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 les structures de phrases

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Manildomin



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MessageSujet: les structures de phrases   Ven 5 Mar 2010 - 19:51

Comment structurez-vous les phrases dans vos idéolangues respectives ?

Est-ce qu'elles se construisent selon un ordre précis et inaltérable, du genre Sujet Verbe Objet, ou est-ce qu'il est possible de changer cet ordre sans limitations ? dans ce cas, comment identifiez-vous les sujets, verbes, objets, circonstants, etc... ?
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Ziecken
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MessageSujet: Re: les structures de phrases   Ven 5 Mar 2010 - 20:35

En elko, la phrase contient 4 constituants :

Like a Star @ heaven Le sujet : Le sujet de l'action
Like a Star @ heaven Le verbe : l'action elle-même
Like a Star @ heaven Le complément : l'objet de l'action
Like a Star @ heaven Le circonstant : les circonstances de l'action

Ces 4 constituants se placent toujours dans cet ordre.

Ero lambai lamato wamote
Dans la cuisine, je regarde la télévision
DMS : // Je / regarde / la télévision / dans la cuisine //

Au sein de chaque constituant les 6 suffixes prennent des valeurs différentes. Ainsi un même mot ne se traduira pas de la même manière selon le constituant dans lequel il apparaît.

Ex : Le suffixe "-a" prendra la valeur d'adjectif dans le sujet et le complément, mais traduira le passif et le participe passé dans le constituant verbale et le génitif dans le circonstant.

Ce système rend bien sûr la langue rigide syntaxiquement mais offre un large panel de nuances et une grande concision.

_________________
Like a Star @ heaven Idéolangues : agozien, amarrique, arésien, chimérique, daarh, elko, E.L.S., englo, éphèsique, espay, gäko, ganya, goumek, hanziko, inuque, kanako, kelep, kesaro, kunbé, maouaque, mawin, nauko, nenarun, odarique, t'ilu, urque, væltalien, zémétique
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MessageSujet: Structures variées   Ven 5 Mar 2010 - 23:11

Tâchons d'offrir la version contraire à ce qu'à proposer ziecken : le Galum.

En effet, en Galum, l'ordre est totalement libre (presque*) et ce grâce aux introductifs qui indiquent si l'on parle du sujet, du complément d'objet, etc... Ainsi, on pourra mettre l'emphase sur l'élément de notre choix, dispensant d'un passif superflus et compliqué que l'on voit dans la plupart des langues. Une phrase :
-Iv' manam kykorena ak' riasum ax' djanam on' flarorela. L'homme lit le texte aux enfants en dansant.
-Ak' riasum ax' djanam iv' manam kykorena on' flarorela. Le texte est lu aux enfants par l'homme en dansant.
-Ax' djanam iv' manam kykorena ak' riasum on' flarorela. C'est aux enfants que l'homme lit le texte en dansant.
-On' flarorela ak' riasum iv' manam kykorena ax' djanam. C'est en dansant que le texte est lu par l'homme aux enfants.
-etc

Problème, les phrases sont bien longues, mais cela vient plus du fait que j'ai mal calculé mes suffixes. D'ailleurs, je prévois de les varier davantage prochainement (car je ne sais pas comment les éliminer, mais j'ai quelques idées pour pouvoir réduire la longueur moyenne des phrases en créant un multitude de suffixes complémentaires).
Toutefois, il est possible d'utiliser des formes allant de l'allégé à l'ULTRA-allégé, mais qui demande l'ordre strict SVC et de faire une croix sur la complexification de la phrase, comme les compléments circonstanciels.
-Manam kykor riasum djanam on' flaror. L'homme lit le texte aux enfants en dansant.
-Man kyk rias djan (on' flar). Homme lire texte aux jeunes (en danse).

*On préfère l'ordre S-V-C-Cc et le verbe est toujours placé juste après le sujet (sauf pour les poésies ou autres).
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Vilko
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MessageSujet: Re: les structures de phrases   Ven 5 Mar 2010 - 23:35

En saiwosh, l'ordre des mots est strict : sujet - verbe - complément direct - complément indirect, et l'adjectif précède le nom qu'il modifie :

Na opo sel tlahaoyamtili
Je (na) donne (opo) un vêtement (sel) au pauvre (tlahaoyam) homme (tili)

(Vu l'exemple latin bien connu : do vestem pauperi)

Normalement, les adverbes se placent avant les mots ou groupes de mots qu'ils modifient :

Wek na opo, tawao kopa hayo tlahaoyam tili
Je ne donne pas, sauf aux très pauvres.

