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 Histoire de l'empire Pao

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Maa Sxaa



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MessageSujet: Histoire de l'empire Pao   Dim 29 Mai 2016 - 7:31

L’histoire de l’empire Pao


La planète


L’empire Pao est l’une des civilisations majeures de la planète Ptén. Pour la bonne compréhension de son histoire, il est utile de préciser quelques faits sur la planète et son système.

Ptén est située dans un système binaire; c’est la seconde planète de l’étoile la plus brillante, Shén. Shén et la seconde étoile du système, mettent environ 480 ans à accomplir une révolution complète autour de leur centre de gravité commun.

Autour de Shén gravitent trois planètes, par ordre de distance: , Ptén et .

Shén est un peu plus brillante que notre soleil; Ptén se situe à environ 1.35 UA de distance et son année est d’une fois et demie la nôtre.

Le jour dure environ vingt-cinq heures.

Une année dure donc 528,2 jours locaux, divisées dans le calendrier Pao en quatre saisons de 132 jours.

Le cycle complet de révolution des deux étoiles est d’un peu plus de 318 ans locaux, qui constituent un yong. Par tradition, le calendrier Pao compte par yong et années; pour faciliter la compréhension, les dates seront données selon ce comput traditionnel et en nombre d’années locales. Ainsi, l’année “courante” est la quarante-cinquième année du 7ème yong, ou l’an 1952.

Ptén possède deux satellites naturels: Jón qui tourne autour de Ptén en un peu plus de 3 jours et Yuón dont la période est d’environ 26 heures. Il s’agit d’astéroïdes capturés, et sont tous deux de taille comparable avec un diamètre d’une vingtaine de kilomètres.
Les deux lunes sont clairement visibles, mais loin de l’éclat de notre lune.

Bá est trop éloignée pour exercer une influence sur le climat, mais elle brille d’un éclat orangé, cinq à dix fois plus brillante que la saison. Actuellement, Bá est un astre diurne au printemps, et brille toute la nuit à l’automne. L’heure de son lever varie selon l’avancement du yong.

La planète elle-même est très similaire à la Terre — son atmosphère est comparable, quoiqu’un peu plus ténue et plus riche en oxygène. Ptén est à la fois plus petite (5580 kilomètres de rayon environ, contre 6371 km) et plus légère. La gravité à la surface est de 80 % de la nôtre.

Les terres émergées ne représentent que 17% de la surface, et sont pour l’essentiel rassemblées en un continent unique sur l’hémisphère nord. Curieusement, l’hémisphère sud ne comprend que quelques îlots rocheux.

Le continent unique présente certaines particularités: sur la facade ouest, la mer de Jadè, en réalité, un cratère d’impact de 800 kilomètres de diamètre, et vers le nord, délimitant le continent en deux parties, la chaîne des monts Iréŋ dont les plus hauts sommets frôlent les dix kilomètres et le plateau désertique du Tajès.

L’empire Pao occupe la facade occidentale du continent, et s’étend actuellement jusqu’à ses frontières naturelles: de la partie occidentale du cratère de Jadè, l’archipel de Wan à l’ouest jusqu’aux monts Iréŋ et le couloir du Ganji à l’est. Il s’étend de l’océan Boréal au nord jusqu’au désert d’Atéran au sud.

Le climat en est méditerranéen pour l’essentiel, océanique sur sa facade océanique au nord ouest, et plus continental vers l’intérieur des terres.

La longueur de l’année tend à amplifier les saisons, et Ptén est par ailleurs plus inclinée que la terre sur son axe (aux alentours de 29°), effet cependant compensé en partie par la plus faible proportion de terres émergées.

Avant Pao – les origines – faits marquants des civilisations de Ptén


Il est difficile de tracer précisément la chronologie de la colonisation de la planète – l’essentiel des documents de l’époque, sur papier, étaient périssables, et l’on retrouve assez peu de trace écrites.
Nous pouvons cependant donner quelques grandes lignes des événements tels qu’ils ont pu se dérouler.

Découverte au cours de notre troisième millénaire, la planète Ptén remplissait idéalement les conditions pour la colonisation humaine: semblable à la terre, avec un climat acceptable et une atmosphère respirable, elle était pour ainsi dire entièrement dépourvue de biosphère propre.
Ptén a probablement connue une extinction de masse dans son histoire géologique récente, et les causes possibles en sont nombreuses: bien sûr, l’effet cataclysmique de l’impact de Jadè, mais aussi un volcanisme quasiment éteint réveillé soudainement par cet impact. Il est également probable que l’inclinaison de Ptén sur son axe, en l’absence de satellite naturel assez massif pour le stabiliser, a beaucoup varié au cours des temps géologiques.

La biosphère indigène de la planète ne se trouve plus guère que dans les océans (essentiellement dans l’hémisphère sud), et dans les zones arides (déserts de Tajès et d’Atéran).

De la motivation des colons, l’on ne sait pratiquement rien : les principaux mythes fondateurs comprennent cependant plusieurs éléments communs: exil provoqué par un événement inconnu: guerre ? catastrophe ? décadence des sociétés ? voyage très long, réalisé pour l’essentiel en hibernation, et implantation d’une biosphère terrestre complète.

Les premiers sites établis se situaient pour l’essentiel à proximité de l’équateur; outre une plus grande facilité d’accès à l’orbite, il semble que Ptén connaissait un âge glaciaire à l’arrivée des colons, et que leur arrivée ait pu déclencher — volontairement ou non – un réchauffement climatique.

Un trait majeur qui unit toutes les civilisations de la planète: une importante régression technologique (du moins de notre point de vue). L’on ne trouve nulle part sur la planète de technologie plus avancée que l’imprimerie et la poudre à canon.

Sur cette état de fait, plusieurs hypothèses s’affrontent:
La thèse dite ‘catastrophiste’, selon laquelle un événement, survenu lors des tous premiers temps de la colonisation, aurait entraîné un déclin technologique rapide.
D’autres soutiennent la thèse opposée, selon lequel le rejet de la technologie ait été un choix volontaire de la part des premiers colons.

