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 Volapük

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Sab



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MessageSujet: Volapük    Ven 23 Jan 2009 - 12:56

Je découvre par hasard une chose.

On reproche beaucoup à l'Espéranto sa formation du féminin (suffixe -in), dérivée du masculin forme implicite, mais le Volapük avait le même travers. Le féminin s'y forme par adjonction d'un préfixe of- (ofblod = sœur, de blod = frère).

De même, il est dit dans la grammaire à propos des pronoms personnels :
Citation :
om = il (employé pour tous les mots masculins)
of = elle (employé pour tous les objets animés féminins reconnus en tant que tel, si l'on parle d'un animal sans se préoccuper de son sexe, on emploiera om)
Mêmes travers, même époque. Le père du Volapük était un curé. Toujours cette histoire de la côte d'Adam ! Evil or Very Mad Razz
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Ziecken
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MessageSujet: Re: Volapük    Ven 23 Jan 2009 - 13:14

C'est vrai ça.

Ca se trouve les idéolangues du prochain siècle nous reprocheront aussi des choses et penserons que malgré nos prétendues originalités nous allions tous dans le même sens et manquions curellement d'objectivité.

Toutefois je reste persuadé qu'ils étaient cruellement influencés par leur moeurs et leurs époque. Je me demande si après tout Zamenhof ne l'avait pas fait exprès. C'est une langue a posteriori, il a repris des racines et des strucutres appartenant aux langues occidentales, il peut-être simplement fait qu'emprunter ce qui se faisait déjà (en allemand par exemple).

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Anoev
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MessageSujet: Mauvais genres   Ven 23 Jan 2009 - 14:59

Sab a écrit:
On reproche beaucoup à l'Espéranto sa formation du féminin (suffixe -in), dérivée du masculin forme implicite, mais le Volapük avait le même travers. Le féminin s'y forme par adjonction d'un préfixe of- (ofblod = sœur, de blod = frère).

De même, il est dit dans la grammaire à propos des pronoms personnels :
Citation :
om = il (employé pour tous les mots masculins)
of = elle (employé pour tous les objets animés féminins reconnus en tant que tel, si l'on parle d'un animal sans se préoccuper de son sexe, on emploiera om)
Mêmes travers, même époque. Le père du Volapük était un curé. Toujours cette histoire de la côte d'Adam ! Evil or Very Mad Razz

On aurait pu penser, de la part d'un docteur1, un peu plus de pragmatisme que de la part d'un religieux! Après tout, les toubibs le savent bien: on ne choisit pas de naître homme ou femme: c'est le hasard chromosomique XX ou XY.

Toutefois, la transformation des règles de genre du volapük sont assez souples, et même compatibles d'une "version" à l'autre:

OMBLOD(S) = Frère(s)
OFBLOD(S) = Sœur(s)
BLODS = Frères & sœurs (fratrie(s)).

Pareil pour les pronoms personnels, on ne garderait OM que pour le masculin; et le neutre, même animé se traduirait par OS.

Pour l'espéranto, on a quelques surprises, car si on veut garder un semblant de compatibilité (en gardant -in-, à mon avis pas l'meilleur choix de Zamenhof), on devrait mettre -vir- comme infixe2. Pour certains mots, pas de problème:

IDO = enfant (parenté): pas de changement
IDINO = fille (parenté): pas de changement
IDVIRO = fils
INFANO2 = enfant (âge): pas de changement
INFANINO = petite fille: pas de changement
INFANVIRO = petit garçon
PATRO3 = parent direct (père ou mère) au lieu de: père.
PATRINO = mère

mais là où ça s'gâte:

PATRVIRO = père. Étant donné qu'en espéranto, TOUTES les lettres se prononcent, ça va donner du fil à r'tordre. Ou bien, on remplace -vir- par un autre infixe, mais alors adieu le passage en souplesse!



1 En fait, il était ophtalmo, mais ça ne change rien à l'affaire. il aurait pu avoir des contacts avec des confrères, plus dans la "branche": un coreligionnaire comme... sigmund Freud.

2 On peut même pas déplacer -in- et le metre en préfixe! à cause de mots comme... INFANO, justement! La aussi, y aurait la soluce de changer d'affixe mais pour la compréhension entre "avant" et "après", on r'pass'ra!

