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 Un post de vocabulaire à propos des langues

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Greenheart
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MessageSujet: Re: Un post de vocabulaire à propos des langues   Lun 26 Mai 2008 - 15:16

La définition du "genre grammaticale" sur la Wikipédia française est déjà un peu mieux rédigée, mais n'est pas exempte de défauts. Déjà, pour la comprendre, il faut aller sur la page suivante :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Trait_grammatical#Trait_grammatical

Genre d'un nom :
WIKIPEDIA FR 2008 :
Le genre, en grammaire et en linguistique, est un trait grammatical permettant de répartir certaines classes lexicales (noms, verbes, adjectifs, etc.) en un nombre fermé de catégories (les plus courantes dans les langues indo-européennes étant masculin, féminin et neutre) répondant très vaguement à des critères liés au sexe, pour les mots représentants des animés.

Trait grammatical :
WIKIPEDIA FR 2008
Le trait grammatical est une indication d'ordre grammatical et linguistique permettant de décrire en détail les mots d'une langue, que cette description concerne un trait intrinsèque ou un trait dépendant du rôle du mot dans un énoncé donné. Tous les traits ne sont cependant pas représentés dans toutes les langues et chaque trait se subdivise en catégories de nombre variable dans les langues concernées.

Les principaux traits grammaticaux sont :

* la nature ou classe lexicale (nom, verbe, adjectif, etc.) ;
* le genre (masculin, féminin, neutre, etc.) ;
* le nombre (singulier, duel, pluriel, etc.) ;
* la personne (1re, 2e et 3e) ;
* le cas (nominatif, accusatif, régime, etc.) ;
* le temps (imparfait, présent, futur antérieur, etc.) ;
* le mode (indicatif, subjonctif, infinitif, etc.) ;
* la fonction (sujet, épithète, COD, etc.) ;
* la voix (active, moyenne, passive) ;
* l'aspect (duratif, progressif, perfectif, etc.).

Par exemple, l'analyse grammaticale de la forme nominale latine templorum dans l'énoncé custos templorum (« le gardien des temples ») nécessite de donner le cas (génitif), le nombre (pluriel), le genre (neutre), trois traits intrinsèques à la forme (mais pas au nom lui-même, seul son genre étant immuable) et la fonction (complément du nom ; dépend de l'énoncé). Celle du verbe français "rapetassassions" permet de dire que c'est la première personne du pluriel (nombre) de l'imparfait (temps) du subjonctif (mode) actif (voix) du verbe rapetasser.

***

Mes remarques :

Comme pour la version anglaise, la définition omet le fait qu'un même nom puisse avoir plusieurs genres.

Ce qui pose la question de la pertinence de l'idée de "trait grammatical", puisqu'on devrait alors non pas une répartition par genre masculin / féminin, mais une répartition par genre "unique", "plural" - avant de commencer à détailler.

***

La définition exclut un lien avec le sexe en matière d'objet inanimé, alors qu'il peut très bien exister par effet de rapprochement, analogie, métaphore, attribution etc.

Il s'agit donc encore d'une définition visant à réduire le champ sémantique du "genre grammatical" pour imposer un point de vue donné et couper court à l'exploration de visions différentes.


***

Lorsqu'on avance dans la lecture de l'article consacré au genre grammatical, les problèmes s'accumulent :

Wikipédia fr a écrit:
Dans la majorité des langues qui connaissent les oppositions de genres, il n'existe qu'un nombre réduit de classes lexicales susceptibles d'exprimer un genre : ce sont généralement le nom, le pronom, l'adjectif et le participe, plus rarement le verbe

Les rédacteurs ne relèvent pas que leur "nombre réduit de classes lexicales" correspond à la majorité des classes lexicales de la langue, et l'écrasante majorité des mots de la langues.

Il faut donc lire exactement le contraire : "Dans une majorité des langues qui connaissent les oppositions de genre, il existe une majorité de classes lexicales susceptible d'exprimer les genres."

Rappelons la liste des classes lexicales en français :

Nom : Oui, il y a un genre.
Pronom : Oui, il y a un genre.
Déterminant : Oui, il y a un genre.
Adjectif : Oui, il y a un genre.
Verbe : Oui, il y a un genre (accord des verbes dans leur forme composée).
Préposition : Non, mais vu qu'une préposition ne désigne jamais un objet ou un être, c'est un peu logique.
Adverbe : Non, même remarque.
Conjonction : Non, même remarque.
Interjection : Non, même remarque.

Autrement dit, si un mot désigne un objet ou un être, voire une action, il a un genre en français.
C'est bien le cas de l'écrasante majorité des mots et de la majorité des classes lexicales.


***

Sur l'aspect à la fois arbitraire et logique de l'attribution d'un genre donné (masculin / féminin) à un mot, les rédacteurs oublient que derrière "l'arbitraire" on retrouve en réalité des choses très logiques vis à vis du caractère sexué ou non, en particulier quand on commence à creuser sur le sens d'un mot et son étymologie.

Par exemple "mädchen" en allemand cité dans l'article est neutre parce que la culture allemande de l'époque de formation du mot a un moment a considéré que la jeune fille était un petit ange asexué, ou si vous préférez, qu'elle n'était pas encore assez complète pour entrer dans le monde du sexe.

***

La section "indication du genre" est louable, mais encore une fois, l'évolution du mot et les lubies des académies de l'époque sont complètement passées sous silence, en particulier les "changements de sexe" de certains mots jusqu'à une époque très récente (entre les années 20 et aujourd'hui), qui sont eux, tout à fait arbitraires et le fait une autorité aux motivations sinon douteuses (dont on est en droit de douter de la légitimité), du moins douteuses (sur lesquelles on est en droit d'émettre un doute).

***

La section "langues sans genre" oublie de rappeler que les langues en question se livrent à des contorsions parfois assez impressionnantes pour exprimer les genres, et que les langues construites qui sont incapables de décrire la réalité peuvent difficilement entrer dans le champ d'un tel article.

A titre d'exemple en japonais :
Je (masculin formel) : Watashi.
Je (féminin formel) : Atashi.
Il / elle : interdit lorsqu'on connait le nom de la personne. Il faut dire ce nom et ajouter un suffixe honorifique ou familier. Par exemple Satou San, Akira Sensei, Akiko Chan, Rei Sama etc.
Garçon : Otoko no ko (littéralement, le petit de l'homme, comme on dirait le petit du cheval ou du chat).
Fille : Onna no ko (littéralement le petit de la femme).
Fils : Mousko (l'enfant mâle d'un père ou d'une mère).
Fille (l'enfant femelle d'un père ou d'une mère) : Mousumé

***

Wikipédia fr a écrit:
Mots ayant les deux genres [modifier]

En français, il existe trois mots ayant les deux genres : "amour", "délice" et "orgue". Ces trois mots sont masculins lorsqu'ils sont au singulier et féminins lorsqu'ils sont au pluriel (exemple : "des amours tumultueuses").

Et c'est le crash Very Happy.
Il y a bien plus de trois mots qui ont les deux genres en français.

En effet, pour arriver à ce raccourci saisissant et abusif, les rédacteurs oublient qu'un bon nombre de mots ont leur deux formes féminine ou masculine à la même entrée dans leur dictionnaire ("il" / "elle", il s'agit bien du même mot français dérivé du latin "illé"). Ils oublient les prénoms mixtes ("Dominique", "Claude" etc.) que les filles ont en général piqué aux garçons afin de se voir mystiquement attribué les mêmes vertues prêtées à leur signification (les garçons n'ayant jamais fait jusqu'à présent le contraire, on se demande pourquoi).