Ces deux hypothèses ont des arguments en leur faveur, sans que l’un d’eux soit suffisamment percutant pour permettre de trancher.
On notera d’un côté le profond bouleversement de l’écosystème natifs: réchauffement climatique, mais aussi invasion des espèces terrestres. (Il faut noter que toutes les espèces terrestres sont par natures invasives; il suffit de considérer les chien-loups, véritable plaie des bergers du pays Pao, les grands troupeaux de taureaux sauvages des plaines de Ctavie, l’invasion du bambou sur les rives du fleuve Ré…)

D’un autre côté, d’autres éléments laissent penser à un abandon technologique “calculé”. En effet, il ne faut se figurer la “régression” comme un retour à un moyen-âge fantasmé : en l’absence de maladies majeures (du moins dans les premiers) temps, et surtout par l’usage des biotechnologies et du génie génétique, la vie, certes difficile, des peuples de Ptén est sans doute bien plus confortable que celle dans nos sociétés préindustriels.

Comme exemple de génie génétique, on citera, sans être exhaustifs, l’introduction de céréales à très haut rendement, mais aussi les nombreuses propriétés antiseptiques, antibiotiques, contraceptives des plantes médicinales de Ptén.
On peut voir là le souhait de s’appuyer sur le processus naturel de la reproduction pour obtenir des biens de première nécessité, plutôt que sur une société industrielle qui, dans tous les cas de figures, aurait pris beaucoup de temps à se construire, de par le besoin de mettre en place les infrastructures nécessaires.

La même logique recouvre l’usage attesté des chevaux et des mules dans les tous premiers temps de la civilisation.

On notera également que la construction d’une industrie est maintenant rendue difficile par la quasi-absence de combustible fossiles – l’un des ingrédients principaux de la révolution industrielle est pour ainsi dire absent sur Ptén.

Enfin, on citera les cas de la civilisation Hiraméenne à l’équateur, et de la civilisation dite “du Sud”, toutes deux disparues, mais auxquelles la légende attribue un avancement que l’on peut interpréter comme l’existence d’une technologie avancée.


Dernière édition par Maa Sxaa le Dim 29 Mai 2016 - 19:59, édité 1 fois
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Vilko
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MessageSujet: Re: Histoire de l'empire Pao   Dim 29 Mai 2016 - 11:16

Maa Sxaa a écrit:
un cratère d’impact de 800 kilomètres de diamètre

Impressionnant ! Le cratère d'impact le plus grand de notre planète fait 400 km de diamètre, il se situe en Australie et il a environ 300 millions d'années.

Maa Sxaa a écrit:
Il est également probable que l’inclinaison de Ptén sur son axe, en l’absence de satellite naturel assez massif pour le stabiliser, a beaucoup varié au cours des temps géologiques.

Causant certainement des variations climatiques profondes, notamment des saisons plus ou moins longues et plus ou moins marquées...

Maa Sxaa a écrit:
Il faut noter que toutes les espèces terrestres sont par natures invasives; il suffit de considérer les chien-loups, véritable plaie des bergers du pays Pao, les grands troupeaux de boeufs des plaines de Ctavie
Variété locale de chien sauvage, vivant en meute, comme le dingo australien ?

Par ailleurs, un bœuf est un taureau castré... Tu voulais dire : troupeaux de taureaux retournés à la vie sauvage...
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Maa Sxaa



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MessageSujet: Re: Histoire de l'empire Pao   Dim 29 Mai 2016 - 20:03

Vilko a écrit:

Impressionnant ! Le cratère d'impact le plus grand de notre planète fait 400 km de diamètre, il se situe en Australie et il a environ 300 millions d'années.

Oui — et cela reste petit comparé à Hellas Planitia sur Mars.

Vilko a écrit:

Maa Sxaa a écrit:
Il faut noter que toutes les espèces terrestres sont par natures invasives; il suffit de considérer les chien-loups, véritable plaie des bergers du pays Pao, les grands troupeaux de boeufs des plaines de Ctavie
Variété locale de chien sauvage, vivant en meute, comme le dingo australien ?
Oui, ils s'agit de populations domestiques, retournées à l'état sauvage, assez semblables au dingo.

Citation :

Par ailleurs, un bœuf est un taureau castré... Tu voulais dire : troupeaux de taureaux retournés à la vie sauvage...
Embarassed effectivement... et c'est corrigé les troupeaux de boeufs retournés à l'état sauvage ont sans doute perduré moins longtemps  Very Happy
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MessageSujet: Re: Histoire de l'empire Pao   Dim 29 Mai 2016 - 20:40

Maa Sxaa a écrit:
Vilko a écrit:

Par ailleurs, un bœuf est un taureau castré... Tu voulais dire : troupeaux de taureaux retournés à la vie sauvage...
Embarassed effectivement... et c'est corrigé les troupeaux de boeufs retournés à l'état sauvage ont sans doute perduré moins longtemps  Very Happy
Les troupeaux de taureaux aussi, je pense Razz on va dire "bovins" et s'arrêter là.

La description assez détaillée de ce système stellaire me donne envie de le modéliser dans Universe Sandbox...

Le choix d'un niveau technologique bas par les premiers colons me fait penser à Maraille.

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Heliomega



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MessageSujet: Re: Histoire de l'empire Pao   Dim 29 Mai 2016 - 20:49

Je me trompe où tu es un fan d'astronomie (si c'est le cas on est 2^^).

Maa Sxaa a écrit:
Le cycle complet de révolution des deux étoiles est d’un peu plus de 318 ans locaux, qui constituent un yong. Par tradition, le calendrier Pao compte par yong et années; pour faciliter la compréhension, les dates seront données selon ce comput traditionnel et en nombre d’années locales. Ainsi, l’année “courante” est la quarante-cinquième année du 7ème yong, ou l’an 1952.

J'adore le principe du Yong, je pense m'en inspirer en utilisant par exemple le passage d'une comète.

Maa Sxaa a écrit:
Un trait majeur qui unit toutes les civilisations de la planète: une importante régression technologique (du moins de notre point de vue). L’on ne trouve nulle part sur la planète de technologie plus avancée que l’imprimerie et la poudre à canon.

