendre les mâles moins agressifs.

2. Les skavens ont-ils une âme ?

Les opinions des théologiens varient à ce sujet. L'opinion majoritaire, parmi les différentes religions, est qu'ils ont un esprit mais pas d'âme. Avoir un cerveau ne suffit pas pour avoir une âme : il faut avoir été créé par la volonté divine, et non pas par des manipulations humaines, que certaines religions considèrent comme impies et blasphématoires.

3. Les skavens ont-ils une religion ?

Pour leur équilibre psychologique, et la tranquillité des humains, les skavens reçoivent une éducation religieuse particulière : une variété de bouddhisme, qui prône la non-violence et qui croit en la réincarnation. Un skaven méritant (c'est-à-dire obéissant) se réincarnera en humain, ce qui lui permettra, après plusieurs autres réincarnations, de connaître l'Éveil Spirituel et d'échapper au cycle des réincarnations, car seul les humains peuvent connaître l'Éveil. Ce dernier point est considéré comme très important par les humains, pour des raisons qu'il est facile de comprendre.

Les skavens sont donc bouddhistes, et dès leur plus jeune âge ils participent aux cérémonies : offrandes au Bouddha, etc. Comme il ne peut pas y avoir de moines skavens (puisque seuls les humains peuvent connaître l'Éveil) des "acolytes" (assistants laïcs) skavens sont chargés des cérémonies, de l'enseignement religieux et de l'entretien des lieux de culte. La méditation devant une représentation du Bouddha fait partie des rituels.

4. Les skavens ont-ils une langue ?

Oui et non. Les skavens ont l'instinct du langage, mais pas les organes humains de la parole. Les scientifiques ont toutefois réussi à isoler huit sons différents que les skavens peuvent produire. Ces huit sons se combinent pour donner cinquante combinaisons. Certaines combinaisons sont impossibles, c'est pourquoi il n'y en a que cinquante, et non pas 64. Ces combinaisons correspondent chacune à une lettre de l'alphabet, à un chiffre, ou à un groupe de lettres, comme ch, ai, au, etc...

Les skavens sont donc censés parler la Langue Commune, prononcée à leur façon. Bien évidemment, cela rallongeait terriblement les phrases, et il fallut vite recourir à des abréviations, dont la liste totale est aussi longue qu'un dictionnaire.

Les skavens parlent donc la Langue Commune en style texto, avec des abréviations comme "J V" pour "j'y vais".

Les skavens apprennent à lire la Langue Commune sans trop de difficultés, mais ils ont tendance à l'écrire comme ils la parlent, avec énormément d'abréviations.

Les premiers skavens ont appris à parler grâce à des employés de laboratoire qui avaient fait l'effort d'apprendre à reconnaître à l'oreille les 50 combinaisons de base prononcées par les skavens, et à les imiter. Ensuite, les skavens plus âgés ont appris à parler aux jeunes skavens.

De nos jours, les skavens apprennent à parler dans les nurseries où ils passent leurs premières années, et ils apprennent à lire et à écrire le "style texto" de la Langue Commune. Ce n'est que par la suite qu'ils apprennent à lire et à écrire la Langue Commune en style normal. Ce style normal est celui des livres, et de tout ce qui est imprimé en général, le style texto étant réservé aux communications informelles.

Les skavens doivent aussi comprendre la forme parlée de la Langue Commune. Cet enseignement se fait de deux façons :

La première méthode est la dictée, faite soit par des êtres humains, soit, plus commodément, à partir d'enregistrements sonores. Elle est utilisée par les enseignants pour vérifier que leurs élèves comprennent effectivement ce que disent les humains. Les skavens doivent apprendre à associer chaque mot de leur langue à des sons qu'ils sont eux-mêmes incapables d'émettre, et qu'ils ont souvent beaucoup de mal à différencier. Cet enseignement dure des années.

La deuxième méthode consiste simplement à regarder des vidéos sous-titrées, et ensuite des vidéos sans sous-titres. On peut dire que les skavens la pratiquent tous les jours, car regarder les chaînes de télévision et les films des humains sont parmi leurs loisirs préférés. La plupart des skavens vivent dans des pays gouvernés par des humains et ont accès à l'information par les médias officiels.

5. Discuter avec les skavens.

Communiquer avec un skaven, c'est comme communiquer avec un muet. Le skaven comprend ce que vous dites (si vous parlez la Langue Commune) mais quand il parle vous n'entendez que des couinements, des grognements et des sifflements en succession rapide. Si vous avez de la chance, il aura un smartphone sur lui, et il écrira en Langue Commune ce qu'il veut vous dire. Sinon, ayez toujours un bloc-note et un stylo sur vous : il écrira sur le bloc-note. Par sécurité, emmenez un dictionnaire des abréviations skaven : tous les skavens savent lire la langue commune, mais beaucoup d'entre eux n'écrivent qu'en style texto.

6. Vivre avec les skavens.

Vivre au milieu des skavens présente peu de problèmes, du moins en temps de paix. Les skavens ont un cerveau humain, mais leurs hormones sont des hormones de rats. Ils sont en moyenne moins violents que les humains, mais pas totalement pacifiques non plus. Les agressions d'humains par des skavens sont rarissimes, mais ne tentez pas les voleurs, on ne sait jamais. Étant presque asexués, les skavens sont plutôt calmes de nature, presque passifs.

Pour les skavens les humains sont physiquement impressionnants, bruyants, violents, imprévisibles, et souvent malhonnêtes. Physiologiquement, les skavens sont incapables de parler ou de crier d'une voix aussi forte que les humains. Si vous criez après un skaven, ils considérera cela comme une agression physique et s'estimera en état de légitime défense.

Les skavens savent qu'ils ont en eux des gènes humains, et leur religion place les humains juste en-dessous des dieux, mais pour le skaven moyen c'est tout-à-fait abstrait. De même, les aigles, lions, et autres animaux que l'on voit sur les drapeaux et les symboles nationaux n'ont guère d'influence sur l'attitude des humains envers ces animaux. Les skavens, d'une manière générale, préfèrent rester entre eux. N'essayez pas de leur imposer votre présence s'ils font mine de vous ignorer. Même si vous êtes bouddhiste, n'entrez pas dans leurs temples : pour les skavens, tout humain qui entre quelque part sans y être invité ne peut être qu'un voleur ou un perturbateur.

Il n'y a pas de familles chez les skavens, les enfants skavens naissent dans des cuves bioniques et sont élevés dans des nurseries. La plupart des skavens vivent seuls ou en couples, généralement éphémères. Les vraiment pauvres n'ont qu'un lit dans un dortoir.

Les skavens se nourrissent à peu près comme les humains, à quelques détails près :

Le jus d'orange et les agrumes sont nocifs pour les reins des skavens mâles à cause d'une molécule (la d-limonène), présente aussi dans le citron et certaines huiles essentielles, qui leur cause des cancers.

Les skavens ne peuvent pas vomir : dès que c'est passé dans l'estomac ça ne ressort pas, leur œsophage ne leur permet pas le trajet inverse des aliments. Donc, si un skaven s'intoxique à l'alcool, il est fort probable qu'il sombre dans un coma éthylique, et éventuellement qu'il en meure. Les boissons gazeuses sont également déconseillées, et le chocolat leur est toxique à fortes doses.

Suite à divers incidents, la plupart des tribunaux considèrent que faire boire de l'alcool à un skaven est un empoisonnement, punissable de prison. Pour éviter les problèmes, n'amenez pas d'alcool dans une ville de skavens, sauf pour votre consommation personnelle, entre humains et dans des lieux privés.

Si vous allez au restaurant, évitez ceux dont la clientèle est exclusivement skaven : la nourriture y est adaptée à l'estomac et à la dentition des skavens et ne vous plairait pas.

