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 Anna Karénine

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Nemszev
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MessageSujet: Anna Karénine   Mar 7 Déc 2010 - 12:14

Je récupère un certain nombre de messages du forum Babel, qui a fermé sa partie langues construites.
Voici une traduction d'un texte de Tolstoï effectuée dans plusieurs langues construites.

------- Anna Karénine. Tolstoï. 4ème partie. Traduction en français. ------

Les Karénine continuèrent à vivre sous le même toit, à se rencontrer chaque jour, et à rester complétement étrangers l'un à l'autre. Alexis Alexandrovitch se faisait un devoir d'éviter les commentaires des domestiques en se montrant avec sa femme, mais il dînait rarement chez lui. Wronsky ne paraissait jamais: Anna le rencontrait dehors, et son mari le savait.

Tous les trois souffraient d'une situation qui eût été intolérable si chacun d'eux ne l'avait jugé transitoire. Alexis Alexandrovitch s'attendait à voir cette belle passion prendre fin, comme toute chose en ce monde, avant que son honneur fût ostensiblement entaché; Anna, la cause de tout le mal, et sur qui les conséquences en pesaient cruellement, n'acceptait sa position que dans la conviction d'un dénouement prochain. Quant à Wronsky, il avait fini par croire comme elle.

Vers le milieu de l'hiver, Wronsky eut une semaine ennuyeuse à traverser. Il fut chargé de montrer Pétersbourg à un prince étranger, et cet honneur, que lui valurent son irréprochable tenue et sa connaissance des langues étrangères, lui parut fastidieux. Le prince voulait être à même de répondre aux questions qui lui seraient adressées au retour sur son voyage, et profiter cependant des plaisirs spécialement russes. Il fallait donc l'instruire le matin et l'amuser le soir. Or ce prince jouissait d'une santé exceptionnelle, même pour un prince, et il était arrivé, grâce à des soins minutieusement hygiéniques de sa personne, à supporter des fatigues excessives, tout en restant frais comme un concombre hollandais, vert et luisant. Il avait beaucoup voyagé, et l'avantage incontestable qu'il reconnaissait aux facilités de communication modernes, était de pouvoir s'amuser de façons variées. En Espagne, il avait donné des sérénades, courtisé des Espagnoles, et joué de la mandoline; en Suisse, il avait chasssé le chamois; en Angleterre, sauté des haies en habit rouge et parié de tuer 200 faisans; en Turquie, il avait pénétré dans un harem; aux Indes, il s'était promené sur des éléphants, et maintenant il tenait à connaitre les plaisirs de la Russie.


Tatsique:
(Traduit par Nikura)
------- Ana Karenin. Tolstog. Obrok të čtvrt. Tażg tlumaċv. ------

Kareninad uget na citi upod ta sam daxa, na svo dna spotka, pa sřiřo të ċuzsn samodrugomu mä. Alekseg Aleksandrovič na niknu obgovor domčovku gini zastav sa zdid, kura z mu żnana sa naxnad, no kamo żeż doma ubed zdid. Vronsk nikura ni zgigipt: Ana gada spotkad go, pa sac mu znid.

Gcom znist o postava, da näsnošovn zud ċa but, xäčiri vzak nim të predmotovn ni ċa nasżovt ga. Alekseg Aleksandrovič sa načekad na vidi kët żaż të xoš zda ko, tak svo šnäř v këtu miri, prod mu načtim ċa but vzutučno të nazmazovn. Ana, sbab všom xrga, pa na ktovo davd krutno navaznad, kamo na znazvotu ta sšax otvrzva żu natnad zovšorit. Ċo do Vronsku, ikako na vara zdid ko.

Obok šrodu zimi, Vronsk të skukn tidn za krozlaza čta. Na ta ċuzsn vodvu naxna Petarburg zatovarovad, pa kët načtim, ċo zastavad o ta onokorkovn drcav mu pa ta zaxranċn movu poznidi, obnudn nakazvad mu. Vodvo kadar xut na cuc na zapiti, ċovo ċa napitad mu kura mbara zadit, pa zednak na kamu ščogovno ta rusk načalča. Zamurit nakšača go rano pa zabava go večoro. Opor kët vodvo ta vnatnoċn zdorovu otkamad, navet za vodvu, pa zud ušugnut, zbog ogčičigovno ta kutoċn debu za ozobu mu, na podpora të nadmarovn znuc, no tak të nizizamsk ogurk mänd, të zabz pa ndritovn. Mnogo nambarad, pa të onotpitadovn predvag, da zapoznid na ta novmotovn šnoroċvu xosgovoroċu, moga zabava z ta navtorovn obrobku zlo. V Špaňska, serenad did, pa të špaňsk kčir gini zalċad. V Šviċara skap vbist. V Saxsa, bkuk skakt z ta šnok odeżdë pa zaklad, da ċa omorit dvażuk girkokoš. V Turku, v żnandomu vërët. V Barotu, na slu poxodkad. Pa zrad naxut na pozna kama gini Rusku.