Si tu comptes développer des histoires sur ce monde tu peux utiliser la recherche des origines comme un bon sujet (avec l'espace comme limite).
Le principe de "peuple tombé du ciel" a été repris par certaines civilisations qui imaginaient les dieux comme des êtres tombés du ciel (j'avoue ne plus me souvenir de quel peuple il s'agit).
En tous cas, j'adore cette idée.
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Maa Sxaa



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MessageSujet: Re: Histoire de l'empire Pao   Lun 30 Mai 2016 - 17:40

Le mythe des origines – la dynastie Pao – 1er yong – De l’an 1 à l’an 100


L’époque archaïque reste relativement mal connue — on ne connaît guère de cette époque que des récits mythologiques.
Les peuples Pao ont toujours conservé leurs sources sur papier, qui se conserve mal. La langue employée était le Pao archaïque, mais rédigée avec l’alphabet Pao primitif (encore proche de l’alphabet latin) et en conservant l’orthographe anglaise d’origine. Les documents conservés étaient pour ainsi dire illisibles à l’époque classique, de langue et d’alphabet Kia. (La connaissance de l’anglais, langue à usage magique ou ésotérique, s’est complètement perdue au cours de la dynastie Enga.)

Dans la mythologie Pao, l’histoire débute en tout cas avec l’ancêtre éponyme du peuple: l’empereur Pao, considéré comme l’incarnation de Yaat, l’empereur céleste.

Au commencement, le désert d’Ateran couvrait le monde entier. Le dieu Yaat libéra les Haban, ou ‘Premiers Ancêtres’, de Jer – les Enfers – à la condition qu’ils défrichent et cultivent le désert.
Yaat les fit dormir un yong entier, au terme duquel les Haban s’éveillèrent dans le désert d’Ateran, où ils élevèrent les montagnes, firent couler les rivières, remplirent les mers et établirent leurs villes.
Pao, l’incarnation terrestre de Yaat naquit “sans père” de en pays Khays, au delà des monts Iréŋ où il enseigna jusqu’à sa vingtième année. Il arriva alors qu’il se prit de querelle avec le roi de Khays, et s’exila de lui-même, empruntant le couloir du Ganj avec sa femme Xaan et ses compagnons, fonda la ville d’Awao dans la vallée du fleuve Aré et devint ainsi le premier empereur.

Il régna, selon la tradition, 50 ans et fut succédé par sa petite-fille Pao Dai, qui régna également 50 ans.
La tradition leur attribue un grand nombre d’enfants chacun (les chiffres oscillent entre douze et cinquante) : à cette première population vient s’ajouter de nouveaux exilés fuyant la steppe de Khays pour les terres plus clémentes d’Awao.
Pao, Xaan et Pao Dai apprirent aux hommes l’agriculture, l’élevage, la chasse et la pêche, l’écriture, la culture du thé, la sériculture, la métallurgie, la médecine et — évidemment — les premières lois.

Pao est-il un personnage historique ? Une expédition de colonisation, voire plusieurs, a certainement été menée depuis le Khays — l’un des premiers sites colonisés — vers le pays Pao, occupé un peu ultérieure, et l’on retrouve bien des ruines près de la ville actuelle d’Awao, datant du premier yong.

On peut nommer “Pao” le meneur de cette première expédition, et il est certain que lui-même et ses descendants conservèrent un certain temps un certain respect et une certaine autorité dans ce pays nouvellement colonisé.

Il n’est pas exagéré de lui donner le titre d’empereur: le mot Pao pour empereur, shawa provient du Pao archaïque *xʷeh-ʔā, dérivé transparent de *xʷeh, ‘coloniser, mener une expédition de colonisation”.


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MessageSujet: Re: Histoire de l'empire Pao   Mar 31 Mai 2016 - 13:05

La dynastie Ré – 1er yong – De l’an 100 à l’an 187


On peut esquisser à grands traits l’histoire et l’organisation politique du second tiers du premier yong.
L’accroissement important de la population (on estime un doublement de la population à chaque génération) entraîne la terraformation, et le défrichage de la vallée de l’Aré, et atteint son point culminant à la fondation de Qarmon, là où se rencontrent les rivières Aré et Suúré pour former le fleuve .
Les villages et bourgades connaissent plusieurs formes de gouvernement et plusieurs institutions officielles parallèle.

La forme de gouvernement la plus ancienne était une forme de démocratie directe: l’assemblée des citoyens forment le conseil ou ómaa et élisent un nombre variable de magistrats pour un mandat d’une durée limitée: les maax ou maan.

En parallèle de cette démocratie se forment une organisation clanique, s’appuyant sur la famille étendue, le hoŋ dirigée par un patriarche, le haí et une matriache, la hadài.

Enfin, ces institutions se complètent par les notables ou axóa, qui jouissent d’une influence particulière au conseil: la ìox, chargée de l’éducation des enfants, le prêtre ou paxaa qui présid en particulier aux enterrements. Son rôle religieux est parfois partagé avec les nombreux ápsas, oracles, medium ou voyants,. Enfin, la maadè ou sage-femme, est la gardienne des connaissances médicales.

On observe les premières traces d’une répartition des rôles entre sexes: le maan est le plus souvent un homme, le prêtre est toujours un homme, l’oracle , la ìox et la maadè toujours des femmes.
Les clans suivent une organisation patriarcale, la hadài (choisie dans la famille proche du patriarche) pouvant cependant exercer un droit de veto sur les décision du haí.

Le pouvoir de l’assemblée tendait à s’affaiblir au profit des clans, sans doute à mesure que la population s’accroissait. Le banditisme et les vendettas entre clans accentuait l’instabilité politique, en réponse à quoi les chefs de clans s’attribuèrent le droit de justice et de protection, le ŋor.

Il faut enfin citer la présence de deux titres honorifiques: xawaa ou shawa qui, ayant perdu son sens initial de fondateur, ou de meneur d’expédition, désignait un personnage respecté pour sa sagesse et son expérience et prit plus tard le sens d’empereur et waŋas, qui désigne le premier personnage d’une ville ou d’un bourg, qu’il soit magistrat, prêtre ou chef de clan et devait prendre assez vite le sens de ‘roi’.