Vous pouvez par contre aller sans problème dans les cafés, mais sachez que vous n'y trouverez ni boissons alcoolisées, ni jus d'orange, ni chocolat, ni boissons gazeuses... Seulement diverses variétés d'eau minérale, du lait, du thé et du café. En revanche, si vous êtes un amateur de variétés exotiques de thés et de tisanes, que ce soit sous forme chaude ou froide, vous trouverez votre bonheur.

Les skavens parlent d'une voix plus basse que les humains, mais beaucoup et à toute vitesse. Leur langage incompréhensible pour vous, et leur odeur corporelle particulière, mélangée à l'odeur du café chaud, font des salons de thé skavens des endroits à l'ambiance un peu spéciale, que certains humains apprécient. Notamment parce que, du fait de la passivité de beaucoup de skavens, il n'y a que très rarement des disputes dans ce genre d'endroit.

Les skavens, mâles ou femelles, sont protégés par leur fourrure mais ils ont les voies respiratoires très sensibles, et ne supportent pas la poussière. Ils sont aussi très sensibles aux courants d'air, qui provoquent chez eux des rhumes qui se transforment vite en pneumonies. Pour cette raison, les skavens, mâles et femelles, qui sont seulement vêtus de blouses et de sandales à la belle saison et à l'intérieur des maisons, ne prennent pas de risques et portent à l'extérieur de grands imperméables et des chapeaux de pluie.

Dernier point, tous les skavens se ressemblent, ils ont le même visage. Pour se différencier, ils écrivent leur nom et leur matricule à l'encre indélébile sur leur front. Les mâles écrivent leur nom à l'encre bleue, les femelles à l'encre rouge. Le nom est l'équivalent d'un prénom, mais les skavens en utilisent des milliers. Le matricule, par contre, ne peut correspondre qu'à un seul individu dans toute la communauté skaven. Les skavens, habitués à se reconnaître grâce au nom écrit sur leur front, et éventuellement grâce à leur matricule, ont du mal à distinguer les humains les uns des autres. Si vous devez passer plus d'un jour ou deux dans une ville skaven, faites-vous faire un badge à votre nom, que vous porterez en permanence.
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Mardikhouran



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MessageSujet: Re: Les Skavens   Jeu 25 Déc 2014 - 22:28

Vilko a écrit:
Communiquer avec un skaven, c'est comme communiquer avec un muet.
D'ailleurs, une langue signée pourrait fort bien se développer parmi eux, quoique j'ignore s'ils peuvent apprendre à signer une LS humaine (expressions faciales ?).
Vilko a écrit:
La plupart des skavens vivent seuls ou en couples, généralement éphémères.
Dans ces couples, est-ce l'aspect sexuel qui prime, ou autre chose ?
Vilko a écrit:

Les skavens ne peuvent pas vomir : dès que c'est passé dans l'estomac ça ne ressort pas, leur œsophage ne leur permet pas le trajet inverse des aliments. Donc, si un skaven s'intoxique à l'alcool, il est fort probable qu'il sombre dans un coma éthylique, et éventuellement qu'il en meure. Les boissons gazeuses sont également déconseillées, et le chocolat leur est toxique à fortes doses.
Ah les pauvres. J'espère qu'ils peuvent s'intoxiquer d'autre manières... mais si en plus ils ont les voies respiratoires fragiles, exeunt tabac et héroïne...
Vilko a écrit:
Dernier point, tous les skavens se ressemblent, ils ont le même visage. Pour se différencier, ils écrivent leur nom et leur matricule à l'encre indélébile sur leur front. Les mâles écrivent leur nom à l'encre bleue, les femelles à l'encre rouge. Le nom est l'équivalent d'un prénom, mais les skavens en utilisent des milliers. Le matricule, par contre, ne peut correspondre qu'à un seul individu dans toute la communauté skaven. Les skavens, habitués à se reconnaître grâce au nom écrit sur leur front, et éventuellement grâce à leur matricule, ont du mal à distinguer les humains les uns des autres. Si vous devez passer plus d'un jour ou deux dans une ville skaven, faites-vous faire un badge à votre nom, que vous porterez en permanence.
Ils ont le même visage sans être des clones pour autant ? Ils ont pourtant des couleurs de fourrure différentes. N'y a-t-il pas moyen de se servir de l'extraordinaire odorat des rats ?
Pour ce qui est de ne pas distinguer les humains entre eux, pas besoin d'invoquer une quelconque habitude prise à déchiffrer des matricules : les Asiatiques ont du mal à reconnaître des Européens qui ont la même couleur de cheveux, et vice-versa. Pour ma part, j'ai du mal même avec mon propre "groupe ethnique" mais ça doit être parce que je ne porte jamais attention à des menus détails comme l'apparence des gens.

J'aime beaucoup cette introduction. Elle laisse présager une nouvelle dystopie...

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Anoev
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MessageSujet: Re: Les Skavens   Jeu 25 Déc 2014 - 23:03

J'les plains, surtout pour l'eau gazeuse... enfin... j'espère qu'ils n'en éporouvent pas l'besoin.

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Quand tu inventes une langue, on ne sait pas forcément ce que tu penses, mais on sait comment tu raisonnes.
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Vilko
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MessageSujet: Re: Les Skavens   Ven 26 Déc 2014 - 3:54

Mardikhouran a écrit:
D'ailleurs, une langue signée pourrait fort bien se développer parmi eux, quoique j'ignore s'ils peuvent apprendre à signer une LS humaine (expressions faciales ?).
Ils pourraient apprendre au moins l'alphabet de la langue des signes, mais il faudrait que les humains l'apprennent aussi, pour les comprendre. Je vois mal qui, chez les humains, ferait l'effort de le faire, à part les gens en contact quotidien avec des skavens pour raisons professionnelles. Cela ferait au final assez peu de personnes, car je vois mal quelqu'un apprendre la langue des signes simplement pour comprendre ce que lui dit sa femme de ménage skaven.

La plupart des gens demanderaient à leur femme de ménage skaven d'avoir toujours sur elle un petit bloc-note et un stylo afin qu'elle puisse écrire ce qu'elle veut dire, parce que, contrairement à un être humain atteint de surdité, elle ne pourrait pas apprendre à prononcer les mots, faute de disposer des organes adéquats.

Mais elle pourrait avoir un smartphone, avec une application qui transformerait une phrase tapée sur le clavier en phrase parlée. Elle pourrait même choisir sa voix : masculine ou féminine, et son accent, comme les dictionnaires en ligne qui vous proposent d'écouter, au choix, la prononciation anglaise ou américaine d'un mot.

Cela dit, je ne sais pas comment font les muets pour communiquer avec les non-muets qui ne parlent pas la langue des signes. De ma vie je n'ai jamais eu l'occasion de communiquer face à face avec un muet. Les sourds utilisent la lecture labiale et apprennent à prononcer les mots, mais les muets ? Il m'est arrivé plusieurs fois de voir des groupes de gens discuter en langage des signes dans le métro. J'ai l'impression que les sourds-muets vivent entre eux.

S'il y avait des skavens ils feraient de même.

Les skavens seraient-ils motivés pour apprendre la langue des signes ? C'est pas sûr, car les professionnels qui travaillent avec eux comprennent les sons qu'ils émettent. Il suffit d'apprendre à distinguer les cinquante sons émis par les skavens, et de les associer aux lettres, groupes de lettres et chiffres correspondants. Cela peut se faire en quelques semaines. Les abréviations s'apprennent vite et facilement, dans le contexte, de même qu'on déchiffre facilement un texto même si, comme moi, on n'écrit jamais en style texto !

Mardikhouran a écrit:
Dans ces couples, est-ce l'aspect sexuel qui prime, ou autre chose ?
À la fois le sexe, l'affection, l'intérêt économique (c'est mieux d'être deux que tout seul pour payer un loyer...) et aussi le désir de ne pas être seul... Exactement comme dans les couples humains qui vivent ensemble sans avoir d'enfants. Les skavens étant peu sexués, il est fréquent que deux skavens du même sexe (ou même de sexes différents) vivent ensemble sans que la sexualité joue un rôle.