Razz Cool Ouf !! On peut dire que ce fut éprouvant, plus d'une heure et demie de travail pour traduire ce texte.... Ah la littérature russe !!! En tout cas je suis fier de moi. Il y a peut-être une ou deux fautes. Si j'en vois, je les corrigerai. J'ai traduit du Tolkien à plusieurs reprises et je dois dire que cela me semble plus simple (et pourtant...).

------- Points à illustrer ----------------
1. Grandes caractéristiques :
• Emplacement des éléments : OSV, SOV, SVO, etc.
> Le tatsique est une langue majoritairement SOV. Dans quelques cas, notamment à cause de la loi du labgovor ou encore dans des phrases polyverbales complexes, on peut rencontrer SVO.
• Césures de phrases et de propositions
> Les phrases longues de ce texte sont assez lourdes pour du tatsique, habitué aux phrases courtes. Mais j'ai essayé - brillament - de rendre un langage particulièrement riche et soutenu afin de ne pas perdre la tonalité du texte.

2. Stratégies de traduction :
• Noms propres
> Les noms propres ont été adaptés aux sonorités de la langue, comme il est de règle générale en tatsique.
• Constructions infinitives
> Pas de notion d'infinitif en tatsique, on emploie des radicaux verbaux conjugués ou non. La forme impersonnelle est très courante.
• Expression des temps
> Le tatsique se prend moins la tête en matière de temps. Tout est écrit au passé, avec quelques cas de conditionnel passé (exprimant le futur dans le passé). Dans certains cas complexes, j'ai eu recours à des adverbes temporels tels que zud pour exprimer l'antériorité des faits.

3. Difficultés contournées :
> La majeure difficulté fut de traduire certains des adverbes loufoques du texte, mais rien de bien méchant dans le fond, il m'a juste fallu "créer" des adjectifs que je n'avais pas encore répertorié dans mon dictionnaire. Mais la plus grosse difficulté fut de m'organiser dans les longues phrases comme je l'ai dit. L'ordre des mots et des idées est parfois fort différent en tatsique, il a rien fallu que j'oublie!
De plus, la lenteur que peut représenter le fait de devoir souvent chercher mes mots dans mon dico m'a paru assez fastidieuse. Je n'ai pas une mémoire suffisamment bien développée pour traduire sans dico un texte comme celui-ci.

4. Points en suspens :
• Vocabulaire inexistant
> Comme je l'ai dit, j'ai dû inventer quelques mots. Par exemple "faisan", "domestique" ou "harem": mais rien de bien complexe: faisan = "coq des bois"; domestique = "homme de maison"; harem = "maison des femmes".
• Ambiguïtés sémantiques
> Pas particulièrement. Les phrases trop longues une fois de plus...
• Ambiguïtés morphologiques
> Pas grand chose, le tatsique est suffisamment riche pour rendre toute sorte d'ambiguïté. J'ai eu du mal à adapter "vert et luisant", le jeu de mot n'est pas possible dans ma langue. Pour le reste, j'ai parfois joué avec les alittérations, comme pour "sauter des haies": "bkuk skakt".
• Idiotismes non traduisibles
> Le "vert et luisant". Le reste ne m'a pas posé problème.
• Constructions problématiques
> ...

sab a écrit:
Si j'ai bien compris, ton pseudonyme Nikura signifierait en tatsique "Jamais" ? Mister Never en d'autres termes... Rolling Eyes
Non, c'est pure coïncidence... Je crois que j'ai expliqué dans la partie présentation l'origine de mon pseudo... le mot tatsique "nikura" s'est formé après.
Citation :
Je vois que tu transcris Tolstoï en Tolstog et Alexeï en Alekseg. Le -g final diphtongue la voyelle avant ? Cela signifie t-il que tous les g sont des yod ? ou seulement en position finale ?
Le -g final se prononce un peu comme un g mouillé (russe гь). Vu que le yod n'existe pas en tatsique en dehors de ce son, c'est la seule façon qui soit encore la plus fidèle pour transcrire une diphtongue. En dehors de ce cas, le -g- se prononce comme en espagnol c'est à dire une fricative vélaire sonore. Ça ressemble au r français.
Citation :
Vronsk : pourquoi pas Vronski ? un i final est interdit ? pourtant plusieurs autres mots en ont un.
Le -i final n'existe que dans quelques mots invariables ou en de rares cas en tant qu'élément non grammatical. Dans les autres cas, il a la valeur d'un morphème de déclinaison (cas oblique) pour les mots ayant un -i- comme consonne tonique.
Cependant dans le cas de Vronski, sâchant que la terminaison adjectival russe en -skiy (ou polonais -ski, tchèque -ský, croate -ski) existe en tatsique mais sans voyelle finale, il est tout à fait viable de trouver un nom de famille terminé en -sk.
Citation :
Kareninad : c'est un pluriel ? j'ai l'impression que le suffixe -ad est plutôt quelque chose de verbal ailleurs ?
Le suffixe -ad post-posé à un substantif est un suffixe collectif.
Ex: zabak = chien. zabakad = plusieurs chiens
Certains verbes prennent un -d au passé mais ça n'a rien à voir.
Citation :
Ana, sbab všom xrga : tu prononces comment ?
ta sšax otvrzva : là encore ?
X-SAMPA:
[6ná sybàb (M)fSòm xr=Gá]
et [t6sSàx Utwr=zwá]
Transcription approximative en français:
aná subab (eu)fshòm kheurrGá
teus shàkh outweurrzwá