Les Empereurs


Selon la mythologie Pao, cette époque est celle de l'ascension et de la chute de la dynastie , qui n’est pas attestée historiquement.
L’épopée de la dynastie Ré, dénommée sobrement Xawaa, Les Empereurs constitue un texte fondateur de la littérature et de la religion Pao et un bref résumé est indispensable pour comprendre la culture Pao. Si elle n’est sans doute pas historiquement exacte, elle offre néanmoins un portrait fidèle de ce que pouvait être la mentalité des temps.

Il existe de nombreuses versions des Empereurs, cette oeuvre, qu’elle soit présentée sous forme d’opéra, de pièce de théâtre ou de long poème épique ayant été traditionnellement réécrite régulièrement par les plus grands auteurs de chaque époque.
Le résume que je présente ici en reprend les traits les plus saillants, et ceux attestés le plus tôt.

L’histoire débute avec Ré xawaa, prêtre de la ville d’Awao et chef de clan, reconnu pour sa sagesse. Il détient à la fois un pouvoir politique, car c’est à lui que l’on s’adresse pour rendre justice, et économique, car il contrôle le trafic fluvial sur l’Aré et contribue à la fondation de la ville de Qarmon.
Son rival, Oxoupa consulte un oracle pour connaître les circonstances de la mort. Apprenant qu’il sera tué par un fils de Ré, il commandite l’assassinat de Ré xawaa et de sa famille. L’un de ses hommes de main ne peut cependant le résoudre à tuer le plus jeune fils, un enfant de quelques mois et dépose son berceau fait de bambou sur la rivière Aré.

Le berceau descend la rivière jusqu’à la ville de Qarmon, où l’enfant est découvert et amené au prêtre Raba qui lui donne le nom de Rasan ‘fils de la rivière’ et l’adopte, l’élevant avec son fils Xeŋii.

Le ville de Qarmon est alors gouverné par le roi Erèi, présenté naturellement comme un tyran corrompu. Durant la fête du printemps, Erèi prétend prélever l’impôt sur les aumônes perçues par Raba. Alors que Raba et Xeŋii refusent, Rassan insiste pour verser l’impôt au roi et promet que la somme sera rendue au double.
Il remet en personne la somme dûe au roi et, profitant du tumulte qui marque traditionnellement la fin de la fête du printemps et l’année nouvelle, l’entraîne dans une allée et le poignarde. Il le dépouille de ses biens et les donne en offrande au dieu Yaat.

Rasan est visité la nuit suivante par Pao, qui lui révèle sa véritable origine. A partir de ce jour, il prend le nom de Ré Rasan, établit son propre clan, exerçant le ŋor pour protéger les plus faibles de la rapacité des chefs de clan de Qarmon. Par sa réputation de probité, il acquiert le titre de roi de Qarmon. Après avoir assuré la pérennité de son clan en engendrant trois fils et une fille, il part alors vers Awao, afin d’y venger son père.

Il assassine Oxoupa, devenu roi d’Awao et devient ainsi roi de toute la vallée de l’Aré.

Ré Rasan est présenté comme le prototype du dirigeant idéal et généreux: percevant l’impôt en nature, il le redistribue lors d’une famille, acquérant par sa probité le titre de xawaa.
Il fait preuve de générosité encore avec l’adoption de Kia. Kia, orphelin de père et de mère, et aveugle de surcroît. Ré Rasan fait de lui son fils, tandis que sa femme, sage-femme aux dons thaumaturgiques lui rend la vue.

Il nomme son père adoptif Raba chancelier (heŋara) tandis que son frère adoptif Xenji devient raatán (ministre de la Main Droite). Ses proches amis devienne hía, ministres avec autorité sur les magistrats et l’armée.
Le mythe projette sans doute l’organisation ultérieure de l’empire: l’essentiel des charges impériales étant ainsi représentées, à l’exception du ministre de la Main Gauche.

Le royaume de Qarmon subit cependant des guerres civile incessante. Afin de mettre fin au vendettas incessantes, il crée un Sénat, le haímaa où les différents entre clans peuvent être résolus pacifiquement.
(On retrouve ici une projection d’une institution ultérieure, présente dans les cités-états de la fin de la dynastie Kia).

Le premier acte des Empereurs se termine ainsi, avec l’empereur Ré Rasan, respecté de tous, à la tête d’un empire pacifié.

Le second acte débute dix ans plus tard. Ré Rasan a établi une nouvelle colonie, la ville de Ŋiíwaí, en aval du fleuve Ré dans la plaine du Pté. Raba étant décédé, Xenji a pris sa place comme chancelier. Le premier fils de l’empereur, Ré San est devenu ministre de la main droite. Son second fils, Sré est devenu kuun (duc) de Ŋiíwaí, et son troisième fils Maa, duc d’Awao. Quant à sa fille, Kaan, devenue sage-femme, elle est promise à Kia et destinée à succéder à sa mère comme matriarche et thaumaturge.