Mai parfois ils se placent en fin de phrase :

Na opo sel wik
Je donne un vêtement, n'est-ce pas ?

L'ordre des mots plutôt rigide n'empêche pas de placer en tête de phrase un mot que l'on veut mettre en valeur :

Kopa tlahaoyam tili, na opo sel
C'est au pauvre que je donne un vêtement
(Kopa = à. La préposition devient nécessaire quand l'ordre des mots n'est pas suffisant pour indiquer la fonction).

Sel, na opo kopa tlahaoyam tili
C'est un vêtement que je donne au pauvre
(Ici encore, il faut mettre la préposition "kopa" devant le complément d'objet indirect, sinon il pourrait être confondu avec un complément d'objet direct)

Na, na opo sel tlahaoyam tili
C'est moi qui donne un vêtement au pauvre

Opo, na opo sel tlahaoyam tili
Je donne un vêtement au pauvre
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Anoev
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MessageSujet: Syntaxe   Sam 6 Mar 2010 - 1:34

Les tournures sont-elles comparables en dibadien?


Spoiler:
 
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Sab

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MessageSujet: Re: les structures de phrases   Sam 6 Mar 2010 - 7:52

En Kotava, l'ordre des phrases est très libre, en raison de la présence de "marqueurs" syntaxiques et morphologiques nets.

L'ordre "classique" est SOV (sujet-complément d'objet-verbe) :
rupol va kold estud (les ours mangent du miel)
rupol (ours, sujet) / va kold (miel, compl. d'objet introduit par le prép. spécifique va) / estud (ils mangent, verbe 3ème personne pluriel, indicatif présent)

Mais on pourrait avoir :
SVO : rupol estud va kold (courant, surtout chez les débutants)
OSV : va kold rupol estud (plutôt langue poétique)
VSO : estud rupol va kold (inusité, quoique possible)

Les compléments secondaires et/ou circonstanciels, eux, se placent un peu n'importe où.

Les "marqueurs" (préposition pour tout complément, désinence personnelle pour les verbes, ou même voyelle euphonique finale pour les adjectifs) libèrent d'un ordre fixe. Ce qui n'empêche pas que des habitudes se créent et constituent une sorte de norme.

Autre point, en Kotava, cette liberté d'emplacement des éléments explique que "ce qui est important" n'est pas forcément en premier, rarement même. Pour mettre l'accent sur quelque chose, on utilise d'autres moyens, notamment des adverbes d'énonciation ou de focalisation (batse), des suffixes d'intensité ou la présence d'éléments habituellement omis (les pronoms personnels sujets par exemple).
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Vilko
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MessageSujet: Re: les structures de phrases   Sam 6 Mar 2010 - 13:07

Anoev a écrit:
Les tournures sont-elles comparables en dibadien?
Oui. Bien que des différences, au départ minimes, aient leur importance. Par exemple, le dibadien a un pluriel (suffixe da) et un article défini (préfixe e). Le saiwosh n'a ni pluriel ni article défini, mais il a un adjectif (sin) qui signifie "une pluralité de".

Si bien qu'on a :

En dibadien
Nai nanich kamuk
Je vois un chien

En saiwosh
Na nanch kamoks
Je vois le/les/un/des chien(s)

Pour spécifier qu'il s'agit d'un chien seul et indéfini, le saiwosh doit ajouter deux adjectifs :

Na nanch ixt lom kamoks
Je vois un (seul) chien
ixt = un
lom est une abbréviation de halo-matlaks, sans famille, c'est-à-dire sans nom, indéfini...

Na nanch Chon ya ixt kamoks
Je vois le chien (unique) de Jean

Na nanch sin kakwa kamoks
Je vois les chiens
Littéralement : Je vois une pluralité des mêmes chiens
(Usage littéraire ou administratif. Dans une conversation courante on dira "Na nanch sin kamoks", en se contentant d'indiquer le fait que les chiens sont plusieurs.)