Et si l'on doit s'en tenir seulement à la forme identique, en 1946, le mémento Larousse cite :

Aigle (masculin pour l'oiseau, l'homme de génie ; féminin pour la femelle de l'oiseau, l'étendard, et encore pas toujours).
Amour, délice et orgues changent de sexe selon leur nombre.
Couple (féminin quand il signifie deux, masculin dans les autres cas).
Enfant (selon le sexe de l'enfant).
Foudre (masculin pour grand capitaine, dard enflammé mythologique, grand tonneau ; féminin pour feu du ciel).
Hymne (masculin pour chant, féminin pour chant d'église).
Oeuvre (masculin pour l'ensemble des ouvrages d'un artiste, une production classée et numérotée d'un compositeur, une bâtisse, la recherche de la pierre philosophale - féminin en général (sic !).
Orge (masculin dans certaines expressions, féminin en général).
Pâques (masculin lorsque c'est la fête chrétienne, féminin quand c'est la fête juive).
Période (masculin quand il signifie le plus haut point où arrive une personne ou une chose, féminin dans les autres cas).
Personne (masculin quand il signifie aucun individu, féminin quand il signifie quelqu'un)
Quelque chose (masculin quand il signifie une chose en particulier, féminin quand il signifie n'importe quelle chose).
Gens (masculin dans le sens d'être humain et lorsque suivi par "de", accord de l'adjectif placé avant au féminin, sauf finale en e muet ; féminin dans le sens de race, famille, nation, sorte d'être)

Le mémento ajoute encore à la liste de manière non exhaustive : cartouche, crêpe, manche, mémoire, mode, office, parallèle, pendule, physique, poste, voile (même mot à l'origine ayant pris un sens différent selon le genre) - ainsi que aune, livre, moule, mousse, page, poêle, solde, somme, tour, vague, vase (mots différents devenus homonymes).

Je pense que cette liste est particulièrement intéressante pour qui cherche à définir ce qu'est un genre grammatical, sans être tenté par la facilité du coup de gomme sur tous les cas de figure qui ne seraient pas conforme à sa vision.


***

La section "nombre de genre" est assez déconcertante : pourquoi, après avoir défini le genre comme un trait grammatical distinct de bien d'autres, les rédacteurs se lancent-ils sur une hypothèse selon laquelle la disctinction masculin / féminin serait à confondre avec la distinction animé / inanimé pratiquée dans d'autres langues ?

Pourquoi ne s'agit-il pas d'un autre trait grammatical, au même titre que le nombre, la personne etc. ? D'autant que les rédacteurs indiquent qu'en danois, suédois, norvégien les accords en animé / inanimé coexistent avec l'accord en genre !

Est-ce que cela ne voudrait pas plutôt dire que les rédacteurs sont arrivés à court de vocabulaire pour décrire les phénomènes qu'ils constatent, mais que de peur de ne pas satisfaire aux règles de la wikipédia, ils n'osent pas inventer le mot qui leur manque - et n'hésitent donc pas à joyeusement plonger dans la confusion tout le monde à cause de cela ?

***

Et le bouquet final... Razz

Wikipédia fr a écrit:
Genre et sexe, connotations des genres [modifier]

Comme on l'a vu le genre n’a en principe rien à voir avec le sexe. Il n’en reste pas moins que dans les langues qui possèdent un genre, ce genre recoupe l’opposition de sens mâle-femelle quand il s'agit d'être animés sexués (dont les être humains). De là la représentation de l’opposition masculin-féminin comme renvoyant à la répartition des sexes, une représentation qui est lourde de conséquences sur le plan social (occultation du rôle joué par les femmes sur la scène publique, résistances psychologiques à la candidature à des postes offerts au masculin, etc.)

"Comme on l'a vu", il suffit de répéter suffisamment de fois la même ânerie, et l'on se persuadera que c'est la réalité.
Les rédacteurs de la Wikipédia sont apparemment adeptes de la méthode Coué. La Wikipédia ferait bien de revoir ses "principes".

On doit bien évidemment lire, "comme nous l'avons vu à plusieurs reprises, le genre a quelque chose à voir avec le sexe". Cf. toutes les sections de l'article où vous pourrez vous même relever l'occurence du mot "sexe", toujours dans le cadre d'une inclusion même "vague" ou "partielle" et jamais dans le cadre d'une exclusion.

A ce sujet, il aurait été peut être moins vain d'inclure à cet article les connotations et dénotations liées au genre d'un nom, ou si vous préférez, les choix idéologiques ou subconscient liés à la construction et à la réforme d'une grammaire.

Un documentaire de la BBC sur le langage comportait une section sur cette question (dont je posterai à l'occasion la transcription). Je ne vois pas pourquoi, à moins de vouloir censurer ce côté souvent "sombre" ou "tabou" de la grammaire, de telles considérations seraient écartées du corps d'un article encyclopédique sur le genre grammatical.


Dernière édition par Greenheart le Lun 26 Mai 2008 - 16:38, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un post de vocabulaire à propos des langues   Lun 26 Mai 2008 - 16:06

Cool Smile Bien plus précis que ma petite analyse (qui ne portait que sur les textes, j'aurais peut-être dû en sortir un peu... j'ai l'impression qu'il y a une petite différence d'expérience entre nous Razz).

J'en retiens de nombreuses incohérences dans les articles des Wikipédia (j'ai honte de ne pas les avoir repérées Neutral) et une espèce de distinction systématique du "genre" et du "sexe", comme si mélanger les deux était honteux... Enfin, quant à ce que tu as dit sur mon utilisation des mots comme je l'entends, je vais devoir y réfléchir, puisque j'ai un certain nombre de "genres" (cinq) dont deux basés sur la distinction des sexes. Je ne sais pas comment je pourrais appeler ça ! Peut-être que le plus simple serait d'utiliser un vocabulaire propre à la langue...

Quoi qu'il en soit, ce que tu as écrit a été éclairant. En plus, tu as pu défendre ta position quant au non-intérêt et la non-possibilité d'améliorer correctement les articles linguistiques des Wikipédias Razz
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Greenheart
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MessageSujet: Re: Un post de vocabulaire à propos des langues   Lun 26 Mai 2008 - 16:28

A propos de la définition du SIL, le Summer Institute of Language, qui est une organisation chrétienne internationale non lucrative ayant pour but de développer l'instruction en matière de langages.

Source : http://en.wikipedia.org/wiki/SIL_International

L'article est ici :

http://www.sil.org/linguistics/GlossaryOfLinguisticTerms/WhatIsGrammaticalGender.htm

Article qui renvoit à :

http://www.sil.org/linguistics/GlossaryOfLinguisticTerms/WhatIsANounClass.htm

Genre de mot :
SIL 2008 : Un genre grammatical est un un système de classe (= catégorie) de noms, composé de deux ou trois classes ("catégorie") dont les noms qui ont des référents humains mâles et humains femelles tendent à être dans des classes séparées. Les autres noms qui sont classés (= catégorisés) de la même manière dans le langage peuvent être classés sans que cela soit en rapport avec des critères sexuels naturels.

Classe de mots:
SIL 2008 : Un système de classe de mots est un système grammatical que certaines langues utilisent pour catégoriser ouvertement les noms. Les classes de noms sont :
1. Souvent basées, au moins en partie sur des caractéristiques (le sexe, l'animalité, la forme) du référents de certains noms de la classe (=catégorie).
2. Discriminés par un affixe (=morphème ajouté à un mot = marque), un clitique (= un morphème né d'un mot déformé), un nom ou groupe nominal et des marques d'accords dans le reste de la phrase.

Pour traduire la définition, j'ai été obligé de cliquer sur tous les liens.


Le texte d'origine est en bas du post.


***

Mes remarques :

Il s'agit d'une définition certe courte, mais encore une fois lacunaire, bourrée de jargon - ce qui la rend d'office suspecte.


***

Le gros problème est que cette définition confond la définition du genre d'un mot et la définition du système des genres d'un mot.

Qu'est-ce qui m'empêche en effet de définir le genre masculin sans parler du genre neutre, féminin, ou hermaphrodite, ou indifférent etc ?

Que l'on puisse ébaucher en théorie un système de classification à partir des genres ou des marques de genres quand elles existent ne signifie pas que ce système existe dans la pratique de la langue.

Cela expliquerait même pourquoi un certains nombres de mots tombent arbitrairement dans l'une ou l'autre des catégories : c'est qu'elles n'existent pas dans la pratique concrète de la langue. Seule le modèle de fléxion compte alors, c'est à dire ce qui reste de la déclinaison latine d'origine pour le cas du français.


***

De même, sont confondus la marque du genre et le genre, l'accord du genre et le genre, la marque et l'accord du genre.

En effet, depuis quand le fait d'avoir un genre implique obligatoirement d'avoir une marque de genre, ou de faire un accord avec le genre dans les mots liés ?

Il existe une quantité de mots sans genre ou ayant l'apparence d'un genre et étant d'un autre genre.
Dans beaucoup de langues, on n'accorde pas le genre à l'adjectif ou au verbe.

Encore une fois, cette définition donne, comme pour les articles Wikipédia, que les rédacteurs se contentent de recopier sans comprendre le phénomène auquel ils ont affaire, et se raccrochent à un appel à l'autorité et à la censure pour barrer toute discussion, donc toute découverte ou compréhension complète.