3 Qu'on peut toujours remplacer (!) par MALIDO (MAL-: encore une idée "lumineuse"), ce qui donnerait, pour "père": MALIDVIRO. Mais y aurait une sacrée ambigüité, parce que, à quoi s'appliquerait MAL-? à IDO? ou bien à IDVIRO? L'espéranto, une langue souple?
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Nemszev
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MessageSujet: Re: Volapük    Ven 23 Jan 2009 - 18:27

En ido, le suffixe masculin, c'est -ul-.
Donc patrulo, si je ne m'abuse, c'est le père.
Faire de "vir" un suffixe alors que "in" n'est pas une racine lexicale, ce n'est pas une très bonne idée selon moi...

Je suis sûr que dans les générations futures, les idéolinguistes nous critiquerons parce que nos langues ont trop d'Européanisme sémantique.

On pourrait inventer une langue pragmatique qui s'appuyerait sur des mots indexicaux et du vocabulaire très vague.
- ici
- là
- ce(lui-)ci
- ce(lui-)là
- moi
- tu
Au lieu de dire, "je mange une pomme", on dirait "j'agis sur ceci".
Je sais, ce serait compliqué... Sleep

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Ziecken
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MessageSujet: Re: Volapük    Ven 23 Jan 2009 - 18:41

Nemszev a écrit:
On pourrait inventer une langue pragmatique qui s'appuyerait sur des mots indexicaux et du vocabulaire très vague.

C'est exactement comme cela que fonctionne l'Elko, et les langues contextuelles d'ailleurs comme la langue des signes d'ailleurs. Razz

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Dernière édition par ziecken le Sam 24 Jan 2009 - 12:51, édité 1 fois
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Anoev
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MessageSujet: Quelle auxlangue?   Ven 23 Jan 2009 - 19:00

Nemszev a écrit:
En ido, le suffixe masculin, c'est -ul-.
Donc patrulo, si je ne m'abuse, c'est le père.

C'est déjà plus équitable que l'espéranto. Mais -ulo- en espéranto signifie "individu" (quel que soit son sexe). Comme les deux langues (malgrré leurs défférences) sont assez proches l'une de l'autre, ça risque pas de créer des confusions?

Nemszev a écrit:
Faire de "vir" un suffixe alors que "in" n'est pas une racine lexicale, ce n'est pas une très bonne idée selon moi...

Je ne comprends pas bien ce que tu veux dire.

Nemszev a écrit:
Je suis sûr que dans les générations futures, les idéolinguistes nous critiquerons parce que nos langues ont trop d'Européanisme sémantique.

C'est bien possible, et puis le continent européen n'est plus le maître du monde, comme à l'époque de Schleyer ou de Zamenhof. Faire une langue VRAIMENT universelle tient, selon moi, d'une gageüre! Dans une langue, il y a toute la culture d'un pays ou d'un groupe de pays. J'en veux pour preuve les transformations du français, de l'anglais, de l'espagnol & du portugais (pour ne citer que celles-là) par de là les continents, voire, des frontières (Belgique, Suisse). C'est sûr, on peut créer comme langue auxilliaire une langue correspondant à sept ou huit langues naturelles, voire une vingtaine (pour l'alphabet, par exemple), mais davantage, ce serait vraiment difficile de contenter tout le monde!

Nemszev a écrit:
Au lieu de dire, "je mange une pomme", on dirait "j'agis sur ceci".
Je sais, ce serait compliqué...

T'imagines une conversation au téléphone?
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Nemszev
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MessageSujet: Re: Volapük    Sam 24 Jan 2009 - 14:52

Anoev a écrit:
Je ne comprends pas bien ce que tu veux dire.
-in- féminin fonctionne comme un suffixe
vir- est une racine lexicale
Il existe une racine lexicale pour "féminin", mais c'est un autre mot.
Si on veut quelque chose d'équitable, il faudrait utilisé soit deux racines lexicales soit deux suffixes.