C'est plus simple en dibadien, où on dira :

Nai nanich ekamukda
Je vois les chiens

Paradoxalement, parfois, plus de grammaire rend l'expression plus simple Wink

Anoev a écrit:
En aneuvien, on retrouve à peu près la même syntaxe, du moins dans les phrases affirmatives & négatives, avec les mêmes nuances.
(...)
On notera une différence entre ces quatre phrases:

Sàrkdaw eg vedja nep as = c'est hier que je ne l'ai pas vu.
Nep sàrkdaw eg vedja as = ce n'est pas hier que je l'ai vu.
As eg vedja nep sàrkdaw = c'est lui que je n'ai pas vu hier.
Nep as eg vedja sàrkdaw = ce n'est pas lui que j'ai vu hier.
Telkis, wek na nanch ya = c'est hier que je ne l'ai pas vu.
Wek telkis na nanch ya = ce n'est pas hier que je l'ai vu.
Ya, telkis wek na nanch = c'est lui que je n'ai pas vu hier.
Wek ya, telkis na nanch = ce n'est pas lui que j'ai vu hier.

Le saiwosh place l'adverbe de temps plutôt en tête de phrase, et l'aneuvien plutôt en fin de phrase, au moins dans les exemples ci-dessus.

Anoev a écrit:
Les inversions, dans les phrases interrogatives ne se trouvent que si l'interrogation se porte sur un complément:

Quadu pateza sàrkdaw? = Qui est venu hier?
Ep o vedja Iris æt nebaw? = As-tu vu Iris ce matin?
Ni quadus ep o gema àt dineren? = À qui as-tu prêté de l'argent.
Quas ep o fàkta? = Qu'as-tu fait?
Le saiwosh et le dibadien ne pratiquent pas l'inversion dans les phrases interrogatives :

Tu as vu Iris ce matin.
As-tu vu Iris ce matin ?

Saiwosh :
Sanketop altas oma nanch Ilis.
Ati sanketop altas oma nanch Ilis...


Dibadien :
Sanketop altas tlët nanich Ilis.
Nak sanketop altas tlët nanich Ilis...


Toutefois, les adverbes et pronoms interrogatifs se placent normalement en tête de phrase :

Qu'as-tu fait ?
En saiwosh : Ikta chi oma monk...
En dibadien : Iszta chi tlët mung...


Dernière édition par Vilko le Sam 6 Mar 2010 - 21:18, édité 1 fois
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Manildomin



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MessageSujet: Re: les structures de phrases   Sam 6 Mar 2010 - 16:32

Merci pour toutes vos réponses.
Si j'ai créé ce sujet, c'est entre autres parce que dans ma nouvelle idéolangue,
je suis complètement bloqué par la mise en place de la structure des phrases.
J'utilise toutes mes méninges, mais je n'arrive pas à fixer de règles solides.
En Rag, c'était du tout-agglutination, et le résultat était presque catastrophique.
Donc si vous avez des conseils à me donner...
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Nemszev
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MessageSujet: Re: les structures de phrases   Dim 7 Mar 2010 - 14:16

Je dois dire que si je m'y retrouve avec mes propres langues, c'est un peu parce que j'ai appris pas mal de sémantique. C'est un volet de la linguistique qui peut en rebuter plus d'un, mais c'est très utile!

Tu peux chercher des articles là-dessus sur wikipédia, pour voir tous les types de systèmes dans le monde, pourquoi pas?

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Vilko
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MessageSujet: Re: les structures de phrases   Dim 7 Mar 2010 - 18:55

Lorsqu'on veut créer des équivalents à des notions qui existent dans les langues occidentales, on est souvent confrontés à des problèmes un peu inattendus.

Par exemple, comment dire "les vainqueurs et les vaincus" en saiwosh ?

Contrairement au dibadien, le saiwosh est une langue entièrement a posteriori, chaque mot ou fragement de mot est dérivé d'éléments existant dans les langues naturelles dont le jargon chinook est issu (chinook et autres langues amérindiennes du Nord-Ouest, anglais, français).

Le saiwosh n'a ni participe passé, ni participe présent.

Le créole mauricien non plus. En mauricien, "les vainqueurs et les vaincus" se dit : "bann la ki finn ganyé pi bann la ki finn perdi." C'est-à-dire : "ceux qui ont gagné et ceux qui ont perdu." Intéressant, mais un peu limité.

En jargon chinook / saiwosh / dibadien, gagner se dit tolo, avec une gamme de sens très large : vaincre, dominer, etc.

Le fait de gagner, la victoire : atolo en saiwosh (a+tolo; a est un affixe nominal, un ancien pronom neutre indéfini) .