Mardikhouran a écrit:
Ils ont le même visage sans être des clones pour autant ? Ils ont pourtant des couleurs de fourrure différentes. N'y a-t-il pas moyen de se servir de l'extraordinaire odorat des rats ?
Certainement, puisque dans la nature les rats se reconnaissent entre eux surtout à l'odeur. Mais ce n'est pas le cas des généticiens humains qui ont créé les skavens, c'est pourquoi ils ont imposé le système des noms et des matricules. De plus, on peut mettre une photo dans une archive informatique, noter un nom et un matricule dans un fichier, mais comment en faire autant pour une odeur individuelle ?

Mardikhouran a écrit:
J'aime beaucoup cette introduction. Elle laisse présager une nouvelle dystopie...
Les humains pourraient survivre (en petit nombre) si la civilisation était détruite et qu'ils soient obligés de vivre comme à l'âge de pierre. Pas les skavens, qui ont besoin de cuves bioniques, et de toute la technologie qui va avec, pour se reproduire. Il leur faut, liste non exhaustive, de l'électricité, des médecins et infirmiers compétents (ce qui implique que la transmission du savoir ne soit pas interrompue), et tout l'arrière-plan industriel qui rend possible la construction des cuves bioniques. C'est une vulnérabilité terrible.

Mettons-nous un moment dans l'esprit d'un skaven. Quand il pense à cette vulnérabilité de sa communauté, quelles conclusions peut-il en tirer ?

1. Nous les skavens, nous ne pouvons survivre que dans une société industrielle, seule capable de fabriquer et d'entretenir les cuves bioniques.

2. Mais une société industrielle ne peut être éternelle que si elle n'épuise pas les ressources. Il faut recycler tous les métaux, et se limiter aux énergies renouvelables. Cela implique une densité de population assez faible. Or, les humains tendent à se multiplier jusqu'à consommer toutes les ressources. Ensuite ils meurent comme des mouches, et retombent dans la barbarie, dont il ressortent au bout de quelques siècles. Mais nous, les skavens, contrairement aux humains, nous ne pouvons pas nous reproduire dans un monde sans industrie et sans technologie.

3. Tout ce qui peut détruire la société industrielle, comme par exemple les guerres, est mauvais pour les skavens.

4. Les humains, avec leurs guerres, peuvent causer notre disparition, car une guerre mondiale pourrait faire sombrer toute la planète dans la barbarie. Il serait donc bon pour les skavens que les humains disparaissent. Nous ne les haïssons pas, mais après nous avoir créés ils peuvent nous faire disparaître, même sans le vouloir. Ils sont devenus dangereux pour nous.

5. Si nous les skavens, nous disparaissons, nous nous réincarnerons en êtres humains, car nous le méritons, notre karma est positif. Notre disparition ne serait donc pas si tragique que ça.

6. Ces histoires de réincarnation ne sont peut-être que de pures affabulations, des légendes. D'ailleurs, même certains bouddhistes humains ne croient pas en la réincarnation au sens strict du terme.

7. Nous devons former nos propres généticiens, afin que les skavens des générations futures puissent se reproduire de façon naturelle, comme les humains. La recherche génétique est une priorité absolue pour nous les skavens.

8. Pour survivre en tant que race nous devons nous répandre sur toute la planète, afin que si nous disparaissons à un endroit nous puissions nous multiplier ailleurs.

9. Nous serions plus en sécurité s'il existait des États skavens.

10. Pour que les humains disparaissent, l'idéal serait une épidémie qui les tuerait tous, mais pas les muridés que nous sommes, nous les skavens. Le sida, par exemple, ne tue que les humains. Si nos généticiens pouvaient, discrètement et à leurs moments perdus, faire quelques recherches dans ce sens, ce serait, n'est-ce pas, intéressant, sur un plan purement scientifique bien sûr...

11. Pour que nos pensées secrètes restent vraiment secrètes, nous devons créer une, ou plutôt plusieurs langues secrètes. Au minimum, des listes de mots dont le sens ne serait connu que de certains d'entre nous.

12. Il n'est pas dans notre intérêt que les humains nous comprennent lorsque nous parlons entre nous, ni qu'ils puissent lire ce que nous écrivons pour nous-mêmes. Nous devons généraliser, pour ceux d'entre nous qui sont en contact avec les humains, l'usage des smartphones et des tablettes électroniques munis de logiciels permettant de transformer les phrases écrites en phrases parlées. Ainsi, les humains n'auront aucune raison d'apprendre notre façon de parler.

13. Il n'est pas non plus dans notre intérêt que les humains aient peur de nous. La courtoisie la plus parfaite est de règle dans nos rapports avec les humains. Ils doivent nous considérer comme des êtres foncièrement gentils. Mais nous ne devons ni leur apprendre nos langues secrètes, ni trop parler avec eux, car on parle toujours trop. Une courtoisie un peu distante, une fausse timidité, voila l'attitude que nous devons avoir avec eux, en toutes circonstances.

14. L'idéal c'est qu'il nous soit impossible de parler aux humains de nos projets secrets comme les recherches génétiques ou bactériologiques. Nous ne devons les évoquer, même dans nos pensées, que dans une langue secrète.

15. Les bavards et les traîtres menacent la survie de notre peuple. Ils méritent la mort. Les humains trop curieux doivent être réduits au silence.
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Olivier Simon



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MessageSujet: Re: Les Skavens   Ven 26 Déc 2014 - 12:31

Ah ! Les Skavens de Warhammer !
Dans ce jeu, ils parlent le Queekique.

Dans "Mort sur le Reik", Crap (!) Raüdig parle le Reikspiel (l'équivalent local de l'Allemand) de façon saccadée, ponctuée de couinements de rongeur. En queekique, il parle très vite, sur un ton aigu et d'une voix couinante.
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MessageSujet: Re: Les Skavens   Ven 26 Déc 2014 - 12:54

C'est quand même inquiétant de se dire que, s'ils existaient, les skavens n'auraient pas besoin de nous haïr pour vouloir notre disparition, et éventuellement y contribuer...  confused

Une solution alternative aux cuves bioniques fut trouvée assez rapidement, par une équipe de scientifiques humains, dont l'objectif était de faire des économies dans le Programme Skaven, les cuves bioniques coûtant très cher.

Après avoir inséminé artificiellement des femelles skavens, ils les opérèrent pour tuer les fœtus, sauf deux. Une ratte peut avoir jusqu'à vingt-quatre petits à la fois. La moyenne est d'une dizaine. Une femelle skaven ne pourrait pas en porter autant, d'où la nécessité de tuer les fœtus surnuméraires dès le début de la grossesse. La nature le fait souvent d'elle-même chez les humains, dans les cas très rares où une femme est enceinte de plusieurs fœtus en même temps.

Les accouchements ne se firent pas normalement, car les femelles skavens ne peuvent pas accoucher comme les femelles humaines : la tête du bébé ne passe pas. Il fallut donc procéder à des césariennes.

Mais le procédé, appelé Teraamsi ("raccourci" en anealruc), destiné à remplacer les cuves bioniques était au point. Il comptait trois étapes : insémination, élimination des fœtus surnuméraires, accouchement par césarienne.

Les skavens célébrèrent l'événement avec des explosions de joie qui surprirent les scientifiques humains. Le procédé Teraamsi était moins coûteux que les cuves bioniques, il nécessitait beaucoup moins d'énergie, d'appareillage lourd, et même de technicité. Il serait moins facile pour les humains d'éliminer les skavens, dont beaucoup se considèrent non seulement comme les descendants des humains, mais aussi comme leurs futurs successeurs...