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MessageSujet: Re: Anna Karénine   Mar 7 Déc 2010 - 12:21

toki pona:
(Cette traduction a été faite par moi-même. Or je ne suis pas un spécialiste du toki pona, donc s'il y a des erreurs, j'en suis désolé.)

tenpo suno ali la jan Kalenin mute li lon sin anpa sewi tomo sama li lukin e jan ante li pilin ante mute.
jan Alesi-Alesantowisi li wile e ni: toki lili mute pi jan kepeken mute li weka tan ni: ona mute li lukin e ona poka jan meli ona taso tenpo lili mute la ona li moku lon tomo ona. tenpo ala la jan Wilonsiki li lon tan jan Ana li lukin weka e ona en jan mije ona li sona e ni.
ona tu wan li pilin ike tan tenpo. tenpo la ona ali li pilin e ni: tenpo ante li kama. tenpo ni la tenpo ni li ike mute. jan Alesi-Alesantowisi li awen e ni: jan ante li lukin e ni: pali ona li ike. ni li pini la olin pona ni li pini sama ali lon ma ali ni. jan Ana li tan pi ali ike. sin mute li suli ike tawa ona. ona li sona e kama lon la ona li wile lukin e lon ona. jan Wilonsiki kin li pilin pini sama jan Ana.
tenpo lete la jan Wilonsiki li jo e kulupu ike pi tenpo suno luka tu. jan wile e ni: jan lawa ante li lukin e ma tomo Petesipu kepeken ona tan ni: ona li pona lukin li sona e toki ante. ona li pilin e tenpo suli. weka sina li pini la jan lawa li wile toki tawa jan mute kepeken jan Wilonsiki li wile kin e pilin pona kepeken pona pi ma Losi. jan wile kin e ni: tenpo suno sin en tenpo pimeja la ona li pana e sona tawa jan lawa taso jan lawa kin li pilin pona li pana weka e wile lape kepeken pali pona pi sijelo ona li pilin lete sama moku kasi pi ma Netelan li laso jelo li suno. ona li tawa mute. ona li musi pona ante tan toki sin. ona li lon ma Epanja la ona li kalama musi tawa olin pi jan meli Epanja. ona li lon ma Suwasi la ona li moli e soweli tawa. ona li lon ma Inli la ona li tawa sewi kulupu kasi mute li jo e len loje li wile moli e waso moku 200 tawa mani. ona li lon ma Tuki la ona li kama tawa lon pi meli mute. ona li lon ma Palata la ona li tawa sewi soweli suli mute. tenpo ni la ona wile lukin e pona pi ma Losi.