Les vainqueurs : atolotilxam "les gens-de-la-victoire"

Et les vaincus ? Ce sont les-gens-qui-subissent-la-victoire (celle des autres), ceux qui sont "sous" la victoire : kwitlitolotilxam.

(Normalement, *kwitli'atolotilxam, mais il ne faut pas que les mots soient trop longs...)

Donc, "Les vainqueurs et les vaincus" : Atolotilxam pi kwitlitolotilxam

"Les nus et les morts", un romain de l'écrivain américain Norman Mailer : Haloseltilxam pi mimlostilxam.

L'équivalent du suffixe français -eur : a + verbe + tili ("tilxam" est un collectif)
L'équivalent du participe passé utilisé pour désigné celui qui subit l'action : kwitli + verbe + tili.

Et, puisqu'on est toujours sans participe passé ni participe présent, comment dire "mistral gagnant" et "argent gagné" ?

mistral = (vent) magistral = tayiwin ("vent du maître")

mistral gagnant = atolo tayiwin ("vent magistral de victoire")

"argent gagné" : *kwitlitolo tola" serait "argent vaincu". "Argent gagné" c'est : atolo tola = "argent de victoire/gain".

(Utiliser le même mot pour "victoire" et "gain", ça se justifie, en période de guerre économique...)

On voit qu'on a vite fait de créer des "domaines sémantiques" qui ne recouvrent pas exactement ceux du français, et c'est ce qui fait une partie de l'intérêt intellectuel de la création de langues...
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Greenheart
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MessageSujet: Re: les structures de phrases   Dim 14 Mar 2010 - 1:30

En REMAI, il n'y a pas d'ordre prédéfini des constituants de la phrase.

L'identification des mots se fait grâce à la ponctuation (séparateurs externes au mot, séparateurs internes aux mots) qui visuellement ou audiblement permettent de repérer le début et la fin d'un mot ou d'une de ses parties : tête ou racine porteuses du sens, terminaison éventuelle porteuse d'une fonction dans la phrase.

Des signes de liaison de mot et des signes d'ouverture de fenêtre dans le discours permettent de repérer les idées liées au jugement du locuteur sur les mots qu'il emploie ou encore les signes qui doivent être lus selon un code choisi par le locuteur et non le code habituel de déchiffrage du discours parlé.

En gros, le REMAI est une langue à cas, mais on peut dire beaucoup de choses sans faire appel à des cas, puisque les classes sans terminaison se sont multipliées.

Ces choix s'expliquent par ma volonté initiale de pouvoir traduire des effets stylistiques comme les rejets de certains mots ou groupes de mots en début, milieu ou fin de phrases dans les récits, les poésies etc. J'étais également fortement influencé par le latin et le japonais, et pas vraiment convaincu par le jeu délicat à apprendre des prépositions françaises et anglaises.

Après quoi, on pourrait dire la nécessité a fait loi car les premières versions du REMAI ont généré des nouvelles structures par combinaison des anciennes, toutes dotées d'un sens qu'il fallait séparer des sens voisins.

>> Esrecriel
Si je n'avais qu'un conseil à te donner, intéresse-toi de très près à la manière dont à l'oreille tu arrives à entendre ce qui a une signification, qu'elle soit grammaticale ou de vocabulaire. Si tu ne trouves pas un moyen d'entendre quand commence et quand se termine ce qui veut dire quelque chose d'important, ta langue ne peut communiquer cette chose importante au destinataire du propos exprimé dans la langue construite.
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AEM

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MessageSujet: Re: les structures de phrases   Mar 17 Jan 2017 - 5:41

Manildomin a écrit:
Comment structurez-vous les phrases dans vos idéolangues respectives ?

En deyryck, je décris généralement la structure par : "CC[CO]R".

Soit : Context (context de la phrase) , Cible (cible de l'événement (la transition) décrit) , Coeur (Partie de la phrase qui décrit l'événement), Objectif (Objectif du locuteur lorsqu'il emploie la phrase), Réaction (Réaction(s) extérieure(s) à l'événement vis à vis de ce dernier)

Seule la partie entre crochet étant essentielle à la phrase.

Manildomin a écrit:
Est-ce qu'elles se construisent selon un ordre précis et inaltérable, du genre Sujet Verbe Objet, ou est-ce qu'il est possible de changer cet ordre sans limitations ?