Jusqu'à la moitié des femelles skavens (mais beaucoup moins là où leur population ne doit plus augmenter) sont affectées au Programme Teraamsi. Chez une femme, il est recommandé de ne pas effectuer plus de trois, maximum quatre césariennes, mais les femelles skavens en subissent un nombre illimité, jusqu'à dix ou quinze. Lorsqu'elles ne sont plus aptes à la reproduction elles restent employées dans les nurseries comme nourrices.
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PatrikGC



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MessageSujet: Re: Les Skavens   Ven 26 Déc 2014 - 13:28

Pas folichon, cette vision reproductrice des "éléments" féminins...
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Mardikhouran



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MessageSujet: Re: Les Skavens   Ven 26 Déc 2014 - 13:34

PatrikGC a écrit:
Pas folichon, cette vision reproductrice des "éléments" féminins...
Cette technique entraîne une énorme dépendance des femelles vis-à-vis du groupe, et surtout des médecins. Je vois bien un groupe de "femskavenistes" prôner un retour aux techniques de cuves... enfin, si les Skavens étaient autorisés à créer des clubs et des lobbies, ce dont je doute fortement.

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MessageSujet: Re: Les Skavens   Ven 26 Déc 2014 - 14:37

PatrikGC a écrit:
Pas folichon, cette vision reproductrice des "éléments" féminins...
Faut c'qu'i faut... Je me suis toujours dit que les orcs de la Terre du Milieu devaient se reproduire de cette façon-là : dans le Seigneur des Anneaux, on ne voit nulle part de femmes-orcs ni d'enfants-orcs... Je vois bien 90% des femelles orcs enfermées dans des nurseries avec 10% des mâles, soigneusement sélectionnés pour leurs qualités physiques et psychologiques. Les 90% de mâles restant travaillent et combattent pour Sauron. Les 10% de femmes qui ne sont pas gardées pour la reproduction sont, ahem, les, euh, femmes de confort des travailleurs et des combattants...

Et lorsque les elfes éliminent les orcs de la Terre du Milieu, à la fin des Guerres de l'Anneau, que deviennent les femmes et les enfants orcs ? Tolkien n'en parle pas. D'ailleurs, dans la trilogie de l'anneau il ne parle nulle part d'orcs qui ne soient ni des mâles ni des adultes. Mais pour que les orcs disparaissent définitivement de la Terre du Milieu, il ne suffit pas de tuer les mâles adultes, il faut aussi éliminer les non-mâles et les non-adultes. Ceci étant, il faut bien avouer que la description d'une compagnie d'elfes et de hobbits mettant le feu à une nurserie d'orcs après y avoir enfermé les résidents, ça aurait fait un peu désordre... Je comprends que Tolkien s'en soit dispensé.

Mardikhouran a écrit:
Je vois bien un groupe de "femskavenistes" prôner un retour aux techniques de cuves... enfin, si les Skavens étaient autorisés à créer des clubs et des lobbies, ce dont je doute fortement.
Une majorité d'humains de bonne volonté seraient certainement d'accord pour que les skavens soient considérés comme des citoyens, mais les skavens seraient réticents : si les femelles séquestrées dans les nurseries apprenaient qu'elles ont des droits, elles s'enfuiraient en masse...

L'idéal, pour les skavens, c'est de vivre dans des réserves où ils peuvent se gérer eux-mêmes, sans que des humains idéalistes et épris de justice viennent leur chercher des poux dans la tête. Un tel statut serait plus facile à obtenir lorsque les humains eux-mêmes vivent sous un régime autoritaire, mais même dans une démocratie il serait possible d'obtenir la création de "réserves" analogues aux réserves indiennes des États-Unis.

Il y a aussi une autre solution, sinon parfaitement démocratique, du moins inventée par une démocratie : la rendition. C'est le nom donné à la pratique américaine consistant à faire torturer des prisonniers dans des pays alliés tout en l'interdisant sur le territoire américain. Certaines nurseries skavens pourraient être délocalisées dans des pays peu regardants sur les droits de l'homme. Naturellement, on appellerait cette pratique délocalisation plutôt que rendition.

On la pratique déjà, en fait, lorsqu'on fait fabriquer des chaussures et des vêtements par des enfants dans des pays du Tiers-Monde, alors que le travail des enfants est interdit dans nos pays depuis le 19e siècle. Évidemment, on se pose quelques questions lorsqu'on apprend que certaines usines chinoises installent des filets sous leurs fenêtres, à cause des suicides d'ouvriers, mais cela n'empêche personne d'acheter les vêtements Made in China les moins chers.

Et moi qui ne voulais pas créer une nouvelle dystopie... Bon, un monde avec des skavens, ce n'est pas vraiment une dystopie, c'est juste un idéomonde qui ressemble au nôtre.
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Sáïd Kuaq



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MessageSujet: Re: Les Skavens   Ven 26 Déc 2014 - 15:36

"Langue commune"
>Sous quelle acceptation uses-tu de cette expression ? Si c'est un anglais devenu langue unique, on a dystopie culturelle. Si c'est celle de Tolkien, il existerait des peuples et cultures skavenes calquées sur celles des humains ?

Les orcs
> ils ne se reproduise pas, si ? Ils sont créés par des "tortures savantes" sur d'anciens elfes et humain, me semble t-il...

Donc quand le couple skaven est de nature homosexuelle, il n'y a pas de sexualité ? C'est un interdit sociétal ou comment ça se passe ? Parce qu'au quel cas, on a de nouveau une dystopie... (et pas des plus sympathique...)


Reproduction
>  je ne pense pas que cela entraîne une dépendance des femmes à la société. Le contraire me paraît plus logique. C'est une espèce qui dépend de l'homme, si la femme permet d'accéder à l'indépendance, ça déboucherait plus (pour moi) sur un matriarcat. Matriarcat qui pourrait expliquer l'interdit de l'homosexualité (puisque, par essence, celle-ci est infertile.)

Âme ou pas Âme ?
> Tu entends quoi par âme exactement ? Qu'est-ce qui marque la frontière selon toi, entre âme et esprit ?
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MessageSujet: Re: Les Skavens   Ven 26 Déc 2014 - 16:32

Herr Kouak' a écrit:
"Langue commune"
>Sous quelle acceptation use tu de cette expression ? Si c'est un anglais devenu langue unique, on a dystopie culturelle. Si c'est celle de Tolkien, il existerait des peuples et cultures skavenes calquées sur celles des humains ?
N'importe quelle langue peut être la langue commune d'un pays. Je parle de Langue Commune pour ne pas avoir à citer une langue particulière.

Herr Kouak a écrit:
Les orcs
> ils ne se reproduise pas, si ? Ils sont créés par des "tortures savantes" sur d'anciens elfes et humain, me semble t-il...
Bien longtemps avant Bilbo et Frodon... Donc il a bien fallu que les orcs créés par manipulation génétique ("tortures savantes") se reproduisent pendant des siècles...

Herr Kouak a écrit:
Donc quand le couple skaven est de nature homosexuelle, il n'y a pas de sexualité ? C'est un interdit sociétal ou comment ça se passe ? Parce qu'au quel cas, on a de nouveau une dystopie... (et pas des plus sympathique...)
Les mâles skavens ont une sexualité très faible, du fait de manipulations génétiques délibérées. C'est pour les mêmes raisons qu'on castre les taureaux pour en faire des bœufs : pour qu'ils soient moins agressifs.

Les femelles skavens sont stériles parce qu'une grossesse les ferait mourir : aucune d'entre elles ne pourrait avoir en moyenne dix, et jusqu'à 24 fœtus dans le ventre en même temps, contrairement à une ratte. Là aussi, une manipulation génétique a permis de résoudre le problème.

Mais la sexualité est aussi dans la tête. Les skavens homosexuels ont une sexualité ralentie, mais ça n'empêche pas les sentiments. Il n'y a pas d'interdit sociétal parce que la vie privée des skavens n'a aucune importance : la reproduction de l'espèce ne dépend pas des choix des individus, mais de l'exécution du Programme Teraamsi.