Xenji meurt de causes mystérieuses, Kia doit être marié pour lui succéder comme chancelier.
A la fin des noces de Kia et Kaan, une jeune fille, Maaré est violée par deux jeunes hommes ivres. L’empereur condamne chacun d’eux à mort.
Le soir même, un de ses rivaux, le patriarche Dao vient demander grâce pour les violeurs, membres de son clan. L’empereur refuse, en invoquant le caractère sacré du droit coutumier. Ce serait commettre un blasphème que de gracier les violeurs par népotisme explique-t-il et les deux sont pendus le lendemain sur la place publique.
L’empereur subit un assassinat raté, le magistrat chargé de sa protection s’étant inexplicablement absenté. Ré Rasan étant grièvement blessé, et incapable d’assumer ses fonctions, ses trois fils prennent sa place et organisent l’exécution du magistrat coupable. Un homme s’interpose pour empêcher son interpellation: il est poignardé sur le champ. Mais il n’est autre que le propre petit-fils du patriarche Dao – ce qui plonge la ville, de nouveau, dans une guerre civile sanglante, qui ne s’achève que par la mort de Ré San, l’héritier du trône impérial.
Sa vengeance étant accomplie, Dao consent à ce que le Sénat soit réuni. Ré Rasan, très affaibli par ses blessures, promet la paix à la condition que ses deux fils survivants soient épargnés.
Il meurt peu après, non sans partager l’empire entre ses fils. Le benjamin, Ré Maa, héritera du trône impérial et de la plaine du Pté, tandis que son aîné Ré Sré deviendra ministre de la Main Droite, duc d’Awao et de Qarmon.
Mais à la mort de son père, le nouvel empereur Ré Maa, voit son pouvoir contesté par les chefs de clan. Profitant de la paix promise par son père, il feint l'inaction mais reconstitue en secret les troupes du clan Ré.
Le second acte se conclut sur une grande purge: Ré Maa ordonne, pour venger son père, que Dao soit exécuté ainsi que sa famille. Les membres du Sénat, soupçonnés de complicités sont exilés ou exécutés. Le Sénat est remplacé par des proches du clan Ré. Ré Maa déplace sa cour à Ŋiíwaí afin de laisser le champ libre à son frère en son fief.

Mais en trahissant la volonté de son père, Ré Maa a perdu la faveur de Yaat et celle de ses ancêtres. Le troisième acte et le quatrième acte ne sont pour lui qu'une succession de catastrophes.

Dix ans plus tard, en son palais de Ŋiíwaí, Ré Maa échappe de peu à une tentative d’assassinat. Il consulte un oracle pour découvrir l’assassin; ces ancêtres lui révèlent la liste des conspirateurs, parmi lesquels figurent la plus grande partie de ses ministres et son propre frère.
Il ordonne donc, sans pitié, l’exécution de ses ministres et confronte son frère. Ce dernier fait valoir son droit d’aînesse, et exige que Ré Maa abdique le trône impérial en sa faveur. L’empereur rétorque que le partage de l’empire s’est fait contre la volonté de leur père. Ré Sré lui rappelle que lui aussi a trahi la promesse faite par un mort, et qu’il est à ce titre maudit et coupable de blasphème. Dans sa colère, Ré Maa se jette contre son frère et le poignarde.
Tourmenté par la peine d’avoir tué son frère, il se confesse à ses proches et est rejeté par son fils Ré San II, son chancelier, Kia et sa soeur, Kaan, devenue matriarche du clan.
Chassé par l’assemblée populaire de Ŋiíwaí, Ré Maa se retire à Qarmon où il règne en despote absolu durant vingt ans.

Le quatrième acte débute par la guerre entre Ŋiíwaí, tombée aux mains du roi Enen et Qarmon. Ré Maa retrouve à cette occasion son fils, sa soeur et son chancelier et organise la défense de Qarmon. Mais rendu à demi-fou pour son exil solitaire, il n’est que l’ombre de lui-même, et consacre son temps à des pratiques alchimiques "contre nature".
Ré San et Kia se retrouvent ainsi à diriger eux-mêmes la défense de la cité. La cause semble perdue, et les troupes ennemies parvienent à passer les chaînes qui barrent la navigation sur le Ré et à débarquer dans la cité. Une lutte acharnée s’engage dans le quartier de l’entrepôt. Un orage d’une violence surnaturelle se déclenche alors, suivi d’une pluie de flammes, fruit des expériences de Ré Maa, et réduit en ruines la moitié de la cité. L’armée de Ŋiíwaí est défaite, et le roi Enen a péri dans l’incendie. Hélas, Ré Maa a une fois fait preuve de sa démesure et dans les ravages de la tempête, son fils et le chancelier Kia ont péri.
Sans héritier, le clan Ré réduit à néant, Ré Maa se crève les yeux de désespoir, abandonne la ville et s’en va dans le désert d’Atéran pour y mourir.
Son repentir sincère lui vaut cependant d’y atteindre l’illumination, après dix ans d’ascèse, et de rejoindre le panthéon des dieux Pao.
A Qarmon, Kia Rasan, le fils du chancelier Kia et de la matriarche Kaan, le plus proche parent du clan Ré, est fait successeur des Ré. Il entreprend de rebâtir Qarmon et de reconquérir l’empire.

Il va sans dire que l’essentiel de l’intrigue des Empereurs relève du mythe. Il apparaît assez clairement qu’elle est issue de la synthèse de différents mythes et légendes, pour certains remontant à notre époque.

Avec l’avénement de la dynastie Kia, nous arrivons cependant au point à la mythologie laisse la place à l’histoire. Nous avons, en effet, une date précise pour l’accession trône de Kia Rasan: le 15ème jour du printemps 187. Si l’on peut douter du jour, l’année est en tout cas confirmée par les événements astronomiques s’y rapportant, en particulier la position de Bá et de la planète Sá dans le ciel nocturne.



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Heliomega



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MessageSujet: Re: Histoire de l'empire Pao   Mar 31 Mai 2016 - 20:04

Maa Sxaa a écrit:
Rasan;raatán  

Ra = R de river? San=Son? Raa=Right?

Maa Sxaa a écrit:
L'un de ses hommes de main ne peut cependant le résoudre à tuer le plus jeune fils, un enfant de quelques mois et dépose son berceau fait de bambou sur la rivière Aré.

Je pense que c'est fait exprès mais cela me fait penser à la fondation mythique de Rome par certains traits.

J'ai cru voir parmi les empereurs un petit Shi Huang Di Very Happy .
J'ai repéré quelques autres références mais il me faudrait y réfléchir plus longuement.

En tout cas j'ai beaucoup aimé ce récit.
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Maa Sxaa



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MessageSujet: Re: Histoire de l'empire Pao   Mer 1 Juin 2016 - 11:10

Mardikhouran a écrit:


La description assez détaillée de ce système stellaire me donne envie de le modéliser dans Universe Sandbox...

Le choix d'un niveau technologique bas par les premiers colons me fait penser à Maraille.