(litt. Tous les jours, les Kalenins vivent encore sous le même toit, voient l'autre personne et se sentent très différents.
Alesi Alesantowisi veut que les petites paroles des serviteurs soient inexistentes, parce qu'ils le voient avec sa femme, mais très peu souvent, il mange dans sa maison. Jamais, Wilonsiki n'est là, parce qu'Ana le vois dehors et son mari le sait.
Eux trois se sentent mal à cause d'une période. A un moment, tous pensent qu'une autre période allait arriver. A ce moment, cette période est très mauvaise. Alesi-Alesantowisi attend que les autres voient que ses actions sont mauvaises. Après, ce bel amour finit comme tout dans ce monde. Ana est la cause de tout ce qui est mal. Les nouveautés sont grandes de façon mauvaise pour elle. Quand elle connait la venue de la vérité, elle veut voir sa situation. Wilonsiki encore pense finalement comme Ana.
En hiver, Wilonsiki a une mauvaise semaine. On veut qu'un roi étranger voit la ville Petesipu avec lui parce qu'il est élégant et qu'il connait les langues étrangères. Il trouve le temps long. Quand son absence est terminée, le roi veut parler à des gens avec Wilonsiki et veut aussi se sentir bien avec les plaisirs de la Russie. on veut aussi que le matin et le soir, il instruise le roi mais le roi aussi va bien, se débarrasse de son envie de dormir avec un bon travail de son corps, se sent frais comme un légume de Hollande et est orange et lumineux. Il se déplace beaucoup. Il s'amuse bien différemment grâce à la communication nouvelle. Quand il est en Espagne, il fait de la musique pour l'amour des espagnoles. Quand il est en Suisse, il tue des animaux qui courent. Quand il est en Angleterre, il saute au dessus des groupes de plantes, il a un habit rouge et il veut tuer 200 oiseaux d'élevage (destinés à être mangés) pour de l'argent. Quand il est en Turquie, il va vers les lieux des femmes. Quand il est en Inde, il va sur les grands animaux. Maintenant, il veut voir le plaisir de la Russie.
)

Les noms des personnages sont aussi simplifiés: Karénine=>Kalenin, Alexis Alexandrovitch=>Alesi-Alesantowisi, Wronsky=>Wilonsiki, Anna=>Ana, avec le "jan" (qui veut dire "personne").
Vous pouvez aussi remarquer l'absence de temps dans les verbes toki pona, comme dans certaines langues asiatiques, les expressions terminées par "la" (="quand", "pendant") sont les seules indications de temps et sont toujours au début de la phrase. Il y avait beaucoup de pays, je devais chaque fois regarder son nom officiel en toki pona et il y a plusieurs mots vraiment simplifiés: faisan => oiseau destiné à être mangé, harem = lieu des femmes... Il y a aussi, dans ma traduction, beaucoup de phrase avec un seul sujet (et plusieurs "prédicats", c'est ainsi que l'on nomme les verbes toki pona).

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Dernière édition par Nemszev le Mar 7 Déc 2010 - 18:23, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Anna Karénine   Mar 7 Déc 2010 - 12:23

Kotava:
(Traduit par Sab)

------- Anna Karenin. Tolstoy. 4-eaf luz. Kalkotavaks. ------
Karenin se di trenayad va blira koe milafa mona, is va kotvielon sintafa kakevera, ise da en zavzayad sintaf diveik se. Aleksey Aleksandrovitc kovebayar da taruter va kwikaf sebureem va int nedison do kurenikya, vexe deneon rion sielestuyur. Vronski meviele awiyir : Anna va in diveon kakeveyer, ise kurenik grupeyer.

Baroy kottan mejeyed golde debala dana co-tiyir merogindena ede kottel ugaloron me krupteyer. Aleksey Aleksandrovitc trakuyur da di wiyir va tena ke bata skedegapara dum kotcoba koe tamava, abdi da intafu porilu dikuon zo kifur ; Anna, goldeik, moe dana keskeem uduton aldoayar, anton naleyer va tirka yoke moifa grogawera. Luxe Vronski, dum in daletoe foliyir.

Mon isti fentugal, Vronski va remifa argasa perka ve diyir. Ve zo vajkeyer da pu divef sersik va Petersburg gonedir, ise bata poraca vodana gan intafa meroculimena gia is grupesilu va divefa ava se pu in ve nuvelayar sitafa. Sersik va askitin bibereem moi dimkoyara djugrudulzeyer ise va apton rossiafe puve yo wori djumimpavantayar. Gazdon zo gokotaveyer ise sielon zo gorelandeyer. Okie bat sersik galepeyer, beka tiyir sersik, ise pintoton tipuon va int kiewagison, kiewaskiyir da va cupu se tcizayar, zavzason fedaf dum kusafa is afigasa xollandafa negruya. In al koyapayar, ise ganon welidan merotaklen gunt ke drikilu ke witaf golebeem, tiyir da gedron rorelandeweyer. Koe Espana al sieldankuyur ise va espanikya se al nesayar ise al forezuyur ; koe Swiza va nevoyol al tcanbanheyer ; koe Engla va gleida se keravagekiron al grableyer ise al morbeyer da va 200 tovok co-atatar ; koe Turkia ko ayikyaxo al koluyur ; koe India moe fuzol al gozayar, ise va rossiafe puve se noelkeon djukosmayar.



------- Points illustrés ----------------
1. Grandes caractéristiques :
• Emplacement des éléments : Le kotava peut suivre n’importe quel ordre, sans ambiguïtés. Toutefois, le cas de figure le plus fréquent est de type OSV (Objet – Sujet – Verbe)
• Césures de phrases et de propositions : les césures de phrases s’opèrent idem au français ici. Par contre, à l’intérieur d’une phrase, des différences peuvent apparaître. Le kotava ne sépare pas par une virgule les éléments d’une énumération. Inversement, il introduira éventuellement des virgules supplémentaires avec redondance de préposition dans des longues phrases à compléments multiples et imbriqués.