Herr Kouak a écrit:
Reproduction
>  je ne pense pas que cela entraîne une dépendance des femmes à la société. Le contraire me paraît plus logique. C'est une espèce qui dépend de l'homme, si la femme permet d'accéder à l'indépendance, ça déboucherait plus (pour moi) sur un matriarcat. Matriarcat qui pourrait expliquer l'interdit de l'homosexualité (puisque, par essence, celle-ci est infertile.)
Pour l'instant il n'y a pas de matriarcat ni de patriarcat chez les skavens, puisqu'il n'y a pas de famille dans le sens où nous l'entendons. Il n'est même pas utile qu'un individu connaisse sa lignée, puisque les skavens étant stériles, il n'est pas gênant que, par exemple, un frère et une sœur vivent ensemble.


Herr Kouak a écrit:
Âme ou pas Âme ?
> Tu entends quoi par âme exactement ? Qu'est-ce qui marque la frontière selon toi, entre âme et esprit ?
Le bouddhisme nie l'existence de l'âme : c'est la théorie de l'anatta. C'est pourquoi une certaine forme de bouddhisme est la religion des skavens : elle met, d'une certaine façon, les humains et les animaux sur un plan d'égalité. Un animal peut se réincarner en humain et vice-versa. Mais le bouddhisme traditionnel insiste sur le fait que seul un humain peut atteindre l'Éveil spirituel (nirvâna). C'est une idée qui plait aux humains qui ont créé les skavens pour avoir une caste d'esclaves à leur disposition : un skaven a le devoir d'obéir aux humains, pour se réincarner en humain après sa mort et avoir une chance d'atteindre le Nirvâna.

Pour les religions monothéistes, seuls les humains ont une âme. Cette âme est immortelle, c'est ce qui la distingue de l'esprit, qui meurt avec le cerveau.

Les skavens poseraient, par leur simple existence, un problème aux théologiens monothéistes : sont-ils des animaux ou des humains ? Est-ce la pensée rationnelle qui fait l'homme, ou bien faut-il autre chose ? Je pense que les théologiens se tourneraient vers les textes sacrés, qui parlent de l'homme, et pas des skavens. La Bible parle de démons, d'esprits impurs, de monstres créés par Satan. Il me semble que la tendance naturelle des théologiens les plus rigoureux serait de condamner sans équivoque les manipulations génétiques permettant de créer des hybrides d'humains et d'animaux comme les skavens.
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MessageSujet: Re: Les Skavens   Ven 26 Déc 2014 - 21:05

...


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MessageSujet: Re: Les Skavens   Sam 27 Déc 2014 - 12:07

Les problèmes surgissent souvent là où on les attend le moins. Les rats domestiques, dont la vie est courte, sont néanmoins sujets à de nombreuses formes de cancer. Les skavens sont, sur le plan génétique, des rats, mais des rats dont la vie est plusieurs dizaines de fois plus longues, ce qui augmente d'autant la fréquence des cancers.

Chez les premières générations de skavens, les cancers faisaient des hécatombes à l'âge adulte, et parfois même dès l'enfance. Une meilleure sélection génétique des lignées permit d'éliminer presque totalement ce problème, mais cela demanda plusieurs décennies d'efforts.

En attendant, les skavens subirent, pendant plusieurs générations, une forte mortalité due à des cancers. Plutôt que de soumettre des individus devenus inutiles à des traitements longs et coûteux, les administrateurs des skavens décidèrent d'éliminer tout individu devenu inapte à travailler du fait d'une maladie incurable et coûteuse.

C'est ainsi que fut créée la société Skavdin, acronyme de Skaven Death Industries. Dans les agences Skavdin, les mourants et les incurables sont confiés au soin d'un "maître-seringueur" qui leur injecte un liquide qui les tue presque instantanément, tout en créant chez eux une légère euphorie. Ensuite, les cadavres sont transférés dans un atelier. Les parties molles du corps sont enlevées du squelette, dont les os sont concassés, de même que les dents et les griffes. Le granulé ainsi obtenu et les chairs sont ensuite mélangés à des détritus divers et séchés pour devenir du compost. Ce dernier est transporté dans des bennes et répandu dans les champs et les jardins pour fertiliser le sol.

La création et le développement de Skavdin passèrent inaperçus chez les humains jusqu'à ce que le bruit se répande que, dans certains pays à régimes dictatoriaux, où les skavens avaient délocalisé des nurseries et des usines, Skavdin ne traitait pas que des skavens, mais aussi des humains devenus gênants pour le pouvoir en place.

Les administrateurs de la société Skavdin démentirent les rumeurs avec indignation. Dans l'espoir d'y mettre fin, ils vendirent aux pays d'accueil les agences et ateliers au sujet desquels les rumeurs avaient un fond de vérité. Dans ces pays, Skavdin changea de nom et devint Iskander (International Skaven Nondenominational Death Response). Iskander n'est pas une société commerciale au sens strict du terme, mais un ensemble d'entités indépendantes dont le statut varie selon les pays.

Les dictatures où Iskander était installé étaient souvent affectées par des guerres civiles. Invariablement, les rebelles massacraient les skavens employés par Iskander, lorsqu'ils le pouvaient. Les skavens d'Iskander réagirent en créant des groupes armés, les escouades et bataillons d'Iskander, qui finirent, dans certaines régions, par devenir de véritables armées parallèles au service du régime, faisant régner la terreur dans la population.

Les administrateurs des skavens vivant dans des pays plus pacifiques dépensèrent beaucoup d'argent pour expliquer au public que les skavens d'Iskander n'avaient rien à voir avec les autres skavens.


Dernière édition par Vilko le Sam 27 Déc 2014 - 22:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les Skavens   Sam 27 Déc 2014 - 16:23

On a dit, et publié, beaucoup d'horreurs sur la société Iskander, ou plutôt, devrait-on dire, sur la nébuleuse Iskander, car il s'agit d'une myriade d'entités indépendantes dont le seul point commun est d'être d'anciennes succursales étrangères de la très respectable société Skavin, dont les revenus viennent surtout de l'agriculture, grâce au compost qu'elle vend aux fermiers de différents pays.

Le docteur Lorenk, dentiste de profession, et son épouse Anita, se sont ainsi rendus en vacances dans un pays du sud qui est aussi l'une des pires dictatures du monde, si l'on en croit ses détracteurs.

Monsieur Lorenk nous a raconté ses vacances :

Quand on arrive à Sehaarli, on s'attend au pire. Mais la direction de l'hôtel nous a fait loger dans un bungalow très propre, à quelques minutes à pied de la plage. Le personnel était très attentionné. Les quelques policiers que nous avons vus en ville faisaient la circulation, comme partout ailleurs dans le monde. Les passants étaient assez pauvrement vêtus, c'est vrai, mais personne n'avait l'air franchement sous-alimenté, ni effrayé par quoi que ce soit. En fait, je me sentais plus en sécurité à Sehaarli que dans certains quartiers de ma ville, si vous voyez ce que je veux dire.

Ma femme et moi, nous sommes allés dans la Zone Industrielle, où vivent les skavens. Elle ressemble à n'importe quelle zone industrielle, d'autant plus qu'elle a été reconstruite à neuf après la bataille de Sehaarli, il y a quelques années. Il n'y a que des skavens à Sehaarli. Il y ont leurs écoles, leurs cantines, un hôpital rien que pour eux, et même un grand parc où ils vont se détendre. L'atmosphère est tranquille, détendue, et, pour ce que j'ai pu en voir, paisible.

Les locaux de la branche locale d'Iskander sont un ensemble de hangars entouré par une haie d'arbustes. Un café avec terrasse se trouve juste en face de l'entrée, qui est fermée par une barrière levante, gardée par des skavens en blouses grises et sans armes apparentes. Ma femme et moi, nous avons pris tout notre temps pour boire un thé sur la terrasse de l'établissement. De temps en temps, un camion-benne rempli à ras bord de caisses de bois entre ou sort de l'établissement. Le chauffeur est toujours un skaven. J'ai vu aussi un bus entrer et ressortir une demi-heure plus tard. Je ne sais pas qui il transportait, car ses fenêtres étaient obturées par des rideaux blancs. J'ai pris des photos, et personne ne m'a rien dit.