Oui, la coïncidence est curieuse. Le retour à la terre serait dans l'esprit des temps ? :p

Heliomega a écrit:

Ra = R de river? San=Son? Raa=Right?
Oui:
river -> ras
son -> san
right -> raa

Heliomega a écrit:

Je pense que c'est fait exprès mais cela me fait penser à la fondation mythique de Rome par certains traits.
C'est un mythe particulièrement répandu, de Sargon d'Akkad à Moïse à Romulus et Rémus...
A croire que le meilleur moyen d'assurer l'avenir de ses enfants est de les abandonner Smile
Je me demande si ce n'est pas un moyen narratif de justifier des origines "inavouables".

De Sargon, qui prit le nom de "Roi légitime" pour faire oublier qu'il ne l'était pas...
De tête, il me semble que Moïse est un nom égyptien, réinterprété en hébreu comme "sauvé des eaux".
Quant à Romulus et Remus, rappelons que lupa en latin signifie à la fois louve et prostituée Very Happy, se non è vero...
Jusqu'à Poutine qui descendrait, selon la rumeur, d'un prince Poutiatine Very Happy

Il n'y a à en tout cas à peu près rien de mon cru dans ce mythe: c'est une sorte de synthèse de mythes (dont certains très récents pour nous).
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Vilko
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MessageSujet: Re: Histoire de l'empire Pao   Mer 1 Juin 2016 - 11:56

Maa Sxaa a écrit:
C'est un mythe particulièrement répandu, de Sargon d'Akkad à Moïse à Romulus et Rémus...
A croire que le meilleur moyen d'assurer l'avenir de ses enfants est de les abandonner Smile
Je me demande si ce n'est pas un moyen narratif de justifier des origines "inavouables".  

Les peuples anciens aimaient ce genre de mythe, car, paraît-il, cela atténuait leur sentiment de culpabilité, l'abandon des enfants nouveaux-nés étant une forme primitive de contrôle des naissances (on disait exposer les enfants). Ils essayaient de se consoler en se disant que, peut-être, le bébé avait été trouvé par une princesse, et élevé dans une famille royale. Ce qui vaut mieux, effectivement, que de mourir de faim ou d'être dévoré par les loups...

Comme disait un auteur grec : "Un garçon, on le garde même si on est pauvre. Une fille, on l'abandonne même si on est riche."
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MessageSujet: Re: Histoire de l'empire Pao   Mer 1 Juin 2016 - 12:15

Vilko a écrit:
Comme disait un auteur grec : "Un garçon, on le garde même si on est pauvre. Une fille, on l'abandonne même si on est riche."
D'où l'intérêt de l'égalité des sexes.

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Tev o ĕrekes ù spraċ, la stĕ nep kànertas quas o dœm, do ep kóm o adráṅtes.
Quand tu inventes une langue, on ne sait pas forcément ce que tu penses, mais on sait comment tu raisonnes.
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Vilko
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MessageSujet: Re: Histoire de l'empire Pao   Mer 1 Juin 2016 - 13:24

Anoev a écrit:
D'où l'intérêt de l'égalité des sexes.

Lorsqu'un usage, comme l'exposition des nouveaux-nés féminins en période de famine, perdure pendant des millénaires sur la quasi-totalité du monde connu à l'époque, c'est qu'il présente un intérêt pour les sociétés qui le pratiquent.

Essayons donc de nous mettre dans la tête des gens de cette époque.

C'est la famine. Sur les mille habitants du village, seulement 900 peuvent survivre, en se contentant du strict minimum.

Il faut donc réduire de 100 le nombre des bouches à nourrir. C'est une nécessité incontournable. La seule question est de savoir lesquelles.

On ne peut pas sacrifier les grands costauds qui savent se battre. D'une part, ils ont tous plein de copains qui sont grands et costauds comme eux, ils ne se laisseront pas faire. D'autre part, le village a besoin d'eux pour repousser les rôdeurs et les pillards. La troisième raison, non négligeable, c'est que ce sont eux qui ont toujours le dernier mot dans les discussions. Ils ont des arguments frappants.

Finalement, tout le monde arrive à un consensus : on sacrifiera les bébés. Ils sont trop jeunes pour comprendre, ce sera donc plus facile. De plus, lorsque les belles récoltes seront revenues, on en refera d'autres.

Maintenant, la question qui se pose est : quels bébés ? Certains disent : ceux des pauvres, qui n'ont pas de terre à eux, ni de bétail.

Les pauvres réagissent : nous n'allons pas laisser mourir tous nos bébés ! Nous pouvons nous battre contre vous, les riches, nous avons des bâtons et des épieux, nous aussi !

Après quelques discussions houleuses, on décide que le critère ne sera pas la richesse (très relative, dans le village), mais le sexe.

Va-t-on sacrifier un nombre égal de bébés filles et de bébés garçons ?

Si on sacrifie des garçons, ils manqueront plus tard, lorsqu'il faudra travailler dans les champs et faire la guerre contre les tribus voisines. Si on manque de guerriers, ce sera la défaite, c'est-à-dire, vu les rudes mœurs de l'époque, l'asservissement, voire l'extermination (ce fut, d'après la Bible, le sort des Cananéens vaincus par les Hébreux).

Si on sacrifie des filles, il sera toujours possible d'en acheter plus tard (c'est ce qu'étaient les dots à l'origine : le prix que l'on payait pour acheter une fille à marier) ou, s'il y a pénurie de filles à vendre, d'aller les capturer chez les peuples voisins (une pratique également relatée dans la Bible).

Il était donc tout à fait rationnel, vu les circonstances, de sacrifier les filles plutôt que les garçons.
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bedal



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MessageSujet: Re: Histoire de l'empire Pao   Mer 1 Juin 2016 - 14:15

Vilko a écrit:

Il était donc tout à fait rationnel, vu les circonstances, de sacrifier les filles plutôt que les garçons.

c'est très bien expliqué... avec un réalisme et un cynisme glaçant ^^

Mais faut bien savoir que ça sortait pas de n'importe où ces pratiques...c'était motivé, mais c'est pas une excuse...juste une tentative d'explications
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MessageSujet: Re: Histoire de l'empire Pao   Mer 1 Juin 2016 - 14:21

Existe-il un site internet présentant l'empire Pao où sont-ce uniquement des sources papiers. Cela m'intéresse.