***

Le texte d'origine :

SIL 2008 a écrit:
Grammatical gender is a noun class system, composed of two or three classes, whose nouns that have human male and female referents tend to be in separate classes. Other nouns that are classified in the same way in the language may not be classed by any correlation with natural sex distinctions.

SIL 2008 a écrit:
A noun class system is a grammatical system that some languages use to overtly categorize nouns. Noun classes are

* often based, at least in part, on characteristics (such as gender, animacy, shape) of the referents of some of the nouns in each class, and
* distinguished by
o an affix on the noun or by a clitic or word in the noun phrase, and
o agreement affixes on noun phrase constituents and on the verb.


Dernière édition par Greenheart le Lun 26 Mai 2008 - 16:36, édité 2 fois
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Greenheart
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MessageSujet: Re: Un post de vocabulaire à propos des langues   Lun 26 Mai 2008 - 16:33

Opera a écrit:


Quoi qu'il en soit, ce que tu as écrit a été éclairant. En plus, tu as pu défendre ta position quant au non-intérêt et la non-possibilité d'améliorer correctement les articles linguistiques des Wikipédias Razz

Merci Embarassed

Mais mon opinion ne vaut qu'au regard de toutes celles qui peuvent être exprimées ailleurs.
Je n'ai pas la science infuse et je fais des erreurs comme tout le monde.


Opéra a écrit:
Enfin, quant à ce que tu as dit sur mon utilisation des mots comme je l'entends, je vais devoir y réfléchir, puisque j'ai un certain nombre de "genres" (cinq) dont deux basés sur la distinction des sexes. Je ne sais pas comment je pourrais appeler ça ! Peut-être que le plus simple serait d'utiliser un vocabulaire propre à la langue...

Utilise tes propres mots sur le moment, sans trop réfléchir. Il ne faut pas se "prendre la tête" quand on crée.

Après, quand tu les pratiques et au fur et à mesure que ta curiosité va naturellement repérer d'autres mots plus appropriés ou au contraire divergents, cela se décante et tu corrigeras si nécessaire.

Le top du top, c'est quand tu vas commencer à décrire ta langue dans les mots de ta langue (ou ceux d'autres langues étrangères, c'est déjà très formateurs).
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Ziecken
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MessageSujet: Re: Un post de vocabulaire à propos des langues   Lun 26 Mai 2008 - 17:48

Greenheartt a écrit:
Utilise tes propres mots sur le moment, sans trop réfléchir. Il ne faut pas se "prendre la tête" quand on crée.

Après, quand tu les pratiques et au fur et à mesure que ta curiosité va naturellement repérer d'autres mots plus appropriés ou au contraire divergents, cela se décante et tu corrigeras si nécessaire.

Je suis d'accord avec Greenheart, il ne faut pas se pauser de questions, pendant la création. Laisser libre cours à son raisonnement et à son imagination. Mettre tout en vrac dans une sorte de brainstorming. Puis commencer à ordonner ses idées en les classant et en les explicants aux moyens de ses propres termes (en utilisant des néologismes si besoin est).
Ensuite, le terme exact, si il existe viendra se substituer au néologisme. Le forum est là pour ça, si on connaît le terme exact on l'apportera sans hésiter.

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MessageSujet: Re: Un post de vocabulaire à propos des langues   Lun 26 Mai 2008 - 18:11

C'est ce que j'ai fait pour décrire le phénomène de mutations consonantiques que j'utilise. Ce n'est pas très compliqué comme nom, mais vu que je ne sais pas si ce vocabulaire existe, je considère l'avoir inventé : les consonnes sujettes à la mutation sont appelées "mutatives" et sont divisées en trois groupes : "lénitives" (qui subissent une lénition), "fortitives" (qui subissent une fortition) et "approximatives" (qui subissent une approximation). Ce vocabulaire, aussi basique soit-il, me plait beaucoup Smile J'ai d'autres exemples : certaines mutatives ont deux formes de mutation. Tout bêtement, je les appelle "mutation I" et "mutation II". J'utilise la même classification pour les classes : "classe I", "classe II", "classe III", "classe IV" et "classe V" (même si les classes ont des noms qui informent un peu plus sur leur contenu : "féminine", "spirituelle", "masculin", "animale" et "autre" ; sauf que les chiffres sont plus pratiques).

Ça me rappelle un point du Plije. J'ai inséré beaucoup d'aspects dans cette langue et il y avait notamment une différenciation entre "terminatif" et "cessatif" et entre "prospectif" et "inchoatif". Le premier de chaque paire symbolisait la "projection" de l'action (je vais terminer, je vais commencer) alors que le second symbolisait le processus de l'action (je termine, je commence). L'autre distinction était "progressif" et "continu" qui semblent plutôt confondus chez les anglophones. Là encore, une distinction "projection"/processus.

Enfin bref, tout ça pour dire que j'ai déjà de nombreuses fois utilisé des mots sans vraiment coller à leur sens, alors je ne vois pas pourquoi je tenais tant à coller à celui de genre ou de classes de noms. Je vais créer, maintenant Razz
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MessageSujet: Re: Un post de vocabulaire à propos des langues   Lun 26 Mai 2008 - 20:53

Je trouve ça très intéressant. On pourrait ouvrir un post décrivant les spécificités et les singularités des langues que nous avons construites. Ne présentant ce que nous pensons ne retrouver nulle part ailleurs. Les uns pourrait profiter des néologismes, les autres partager leur connaissance et faire des rapprochements avec des langues existantes.

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MessageSujet: Re: Un post de vocabulaire à propos des langues   Lun 26 Mai 2008 - 23:25

Merci Greenheart pour ces illustrations et commentaires éclairés. Cela montre bien qu'il existe des systèmes profondément originaux dans de nombreuses langues, qui ressortent difficilement de schémas trop catégoriels ou de simples transpositions.

Pour reprendre l'exemple du Kotava que j'avais évoqué justement quant à cette difficulté, la règle d'accord vocalique des déterminants et des adjectifs au sein de leur syntagme (finale vocalique identique), est connue sous le terme de Référence Euphonique (Mamanhara "la bonne façon de sonner" ou de Mamafa vuestera "la façon de référer quant à la sonorité" en Kotava). Au vu de tout ce qui a été décrit, personnellement j'aurais plutôt tendance, s'il faut vraiment la raccorder à un trait connu, à parler de classes de nom, fonctionnant uniquement sur une logique phonologique.

Cette règle fait régulièrement l'objet d'interrogations au sein des kotavophones et sur le forum du Kotava. Staren Fetcey a fait une fois une réponse très complète, en rejetant toute notion de lien avec une catégorisation "physique" ou "mentale" et que cette règle trouvait sa justification uniquement pour créer de la variété orale et rythmique, du vocalisme et de casser certaines fréquences trop répétitives (elle visait particulièrement l'Esperanto sur ce point). Avec tous les adjectifs à degré zéro en -f, participes en -n ou -s, le nombre de finales consonnantiques répétitives dans un énoncé serait alors élevé et ennuyeux. Etant donné également que cette règle est également employée dans le cas des suffixes "totaux" (idées de petit, grand, bien, mal, trop, pas assez) et pour les suffixes temporels verbaux, on est en plein dans un mélange avec des principes d'harmonie vocalique.
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MessageSujet: Re: Un post de vocabulaire à propos des langues   Mer 28 Mai 2008 - 14:26

Nombre du mot :
ROBERT 2008 :
I. Ce qui sert à mesurer une quantité. 1. Concept de base des mathématiques que l'on peut rapporter à d'autres idées (pluralité, ensemble, correspondance) mais que l'on ne peut définir (!). 2. Nombre concret servant à caractériser une pluralité de choses, de personnes. 3. Pluralité, grand nombre, masse, quantité de personnes.
II. En grammaire. Catégorie grammaticale fondée sur la considération du compte, suivant que le mot est employé pour désigner un objet ou concept unique, ou une pluralité.
III. Terme de stylistique. Répartition rythmique et harmonique des éléments d'un vers, d'une phrase.