Ma femme et moi nous sommes allés plusieurs fois dans la zone industrielle, car on peut trouver des journaux en Langue Commune dans les cafés, alors que partout ailleurs dans le pays les gens ne parlent que l'anealruc. Les skavens utilisent la Langue Commune comme langue écrite, ils la comprennent lorsqu'on la leur parle, mais entre eux ils communiquent par des sons bizarres, inarticulés, des couinements, grognements, sifflements et claquements qui ne ressemblent à rien. Toutefois, leurs noms, écrits en bleu ou en rouge sur leurs fronts, ont des consonances familières pour nous, comme Zarfo ou Marfa. Lorsque vous leur parlez, ils sortent un petit smartphone de leur poche, sur le clavier duquel ils tapent leur réponse, qui sort ensuite sous forme de phrase orale, en Langue Commune bien sûr.

Pour être tout-à-fait franc, les seuls skavens auxquels nous avons eu affaire au début de notre séjour étaient les serveurs du café où nous avons pris l'habitude d'aller, dans la zone industrielle. Mais au bout d'une semaine, ma femme a eu une forte douleur dans une oreille, et nous sommes allés dans un dispensaire tenus par des skavens en bordure de la zone industrielle. Les soins sont donnés gratuitement, cela fait partie de leur programme de relations publiques, m'a-t-on dit.

Tout le personnel du dispensaire est skaven, vêtu soit de blouses bleues soit de blouses blanches, suivant leur profession. Ils ont tous des smartphones, évidemment, mais on entend partout l'écho de leur langue bizarre. On finit par s'y habituer. Il y avait beaucoup de monde dans la salle d'attente, des autochtones qui parlaient l'anealruc.

Les skavens devaient être au moins bilingues, car ils comprenaient ce que les gens leur disaient et leurs smartphones produisaient des phrases en anealruc. Mais c'est vrai que c'est plus facile pour les skavens d'être bilingues, il leur suffit de comprendre la langue, et ensuite de taper la réponse en Langue Commune, qu'un logiciel traduit automatiquement en anealruc. Il paraît d'ailleurs qu'à Sehaarli la situation linguistique est assez particulière : les gens parlent un dialecte anealruc local, mais comprennent l'anealruc standard, commun à plusieurs pays de la région, qui sort des smartphones.

Dans cette salle d'attente bondée et surchauffée, j'ai vu un homme qui visiblement ne parlait ni l'anealruc ni la Langue Commune, un touriste comme nous, sans doute. Mais il avait un smartphone. Ses phrases sortaient du smartphone en Langue Commune, mais avec une syntaxe bizarre, on comprenait grâce au contexte. Le skaven répondait également en Langue Commune, avec son smartphone. L'homme avait du mal à comprendre, faisait épeler certains mots, et en cherchait le sens sur son smartphone. Je me suis dit que, comme beaucoup de gens dans le monde, il parlait uniquement sa langue maternelle et comprenait plus ou moins la Langue Commune, qu'il avait dû étudier à l'école, longtemps auparavant.

Je me suis alors dit que l'anealruc standard serait une langue universelle parfaite pour un monde aussi divisé linguistiquement que le nôtre, si tout le monde y était pourvu de smartphones avec les logiciels créés pour les skavens : syntaxe presque "pidgin", donc aussi simple et logique que possible. Phonologie simple également, donc peu de risques de mal saisir une voyelle ou une consonne qui n'existe pas dans sa propre langue. Orthographe presque phonétique. C'est une langue facile, surtout si l'objectif est simplement de la comprendre. On est à mille lieux du chinois avec ses tons, ou du français et de l'anglais avec leurs nombreuses voyelles et tournures idiomatiques. Mais j'arrête là cette digression.

Notre tour est finalement arrivé. Ma femme a été soignée, très correctement d'ailleurs, par deux médecins skavens, un mâle et une femelle, et nous sommes repartis avec quelques médicaments dans un sachet et une ordonnance en anealruc écrite par l'un des skavens.

Deux ou trois fois pendant notre séjour, nous avons vu des fourgons portant le logo d'Iskander dans les rues de Sehaarli. Leurs vitres étaient teintées. Ils s'arrêtaient aux feux rouges, ce qui n'est pas toujours le cas des véhicules de la garde présidentielle. Rien que le logo d'Iskander fait peur, mais les habitants de Sehaarli ont l'air d'y être habitués. Il faut dire aussi que Sehaarli est peuplé de gens originaires de la même région que le président-dictateur.

Les journaux de chez nous en vente dans les cafés skavens de la zone industrielle parlaient d'êtres humains utilisés par Iskander pour des expériences bactériologiques. Je me demande d'où vient cette rumeur, et j'aurais bien voulu en parler avec les clients skavens du café, mais soit ils avaient tous oublié leur smartphone, soit ils n'avaient pas envie de parler avec un humain. Les skavens qui ne sont pas obligés par leur métier de parler avec des humains n'ont pas besoin d'avoir un smartphone sous la main.

J'ai vu des skavens faire leurs courses dans les magasins du centre ville. Ils communiquaient par smartphone avec les caissiers humains, mais éludaient toutes mes tentatives pour engager la conversation. Beaucoup ne me répondaient même pas et m'ignoraient. J'ai entendu deux fois la phrase : "Vous travaillez pour un service de renseignements, n'est-ce pas ?" sortir des smartphones. À chaque fois, mon interlocuteur s'est esquivé sans écouter ma réponse.

Le fait que les journaux mentionnant les pires rumeurs concernant Iskander soient en vente à Sehaarli, au moins dans la zone industrielle, me donne à penser que, justement, il ne s'agit que de rumeurs.

Que dire de plus ? La zone industrielle est une petite ville skaven à la périphérie de Sehaarli. J'y ai vu des groupes d'enfants encadrés par leurs institutrices jouer dans le parc, des rues propres, des skavens courtois bien que distants, et toujours très calmes, voire passifs, à cause de leur sexualité atrophiée. Si, comme on le dit, Iskander exécute les ennemis du président-dictateur et recycle leurs cadavres, et en garde certains vivants pour tester des bactéries et des virus, je n'en ai rien vu. Et je me suis senti en sécurité au milieu des skavens. Malgré leur répugnance à parler aux humains.
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MessageSujet: Re: Les Skavens   Dim 28 Déc 2014 - 22:14

L'hiver suivant leurs vacances à Sehaarli, Lorenk et Anita décidèrent d'aller au Wameoni, un pays montagneux, voisin du leur, où l'on parlait la Langue Commune. Le Wameoni est pittoresque, et anciennement on y parlait une langue apparentée à l'anealruc, comme l'attestent les noms de lieux et les patronymes de la moitié des habitants.

Au Wameoni, les théologiens des trois grandes religions monothéistes sont majoritairement d'accord pour dire que les skavens ont une âme, puisqu'ils ont une volonté individuelle, autonome. Ils ont le libre arbitre, la faculté de se déterminer librement, d'agir et de penser, contrairement aux animaux qui sont mus par leurs instincts. Les révélations divines concernent donc aussi les skavens.

Cette position des théologiens du Wameoni, ne sort pas du vide. Elle est liée aux réalités socio-économiques du pays. Au Wameoni, le quart des terres agricoles a été acheté par des multinationales comme Luyenet, qui en ont confié l'exploitation à des skavens. Des villages entiers ont été repeuplés de skavens, qui ont organisé une société parallèle, avec ses écoles, ses hôpitaux et ses temples bouddhistes. Dans certains villages il ne reste comme êtres humains que des retraités. L'État a carrément abandonné certains districts : les brigades de gendarmerie ont été supprimées, les bureaux de poste, les gares et les écoles ont été fermés.