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MessageSujet: Re: Histoire de l'empire Pao   Mer 1 Juin 2016 - 16:06

Vilko a écrit:

Il était donc tout à fait rationnel, vu les circonstances, de sacrifier les filles plutôt que les garçons.

L'anthropologue américain Marvin Harris explique bien le phénomène.
Dans un contexte où les ressources sont limitées, et la contraception inexistante, le seul moyen de limiter la croissance de la population est de limiter le nombre de femmes.
Le seul facteur limitant pour la croissance de la population est en effet le nombre de femmes, et ce quelque soit le nombre d'hommes...

La situation des peuples Pao était assez différente, pour deux raisons: la première étant l'existence de contraceptifs, la seconde le besoin important de main d'oeuvre... Les peuples Pao disposaient de céréales à fort rendements, il y avait peu de parasites affectant les récoltes, mais il était nécessaire de défricher la terre , de maintenir les systèmes d'irrigation et de prendre garde à ce que les sols ne s’appauvrissent pas.
Pour cette raison, surtout dans les premiers siècles, il était souhaitable que la population s'accroisse pour pouvoir étendre les terres cultivables.
La coutume était d'ailleurs d'offrir le prix de la fiancée plutôt qu'une dot.

L'égalité des sexes, qui était l'usage du départ, s'est rapidement perdue... Mais le sort des femmes restait bien plus enviable que dans la Grèce antique.

L'exposition des enfants n'a jamais été pratiquée; en revanche, les enfants trop faibles ou malformés sont mis à mort.

Ziecken a écrit:

Existe-il un site internet présentant l'empire Pao où sont-ce uniquement des sources papiers. Cela m'intéresse.

Euh... il y en aura peut être un un jour Smile
Pour l'instant, je mets surtout en forme mes notes (et ce que j'ai en tête mais n'ai pas noté)
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MessageSujet: Re: Histoire de l'empire Pao   Mer 1 Juin 2016 - 16:09

Ziecken a écrit:

Existe-il un site internet présentant l'empire Pao où sont-ce uniquement des sources papiers. Cela m'intéresse.

Euh... il y en aura peut être un un jour Smile
Pour l'instant, je mets surtout en forme mes notes (et ce que j'ai en tête mais n'ai pas noté)[/quote]

Merci pour toutes ces précisions.

N'hésites pas à publier sur Idéopédia pour présenter la synthèse de tes travaux. Wink

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MessageSujet: Re: Histoire de l'empire Pao   Jeu 2 Juin 2016 - 12:24

Naissance de l’Etat Kia – 1er yong – De l’an 187 à l’an 257


Kia Rasan ne devait régner que deux ans – son chancelier, Kia Paa, surnommé Mipaa Paa, ‘Paa le Cruel’ ou ‘Paa le Boucher’ lui succède en 189.
Son long règne (de 189 à 229) est marqué par une grande expansion territoriale: de Ŋiíwaí, la civilisation et la biosphère terrestre descendent la vallée du fleuve Ré jusqu’aux contreforts de la chaîne volcanique du littoral de la mar de Jadè. La ville de Ráisén est fondée en 200 et à la fin du règne Kia Rasan, la limite occidentale de l’empire est marquée par le confluent du Ré et de la Peo; non loin de là s’établit la ville de Peoxon.

La religion commença à acquérir un certain formalisme, codifié dans le Dedo a Gèe, le Livre des Morts.
Le dieu suprême est Yaat ou Eih ‘le Ciel’ – les deux termes semblent interchangeables.

Yaat-Eih, dieu ineffable et inaccessible à l'entendement humain ne se manifeste que par le Yo, un terme que l’on peut traduire par ‘loi naturelle’, ‘rite’, ‘ordre’ ou ‘commandement’.
Le rôle de l’homme est de faire avancer le Yo par le teran que l’on peut traduire par ‘culture’ dans les deux sens du terme, par ‘défricher’, ou bien par ‘travail’ voire ‘artisanat’. Le teran est en réalité un processus, qui vise à transformer l’atéran, la matière brute, en y appliquant un ordre (yo) pour la rendre rex, productive, utile.

Comme pour compléter ce déisme assez abstrait, des “demi-divinités”, les sen servent d’intermédiaire entre Terre et Ciel.
Parmi les sen figurent les Haban, au premier titre Pao et sa parèdre Xaan ainsi que d’autres divinités d’origine moins claire, les was: parmi lesquels figurent : Boí, Aamá, Muu, Yin, Má, Aán
Hen
et bien d’autres.
Il existe de nombreux autres mondes, dont les habitants, créatures plus ou moins surnaturelles, peuvent également visiter la Terre.

La croyance en la réincarnation est déjà bien attestée dans le Livre des Morts. Il reste possible de communiquer avec les esprits des morts, dedo ou baar avant qu’ils ne se réincarnent — le Livre des Morts déconseille néanmoins cette pratique, les âmes des morts pouvant se révéler malfaisantes.
Apparaissent également les premiers éléments du culte des ancêtres: le Livre en tire d’ailleurs son titre. Ce culte se manifeste par différentes pratiques: les offrandes, ès faites aux morts, le repas pris en commun à l’occasion de l’abattage des bêtes, le sasas et l’autel des ancêtre installé dans chaque maison, le mer.

Les points sur lesquels le Livre, qui se veut une codification du Yo, insiste particulièrement nous donnent de précieuse indications sur la société de l’époque. Ainsi il insiste longuement sur l’interdiction du ŋaax, une forme semble-t-il, d’esclavage ou de servage. (Le mot signifie ‘tyrannie’ en Pao classique), qui semble avoir été une pratique de plus en plus répandue.
Le Livre précise également que les Cent Voies (Arà Tou) sont égales devant Yaat, signe de conflits fréquents entre les multiples écoles religieuses.