2. Stratégies de traduction :
• Noms propres : ils sont transcrits directement dans leur orthographe d’origine. Pour les noms russes, transcription phonétique kotavisée.
• Constructions infinitives : l’infinitif n’existe pas en kotava. Traduit soit au moyen de subordonnées, soit avec utilisation du nom verbal.
• Expression des temps : respect des temps exprimé dans le texte français. Quelques différences dans les subordonnées, la concordance des temps en kotava étant de nature sémantique et non grammaticale.
• Eléments sous-entendus : grand nombre des adjectifs possessifs du français sont sous-entendus en kotava, le contexte étant suffisamment explicite. De même la marque du pluriel face à un numéral (ex. trois) ou un indéfini de nombre (ex. de nombreux). Encore, la plupart des pronoms personnels en position sujet, les désinences personnelles verbales étant suffisantes.

3. Difficultés contournées :
• transitoire : ugaloron (de façon temporaire)
• jouissait d’une santé exceptionnelle : galepeyer (était d’une très grande santé)
• donnait la sérénade : sieldankuyur (jouait chant du soir)
• se faisait un devoir de : kovebayar (rentrait dans l’obligation de)

4. Points en suspens :
• Vocabulaire inexistant : harem : traduit ici par ayikyaxo (lieu de femmes)

Explications détaillées sur la traduction du 1ier paragraphe :

Les Karérine continuèrent à vivre sous le même toit, à se rencontrer chaque jour, et à rester complétement étrangers l'un à l'autre. Alexis Alexandrovitch se faisait un devoir d'éviter les commentaires des domestiques en se montrant avec sa femme, mais il dînait rarement chez lui. Wronsky ne paraissait jamais: Anna le rencontrait dehors, et son mari le savait.

Karenin se di trenayad va blira koe milafa mona, is va kotvielon sintafa kakevera, ise da en zavzayad sintaf diveik se. Aleksey Aleksandrovitc kovebayar da taruter va kwikaf sebureem va int nedison do kurenikya, vexe deneon rion sielestuyur. Vronski meviele awiyir : Anna va in diveon kakeveyer, ise kurenik grupeyer.


[Karenin se] [di trenayad] [va blira] [koe milafa mona], [is va kotvielon sintafa kakevera], [ise da en zavzayad] [sintaf diveik se].
[Les Karénine] [continuèrent] [la vie] [dans même maison], [et tous les jours l’un l’autre la rencontre], [et que vraiment ils restaient] [l’un l’autre des étrangers].
Karenin = nom de famille Karénine transcrit en kotava. Se = particule pluriel. Sujet
di = particule verbale de postériorité conséquente ; trenayad = verbe trená (rester) + -ya (marque du passé) + -d (marque 3ème personne pluriel)
va blira = blira (la vie, au sens déroulement), introduit par va (prép. du complément d’objet)
koe milafa mona = koe (dans, sans mouvement, préposition) ; milafa (même, adjectif) ; mona (maison). Milafa prend un –a final euphonique en relation avec mona
is va kotvielon sintafa kakevera = is (et, raccorde un second complément de trenayad) ; va (introduit le second complément d’objet ; normalement le is suffit mais va est répété du fait de l’éloignement de trenayad) ; kotvielon (tous les jours, adverbe) ; sintafa (l’un l’autre, adjectif marquant la réciprocité, -a euphonique vis-à-vis de kakevera qui suit) ; kakevera (rencontre, action de se rencontrer ; nom verbal de kakevé + -ra)
ise da en zavzayad = ise (et, entre 2 propositions) ; da (que, conjonction) ; en (oui, vraiment, adverbe de l’état affirmatif, appuyant fortement sur le fait) ; zavzayad (ils restaient ; zavzá = rester + -ya marque du passé + -d marque de la 3ème personne pluriel)
sintaf diveik se = sintaf (l’un l’autre, adjectif de réciprocité) ; diveik (étranger, formé sur l’adjectif divef + -ik suffixe d’être humain) ; se (particule du pluriel)