Anoev a écrit:
T'imagines une conversation au téléphone?
Ce serait une langue hypothétique parlée par une société ne possédant pas de téléphone. Avec le contexte visuel, ce ne serait pas si difficile de se comprendre... (mais c'est tout de même assez compliqué à utiliser, mais bon c'était pour donner un exemple totalement extrême).
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Anoev
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MessageSujet: Genres et affixes   Sam 24 Jan 2009 - 15:50

Nemszev a écrit:
-in- féminin fonctionne comme un suffixe
vir- est une racine lexicale
Il existe une racine lexicale pour "féminin", mais c'est un autre mot.
Si on veut quelque chose d'équitable, il faudrait utilisé soit deux racines lexicales soit deux suffixes.

Raison pour laquelle, je préfère le Volapük à l'espéranto pour les règes de genre:

OM- pour le masculin (cf OM = il (m))
OF- pour le féminin (cf OF = elle)

Dans les deux cas, il s'agit de racines lexicales (des pronoms personnels), comme pour -dak et -kad en aneuvien1.

Les suffixes étant utilisés

°en IDO (-IN- (f) & -UL- (m)) cf plus haut: ton info
°en aneuvien (-k & -d) pour les animaux.

Entre (beaucoup d')autres, bien sûr!

1 Ces racines lexicales sont utilisées soit comme suffixes, pour désigner une personne:
Bovdák = vacher, zhuvèndak = adolescent, Kappylarkád = coiffeuse (femme qui coiffe)2
soit comme préfixe, pour désigner un attribut
Daxubmihànt = sous-vêtement masculin, Kadharléa = chemisier.


2 On pourrait s'étonner des places diverses prises par l'accent tonique. En fait, deux cas se présentent:
-soit tout le mot désigne la personne, comme zhuvèndak, gerœntkad, et dak/kad ne sont là qu'en temps que suffixes de genre
-soit le mot est en deux partie soudées dont la première représente la fonction de la personne, comme dans Bovdák, Kappylarkád: dans ce cas, le mot représentant quand même la personne, l'accent est sur dák/kád.
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Shrykull



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MessageSujet: Re: Volapük    Sam 24 Jan 2009 - 16:33

Citation :
employé pour tous les objets animés féminins

J'aime bien l'expression "objet féminin" Neutral Je veux bien que le sexisme ait fait partie des mœurs de l'époque mais à ce point-là c'est limite suspect.

Pour l'Eo, existe-t-il un suffixe -ir- ? Parce que sinon on peut simplement faire sauter le v de vir pour fluidifier et le mettre en accord avec les autres suffixes.
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Yiuel



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MessageSujet: Re: Volapük    Sam 24 Jan 2009 - 17:35

Shrykull a écrit:
Citation :
employé pour tous les objets animés féminins
J'aime bien l'expression "objet féminin" Neutral Je veux bien que le sexisme ait fait partie des œurs de l'époque mais à ce point-là c'est limite suspect.

Pour l'Eo, existe-t-il un suffixe -ir- ? Parce que sinon on peut simplement faire sauter le v de vir pour fluidifier et le mettre en accord avec les autres suffixes.

Il y a ce que l'on appelle l'icxisme, on par analogie avec njo-cxjo et njo-in, on aurait cxjo-icx. Personnellement, c'est ce que je préfère.

Et, en espéranto, les analyses tendraient à dire qu'il n'y aurait pas de distiction entre les racines lexicales et les affixes. La différence entre vir- et -in est plus une différence dans le sens. "X-in" c'est "femelle qui est X" alors que "vir-X" est "X qui est mâle".

On met donc l'emphase sur la féminité dans le premier cas alors que dans le second, on met l'emphase sur l'autre élément. Rien n'empêche de faire l'inverse, mais la tradition est restée forte, un peu trop même.
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Anoev
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MessageSujet: Mauvais genres (suite)   Sam 24 Jan 2009 - 18:56

C'est vrai que les genres desnoms vont encore noircir pas mal de papier... et d'écrans.

Citation :
objet féminin

Par "objet féminin" on peut prendre, par exemple, en français: table. Ce qui est assez marrant car, pour les russes, c'est un objet masculin (стoл). Sans oublier les "faux épicènes" comme "moule, poste, voile, vase..." et j'en passe.

Mais là où on se pert en conjectures, c'est avec les

Citation :
objets animés féminins

mis à part une locomotive, une grue, une frégate (bateau), je ne vois guère!