Sans parler des altérations liées aux synthétiseurs, il existe la possibilité d'utiliser les oiseaux. Se sont des variations de syntaxe défini ou non pouvant avoir de très nombreux usages! Donc on peut dire que l'ordre peut changer sans trop de limitation.

Manildomin a écrit:
dans ce cas, comment identifiez-vous les sujets, verbes, objets, circonstants, etc... ?

Le bon sens, la logique, et certains mots clefs qui permettent de s'y retrouver.
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Anoev
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MessageSujet: Re: les structures de phrases   Mar 17 Jan 2017 - 12:38

Manildomin a écrit:
Comment structurez-vous les phrases dans vos idéolangues respectives ?

Est-ce qu'elles se construisent selon un ordre précis et inaltérable, du genre Sujet Verbe Objet, ou est-ce qu'il est possible de changer cet ordre sans limitations ? dans ce cas, comment identifiez-vous les sujets, verbes, objets, circonstants, etc... ?
Rien de bien original en aneuvien, qui est une langue naturaliste : Sauf exceptions notables (insistance sur un complément, proposition subordonnée relative), c'est la syntaxe SVC qui prévaut dans presque tous les cas, y compris pour les pronoms :

Ka dikta as ni es = elle me l'a dit.
Ka dikta æċ ni es = elle m'a dit ça.
Deux syntaxes en français, une seule en aneuvien.

Sinon, seuls les noms et les pronoms sont déclinables. Les noms, verbes, adjectifs ont parfois des suffixes ou des désinences, mais c'est pas systématiques (l'aneuvien est une langue naturaliste). On trouve des mots en -un aussi bien pour les participes présents que pour des adjectifs verbaux*. Attention donc aux adjectifs précédant un nom à l'accusatif ou au circonstanciel. S'y a un article juste devant, c'est à coup sûr un adjectif

Ar ere katun ùt reenem alkás operan = ils chantaient un grand air d'opéra
Ar ere lisun ùt katun pjavs = Ils écoutaient un oiseau chantant
Ar ere lisun ù pjavs katun = Ils écoutaient un oiseau chanter (au participe en aneuvien).



*Par contre les adjectifs verbaux tirés de participes passés en français donnent quelque chose de complètement différent en aneuvien, de plus la forme auxiliaire + pp n'existe pas en aneuvien :
à tœr • opan = la porte est ouverte (c'est son état courant)
à tœr cem open per àt acyldakev = la porte est ouverte par le valet
àt acyldak opna à tœrs = le valet a ouvert la porte
àt acyldak opuna à tœrs... = le valet ayant ouvert la porte...

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Eclipse

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MessageSujet: Re: les structures de phrases   Mar 17 Jan 2017 - 14:12

Chez moi l'ordre SVO est assez important, y'a que les circonstances de l'action qu'on peut balader (et éventuellement les adverbes qui ont un marqueur spécifique même si en général ils sont collés devant le verbe) mais cela apporte généralement des nuances. Après c'est pas impossible que la langue deviennent plus souple à ce niveau vu que j'ai un suffixe qui est plus ou moins un équivalent d'accusatif (un peu comme le -n en espéranto) depuis peu, mais c'est pas trop ça pour l'instant.
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Anoev
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MessageSujet: Re: les structures de phrases   Mar 17 Jan 2017 - 15:13

Eclipse a écrit:
Y a que les circonstances de l'action qu'on peut balader (et éventuellement les adverbes qui ont un marqueur spécifique même si en général ils sont collés devant le verbe.
Chez moi, on ne déplace les circonstants (en début de phrase) que pour l'emphase. Sinon, c'est après le verbe. Par contre la place du circonstant par rapport au COD, s'il y en a un, dépend de l'importance de ce dernier, mais c'est assez libre :

Vynébav, da smlàka àt neràpkaż ed viċyndune = Ce matin, il a embrassé la fille de ses voisins
Vynébav da smlàka àt neràpkaż ed viċyndune = C'est ce matin qu'il a embrassé la fille de ses voisins.
Da smlàka àt neràpkaż ed viċyndune vynébav = il a embrassé la fille de ses voisins ce matin.
Da smlàka vynébav àt neràpkaż ed viċyndune = il a embrassé ce matin la fille de ses voisins.
Àt neràpkaż ed viċyndune da smlàka vynébav = C'est la fille de ses voisins qu'il a embrassée ce matin.
Mais
Àt neràpkad iψ ed viċyndune smlàka das vynebav* = C'est la fille de ses voisins qui l'a embrassé ce matin.