Déclinaisons d'un mot :
MALHERBE : changement de la forme du mot en fonction du rôle qu'il joue dans la phrase.
Les cas les plus fréquents sont le génitif de possession, le datif de destination, l'accusatif de complément du verbe (ou partitif), nominatif de sujet du verbe, l'illatif (mouvement vers le dedans), l'inesif (position dedans), l'allatif (mouvement vers le dehors), l'adessif (position auprès d'un point), l'ablatif (mouvement d'éloignement d'un point), le translatif (transformation en), l'essif (un trait commun avec), l'abessif (sans trait commun avec), le comitatif (avec, en compagnie de).
ROBERT 2008 : 1. Déviation spontanée des atomes dans la philosophie d'Epicure. 2. Arc de méridien céleste compris entre un astre et l'équateur céleste. 3. Déclinaison magnétique, c'est à dire l'angle existant en un lieu et temps donnés entre la direction du nord géographique et celle du nord magnétique. 4. Grammaire : Ensemble des formes que prennent les noms, pronoms, adjectifs des langues à flexion, suivant les nombres, les genres, les cas.



Flexions d'un mot :
MALHERBE : voir déclinaisons.
ROBERT 2008 : 1. Mouvement par lequel une chose fléchit, état de ce qui est fléchi ! 2. (mécanique) Courbure d'une pièce (par exemple une poutre) sous l'action de forces perpendiculaires à l'axe longitudinal, appliquée en des points où la pièce n'est pas soutenue. 3. Anatomie, mouvement par lequel une partie du corps (segment de membre) fait un angle avec la partie voisine ; position qui résulte de ce mouvement. 3. Linguistique : modification d'un mot à l'aide d'éléments (voir désinence), qui exprime certains aspects et rapports grammaticaux.


Fléchir :
ROBERT 2008 :
I. Verbe transitif : 1. Faire plier progressivement. 2. Faire céder peu à peu.
II. Verbe intransitif : 1. Plier, se courber peu à peu sous un effort, une pression. 2. Perdre de sa force, de sa rigueur. 3. Diminuer de valeur, baisser pour une courbe sur un graphique.


Cas d'un mot :
MALHERBE : voir cas.
ROBERT 2008 :
1°) 1. En général : 1. Ce qui arrive. 2. (locutions) En supposant que. 3. Une chose importante.
2. Spécifiquement : 1. Situation prévu par la loi. 2. Cas de conscience = difficulté sur un point de morale, de religion. 3. Cas témoin, cas désespéré (médical) : état et évolution du sujet du point de vue médical. 4. Cas social = situation critique d'une personne défavorisée, la personne elle-même.
2°) Chacune des formes d'un mot qui présente des flexions (voir désinence, déclinaison).
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MessageSujet: Re: Un post de vocabulaire à propos des langues   Mer 28 Mai 2008 - 16:38

Tout en poursuivant l'exploration du Malherbe, croisée avec les définitions du Petit Robert, je vous propose de découvrir avec quels termes Claude Thomasset et Karin Ueltschi proposent Pour lire l'Ancien Français (chez Armand Colin, collection 128, dite universitaire de poche).

Enoncé
THOMASSET 2007 : Pas de définition. Il peut être assertif, interrogatif, injonctif.

Affirmation
THOMASSET 2007 : Pas de définition. Pas de marque morphologique spécifique en Ancien Français.

Négation
THOMASSET 2007 : Pas de définition.

Mot prédicatif
THOMASSET 2007 : mot qui peut faire phrase à soi seul. Par exemple en ancien français "Qui est là ? Je." et en français actuel "Qui est là ? Moi".

Négation prédicative
THOMASSET 2007 : Phrase négative en un mot. En ancien français : "non", "nennil" = "nenni" = "nen"+"il" (le pronom de la troisième personne) ; "naie" = "nen"+"je" (le pronom de la première personne).

Affirmation prédicative
THOMASSET 2007 : Phrase affirmative en un mot. En ancien français : "si" (du latin "sic", comme vous le dites, comme ceci, de même, ainsi) ; "oïl" = "O + il" ; "Oie" (prononçer "'ouai") - le "o" vient du latin "hoc" (comme cela).
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MessageSujet: Re: Un post de vocabulaire à propos des langues   Sam 31 Mai 2008 - 13:08

Et voici le recoupement avec le Petit Robert.

Enoncé :
THOMASSET 2007 : Pas de définition. Il peut être assertif, interrogatif, injonctif.
ROBERT 2008 : 1. Action d'énoncer (!), déclaration. 2. Formule ou ensemble de formules exprimant quelque chose. 3. Linguistique : Résultat, réalisation de l'acte de parole. 4. Segment du discours ainsi produit.


Enoncer :
ROBERT 2008 : 1. Exprimer en termes nets, sous une forme arrêtée, ce que l'on a à dire. 2. S'exprimer, parler.


Assertif :
PETIT ROBERT 2008 : pas de définition.


Assertorique :
PETIT ROBERT 2008 : (Philosophique, Kant) Qui énonce une vérité de fait (et non une vérité nécessaire) Voir Apodictique.


Apodictique
ROBERT 2008 : Qui a une évidence de droit et non pas seulement de fait. Voire Nécessaire et Assertorique.


Assertion :
ROBERT 2008 : Proposition qui dans sa forme peut être affirmative ou négative, que l'on avance et que l'on soutient comme vraie. 2. Linguistique : toute phrase qui n'est ni une interrogation, ni une exclamation.
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MessageSujet: Re: Un post de vocabulaire à propos des langues   Sam 31 Mai 2008 - 13:30

Je sais qu'il existe un dictionnaire de la linguistique. Tu l'as déjà consulté ? Je vais sortir dans peu de temps, j'irai jeter un oeil sur la bête Smile
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MessageSujet: Re: Un post de vocabulaire à propos des langues   Sam 31 Mai 2008 - 13:37

Opera a écrit:
Je sais qu'il existe un dictionnaire de la linguistique. Tu l'as déjà consulté ? Je vais sortir dans peu de temps, j'irai jeter un oeil sur la bête Smile

Je ne pense pas l'avoir : n'hésite pas à nous faire part de tes découvertes.

PS : SVP, note bien le nom du rédacteur principal (responsable de l'ouvrage) et sa date d'impression / copyright / droits réservés
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MessageSujet: Re: Un post de vocabulaire à propos des langues   Sam 31 Mai 2008 - 15:06

Ce sera pour une prochaine fois, en fait. Mais dès que je peux mettre la main dessus, je te donnerai ces infos Wink
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MessageSujet: Re: Un post de vocabulaire à propos des langues   Sam 31 Mai 2008 - 17:50

Suite du recoupement avec le Petit Robert, un festival de renvois dans toutes les directions, avec de nombreuses boucles logiques. Autrement dit, la confusion règne.


***Note***
Les points d'exclamation entre parenthèses signalent une définition qui renvoie à une autre, avec le risque de boucle logique, ou si vous préférez, de cercle vicieux - ou encore que je viens de lire la même définition pour un autre mot, ou encore qu'il s'agit d'une définition vide (qui utilise un mot qui ne décrit pas, ou pas suffisamment l'objet de la définition), à mes yeux en tout cas.
***fin de note***



Interrogatif
ROBERT 2008 : 1. Qui exprime, marque l'interrogation (!). 2. Linguistique : qui sert à interroger, contraire de Affirmatif, Négatif.


Interrogation
ROBERT 2008 : 1. Action de questionner, d'interroger. 2. Question, ensemble de questions que l'on pose à un élève, à un candidat. 3. Type de phrase logiquement incomplète qui a pour objet de poser une question ou qui implique un doute. 4. Point d'interrogation : signe de ponctuation qui marque la fin de toute phrase d'interrogation directe / (au figuré) Chose incertaine.


Interroger
ROBERT 2008 : 1. Questionner avec l'idée qu'on vous doit une réponse, presser quelqu'un de questions. 2. (pronominal) Se poser des questions. 3. Chercher à obtenir des informations d'un système informatique. 4. Examiner avec attention une chose pour y trouver une réponse aux questions qu'on se pose.


Affirmation
THOMASSET 2007 : Pas de définition. Pas de marque morphologique spécifique en Ancien Français.
ROBERT 2008 : 1. Action d'affirmer (!), de donner pour vrai un jugement, qu'il soit dans la forme affirmatif ou négatif). 2. Le jugement ainsi énoncé. 3. Déclaration par laquelle on certifie l'exactitude, la réalité d'un compte, d'une créance. 4. Caractère d'une proposition dans laquelle la réalité énoncée par la copule est donnée comme réelle et positive. 5. Cette proposition. 6. Action, manière d'affirmer, de manifester d'une manière indiscutable (une qualité).