C'est pour ça qu'il est toujours délicat de parler de genre grammatical et toujours un peu risqué de faire un parallèle avec le sexe, même s'il y a de grosses analogies. Les termes "masculin" et "féminin" devraient être réservés au sexe pour éviter toute ambiguïté et les genres devraient représenter autre chose (chose, idée, sentiment, dimension, forme et j'en passe).

Des incohérences existent, même dans les langues qui sont pourvues d'un genre neutre. Exemple: en allemand Mädchen = Fille est un nom... neutre!

Bref, Les idéolangues ont, dans ce domaine, un point d'avance sur les langues naturelles. Mais pas toutes! à preuve: l'Espéranto...
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Opera



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MessageSujet: Re: Volapük    Sam 24 Jan 2009 - 21:45

Pas besoin de distinction de genre dans les langues auxiliaires.

Vraiment, c'est chiant. À quoi bon perpétuer ça? Si buka signifiait: "conducteur/trice" et si ha signifiait: "femme", on pourrait tout simplement faire: ha buka ou buka ha, dépendamment de l'ordre des mots. Avec ye = plusieurs/pluriel/2+/etc., pu = manger et rara = pomme: ha buka ye rara pu, soit femme conducteur/trice plusieurs pomme manger, la conductrice mange des pommes. Ha rara pu signifierait bêtement: la femme mange une pomme.

La distinction de genre est vraiment quelque à bannir des langues auxiliaires...
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Anoev
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MessageSujet: Épicène systématique: d'accord!   Dim 25 Jan 2009 - 10:07

Opera a écrit:
Pas besoin de distinction de genre dans les langues auxiliaires.

Vraiment, c'est chiant. À quoi bon perpétuer ça? Si buka signifiait: "conducteur/trice" et si ha signifiait: "femme", on pourrait tout simplement faire: ha buka ou buka haLa distinction de genre est vraiment quelque à bannir des langues auxiliaires...

Je suis d'accord avec toi. Du reste, on peut très bien dire "buka ye rara pu" pour "la conductrice mange des pommes" aussi bien que "le conducteur mange des pommes" puisque le sexe n'entre pas du tout en ligne de compte. On ne mettrait "ha buka" que pour lever une ambigüité.


À suivre (peut-être).
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Anoev
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MessageSujet: Déclinaisons   Dim 25 Jan 2009 - 10:53

J'avais remarqué que le volapük avait 4 cas de déclinaison, ce qui, pour moi, était amplement suffisant (2, c'est trop ou pas assez; 3 c'est un peu "raide" quant à 6 ou plus, ça fait vraiment beaucoup!!). J'avais apprécié aussi le fait que les terminaisons étaient absolument les mêmes pour tous les mots et qu'il n'y avait besoin de se souvenir que de 3 voyelles intercalées (et pas une de plus) pour décliner absolument tous les mots, ce qui était vraiment pratique (notamment par rapport au latin et au russe où chaque déclinaison avait (presque) ses propres terminaisons, au singulier & au pluriel!). Du coup, je m'y étais inspiré pour l'aneuvien*, en remplacent le pluriel en -s par un pluriel en -e et en remplaçant les voyelles des cas par des consonnes.

Là ou je n'ai pas suivi Schleyer, par contre, c'est pour le choix des cas: En effet, pour les types de cas en volapük, c'est exactement comme en allemand: nominatif-génitif-datif-accusatif (y s'est pas trop foulé, l'père!). Ce qui donne

-Un cas pour le sujet et un pour le complément de nom, bon, ça, normal.
-Deux cas pour les compléments d'objet et aucun pour les compléments circonstanciels (c'est pareil en grec ancien), là, faut quand même admettre qu'y a comme un déséquilibre (les latins en on un (et demi, si on compte le locatif de certains mots): l'ablatif; et les russes en ont deux: l'instrumental & le locatif (là aussi, ça fait un peu beaucoup, quoi que compréhensible) sans oublier les langues finno-ougriennes qui en ont toute une tripotée! Bref: comment dire en volapük: "Je déjeune au café"? D'ou, pour l'aneuvien*, le fait de rassembler dans l'un même cas, l'accusatif et le datif (puisque le complément d'attribution peut être considéré comme un complément d'objet... indirect) et de pomper au latin l'ablatif (nommé "circonstanciel" pour la... circonstance! té!).