Deux phrases homophones en français, pas en aneuvien.



*Par bon sens, ed est mis pour da, et non pour neràpkad, ce qui donnerait un non-sens.

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SATIGNAC



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MessageSujet: En méhien_ et en moidi, aussi_ ça fait:   Jeu 19 Jan 2017 - 2:12

Manildomin a écrit:
Comment structurez-vous les phrases dans vos idéolangues respectives ?

Est-ce qu'elles se construisent selon un ordre précis et inaltérable, du genre Sujet Verbe Objet, ou est-ce qu'il est possible de changer cet ordre sans limitations ? dans ce cas, comment identifiez-vous les sujets, verbes, objets, circonstants, etc... ?

En méhien , il n'y a normalement pas d'ordre impératif car c'est le cas qui détermine la fonction sujet et objet , et le verbe se distingue ( en principe), de par sa conjugaison, du nom et de l'adjectif qui forment soit le groupe sujet , soit, avec lui le prédicat. Mais, vous avez remarqué, les formes conjuguées et l'infinitif ( qui sert d'aoriste) des verbes portent une majuscule, aussi, sous l'influence de l'espagnol, de l'occitan même, j'ai une prédilection pour l'ordre V.S.O notamment dans les phrases les plus simples. Mais , comme dans d'autres langues, on peut mettre en tête l'objet, ou un circonstant pour le mettre en valeur, comme avec le fameux gallicisme en " c'est...que" .
 Transè anaha Johanau di anu novu, Puserheo diante gorhë cei belë ovã:la cane de Jeanne est morte "au gui l'an neuf" ( = le jour de l'an nouveau), elle avait pondu la veille un grand bel œuf.
Di anu novu Transè anaha Johanau, ac diante gorhë cei belë ovã Puserhe'a: C'est au gui l'an neuf que mourut la cane de Jeanne, et c'est la veille qu'un grand bel œuf elle avait pondu.

En moidi, pas de déclinaison , une conjugaison basique avec des auxiliaires, donc un ordre s'impose, a priori l'ordre
S.V.O: O isdoc nadar odim clao: L'oiseau fait-comme-une -maison (= construit) son nid.
Si on trouve : Odim clao nadar o isdoc, c'est la logique sémantique  qui doit nous faire comprendre que "odim clao" son nid est l'objet du verbe nadarem: construire.
Mais dans la phrase: o miabh gebi ce groni: le chat mange une souris l'ordre s'impose , car l'inversion gebi ce groni o miabh, peut-être de traduction ambiguë: " une souris mange le chat" ou " c'est une souris que mange le chat "?
aussi , on a deux solutions pour lever cette ambiguïté:
- utiliser la forme "accusative" de l'article , mais seul le défini "premier" en a une : ö ,
- donner une forme indirecte au complément d'objet , avec la préposition dative "og":
 Og ce groni o miabh gebi: c'est une souris que le chat est en train de manger.
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MessageSujet: Re: les structures de phrases   Jeu 19 Jan 2017 - 4:28

Manildomin a écrit:
Merci pour toutes vos réponses.
Si j'ai créé ce sujet, c'est entre autres parce que dans ma nouvelle idéolangue,
je suis complètement bloqué par la mise en place de la structure des phrases.
J'utilise toutes mes méninges, mais je n'arrive pas à fixer de règles solides.
En Rag, c'était du tout-agglutination, et le résultat était presque catastrophique.
Donc si vous avez des conseils à me donner...

Vois le fil consacré au Basique Uni, il répond exactement et concrètement à tes questions.

Ceci dit...

***

La confusion vient des phrases en français que tu essaies de traduire dans ta langue.
Commence par lister les idées qu'elles contiennent et dans quelle ordre elles sont rangés, et quels signes indiquent ce rangement.

Par exemple voici une étudiante débutante en français qui ne sait rien conjuguer et qui raconte son petit déjeuner.

(1) "je... mangé... café... croissant"
> français correct : "ce matin, j'ai pris un café et mangé un croissant."
>> Tu en déduis à quoi sers les éléments de langue qui manquaient dans (1).
>>> Et tu te poses alors la question de quoi sert à quoi dans ta nouvelle langue.