Affirmer
ROBERT 2008 : 1. donner une chose pour vraie, énoncer un jugement comme vrai (=assurer, certifier). 2. Enoncer avec affirmation (!). 3. Manifester de manière indiscutable.


Affirmatif
ROBERT 2008 :
I. Adjectif.
1. Qui constitue, exprime une affirmation (!). 2. Qui affirme, qui est porté à affirmer avec force (!). 3. Qui constitue, qui exprime une affirmation (!).
II. Adverbe.
1. (terme de transmission) oui.


Copule
Verbe d'un jugement en tant qu'il exprime une relation entre le sujet et le prédicat. 2. Linguistique : Mot qui relie le sujet au prédicat.


Sujet
I. Thème de réflexion, thème représenté.
1. Ce qui est soumi à l'esprit, à la pensée ; ce sur quoi s'exerce la réflexion. 2. Ce dont il s'agit dans la conversation, dans un écrit. 3. Ce qui dans une oeuvre littéraire, constitue le contenu de la pensée sur lequel s'est exercé le talent créateur de l'auteur. 4. Ce sur quoi s'applique la réflexion dans un travail scientifique, une oeuvre didactique. 5. Thème ou motif principal (spécialement en musique contrapuntique). 6. Ce qui est représenté ou évoqué dans une oeuvre graphique, plastique. 7. Représentation d'un motif anecdotique, littéraire, d'une action. 8. Ce motif.
II. Motif.
1. Ce qui fournit matière, occasion à un sentiment, une action ("sujet de chagrin").
III. En grammaire.
1. Dans une proposition attributive, l'être auquel est attribué le prédicat, l'attribut.
2. Terme considéré comme le point de départ de l'énoncé, que l'on définit de manière logique (terme à propos duquel on exprime quelque chose) ou formelle (terme qui régit le verbe).
IV. Etre vivant
A Individu.
1. Etre individuel. 2. Personne considérée comme le support d'une action, d'une influence. 3. Etre vivant soumis à l'observation. 4. Individu présentant tel ou tel caractère. 5. (Danse) troisième échelon dans la hierarchie des danseurs du corps de ballet de l'Opéra. 6. (sujet de droit) Titulaire d'un droit, personne considérée comme le support d'un droit.
B. En philosophoe, en psychologie.
1. (Kant) Etre pensant conséidéré comme le siège de la connaissance, par opposition à l'objet. Voir conscience, esprit ("sujet pensant").


Prédicat
ROBERT 2008 : 1. (logique) Second terme d'une énonciation où il est possible de distinguer ce dont on parle et ce que l'on affirme ou nie ; 2. Attribut du sujet (!). 3. Linguistique : Ce qui, dans un énoncé, est affirmé à propos d'un autre terme (sujet ou thème). 4. Spécialement : Le verbe et l'attribut qui dépendent d'un nom.


Prédicatif
THOMASSET 2007 : mot qui peut faire phrase à soi seul. Par exemple en ancien français "Qui est là ? Je." et en français actuel "Qui est là ? Moi".
ROBERT 2008 : A. Qui affirme un prédicat (!) d'un sujet (!). 2. Du prédicat. 3. (épistémologie) qui affirme d'une manière absolue et définitive = catégorique, apodictique.


Thème
ROBERT 2008 : 1. Sujet (!), idée, proposition qu'on développe (dans un discours, un ouvrage didactique ou littéraire). 2. Idée, pensée qui constitue le sujet (!) des propos d'une personne, le centre de ses préoccupations. 3. Ce sur quoi s'exerce la réflexion ou l'activité (!). 4. Exercice scolaire qui consiste à traduire un texte de sa langue maternelle dans une langue étrangère (= Traduction, contraire de Version). 5. Ce texte lui-même. 6. Dessin mélodique qui constitue le sujet (!) d'une composition musicale et qui est l'objet de variations (= motif). 7. Astrologie : Représentation symbolique de l'état du ciel au moment de la naissance de quelqu'un, permettant d'établir son horoscope. 8. Linguistique : Dans certaines langues à flexion : partie du mot composée de la racine, élargie parfois d'un élément thématique (!), à laquelle on ajoute les désinence = radical.


Thématique
ROBERT 2008 :
I. Adjectif.
1. Relatif à un thème (!). 2. Qui s'attache à la présence dans une oeuvre de thèmes constants. 3. Philosophie : Qui pose ou est posé comme objet de l'activité mentale. 4. (musique), Table des matières listant les premières mesures de chaque morceau de musique. 5. Linguistique : Se dit d'un léxème qui appartient à un thème de pensée, à une terminologie ("vocabulaire thématique"). 6. "Voyelle thématique" : qui s'ajoute à la racine pour constituer le thème portant les désinences.
II. Nom.
1. Ensemble, système organisé de thèmes (!) conscients et inconscients ("la thématique d'une oeuvre").



Lexème
ROBERT 2008 : Linguistique : Morphème lexical (!) libre (voir mot) ou lié (voir racine).


Lexical
ROBERT 2008 : Linguistique : Qui concerne le lexique (!), le vocabulaire. 2. "champ lexical" : Ensemble de mots d'un texte désignant les réalités ou des idées relatives à un même thème (!). 3. Contraire de Grammatical = Du lexique (au sens restreint). Par exemple "mots lexicaux".


Lexique
ROBERT 2008 : 1. Dctionnaire. 2. Dictionnaire succinct (d'une science, d'un domaine spécialisé) = Glossaire. 3. Recueil de smots employés par un auteur, dans une oeuvre littéraire = Index. 4. Linguistique : L'ensemble indéterminé (!) des éléments signifiants stables (!) (mots, locutions...) d'une langue = Vocabulaire. 5. Ensemble des mots employés par quelqu'un.


Dernière édition par Greenheart le Dim 3 Aoû 2008 - 10:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un post de vocabulaire à propos des langues   Mar 3 Juin 2008 - 13:26

Suite du recoupement entre THOMASSET (lire l'ancien français) et le PETIT ROBERT 2008.


***

Injonctif
ROBERT 2008 : (Didactique) 1. Qui renferme une injonction (!). 2. Qui convient à l'expression d'un ordre.


Injonction
ROBERT 2008 : Action d'enjoindre (!), d'ordonner expressément ; 2. Ordre exprès = commandement, ordre. 3. (procédure civile) Ordre donné à la requête d'une partie, à une autre partie ou à un tiers, de produire en justice un élément de preuve = sommation. 3. "injonction de payer" : Ordre de payer donné par le juge.


Enjoindre
ROBERT 2008 : 1. Ordonner expressément = Intimer, prescrire, sommer.


Négation
ROBERT 2008 : 1. Acte de l'esprit qui consiste à nier (!), à rejeter un rapport, une existence. 2. Expression de cet acte. 3. Action, attitude qui va à l'encontre d'une chose, qui n'en tient aucun compte. 3. Manière de nier (!), de refuser ; 4. Mot ou groupe de mots qui servent à nier (!).


Négatif
ROBERT 2008 :
I. Opposé à affirmatif.
1. Qui exprime une négation (!), un refus. 2. Qui exprime la négation (!).
II. Opposé à positif.
1. Qui est dépourvu d'éléments constructifs. 2. Qui ne se définit que par le refus de ce qui est proposé. 3. (personne) Qui ne fait que des critiques, n'approuve aucunement sans rien proposer d'autre. 4. qui est dépourvu d'éléments réels, qui ne se définit que par l'absence de son contraire (?). 5. Qui n'est pas bon. 6. (Grandeur) Celle qui dans une représentation géométrique des grandeurs (ou des quantités) par segments mesurés à partir d'une même origine sur une droite orientée correspond à un déplacement dans la direction inverse de celle de l'axe (!). 7. "Nombre négatif", nombre inférieur à zéro. 8. Se dit de ce qui peut être considéré comme opposé ou inverse. 9. (Image) Image sur laquelle les parties lumineuses des objets sont représentés par des tâches sombres et inversement. 10. "Un négatif" : la plaque ou la pellicule qui porte cette image.


Nier
ROBERT 2008 : 1. Rejeter un rapport, une proposition, une existence. 2. Penser, se représenter un objet comme inexistant. 3. Déclarer un objet comme irréel. 4. Mettre en doute, s'inscrire en faux = contredire. 5. Rejeter les croyances, les valeurs proposées. 6. Refuser, dénier (!). 7. Refuser l'idée que, par un démenti, un défi moral = occulter.