* Je parle ici de l'aneuvien, bien que ce ne soit pas une langue auxiliaire (seulement une persolangue) uniquement pour faire une comparaison avec le volapük, une langue qui, dans cet aspect (les déclinaisons) est, malgré les différences de cas, relativement proche.
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Terano



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MessageSujet: -iĉ plutôt que -ir-   Sam 18 Avr 2009 - 23:18

Shrykull a écrit:
Pour l'Eo, existe-t-il un suffixe -ir- ? Parce que sinon on peut simplement faire sauter le v de vir pour fluidifier et le mettre en accord avec les autres suffixes.

Impossible: ir- est une racine existante (iri = aller).
On a proposé -iĉ , qui présente (à mon opinion) l'inconvénient de comporter une "ĉapelita litero"

Vir- est communément utilisé comme préfixe (une autre dissimétrie) mais je ne me vois pas dire "Virsinjoro", "virpatro", "virfrato"... bien que le "fundamento" ne l'interdise pas formellement!
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Anoev
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MessageSujet: Re: Volapük    Mer 20 Juil 2011 - 0:20

Patrick Chevin a écrit:
Je choisis le volapük car il me semble qu'il a été enterré trop vite par la concurrence de l'espéranto et des langues naturalistes et qu'il mérite une deuxième chance...

J'ai aussi un faible pour le volapük, malheureusement victime de... son inventeur (peut-être plus que de la concurrence espérentiste).

On retrouve en aneuvien certains aspects du volapük
-existence du [y], du [œ] et du [ø]
-déclinaison à quatre cas (même si ce ne sont pas tout-à-fait les mêmes).
-existence d'un vrai subjonctif
-certains mots, à peines modifiés, comme flum, kàp, fàmon...

Toutefois, certaines règles notables du volapük n'ont pas été reprises pour l'aneuvien, notamment le féminin comme dépendance du masculin (idée reprise en espéranto):
VPK: blod = frère, ofblod = sœur
EO: frato = frère, fratino = sœur
ANV: fràndu* = membre d'une fratrie, fràndak* = frère, frànkad = sœur

Le sondage aurait dû être à choix multiple: j'aurais mis le novial en 2me position et... l'uropi en médaille de bronze (si je la "triture" quelque peu dans ce fil, c'est que je trouve cette langue intéressante). Dans la liste manque le kotava. Langue également intéressante de par sa structure, mais dont le vocabulaire totalement à-priori, même s'il est justifié, la rend un peu... hermétique.

*N'allez pas croire! l'initiale identique de du et dak n'est que pure coïncidence. C'est comme si s'imaginait que dak fût un à-postériori anglais (duck: ça se prononce à peu près pareil, mais dak° est bel est bien à-priori!), de même que kad° (pris de cat).
°Ce sont d'ailleurs des anacycliques, interdépendants par conséquent.


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MessageSujet: Re: Volapük    Jeu 21 Juil 2011 - 0:21

Le volapük est une langue, à coup sûr, à-postériori, mais la cuisine opérée sur les radicaux a généré des mots originaux et c'est ce qui la rend attachante (seulement, est-ce que c'est ce que recherche quelqu'un qui se met dans une auxlangue?). Comme anoncé précédemment, j'ai extrapolé un peu tout ça, ce qui m'a donné des mots comme nob (pour le nord) ou bien hoψ (pour l'heure). Était-ce une bonne solution? Certains affirment que non, car les radicaux étaient tordus, essorés... voire! La structure agglutinante du volapük aurait sans doute permis que, par logique & assimilation, on en reconnaisse un bon nombre. Du reste, pük était un bon compromis entre pik (de speak) et pak (de sprache). Certains autres reprochaient la présence de sons entre autres comme [y], ce qui empêchaient (prétendument) les anglophones (ah! nous y voilà!) de pouvoir le parler.

Bon, je ne vais pas me faire l'avocat d'une langue morte, d'autant plus qu'elle a été victime de son créateur; c'est comme si j'allais me lancer dans la résurrection du crétois. Mais les idéolinguistes que nous sommes peuvent toujours ramasser, çà & là, des idées venant de langues qu'on, ne parle qu'incomplètement... et le volapük n'en était pas dépourvu.