***

Le basic uni permet surtout de déterminer laquelle des solutions que tu retiens correspond vraiment la phrase que tu souhaites traduire à partir du français, ou de vérifier si quand tu pars d'une phrase dans ta langue inventée si elle se traduit bien comme tu penses qu'elle se retraduit.

Par exemple si tu traduis une phrase du genre "Le chien aboie et la caravane passe", tu testes quelle règle de grammaire conduit à quelle lecture en reformulant "un chien aboie quand la caravane passe" "passe la caravane si le chien aboie" etc. jusqu'à ce que les structures de ta langue inventée apparaissent (quels éléments correspondent à quelles idées, et comment ils s'utilisent correctement ou incorrectement).

Cela marche même si je traduis au hasard en proclamant par exemple que "brouzouk match bili-pili kouro mélémo" veut dire "Le chien aboie et la caravane passe" et décrète arbitrairement que brou veut dire aboyer, que zouk veut dire chien, et que dans ma langue le sujet se conjugue et pas le verbe - en restant logique avec moi-même "passe la caravane si le chien aboie" devrait ressembrer à "kouro mélémo ja brouzouk match".

***

Dernier truc pour clarifier la création de langue : il faut bosser sur des langues étrangères en même temps - feuillète une grammaire, lit des exemples traduit au fur et à mesure (japonais, latin, peu importe), du genre...

(1) Watashi No Namae Wa Kaneda Desu.
> Moi masculin / qui a / un nom / et c'est le thème de ma phrase / Kaneda / c'est.

(1) Nomen Mihi Marcus Sum.
> Ce nom / à moi / Marc / est.

(1) My name is Tom.
> Mon / nom / est / Tom.

Ce sont les langues étrangères qui activent la fonction créatrice de langue, parce qu'elles stimulent l'imagination et distinguent le fil de la pensée (idée / idée / idée) des règles et du lexique de la langue.

***

C'est un piège à mon avis de s'imaginer que la langue que l'on invente restera prisonnière d'un ordre "sujet / verbe / complément" ou n'importe quel autre. Une langue qui a vocation à être utilisée dans une vraie conversation ou dans un vrai récit doit pouvoir reproduire n'importe quelle suite d'idées, quand bien même le complément ou le verbe se présenterait en premier dans la tête du locuteur, sans le forcer à changer l'ordre initial de ses idées.

Lorsqu'on raconte quelque chose, on indique plutôt le thème en premier (de quoi je parle), puis le propos (ce que j'en dis). Ce thème peut très bien être le verbe conjugué, un quelconque complément - comme il peut être le sujet. Au-delà, il y a l'accent littéraire (important à la fin) et l'accent verbal (?) (important au début).

Ce matin (thème 1), j'ai trouvé du travail à Lyon. (ce matin, donc toujours thème 1) J'ai aussi gagné au loto.
C'est à Lyon (thème 1), que j'ai trouvé du travail. (Lyon, donc toujours thème 1) C'est une ville formidable.
Du travail (thème 1), j'en ai trouvé à Lyon.

Et noter que souvent, quand on a le nez sur la manière dont fonctionne la phrase, on oublie que la phrase n'existe que dans la structure supérieure du texte, et que ce texte rempli forcément des fonctions d'informations et de socialisation sans lesquelles l'information pourrait ne plus servir à rien.

***

Maintenant il est en effet pratique de résoudre les problèmes posés par la construction de la phrase simple, puis après de forger les outils pour formuler les phrases complexes et autres instruments de méta-conversations.

Par exemple, en latin, une phrase simple rejette le verbe conjugué à la fin parce que le verbe conjugué sert à indiquer la fin de la phrase (ou de la proposition), parce que les signes de ponctuations et les espaces peuvent très bien manquer, et que les terminaisons verbales sont plus faciles à reconnaître au milieu d'un flot verbal ou d'un flot de caractères que toute autre segment.

En japonais, l'idée est d'obliger l'interlocuteur d'écouter la phrase entière du locuteur : le contexte est établi au début de la phrase, mais le plus important, c'est à dire le verbe, est le dernier mot. Cela évite que l'interlocuteur s'imagine la partie la plus importante parce qu'il n'aura pas fait attention au début. En français, cette fonction est assurée par les formules de politesse et les redondances (les accords etc.) qui servent à capter l'attention, puis à alerter l'interlocuteur dans le cas où il aurait mal compris.

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