[Aleksey Aleksandrovitc] [kovebayar] [da taruter] [va kwikaf sebureem] [va int nedison] [do kurenikya], [vexe deneon rion sielestuyur].
[Alexis Alexandrovitch] [rentrait dans l’obligation] [que il évite] [les domestiques commentaires] [en se montrant] [avec épouse] [mais chez (lui) rarement dînait]
Aleksey Aleksandrovitc = nom transcrit en Kotava (prononciation identique). Sujet
kovebayar = faisait obligation de ; ko- préfixe utilisant la préposition ko (dans, avec mouvement) + vebá (verbe obliger) + -ya (marque du passé) + -r (3ème personne singulier). Dans un autre contexte, on aurait dû traduire par va int kovebayar (à lui-même fait obligation de) en exprimant que l’action est vis-à-vis de lui-même ; mais dans le cas présent, la construction conséquente qui suit (da taruter = qu’il évite) est explicite en elle-même et se réfère absolument à Alexis et donc permet d’alléger en omettant le va int (à lui-même).
da taruter = da (que, conjonction subordonnée) ; taruter (évite ; taruté = éviter + -r 3ème personne singulier). L’absence de pronom personnel indique sans aucune ambiguïté que le sujet est donc le même que la proposition précédente ; si on avait eu da in taruter, alors le in aurait fait référence à un individu tiers.
va kwikaf sebureem = va (prép. du complément d’objet) ; kwikaf (domestique, adjectif sur kwik (individu domestique) = -af marque de l’adjectif) ; sebureem (commentaires ; sebura + -eem suffixe collectif)
va int nedison = va int (lui-même, construction avec le pronom réfléchi int en complément d’objet) ; nedison (montrant, nedí (verbe montrer) + -s (participe actif) + -on (adverbe, crée ici un gérondif)
do kurenikya = do (avec, prép. d’accompagenement) ; kurenikya (épouse ; kuré (épouser) + -n (participe passif) + -ik (suffixe de personne) + -ya (suffixe féminin). A noter que le terme renvoie sur un mariage religieux (par opposition à yerumá, marier civilement).
vexe deneon rion sielestuyur = vexe (mais, conjonction d’opposition) ; deneon (chez (lui), adverbe sur dene (chez, préposition locative sans mouvement) + -on (adverbe) ; rion (rarement), adverbe sur riaf (rare, adjectif) + -on (adverbe) ; sielestuyur (dînait ; siel (soir) + estú (manger) + -yu (marque du passé) + -r (3ème personne singulier)


[Vronski] [meviele awiyir] : [Anna] [va in] [diveon kakeveyer], [ise] [kurenik] [grupeyer].
[Vronski] [jamais paraissait] : [Anna] [le] [à l’extérieur rencontrait], [et] [époux] [savait].
Vronski = nom transcrit en Kotava (prononciation identique). Sujet de la 1ère proposition
meviele awiyir = meviele (jamais, adverbe) ; awiyir (paraissait, awí (paraître) + -yi (marque du passé) + -r (3ème personne singulier)
Anna = nom transcrit en Kotava (prononciation identique). Sujet de la 2ième proposition
va in = va (prép. du complément d’objet) ; in (lui, pronom personnel 3ème personne singulier, renvoie à Vronski)
diveon kakeveyer = diveon (à l’extérieur), sur dive (en dehors de, prép. locative sans mouvement) + -on (adverbe) ; kakeveyer (rencontrait), kakevé (rencontrer) + -ye (marque du passé) + -r (3ème personne pluriel). L’adverbe diveon (à l’extérieur) est dénué de notion de mouvement ; si on employait divon (à l’extérieur, avec mouvement) on insisterait alors sur le fait que Anna devait sortir de sa maison pour rencontrer Vronski. A mon avis les 2 variantes peuvent être employées.
ise = et, conjonction de liaison entre 2 propositions (forme en –e de is). Le fait d’employer ise introduit une nuance subtile selon laquelle la liaison entre Anna et Vronski était de notoriété ; le mari le sait. En employant comme conjonction non pas ise mais voxe (et, avec marque d’opposition), on aurait alors indirectement indiqué que le mari était au courant de la liaison, mais sans que Anna et Vronski s’en doutent. A cet endroit du récit (cela transparait des paragraphes précédents du livre), il est de notoriété que le mari est au courant de la relation de sa femme.
kurenik = époux, sur kuré (épouser religieusement) + -n (participe actif) + -ik (suffixe de personne). Ici, on s’en tient à la forme neutre, sans avoir besoin de rajouter de suffixe spécifique masculin –ye (kurenikye), dans la mesure où le contexte est limpide, que c’est en référence à Anna (femme), et en outre la notion de sexe n’a ici pas d’intérêt particulier, c’est uniquement la notion de conjoint qui intervient. Kurenik est le sujet de la 2ème proposition.
grupeyer = savait, sur grupé (savoir) + -ye (marque du passé) + -r (3ème personne singulier)

Explications détaillées sur la traduction du 2ième paragraphe :

Tous les trois souffraient d'une situation qui eût été intolérable si chacun d'eux ne l'avait jugé transitoire. Alexis Alexandrovitch s'attendait à voir cette belle passion prendre fin, comme toute chose en ce monde, avant que son honneur fût ostensiblement entaché; Anna, la cause de tout le mal, et sur qui les conséquences en pesaient cruellement, n'acceptait sa position que dans la conviction d'un dénouement prochain. Quant à Wronsky, il avait fini par croire comme elle.