La pratique religieuse se subdivise en effet entre deux grandes catégories d’écoles, selon le but qu’elles attribuent à l’existence terrestre.

La première catégorie pratique la recherche du sen, la sainteté ou l’illumination. Elle se subdivise entre deux principales écoles: le Sariin pour lequel la sainteté s’atteint non seulement par les oeuvres, mais par la méditation et l’ascèse. Ses partisans pratiquent ainsi des jeûnes fréquents et s’abstiennent de viande et d’alcool. Le Kaxé recherche le salut par la prière et les oeuvres — l’essentiel du clergé est issu de cette école.

La recherche du ren, c'est à dire: la faveur de la Fortune, la prospérité se montre plus pragmatique et plus populaire. Là encore, plusieurs pratiques coexistent. D’un côté, on retrouve le Maí ou divination, pratiquée sous différentes formes: géomancie, astrologie, possession par les sen. De l’autre, le Aodaa, l’école des cérémonies insiste sur le respect des rituels et de la loi et se rapproche du Kaxé.

Le règne de Paa le Cruel voit également l’apparition de l’érémitisme et l’apparition de communautés monastique. Les monastères peuvent être semblable à ceux que nous connaissons, constituées de moines ou nonnes, observant voeux d’abstinence ou de chasteté. Mais d’autres se forment par des familles désireuses de vivre en communautés, sous l’égide de tel ou tel sen.
Ces différents ordres religieux ont pour point commun le souhait de se retirer du monde, et de mener une vie protégée en communauté.

L’empire traverse, en effet, une période de crise. La société des dynasties Pao et Ré ne connaissait pas réellement d’Etat. Les fonctions de l’Etat étaient remplies par diverses organisation para-étatiques: églises, écoles, magistratures, clans et bien sûr l’institution impériale naissante.

Le système atteint sa limite au moment où la population et l’étendue des colonies dépasse un seuil critique.
Se constitue alors une société tripartite, où trois pouvoirs s’opposent: celui du peuple, celui de l’oligarchie ou de l’aristocratie — représentée par les patriarches — et le pouvoir impérial. Ces trois constituants rivaux du corps social se retrouveront tout au long de l’histoire Pao.
Traditionnellement, l’empereur s’appuie sur le peuple pour briser le pouvoir de l’aristocratie et les premiers Kia ne font pas exception.

Le surnom de ‘Cruel’ attribué à Ré Paa traduit sans aucun doute les luttes incessantes que l’empereur dût mener au cours de son long règne. L’importance du teran, et l’emphase donnée dans le Livre des Morts au travail du paysan et de l’artisan indique également une tentative de diminuer l’importance de l’aristocratie.
L’apparition de la vie monastique, concentrée surtout autour de Qarmon, la région la plus densément peuplée, traduit également un besoin de fuir une société en guerre civile perpétuelle.

Kia Paa décède de mort natuelle en 229. S’ensuit dix ans de guerre civile avant que deux frères, Kia Yoxan et Kia Xou, petits-fils de Kia Paa ne reprennent en main le pouvoir impérial.

Kia Yoxan, dit Ptax Yoxan ‘Yoxan le Sanguinaire’ prend le titre d’empereur, tandis que son frère Sen Xou ‘Xou le Saint’, cumule les fonctions de chancelier et de ministre de la Main Droite. Son frère lui attribue également le titre de Yo a Hía, ‘ministre des Rites’. Non content de cela, Xou prend également la tête d’un ordre religieux d’obédience Sen-Kaxé.

Yoxan le Sanguinaire constitue le premier véritable Etat, en s’attribuant le monopole de la violence, dont il fait usage avec libéralité.
Au contraire de Kia Paa, l’empereur Yoxan laissa une correspondance abondante, et de nombreux textes fondateurs lui sont attribués. C’est ainsi qu’il compile le Yo a Gèe, le Livre des Lois, pendant séculier du Livre des Morts.
Ses écrits témoignent de son caractère véhément:
Si ton fils devient esclavagiste, écrit-il à un chef de clan, envoie-le-moi que je lui brise les deux jambes, si tu n’as pas le coeur de le faire toi-même.
Il réduit systématiquement le pouvoir de l’aristocratie, mais n’hésite pas à récompenser les aristocrates qui lui promettent allégeance.
Pour gouverner son vaste empire, c’est en réalité un système féodal qu’il met en place. Il codifie les serments que doivent prêter ses sujets, dont il récompense les plus fidèles en leur attribuant des ministère ou en les nommant ducs, kuun, gouverneurs des nouvelles cités.

Il se montre, en revanche, impitoyable envers ceux qui refusent son autorité.
Chez moi, à Qarmon, écrit-il au duc de Peoxon qui se plaint de l’influence des notables de sa ville, vingt chefs de clans meurent à chaque saison.

Ses écrits ne manquent pas d’un certain humour noir, dont on ignore s’il est volontaire ou non. Ainsi, les minutes d’un procès visant à mettre fin à une longue vendetta entre deux clans rivaux, rapporte qu’il s’exclama: “Je ne supporte plus cette violence !”, avant d’ordonner que les deux chefs de clans soient roués de coups, enfermés dans le même sac et jetés dans le fleuve Ré.

Non content de réformer l’Etat, il réforme également le clergé. “Parmi ces soi-disants prêtres, quatre sur six se livrent à l’ordure. Ils entretiennent quatre esclaves concubines, et sont ivres du matin au soir, de sorte qu’il ordonnent à leurs fidèles de saccager le temple voisin, au lieu d’accomplir les rites prescrits”.

Les chefs religieux et les abbés sont assemblés en différents conciles, à la suite desquels ils passent sous l’autorité du ministère des Rites.
Il va sans dire que ceux qui refusent sont condamnés à la pendaison.

Sans doute y voyait-il un moyen d’assurer la stabilité de son nouvel état, mais Yoxan le Sanguinaire, personnage complexe, est authentiquement pieux et se montre torturé par ses crimes.
Ayant jugé son fils, Kia Xou dit Rex Xou, ‘Xou le Grand’ en âge de gouverner, il lui cède le trône en 257 et se retire au désert en signe de repentir.




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