Négation prédicative
THOMASSET 2007 : Phrase négative en un mot. En ancien français : "non", "nennil" = "nenni" = "nen"+"il" (le pronom de la troisième personne) ; "naie" = "nen"+"je" (le pronom de la première personne).
PETIT ROBERT 2008 : Pas de définition spécifique.
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MessageSujet: Re: Un post de vocabulaire à propos des langues   Lun 9 Juin 2008 - 11:51

Je reprends le Malherbe (les Langages de l'Humanité), là où je l'avais laissé...

***

Particule, préposition, postposition, circumposition :
MALHERBE 1983 : Remplace le cas pour indiquer une "relation", comme la préposition ou la postposition ou la "circumposition". La particule ou la postposition se place après le nom. La préposition se place avant. La "circumposition" se place "autour" (avant et après). Il peut y avoir un mélange de particules (postposition) et de préposition dans une même langue (Allemand).

Notes : J'ai l'impression que "circumposition" est un barbarisme... La définition est très floue quand au sens des particules, cf. la "relation" (avec quoi, avec qui, par rapport à quoi, quelle genre ?). Je n'ai pas l'impression que Malherbe ait vraiment dressé un tableau comparatif de toutes les particules entre elles, puis de tous les cas, puis le rapprochement. D'autant que pour un Finnois, les "particules" qu'il décrit sont apparemment des "cas" si j'en crois mon manuel.

***

Article :
MALHERBE 1983 : Détermine le nom. Son usage est encouragé par la disparition des cas. Il peut être placé devant ou en suffixe du nom (bulgare, nahuatl, basque). Les articles français, allemand, anglais viennent de démonstratifs.

Notes : En fait tous les articles sont des démonstratifs si on reste logique. Malherbe une fois de plus n'a pas défini son mot clé ("détermine le nom" : de quelle manière ? qu'est-ce que ça change ? qu'est-ce que ça indique ?). Evidemment, une fois qu'on approche l'article de cette manière, toutes les langues à cas (dont le latin) ont des articles, et ce sont précisément les démonstratifs. C'est justement parce qu'ils étaient utilisés de cette manière qu'ils ont persisté depuis l'époque romaine jusqu'à maintenant en français : ils ne sont pas apparus d'un coup de baguette magique académicienne !

Il faut aussi noter que dans le passage "l'arabe a un article défini EL pour le masculin, l'hébreu dispose de l'équivalent HA" censé caractériser les langues sémitiques prouvant que l'utilisation d'un article est une exception, c'est le crash : Malherbe qui semble connaître le Latin, ne connaît visiblement pas le Grec Ancien : Ho logos = La raison, Ho barbaros = Le barbare.

Autrement dit, l'utilisation "exceptionnelle" de l'article selon Malherbe est plus généralisée qu'il ne veut bien l'admettre, que ce soit par le passé ou dans le présent. Quant à l'article dans les langues asiatiques, je ne connais pas le Chinois, mais en Japonais, l'usage des Kosoado qui en sont l'équivalent est également généralisé : Ano Hito, une personne. Kono Hito, la personne dont je parle, cette personne-ci. Sono Hito, la personne dont nous parlons, cette personne-là.

J'ai vraiment l'impression que certains français en fait ne réalisent plus ce que signifient les mots français les plus simples qu'ils emploient, et que Malherbe serait de ceux-là.


***

Verbe :
MALHERBE 1983 : Le mot qui exprime l'action et plus rarement l'état.

Notes : Et comment Malherbe définira-t-il les substantifs "activité", "combat", "explosion", "transformation" ? A part par une série de mots qui "expriment" (décrivent) une action ou un état ?


***

Flexion
MALHERBE 1983 : modification du verbe portant sur le temps, le mode, la personne. La flexion s'ajoute au radical, qui peut être modifié par cette adjonction. Cette modification par la flexion du radical marque la différence entre les langues à flexions et les langues agglutinantes.


Notes : "Cette modification par la flexion du radical marque la différence entre les langues à flexions et les langues agglutinantes". Vérifions sur le champ cette affirmation en ouvrant mon manuel de Finnois, langue agglutinante s'il en est Smile

Présent de Etre :
Olen, Olet, On (autant pour le radical non modifié par la flexion), Olemme, Olette, Ovat (!).

Présent de Avoir :
Minulla on, Sinulla on, Haünellä on, Meillä on, Teillä on, Heillä on (y a pas photo....).

D'autant que les règles de prononciations et la position des accents peuvent très bien faire varier le résultat audible d'une même graphie, parfois considérablement.

Donc, à nouveau du n'importe quoi, et la distinction "langue agglutinante" / "langue à flexion" semble tenir de la pure confusion née des règles de la transcription écrite du langage (séparer tel ou tel graphème par un espace sur le papier, transcrire oui ou non les nuances d'articulation très précise, en particulier des voyelles ou des consonnes hybrides etc.).
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MessageSujet: Re: Un post de vocabulaire à propos des langues   Lun 9 Juin 2008 - 17:39

Pour poser mes propres définitions (je peux? Embarassed ):

- isolation: plusieurs mots bien séparés, par exemple en toki pona: "tomo sulo ni" (maison grande ce/cette => cette grande maison). Ca se remarque surtout à l'écrit, à l'oral on essaye de bien séparer chaque mot.
- agglutination: à une racine, on ajoute, collé avant ou après, un affixe qui en changera le sens, la nature, la fonction... par exemple en espéranto: "patr-in-o" (père-[féminin]-[nom]) donne "patrino" (mère). A l'oral, c'est moins différenciable de l'isolation, mais souvent l'accent est mis sur une syllabe du mot donc le reste est repris dedans. Lorsqu'il s'agit d'une voyelle, elle se confond avec la consonne précédente sans séparation.
- flexion: des voyelles ou consonnes sont changées ou ajoutées à la racine principale, par exemple en arabe: le verbe "kataba" (écrire) devient "kitâb" (livre) ou "kâtib" (écrivain).

Pour ce qui est des langues européennes, on trouve beaucoup d'agglutination avec un peu de flexion dans les "langues mères" et le résultat sur les "langues filles" fait beaucoup plus flexionnel à cause de l'évolution des phonèmes...

_________________
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MessageSujet: Re: Un post de vocabulaire à propos des langues   Ven 13 Juin 2008 - 15:47

Nemszev a écrit:
Pour poser mes propres définitions (je peux? Embarassed ):


Bien sûr ! cheers
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MessageSujet: Re: Un post de vocabulaire à propos des langues   Ven 13 Juin 2008 - 16:05

Retour à l'Ancien français selon Thomasset et Ueltschi.

Anaphorique :
THOMASSET : Qui reprend le contenu de la proposition précédente.

***

Proposition :
THOMASSET : Pas de définition.

***

Auxiliaire :
THOMASSET : Pas de définition.

Auxiliaire de mode
THOMASSET : Pas de définition. Exemple : pouvoir, vouloir, savoir, devoir, oser.

***

Formuler :
THOMASSET: Pas de définition ("pour formuler la réponse négative"). Je suppose, pour construire un énoncé négatif.

***

Valeur de renforcement
THOMASSET : Pas de définition "voir, adverbe qui vient remplacer le oïl affirmatif. En plus de cette valeur de renforcement, voir très fréquemment employé, peut servir à confirmer une affirmation. Est-ce un synonyme d'augmentation, de redondance, des deux ?

Valeur
THOMASSET : Pas de définition.

***

Explétif
THOMASSET : Qui n'est pas accompagné d'un second terme, "il existe un 'ne'... explétif". Dont la suppression ne modifie pas le sens de la phrase. "Je crains qu'il ne vienne" = je crains qu'il vienne. Deux énoncés dans la même phrase coexistent : une affirmation ("il viendra"), le désir que cela ne soit pas ("je le crains").

***

Discordantiel
THOMASSET : Toujours au sujet de "ne", "ne " est le discordantiel dans "ne regardés pas à sa folie ne a ses nices paroles" (= Ne tenez pas compte de ses excès ni de ses propos déplacés".

Forclusif
THOMASSET : Voir ci-dessus. Le forclusif est l'élément qui suit "ne" dans cet emploi, renforçant la négation, par exemple un substantif signifiant une petite quantité positive, qui donne à la négation son sens accompli, comme dans "Autrement ne puet il mie avenir" = Il ne peut se faire que les choses soient autrement. Autre exemple "point" dans "ki son fil ne reconnoist point" = qui ne reconnait pas son fils (oist se prononce "ouai").
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MessageSujet: Re: Un post de vocabulaire à propos des langues   Sam 28 Juin 2008 - 19:16

Un petit tour du côté du dictionnaire du français usuel Picoche / Rolland, qui contient justement une rubrique Terminologie.
Alors sautons dedans à pieds joints.