Baroy kottan mejeyed golde debala dana co-tiyir merogindena ede kottel ugaloron me krupteyer. Aleksey Aleksandrovitc trakuyur da di wiyir va tena ke bata skedegapara dum kotcoba koe tamava, abdi da intafu porilu dikuon zo kifur ; Anna, goldeik, moe dana keskeem uduton aldoayar, anton naleyer va tirka yoke moifa grogawera. Luxe Vronski, dum in daletoe foliyir.


[Baroy kottan mejeyed] [golde debala] [dana co-tiyir merogindena] [ede kottel ugaloron me krupteyer].
[Tous les trois souffraient] [à cause de situation] [qui aurait été intolérable] [si chacun transitoirement n'avait pas considéré.].

Baroy kottan mejeyed = baroy (trois) ; kottan (chacun, tous) ; mejeyed (mejé = souffrir + -ye (marque du passé) + -d (marque 3ème personne pluriel). Du fait que baroy a déjà un sens pluriel, la particule pluriel peut alors être omise
golde debala = golde (prép. à cause de, sens négatif) ; debala (situation)
dana co-tiyir merogindena = dana (qui, reprend debala, donc avec un –a euphonique) ; co-tiyir (aurait été ; co- (particule du conditionnel) + tí (être) + -yi (marque du passé) + -r (3ème personne du singulier) ; merogindena (intolérable ; me (non) + ro- (pouvoir) + gindé (tolérer) + -n (participe, adjectif passif) + -a (finale euphonique, sur dana)
ede kottel ugaloron me krupteyer = ede (si, conjonction) ; kottel (chacun) ; ugaloron (de façon transitoire, adv.) ; me (négation) ; krupteyer (considérait ; krupté (considérer, trouver, juger) + -ye (marque du passé) + -r (marque 3ème personne singulier)


[Aleksey Aleksandrovitc] [trakuyur] [da di wiyir] [va tena ke bata skedegapara] [dum kotcoba koe tamava], [abdi da intafu porilu dikuon zo kifur] ;
[Alexis Alexandrovitch] [pensait] [qu'il verrait] [la fin de cette grande passion], [comme toute chose dans monde], [avant que son honneur ostensiblement soit souillé] ;

Aleksey Alexandrovitc = Alexis Alexandrovitc (Nom propre transcris directement depuis le russe, en respectant sa prononciation)
trakuyur = trakú (penser) + -yu (marque du passé) + -r (3ème personne du singulier) ; « s’attendre à voir » est rendu ici par « penser »
da di wiyir = da (que, conj.) ; di wiyir (verrait ; di (marque de postériorité liée) + wí (voir) + -yi (marque du passé) + -r (3ème personne du singulier)
va tena ke bata skedegapara = va tena (la fin, compl. d’objet) ; ke (de, prép.) ; bata (ce, cette ; -a euphonique) ; skedegapara (grande passion ; skedegá (être en passion) + -pa (suffixe augmentatif) + -ra (suffixe du nom verbal, marque d’action)
dum kotcoba koe tamava = dum (comme, conj.) ; kotcoba (tout, toute chose) ; koe (dans, prép. loc.) ; tamava (monde)
abdi da intafu porilu zo kifur = abdi da (avant que, conj. temp.) ; intafu (son, adj. Possessif ; -u euphonique) ; porilu (honneur ; por-af (honorable) + -ilu (suffixe de qualité) ; zo (particule du passif) ; kifur (soit tachée ; kifú (tacher) + -r (3ème personne du singulier)


[Anna, goldeik], [moe dana] [keskeem uduton aldoayar], [anton naleyer va tirka] [yoke moifa grogawera].
[Anna, personne qui est cause], [sur qui] [les conséquences cruellement pesaient], [n'acceptait position que] [du fait du prochain dénouement].
Anna, goldeik = Anna (Anna) ; goldeik (personne cause négative ; golde (à cause de, sens négatif, prép.) + -ik (suffixe de personne)
moe dana = moe (sur, prép.) ; dana (laquelle ; dan (qui, quel) + -a euphonique en relation avec Anna)
keskeem uduton aldoayar = keskeem (ensemble des conséquences ; keska (conséquence) + -eem (suffixe collectif) ; uduton (cruellement ; udut-af (cruel) + -on (suffixe adv.) ; aldoayar (pesait ; aldoá (peser) + -ya (marque du passé) + -r (3ème personne du singulier)
anton naleyer va tirka = anton (seulement ; ant-af (seul) + -on (suffixe adv.) ; naleyer (acceptait ; nalé (accepter) + -ye (marque du passé) + -r (3ème personne du singulier) ; va tirka (la position ; compl. d’objet ; le contexte est suffisamment explicite sans devoir rajouter un adjectif possessif)
yoke moifa grogawera = yoke (du fait de, en raison de, prép. ; sens neutre) ; moifa (prochain, à venir ; -a euphonique) ; grogawera (dénouement ; grogá (dénouer) + -we (suffixe intransitif ; se dénouer) + -ra (suffixe de nom verbal)