Quand on voit comment cette langue est traitée, notamment en danois et quand on sait la difficulté du danois (notamment la phonologie), on se dit que c'est vraiment l'hosto qui s'f... d'la charité!
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MessageSujet: Re: Volapük    Jeu 21 Juil 2011 - 0:42

Je crois que le volapük était à prendre comme tel, comme quand on va vivre dans un autre pays dont on ne connait pas la langue. Quelque soit la difficulté initiale, on finit par la parler et, à la longue, elle devient notre langue principale... Au lieu de ça, les gens ont voulu transformer la langue à leur gré, puis en faire d'autres plus à leur goût, condamnant à jamais l'adoption d'une langue artificielle...
Les langues internationales se sont mis à ressembler de plus en plus aux langues naturelles, s'exposant d'autant plus facilement aux critiques de tout bord... J'usqu'à ce qu'apparaisse l'opposé du volapük, l'interlingua, langue internationale, "élaborée scientifiquement", mais absolument inexpressive et sans grand intérêt par rapport aux langues naturelles, notamment latines...  
Bien sûr, on peut toujours critiquer la forme, mais que l'ont dise "sod" ou "sed" ou "but" ou "ma" ou "no", n'a strictement aucune importance. Nous n'avons choisi aucun mot de la langue que nous pratiquons tous les jours...
L'espéranto, qui, lui, s'est inscrit dans la durée, à autant de points critiquables que le volapük, sinon plus...
À l'époque du volapük, il n'y avait pratiquement que cette langue du genre, du moins qui fût en tant soit peu connue, jusqu'à ce que surgisse l'espéranto... Aujourd'hui, il y en a des centaines, voire, des milliers, et avec les ressources dont nous disposons, bientôt chacun aura la sienne !... D'où la tentation de retourner à l'origine, quitte à paraître sentimental ou romantique...

Soit le mot del pour le jour, et le suffixe o de l'adverbe, on obtient:

ädelo = hier (ä = passé imparfait > ""äpükob = je parlais)
adelo = aujourd'hui (a = présent > (a)pükol = tu parles)
odelo = demain (o = futur > opükof = elle parlera)

L'accent tombe toujours sur la dernière syllabe:

Adelo pükof volapüki ab odelo püki votik opükof.

(Aujourd'hui elle parle le volapük, mais demais elle parlera une autre  langue.)

(Il semble qu'à côté de la racine pük pour la langue, des réformateurs aient introduit le verbe spikön pour "parler", restreignant le sens de la première... Personnellement, je ne crois pas au progrès...)

C'est parfait ! Et si vous regardez un texte plus long, c'est très esthétique...


Dernière édition par Patrick Chevin le Mar 16 Fév 2016 - 23:33, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: Volapük    Jeu 21 Juil 2011 - 4:38

Voici un excellent outil pour apprendre le volapük, en anglais hélas! Malgré les efforts des espérantistes pour l'enterrer, il a toujours ses partisans et pratiquants...

FLENEF BEVÜNETIK VOLAPÜKA
INTERNATIONAL FRIENDSHIP OF THE WORLD LANGUAGE

O flens löfik!
Dear friends,

Fino dalabobs resodaspadi, kel pededieton lölöfiko Volapüke. Binädon me nüdug brefik püke, vödabuks tel: Volapük–Linglänapük e Linglänapük–Volapük kobü reideds pro donatid, zänodatid e löpatid.
Finally we have a website which is dedicated entirely to Volapük. It consists of a short introduction to the language, two dictionaries: Volapük–English and English–Volapük together with reading exercises for elementary, intermediate and advanced instruction.