C'est au Wameoni que le parlement local a décidé que les skavens seraient considérés, d'un point de vue légal, comme des êtres humains, dotés d'une personnalité juridique. Au Wameoni, tuer un skaven est un meurtre, passible de trente ans de prison. Ailleurs, c'est, d'un point de vue juridique en tout cas, la même chose que de tuer le chien du voisin. Et réciproquement : on ne pouvait pas juger un skaven qui avait commis un crime ou un délit, puisqu'il n'avait pas de personnalité juridique. Une telle situation ne pouvait pas durer très longtemps.

Après la personnalité juridique, l'étape suivante, logique, consistait à faire des skavens des citoyens. Au Wameoni, elle ne fut jamais franchie. Les skavens eux-mêmes hésitaient. Leur patrie, c'était partout où il y avait des skavens. En faisant d'eux les égaux des humains, les politiciens les avaient assujettis à l'impôt, qu'ils ne payaient pas lorsqu'ils n'étaient encore, légalement, que des choses. Ils ne voulaient pas, en plus de payer l'impôt, être mobilisables pour faire la guerre.

Finalement, les skavens se retrouvèrent avec un statut spécial, comparable à celui des réfugiés et des apatrides. Des cartes d'identité analogues à celles qui étaient attribuées aux réfugiés leur furent délivrées sur demande.

Le gouvernement continua d'ignorer les reproductrices, enfermées dans leurs nurseries, bien que leurs conditions de vies soient désormais connues de tous. Les inspections effectuées par les services sociaux ne révélèrent que très peu de cas de mauvais traitements caractérisés. En fait, les problèmes venaient surtout de reproductrices expulsées des nurseries à cause de leur comportement, et dont personne ne savait que faire. Certaines d'entre elles souffraient de troubles mentaux et erraient dans la campagne, vivant de petits larcins. L'hiver, on les retrouvait souvent au petit matin dans un fossé ou une cabane, mortes de froid.

Lorenk et Anita avaient loué le deuxième étage d'une maison, dans un village du nom de Caesto. Ils voulaient retrouver l'ambiance de la campagne, loin de la grande ville bruyante et violente. Faire de grandes marches à pied dans la journée, et revivre, pendant une semaine, à la mode d'autrefois. Le voyage, dans leur vieille guimbarde, leur prit toute une journée. Ils arrivèrent à Caesto alors qu'il faisait déjà nuit, et ils eurent quelques difficultés à trouver la maison où ils étaient attendus.

Le propriétaire, prénommé Martial, était un vieil homme barbu et ventripotent, qui ne savait que faire d'une maison devenue trop grande pour lui. Il était veuf, mais il ne vivait pas seul. À la surprise de Lorenk et Anita, il y avait une skaven, debout derrière lui. Une femelle, toute petite et corpulente. Son nom, Solé, était écrit en lettres rouges sur son front.

Solé avait une fourrure grise, et elle était vêtue d'une blouse également grise, raccommmodée et reprisée par endroits. Elle sentait le rat, il n'y avait aucun doute là-dessus. D'ailleurs, Martial aussi sentait le rat. L'odeur imprégnait même les murs.

- Ça vous surprend de la voir ici, hein ? dit Martial en souriant. Solé s'est enfuie de la nurserie de Caesto, il y a deux ans. Je l'ai recueillie. J'en avais marre de vivre seul. C'est un peu ma domestique, un peu ma confidente, hein, Solé ? Elle m'a appris à reconnaître les sons de sa langue, avec un alphabet. Je comprends en gros ce qu'elle dit. De toute façon, on se dit toujours la même chose. Bon, pour les conversations un peu élaborées, elle s'assoit à côté de moi et elle écrit les mots importants dans un cahier, pour que je les lise.

- Bonjour Solé, dit Lorenk.

Solé répondit, d'une voix basse et rauque, par une série rapide de couinements et de grognements que Lorenk ne comprit pas.

- Mais vous me dites qu'elle s'est enfuie de la nurserie... Comment ont réagi les skavens de Caesto ? demanda-t-il.

- Vous oubliez les droits civiques, Monsieur Lorenk ! Elle en avait marre, elle est partie, c'est tout. Les skavens n'avaient rien à dire. Les skavens payent des impôts depuis quelques années, et en contrepartie ils ont droit à des aides sociales. Solé touche une petite pension en tant qu'adulte sans ressources. Avec ma retraite d'ouvrier agricole, et la location de l'appartement, celui où vous logez en ce moment, on s'en sort à peu près.

- Tiens, je comprends maintenant pourquoi le gouvernement ne s'occupe pas des reproductrices, dit Lorenk... Des milliers de mères célibataires avec des flopées de marmots, elles videraient les caisses de l'État !

- Solé a eu six gamins entre seize et vingt-quatre ans, dont quatre jumeaux. Elle est partie juste avant d'être inséminée du septième.

- Que sont devenus les enfants ? demanda Anita d'une voix anxieuse.

- Ils sont restés à la nurserie. Les skavens ont tout le personnel qu'il faut pour les élever. Solé n'avait pas la vocation d'être une reproductrice. Un jour, elle a mis son manteau, elle s'est faufilée jusqu'à la sortie, et elle est partie au hasard dans les rues. Elle n'était jamais sortie de Caesto. Heureusement qu'elle m'a fait signe devant la supérette, alors qu'on se connaissait même pas. Sinon, je ne sais pas ce qui se serait passé.

Solé dit quelque chose, assez lentement et nettement. Lorenk, qui s'intéressait plus aux skavens qu'il ne voulait l'admettre, avait appris les sons correspondant aux lettres de l'alphabet, et cette fois-ci il les reconnut. Solé avait dit N-U-F. Nuf, pour enough, assez. Elle venait de dire à Martial qu'il en avait assez dit. Non pas en langue commune standard, mais dans le jargon des skavens, où presque chaque mot est abrégé ou remplacé par un autre.

Martial, suivi par Solé, montra à Lorenk et Anita le deuxième étage de la maison, où ils allaient habiter pendant une semaine. Il s'agissait de quatre pièces assez grandes : une chambre à coucher, un salon avec téléviseur, une cuisine avec une grande table, et une salle de bain. Au grand soulagement de Lorenk, il n'y avait pas d'odeur, à part l'encaustique du parquet.

- C'est Solé qui a tout nettoyé et fait le lit, dit Martial avec fierté. Elle est précieuse pour moi, vraiment. Je suis trop vieux pour apprendre sa langue, en plus j'ai pas fait d'études, mais Solé me lit des histoires à haute voix le soir, alors à force je me souviens des mots. Faut s'dire que c'est la même langue qu'on parle, mais en prononçant différemment... Bon, quand Solé dit quelque chose, c'est comme si quelqu'un épelait devant moi. J'y comprenais rien, au début. Les skavens ont des tas de mots à eux, j'ai dû les apprendre. C'est pas bien difficile, mais j'ai pas beaucoup de mémoire... Mais à force, j'y arrive.

- M'sieur Martial, est-ce qu'il y a un endroit dans le village où on pourrait dîner, ou faire des courses ce soir ? demanda Anita, qui n'avait encore rien dit.

- Non. On n'a plus rien, la supérette a fermé il y a six mois. Il ne reste plus que nous, les vieux, dans le coin, et les skavens. Ils ont une épicerie à eux, qui est encore ouverte à c't'heure-ci, vous pouvez y aller... Si vous aimez les croquettes... Solé et moi, on se fait livrer de la vraie bouffe par le supermarché de Roeper.

- Et c'est loin, Roeper ? demanda Lorenk.

- Une demi-heure en voiture. C'est la ville du coin. La région n'est plus ce qu'elle était depuis que la société Luyenet a racheté la moitié du pays. Luyenet est une grosse multinationale. Elle a aussi acheté la gare de Caesto, et la voie ferrée avec, et maintenant les trains ne transportent plus que des marchandises. C'est dur ici si on n'a pas de voiture, mais les skavens ont créé une petite compagnie de taxis pour la région. Je vais vous donner le numéro de téléphone...

- J'ai une voiture, dit Lorenk.

- Alors allez-y tout de suite, sinon vous risquez d'arriver après la fermeture du supermarché !

