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 Le fond du problème : la tolérance contrastive à la souplesse syntaxique

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Troubadour mécréant



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MessageSujet: Le fond du problème : la tolérance contrastive à la souplesse syntaxique   Mer 8 Avr 2015 - 0:58

Je vous invite tous, surtout ceux que les questions de traduction et de transpositions psycho-linguistiques, ainsi que les aspects stylistiques, intéressent (et subséquemment l'éternelle interrogation Sapir-Whorff), à découvrir cette thèse soutenue à Bordeaux en 2012 "De la polysyndète anglophone à l'hypotaxe francophone : problèmes de traduction", par Joachim Zemmour.

Et si vous ne souhaitez pas vous coltiner les 464 pages, plus qu'intéressantes, lisez au moins l'introduction, les conclusions de chaque chapitre et la conclusion générale.

https://halshs.archives-ouvertes.fr/tel-00812550/document

Bien qu'il s'agisse d'une comparaison entre anglais et français (deux langues familières à tout le monde ici), bon nombre des questions théoriques et de leur résolution réelle que nous évoquons dans ce forum quant au "génie" ou à la "marque conceptuelle du monde" des LAI construites, y sont décortiquées et sont passionnantes.*

* et il n'est nul besoin d'être linguiste pour suivre, juste de lever la tête des pichrocholines questions de phonétique ou d'étymologie.
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Troubadour mécréant



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MessageSujet: Re: Le fond du problème : la tolérance contrastive à la souplesse syntaxique   Jeu 9 Avr 2015 - 11:31

Joachim Zemmour. De la polysyndète anglophone à l'hypotaxe francophone : problèmes de traduction. a écrit:
Tout au long des chapitres précédents, nous avons tenté de démontrer que l'anglais et le français diffèrent dans leur manière d’organiser les éléments d'une phrase complexe ; et que cette divergence conduit, dans une grande majorité de cas, à des problèmes de traduction que nous nous sommes donné pour but d'élucider. Mais loin d'être un problème périphérique et pour ainsi dire « accessoire », qui ne concernerait que l'emploi occasionnel et très particulier d'une figure de style (la polysyndète, que nous avons déjà évoquée), nous souhaiterions illustrer le fait qu'il s'agit là au contraire d'un problème majeur, qui s'étend à toute la syntaxe, à tous les textes anglophones, qu'ils soient littéraires ou non. Nous partons de l’hypothèse selon laquelle l'anglais et le français construisent, organisent la phrase complexe de manière différente – le problème posé par la polysyndète étant le reflet tangible, immédiatement visible, de ces divergences structurelles.

La démonstration de cette thèse - dont le thème central est la comparaison du AND anglais et du ET français - est très enrichissante. Elle met au clair des questions assez fondamentales quant à "l'esprit" sous-jacent de langues pourtant proches, s'étant mutuellement influencées et enrichies depuis des siècles, et puisant toutes deux au même fond culturel. Elle montre bien que même les langues naturelles sont en bonne part fruit de constructions conscientes et "imposées" par de petits nombres de locuteurs influents. En l'occurrence, l'impact absolument fondamental de la King James Bible (très littérale syntaxiquement par rapport à l'original hébraïque) pour l'anglais, et de l'esprit rationaliste cartésien et analytique pour le français (qui démarre en gros avec Montaigne), lesquels expliquent l'énorme divergence syntaxique (et de différence de "souplesse/flou") entre les deux langues sur les notions de connecteurs et de fond idiomatique, à tel point que des traductions FR-EN/EN-FR avant la Renaissance sont assez proches syntaxiquement, alors que le fossé n'a cessé de s'élargir par la suite, avec des sas dans le temps bien repérés. Et à tel point (exemple même de connexion propre à l'anglais: "ET" introductif de phrase qui revient en français par l'influence internationale omnipotente de l'anglais contemporain), que tous les traducteurs compétents, presque inconsciemment, remalaxent automatiquement la structure des énoncés lorsqu'ils traduisent, transcrivent plutôt.


PS. Accessoirement, à ceux qui s'intéressent à l'indo-européén, il y a des choses intéressantes ici: Chapitre 58, p. 244 : À la recherche d'une particule universelle de syntaxe.
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Olivier Simon



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MessageSujet: Re: Le fond du problème : la tolérance contrastive à la souplesse syntaxique   Jeu 9 Avr 2015 - 12:32

Mouais, erroné sur l'indo-européen... Vu qu'il sait très bien parler anglais, il aurait pu citer au moins les travaux de Lehmann (certes anciens aussi).

En fait, il y aurait un sujet intéressant d'étude : c'est le rôle de la particule *-kwe, cf. Latin *-que, qui ne sert pas seulement à exprimer "et", mais se retrouve dans plusieurs conjonctions. Ceci n'est pas abordé, au détriment d'une théorie étrange sur "ante" et les terminaisons de gérondif. Or rappelons que pour "ante", la racine est *H2ent-, avec laryngale se retrouvant en hittite. Or notre ami se sert du lexique de X.Delamarre, certes intéressant pour compléter les vocabulaires sambahsa et uropi, mais inutilisable pour des travaux universitaires, car oubliant lesdites laryngales.
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Troubadour mécréant



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MessageSujet: Re: Le fond du problème : la tolérance contrastive à la souplesse syntaxique   Jeu 9 Avr 2015 - 12:51

Son sujet d'étude est centré sur AND/ET. Le chapitre relatif à l'indo-européen est un peu annexe, visant à examiner le fait que nombre de propositions anglaises connectées avec AND sont rendues en français par des gérondifs, d'où la limitation de son propos ici.

Par contre, je me suis fait un peu la même réflexion que toi en pensant précisément aux -que, -ne ou -ve postposés du latin, avec l'idée d'extrapoler (je ne suis pas du tout compétent pour, mais...) avec justement un -ant qui aurait eu peu ou prou le même régime. Et l'analogie avec le -que, qui devient, de manières ou d'autres, conjonction dans beaucoup de langues romanes (assez équivalent au mécanisme des gérondifs) n'est peut-être pas dénuée d'une réalité profonde un peu oubliée.
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MessageSujet: Re: Le fond du problème : la tolérance contrastive à la souplesse syntaxique   Aujourd'hui à 11:10

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