Volapük lifon nog, ab no dabinon plu muf gretik yelas büätik. Too pük dalabon nog slopanis ona. Äbinon yufapük bevünetik primik ad dalabön noganükami calöfik. Literat e jenav ona binons mu nitediks. Stud püka kanon padunön vifiko; sekü atos, kikodo no xamön gramati balugik ona, kel sökon, anu–li?
Volapük is living still, but there is no longer the great movement of former years. Nevertheless the language still has its supporters. It was the first international auxiliary language to have an official organization. Its literature and history are most interesting. A study of this language can be done quickly; therefore why not examine its simple grammar which follows now?

http://volapuk.evertype.com/
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Anoev
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MessageSujet: Re: Volapük    Jeu 21 Juil 2011 - 9:40

Patrick Chevin a écrit:
(Il semble qu'à côté de la racine pük pour la langue, des réformateurs aient introduit le verbe spikön pour "parler", restreignant le sens de la première... Personnellement, je ne crois pas au progrès...)

Comme dit précédemment, je préfère grandement -PÜKÖN à -SPIKÖN trop orienté. À moins de restreindre -SPIKÖN à parler (une langue) et garder -PÜKÖN pour tous les autres usages*, comme "parler de...", "parler à..." (avec quel cas derrière*?).



*Allez! j'y vais d'ma p'tit' sauce (à l'étude: remplacement du génitif par l'accusatif derrière dysert). J'ai aussi le verbe pàrl, mais celui-ci signifie "discourir" et a donné parláṅdu
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Réatami



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MessageSujet: Re: Volapük    Jeu 21 Juil 2011 - 11:10

Citation :
ädelo = hier (ä = passé imparfait > ""äpükob = je parlais)
adelo = aujourd'hui (a = présent > (a)pükol = tu parles)
odelo = demain (o = futur > opükof = elle parlera)

Tiens, il y a pas que moi qui conjugue les noms ! C'est amusant comme dérivation, je n'ai pas pensé à faire ça... Du coup j'ai plusieurs mots pour la même chose... Quoique je ne pourrais plus différencier "c'était hier" et "ça sera hier"...


lsd :

Oui, j'ai changé pour un truc plus sobre dans la police que j'ai faite sur fontstruct en plus carré et moins elfique surtout... Very Happy

Citation :
assez proche du kotava du coup

Je n'ai pas creusé sur le volapük, mais je pense que le kotava est allé beaucoup plus loin que le volapük, et qu'il est donc beaucoup plus précis (potentiellement, car en fait rien n'est obligatoire ou presque)...
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Anoev
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MessageSujet: Re: Volapük    Jeu 21 Juil 2011 - 15:17

Merci pour ce lien très intéressant, même s'il est en anglais (ça va m'faire faire des progrès en anglais, même si c'est pas l'but que j'recherche), je vais certainement découvrir des points communs insoupçonnés avec l'aneuvien.

Pour la phonologie, je n'ai pas appris grand chose, puisque la phonologie de référence est celle de l'anglais, ainsi, le [o] n'est pas référencé, alors que je suppose que la prononciation [o] au lieu de [ɔ] n'est pas forcément une erreur, surtout en fin de mot (contrairement au russe, paraît-il).

Mais pour la grammaire, malgré quelque p'tits regrets, déjà énoncés précédemment (of-), ça peut être une mine d'or.
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Olivier Simon



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MessageSujet: Re: Volapük    Jeu 21 Juil 2011 - 16:12

Moi, je connais ce lien (en anglais) :

http://personal.southern.edu/~caviness/Volapuk/

Je n'ai pas essayé, mais sur Google books ou Internet Archive, il est peut-être possible d'obtenir des vieux livres sur le volapük. Le directeur de l'ancêtre de HEC était un partisan du volapük.

Olivier
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Silvano



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MessageSujet: Re: Volapük    Jeu 21 Juil 2011 - 16:30

Réatami a écrit:
Je n'ai pas creusé sur le volapük, mais je pense que le kotava est allé beaucoup plus loin que le volapük, et qu'il est donc beaucoup plus précis (potentiellement, car en fait rien n'est obligatoire ou presque)...
Surtout que le kotava n'a que cinq syllabe. En volapük, le sens d'un verbe conjugué changeait selon que l'on disait e ou ä... Pas simple pour tout le monde.
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MessageSujet: Re: Volapük    Jeu 21 Juil 2011 - 16:36

Patrick Chevin a écrit:
Malgré les efforts des espérantistes pour l'enterrer, il a toujours ses partisans et pratiquants...
Mais combien de ces partisans sont en fait des espérantistes qui s'intéressent tout simplement aux autres LAI?
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