Lorenk et Anita mirent trois quarts d'heure pour arriver à Roeper, par une petite route pleine d'ornières et sans éclairage. Ils trouvèrent une ville où vivaient encore assez d'humains pour faire vivre quelques commerces, tous rassemblés dans le même quartier. Le supermarché, dont l'enseigne phosphorescente était visible de loin, était encore ouvert, et ils y firent leurs courses pour la semaine entière. Les clients étaient en majorité des humains de plus de soixante ans. Les deux caissiers étaient des skavens, chacun avec un smartphone posé devant sa caisse.

De retour dans la maison de Martial, Lorenk et Anita, qui avaient conduit la voiture en alternance depuis l'aube, allèrent directement se coucher.

Le lendemain matin, après le petit-déjeuner, ils allèrent se promener dans Caesto. Était-ce parce que c'était l'hiver ? Ils ne virent que des skavens, seuls ou en groupe, qui vaquaient à leurs occupations en jacassant gaiement, à voix basse mais sans interruption. Les skavens portaient tous leur tenue d'hiver, un grand manteau sombre avec un chapeau également sombre, sans distinction d'âge ou de sexe. Le bruit de leurs voix mêlées ressemblait à une sorte de bourdonnement ou de grondement lorsqu'ils passaient en groupe.

Le village de Caesto n'avait rien d'original, sur le plan architectural en tout cas. Des maisons de style ancien, un peu délabrées, des hangars, des haies d'arbustes. Lorenk et Anita ne virent dans les rues que quelques camions, voitures et mini-bus, tous conduits par des skavens.

- Comme dépaysement, c'est réussi ! dit Anita ironiquement. On va encore passer une semaine sans avoir personne à qui parler ! La prochaine fois, tu me laisses choisir, OK ?

- Comme tu voudras...

Ils passèrent devant l'église du village, maintenant désaffectée et transformée en "Musée et Lieu de Rencontre". Par curiosité, ils entrèrent.

Un panneau à l'entrée indiquait que la société Luyenet avait racheté l'église à la municipalité de Caesto pour en faire un lieu civique.

À l'intérieur, des bancs, des canapés, des chaises et de petites tables rondes. Des skavens et des humains lisaient, assis sur les canapés, ou discutaient à voix basse en buvant du thé. Les murs étaient ornés de tableaux de tous les styles, et sur tous les sujets. Sur des étagères, des livres et des magazines, à la disposition des visiteurs.

Lorenk s'approcha d'un tableau, une œuvre abstraite en différentes nuances de bleu. Il y avait une plaque dessous :

DEHITIM, PAR ZARFO 714E28
VOUS POUVEZ CONTACTER ZARFO SUR LE SITE DE LA MAIRIE DE CAESTO

Lorenk continua de faire le tour de l'église, regardant les tableaux l'un après l'autre.

L'un des tableaux représentait un nuage gris, avec des taches pastel, d'où émergeaient des triangles rouges, sur un fond gris clair ou blanc grisâtre. Le titre était : DISCUSSION SKAVEN.

Ça évoque bien le bruit que font les skavens lorsqu'ils parlent ensemble, se dit Lorenk. Un grondement confus, et de temps en temps des pointes aiguës, qui attirent l'oreille comme le rouge attire l'œil, lorsqu'un son est prononcé sur un ton plus haut que les autres.

Lorenk prit une photo du tableau. Il n'appréciait pas beaucoup l'art abstrait, mais devant ce tableau, exceptionnellement, il ressentait quelque chose. Le peintre était un certain Bors, que l'on pouvait contacter à la mairie, comme son collègue Zarfo.  

Lorenk s'assit sur une chaise, et accéda au site Internet de la mairie de Caesto à l'aide de son smartphone. Comme il s'y attendait, Bors était un skaven. Lorenk lui envoya un message : "J'aime bien votre tableau Discussion Skaven. Je suis un touriste, à Caesto pour la semaine."

Anita feuilleta quelques magazines et dit à Lorenk qu'elle préférait rentrer dans l'appartement.

Bors contacta Lorenk dans l'après-midi, et ils convinrent d'un rendez-vous à l'église en début de soirée.

Anita refusa de sortir dans le froid et la nuit, et Lorenk alla seul au rendez-vous.

Bors était un skaven identique aux milliers de skavens qui vivaient dans la région. Il portait un manteau noir, et un chapeau également noir. Il avait un smartphone, et ses doigts volaient sur le clavier, si bien que discuter avec lui était facile.

Une douzaine de skavens étaient dans l'église, assis sur les canapés et discutant entre eux. Certains se caressaient et s'étreignaient mutuellement, tout en émettant des couinements qui sont parfois l'équivalent d'un rire chez les skavens. Comme les skavens des deux sexes portent le même genre de vêtements, Lorenk ne pouvait pas distinguer les mâles des femelles. Il se demanda avec inquiétude dans quel genre d'endroit il était.

À part lui, il y avait un seul humain dans l'église, un petit gros à lunettes et cheveux gris, assis à une table, qui lisait un livre dans lequel il faisait des annotations au stylo.

Bors devait être jeune, vu sa voix et le brillant de sa fourrure. Lorenk et Bors parlèrent de peinture, notamment d'Art Brut, auquel ils s'intéressaient tous les deux.  

Comme tous les skavens, Bors avait d'abord étudié dans des écoles de skavens, jusqu'au lycée, où il était allé dans la section réservée aux skavens, à Roeper. Il était actuellement étudiant en électronique à Rotaemwor, de retour chez lui à Caesto pour les congés d'hiver. Il n'y a pas de vraie famille chez les skavens, mais ils sont attachés à leur mère, aux nourrices qui les ont élevés, et aux autres skavens avec lesquels ils ont grandi dans la nurserie et qui sont ensuite devenus leurs camarades d'école.

- Je suis un humain, mais j'essaie de comprendre les skavens, dit prudemment Lorenk. Est-ce que quelqu'un a joué le rôle d'un père pour vous ?

- Oui bien sûr. Etior, dont c'était le rôle. Il m'a appris à jouer à la balle, à me discipliner, à jouer en équipe, à respecter les règles, à me situer dans un groupe.

- Mais vous n'avez pas parlé à un humain avant d'être adolescent ?

- Nous les skavens, nous sommes petits et timides, dit Bors. Mais nous avons des dents qui peuvent mordre les matériaux les plus durs. Il vaut mieux, lorsque nous sommes encore enfants, ne pas nous mélanger aux enfants humains. Ce serait trop dangereux pour eux comme pour nous. Et puis, nous ne parlons pas de la même façon. Nous avons donc nos propres écoles, ou au moins nos propres sections dans les écoles des humains. Ce n'est qu'à l'université que les skavens et les humains s'assoient côte à côte. Mais sans les smartphones, ce ne serait pas possible de communiquer facilement.

- Il y a des gens qui disent qu'il serait bon que les enfants humains apprennent à comprendre ce que disent les skavens en les fréquentant dès l'enfance, répondit Lorenk.

- Tout le monde n'est pas d'accord. Il n'y a pas de consensus à ce sujet, ni chez les humains ni chez les skavens. Le projet tomberait à l'eau lorsque le premier coup de poing, donné par un enfant humain plus grand d'une tête qu'un enfant skaven, amènerait comme réponse une morsure jusqu'à l'os, ou une méchante griffure.

- Effectivement... Mais votre goût pour l'art, il n'est pas venu tout seul ?

- Presque. J'ai suivi des cours d'art graphique à l'école. Il y avait un club de peinture au lycée, c'est d'ailleurs là que je me suis fait mes premiers amis humains.

Lorenk acheta le tableau de Bors, Discussion Skaven, pour une somme qui lui parut très raisonnable. Mais lorsqu'il en révéla le montant à Anita, elle lui dit qu'il s'était fait avoir, et elle le supplia de ne pas en parler à leurs amis, pour ne pas lui faire honte.
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