***

Référent d'un mot
PICOCHE : L'objet, la situation ou l'action extra-linguistique qu'il sert à désigner. Par exemple "Il y a trop de papiers sur ma table", "table" désigne la table particulière de celui qui parle.

Actant

Actant concret
PICOCHE : Un nom est concret lorsqu'il est apte à référer à quelque chose dans notre univers qui est objet de sensation et de mesure. Par exemple : "Luc porte sa valise", "valise" doit être concret dans cette acceptation du verbe "porter".

Actant abstrait
PICOCHE : Un nom qui désigne une simple relation entre deux termes. Par exemple : "Luc porte un jugement sur Eric". "Jugement" est abstrait dans cette acceptation du verbe "porter".


***

Mot hyperfréquent
PICOCHE : L'un des huit cents mots français les plus fréquents, quelque soit la liste de fréquence à laquelle on se réfère.

Mot fréquent
PICOCHE : Un mot appartenant aux 7000 mots français les plus fréquents, qui suffisent à écrire 98% de tous les textes littéraires français produits entre le 18ème et le 20ème siècle.
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MessageSujet: Re: Un post de vocabulaire à propos des langues   Mer 23 Juil 2008 - 17:44

Dans le Lexique nouveau de la langue latine de Guisard et Laizé, je trouve un chapitre sur la formation des mots latins : pas de vocabulaire spécifique, jusqu'à ce que l'on en arrive aux suffixes de verbes ("verbaux").

Ceux-ci ont des "valeurs" ainsi définies :

Suffixe fréquentatif : faire souvent, faire de manière répétée, faire d'habitude ("rogito", demander souvent).

Suffixe intensif : chercher à faire (par exemple chercher à saisir, "capto").

Suffixe désidératif : chercher à faire (par exemple chercher à atteindre - "capesso", voir - "viso").


***la distinction entre intensif et désidératif ne me parait pas très claire au vue des exemples. Il faudrait que je vérifie à une autre source la signification exacte de "capto" (chercher à saisir) et "capesso" ("chercher à atteindre").

Pour l'instant, je suppose que "capesso" signifierait "désirer / souhaiter atteindre" et non "chercher à atteindre", tandis que "capto" signifierait "se concentrer pour atteindre" ?


Suffixe inchoatif : faire peu à peu / encore et encore ("calesco" s'échauffer)

Suffixe itératif : ne pas cesser de faire ("posco", ne pas cesser de réclamer).

Suffixe d'état : rester à faire / se trouver dans une situation, un état ? ("maneo", demeurer ; "sedeo", être assis).

Suffixe itératif / factitif : faire faire ("torqueo", faire tourner).

Suffixe désidératif / de préparation d'un procès : "parturio", être sur le point d'enfanter.


*** à nouveau, "désidératif" ne me parait pas l'adjectif le plus approprier pour désigner un suffixe indiquant qu'on se prépare à faire quelque chose, comme par exemple enfanter.


Suffixe diminutif : faire petitement ("cantillo", chantonner).
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MessageSujet: Re: Un post de vocabulaire à propos des langues   Mer 23 Juil 2008 - 18:35

Et j'en reviens au Malherbe (Les langages de l'Humanité), la question du jour étant quels mots sont utilisés par l'auteur pour caractériser les groupes de langues.

Mots à formes fixes :
Le contraire de mot à flexion selon Malherbe. Apparemment, il s'agit de mots invariables (Malherbe cite comme exemple les adverbes, les prépositions).

Mots à flexions
Mot dont la forme change en fonction du rôle tenu, par exemple en fonction du temps ou de la personne pour un verbe. Malherbe précise que la flexion peut altérer le radical du mot (mais quelle est la définition de radical ?).

Autonomie des mots
Apparemment, Malherbe entend par là qu'un mot peut être déplacé dans la phrase assez librement, le mot important étant placé en tête par exemple pour le groupe Indo-européen.

***

Je note que tout le monde n'est pas d'accord avec Malherbe concernant l'importance des mots, puisqu'il existe selon d'autres sources au moins trois manières de mettre un mot en avant dans une phrase : le placer en tête de phrase, le placer en fin de phrase, le placer après une ponctuation quelconque.

Par exemple :

1°) Effrayée, elle se précipita dans le salon.
2°) Elle se précipita dans le salon, effrayée.
3°) Elle se précipita, effrayée, dans le salon.

***

L'opposition vocalique
Apparemment, Malherbe décrit un procédé qui consiste à faire varier la voyelle d'un mot pour donner naissance à des formes différentes, ou des mots dérivés différents.

Les exemples donnés par Malherbe sont "sing, sang, sung", le verbe irrégulier anglais "chanter", et les mots français "clef, clavier, inclure" dérivés du latin "claudere" (fermer, selon Malherbe).

***

Notez que "claudere" signifierait plus exactement fermer au moyen d'un clou, d'une cheville, et a lui-même de nombreux dérivés en latin, en particulier "Clavicvla" (petite clé) ou "Clavatvs" (garni de clous) ou encore "Clavdico" ("boîter").

Donc on peut dire que l'opposition vocalique, si elle était réellement une caractéristique d'une langue, serait plutôt héritée qu'inhérente à une langue donnée. L'autre problème étant que les oppositions vocaliques sont étroitement liées à la manière dont l'appareil vocal humain est construit : selon l'enchaînement de voyelles ou de consonnes, plus ou moins précipité ou accentué, les voyelles ou consonnes s'altèrent.

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Greenheart
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MessageSujet: Re: Un post de vocabulaire à propos des langues   Lun 1 Sep 2008 - 19:31

Accrochez vous au pinceau, je retire l'échelle.

Dans la collection Hachette Supérieur (tout un programme), je viens d'acquérir une Introduction à la Pragmatique (je n'ose même pas imaginer le Traité...) de Nathalie Garric et Frédéric Callas, en attendant que l'Introduction à la Linguistique et à la Stylistique commandés arrivent jusqu'à moi sur leur petites jambes musclés.

***

Il s'agit donc d'un ouvrage "officiel" ciblant les étudiants de 1er et 2nd cycles de Lettres, de Sciences du langage, les classes préparatoires littéraires et les candidats au CAPES (prof de français du collège) et à l'Agrégation de Lettres Moderne (prof de français des lycées). Donc du gros, du lourd, avec une mise en page limpide, des idées qui ont l'air de l'être un peu moins, et des grosses surprises si vous avez comme moi fouillé auparavant dans un pannel d'ouvrage anglosaxons sur l'écriture et la communication.

Mais allons plutôt à la pêche au jargon, en espérant trouver soit de nouvelles idées, soit d'anciennes étiquettées sous un vocabulaire, il faut bien le dire, barbare, si l'on peut qualifier de barbarisme le latin et le grec de cuisine.

***

PRAGMATIQUE

ROBERT 2008 : du grec pragmatikos, relatif à l'action "pragma".
1. Histoire : pragmatique sanction : édit promulgué pour règler définitivement une affaire importante.
2. Mathématique du 17ème siècle, devenu didactique : adapté à l'action sur le réel, susceptible d'application pratique, qui concerne la vie courante.
3. Qui accorde la première place à l'action = pratique, efficace.
4. Sémiologie : étude des signes en situation.

CALAS : l'étude de l'usage de la langue comme pratique énonciatrice intersubjective contextuellement située et dotée d'un pouvoir de faire.

****

Notes : c'est là qu'on voit la différence fondamentale entre une définition qui éclaircit et une définition qui obscurcit. Dans un cas, les mots qui définissent appartiennent à un vocabulaire plus simple, moins spécialisé. Dans l'autre, la définition est bourrée de mots qui réclamment une vérification et aucune image claire ne s'en dégage.

Aucune référence à la Sémiologie, et pour cause, puisque CALAS & co s'efforcent d'établir la pragmatique comme une science autonome. Allons plutôt voir ce que signifient les mots sophistiqués qu'ils viennent de me balancer à la figure, et faisant en cela le contraire de ce qu'ils m'avaient annoncé (et pourquoi j'ai payé 20€) : m'expliquer clairement ce qu'est la pragmatique..

PRATIQUE ENONCIATRICE

PRATIQUE
ROBERT 2008.
I.
1. Activités volontaires visant des résultats concrets (opposé à théorie) = Empirique, expérimental, pragmatique... (Note : cercle vicieux, pragmatique est défini par pratique qui est défini par pragmatique !).
2. Manière concrète d'exercer une activité = exercice, usage, expérience.
3. Procédure.
4. (Littéraire) : le fait de suivre une règle d'action sur le plan moral ou social ("pratique de la dévotion") = observance.
5 (17ème siècle) : les exercices extérieurs de la piété = observance, culte.
II
Manière habituelle d'agir (propre à une personne ou un groupe) = agissement, conduite, procédé, coutume, mode, usage.
2. Bonne pratique (de l'anglais pratice) : démarche, action efficace face à un problème.

ENONCIATRICE
ROBERT BRIO 2004 : 1. Personne qui énonce. 2. Personne qui produit un énonce. 3. (adjectif) Qui énonce.

ENONCER
ROBERT 2008
1. Exprimer en termes nets (NdR on ne vous le fait pas dire !) sous une forme arrêtée ce que l'on a à dire = exposer, formuler, mentionner, stipuler.

ENONCIATION.
ROBERT 2008
1. Action d'énoncer = déclaration, énoncé, mention.
2. Manière d'énoncer en parlant = élocution, prononciation.
3. Production individuelle d'une phrase dans des circonstances données de communication.
4. Indices d'énonciation : éléments linguistiques de l'énoncé qui font référence à la situation de communication.

****

Essayons à la lumière du ROBERT de traduire en français les premiers mots de la définition de CALAT & Co :

La pragmatique serait l'étude des références à la situation de communication dans le langage. Ben voilà. Mais comme la définition n'est pas terminée...

****

INTERSUBJECTIF
ROBERT 2008. Qui se produit entre deux sujets humains.

CONTEXTUELLEMENT

CONTEXTUEL
ROBERT BRIO : De manière relative au contexte.

CONTEXTE
ROBERT BRIO : 1. Ensemble du texte qui entoure un élément de langue. ROBERT 2008, et qui sélectionne son sens. = concordance.
2. Ensemble des circonstances dans lesquelles s'insère un fait. ROBERT 2008 = Situation, environnement, conjoncture.

***

Citation :
CALAS : l'étude de l'usage de la langue comme pratique énonciatrice intersubjective contextuellement située et dotée d'un pouvoir de faire.

"Contextuellement situé " me parait quelque peu pléonasmique

Donc, la pragmatique serait l'étude en situation de communication des références entre deux personnes à la situation de communication dans le langage, ces références ayant des conséquences (sinon elles n'ont pas "le pouvoir de faire" non ?).

Essayons de reformuler, parce que cela me parait encore bien bancal :

"La pragmatique est l'étude des références du langage à la situation de communication."

Parce que de toute manière la référence qui n'a pas le pouvoir de faire a le pouvoir de ne pas faire, donc inutile d'en rajouter, et de toute manière quand il faut étudier la référence avant de pouvoir l'écarter du domaine. Ensuite il n'existe pas de communication hors contexte, et le contexte est lui-même un objet communiqué, donc un langage.


***

Pour paraître plus cohérent, CALAS & co inscrivent la pragmatique dans une échelle :

PHONETIQUE :
CALAS 2007 : Etude des sons de la parole du point de vue de leur production articulatoire, transmission dans l'espace, réception auditive. Unité = le son.

PHONOLOGIE :
CALAS 2007 : Etude des sons du langage d'un point de vue fonctionnel, = en regard de leur rôle dans la communication linguistique pour identifier ceux qui ont une fonction distinctive dans la langue traitée. Unité = le phonème.

***
Donc la phonétique c'est l'étude de l'articulation de la parole, tandis que la phonologie c'est l'étude de la distinction des sons dans la parole ?

MORPHOLOGIE
CALAS 2007 : L'étude des unités significatives d'une langue, isole les unités (= morphème) et analyse comment ils se combinent pour former des sens.

****
Donc c'est l'étude des mots et de leurs constituants distincts ?

SYNTAXE
CALAS 2007 : L'étude de la phrase, analyse des règles qui combinent les unités de sens pour former des unités supérieures. Unité = la phrase.

***
Donc c'est l'étude des phrases.

***

SEMANTIQUE
CALAS 2007 : l'étude des unités linguistiques ainsi que de leurs relations. Unité = le sème.

Donc c'est l'étude des idées contenues dans les sons, les bouts de mots, les mots, les phrases.

***

PRAGMATIQUE : L'unité serait l'Acte de Langage.

***

Et là, gros problème : l'acte de langage est une notion bien connue de l'enseignement des langues. Elle est cependant strictement l'équivalent du rite et du jeu, en psychologie. Cela, chacun peut l'expérimenter au quotidien, comme au fil d'un enseignement à une classe.

Le hic pour CALAS & Co c'est qu'ils ne peuvent reconnaître cela sans perdre illico l'autonomie de leur discipline, et risquer de se voir déporter dans le département Psycho de la faculté, et la collection ad hoc de leur éditeur. D'autant qu'il est possible qu'ils ne disposent pas du diplôme universitaire pour procéder à l'appel à l'autorité en matière psychiâtrique que suppose l'édition d'un manuel sur le sujet, une fois celui-ci requalifié.

Comment vont-ils s'ingénier à esquiver toutes les implications psychiâtriques des phénomènes qu'ils observent jusqu'à complètement vider de leur intérêt les objets qu'ils viennent d'atteindre par déduction ?

La suite au prochain épisode.
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Greenheart
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MessageSujet: Re: Un post de vocabulaire à propos des langues   Lun 1 Sep 2008 - 20:11

Je passe sur quelques pages de panique totale où la conclusion est qu'en fait tout le monde utilise le mot pragmatique pour ce qui l'arrange (philosophique, linguistique, du langage, radicale, intégrée) et où l'on nous expose que la pragmatique a des "objets" et cela vaut mieux pour une discipline dont le nom signifie de fait "adapté à la réalité, au concret", soit strictement le contraire que d'employer du jargon ou de la langue de bois.

PRAGMATIQUE DU PREMIER DEGRE
CALAS : Etude des unités dont le référent varie avec le contexte d'usage.

En français : Etude des actes de paroles (puisque ce sont les "unités" de la pragmatique, cf 4 pages auparavant) qui parlent de la situation de communication comme d'une situation de communication.

Cela correspond à l'exemple donné : "ici" désigne "l'endroit où nous communiquons").

Du côté de la Psychiatrie, cela correspond à l'étude des rites (les situations de communication où l'on déclare ce que l'on veut faire, et on le fait effectivement).

La définition de CALAS & CO pose d'ailleurs problème lorsque par exemple "ici" est en fait utilisé d'une autre manière que pour un "référent variable selon le contexte d'usage". Par exemple si nous décidons mon interlocuteur et moi d'appeler "ici" le lieu où nous travaillons, même lorsque nous discutons au pub. La définition de CALAS devient vrai et fausse à la fois, donc paradoxale : nous parlons bien d'un bureau qui s'appelle Ici (donc un objet fixe, concret etc.) et en même temps il est impossible de comprendre le mot "Ici" sans connaître le contexte.

Et comme tous les mots (actes de paroles) ont un référent qui varie selon le contexte, la pragmatique du premier degré devient "l'étude de toutes les unités".


****

PRAGMATIQUE DU SECOND DEGRE
CALAS : Etude de la construction du sens des énoncés en s'interrogeant sur les émergences d'interprétations non exprimées littéralement dans l'énoncés = "les contenus implicites".

En français : Etude des actes de paroles équivoques.

Psychiatriquement, cela correspond à l'étude des jeux socio-psychologiques (les situations de communication dans lesquelles on déclare chercher à faire quelque chose et on fait autre chose).


****

PRAGMATIQUE DU TROISIEME DEGRE
CALAS : Le traitement de la dimension actionnelle représenté par "la théorie des actes du langage".

Définition spécieuse : la pragmatique étant déjà l'étude des actes du langage, donc une théorie, la pragmatique du troisième degré est définie par la pragmatique, ce qui ne nous avance guère et n'est pas du tout... pragmatique comme démarche.


Psychiatriquement, on dirait que CALAS & Co parlent de l'étude des récompenses gagnées lorsqu'on pratique un rite ou un jeu socio-psychologique. La suite de l'ouvrage nous le confirmera peut-être.
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