[Luxe Vronski], [dum in] [daletoe foliyir].
[Quant à Wronsky], [comme elle] [désormais il croyait].
Luxe Vronski = luxe (quant à , prép.) ; Vronski (nom propre transcrit directement depuis le russe)
dum in = dum (comme, conjonction) ; in (il, elle ; ici renvoit sur Anna)
daletoe foliyir = daletoe (désormais, adv.) ; foliyir (il croyait ; folí (croire) + -yi (marque du passé) + -r (3ème personne du singulier)

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MessageSujet: Re: Anna Karénine   Mar 7 Déc 2010 - 12:28

Azbek:
(Traduit par Claudius)

------- Anna Karenin. Tolstoj. Felme szjert. Dofaverilu azbekez. ------

Jaribovu a Kareniner a mugz oamean, jatopovu tano manat, ga jazemnovu bizber fom nau eiloku. Kereva deku Alexis Aleksandrovicz a na mincariz, ka saihiesa a polikola i a kasoameor jesilla-ze a cinaku sie, peu ilalova sob sine apo. Pe ertova niketa a Wronsky : topova a se Anna dinar, ga czev a nimu sie.

Guzanovu deko gjem a na savja ak se fera pejasamatel titu pe azavezovisu tanoja szelma oku xamkirolesk. Veraszeptova Alexis Aleksandrovicz, ka ierta a katu gozen finilla, kofte tano szet nu a reczean, gaze va az ohor sie jeseskonaloszku tregnatu ; Anna, a gata i a nozaki glesza, ga nu en garv haztovu a gibeljer, katu onecova a nunvara sie kit nam dojel fera, ka fera a fin zotan. Iertalla Wronsky, verkereva, ka tezova kofte da.

Cirka a sirt i a snesztaki, Wronskyt kiroloveru a na irgoman gogajesk. Nimo karigenova a se, ka jesi a Petersburg na tjart fom, ga sine idurova nardagar katu ohor talvezitu a catpokazviluvo sie perebesztela ga a magdacvo sie i a toaleor foma. Xoczeva a tjar, ka mer nipieci a meftilurei tek sine cuva nimo iculsan a kalatora sie apre, ga ka probiecza evelato az acedinera arban rusesker. Ergo sine skoloveru a se az assan ga divuzoveru a se a vradisan. Oga ya katu tjar a na jahet dibar, zako aptu na tjarku, ga sligzedovisa, aszolerze iviz zehac igjenik i a kaskerki sie, ka jasoani kuraser muzul, katu ziemnalla nast kofte na kujaluze nederlandesk, çelm ga alzesk. Kalatorovisa kalz, ga a plionektima darvarus eka ezagulova a mintirerei ja kentaden nuneska, katu fera, ka nimo dasz divuzova troperze pikil. Spanian, konuszovisa a serenader, likavovisa spaniamarer, ga azlovovisa mandolina ; Svican, salistova a orkac ; Anglian, snagovisa a hjese zviskerku veronet ga apostovisa, ka czodovara 200 basoloare ; Turkijan, bajnovisa na haraman ; Indieran, virtovisa nu fizikaleran, ga nun xoczeva, ka moagda az acedinera Rusiaki.


1. Grandes caractéristiques :
• Emplacement des éléments : OSV, SOV, SVO, etc.
_l'azbek est une langue de type VSO, bien que l'on trouve dans certains cas des SVO ou des VOS, mais ce ne sont que des effets de style pour mettre en relief une partie du discours
• Césures de phrases et de propositions
_Ce texte est assez difficile à traduire en azbek, car une règle veut que l'on rapproche le plus possible tous les élèments qui entretiennent un lien direct, et ces mêmes élèments sont souvent séparés par des propositions relatives ou des juxtapositions dans ce texte.

2. Stratégies de traduction :
• Noms propres
_les noms propres sont adaptés à l'écriture de l'azbek (Alexandrovitch/Aleksandrovicz) en dehors de Wronsky qui perdrait trop de sa saveur !!
• Constructions infinitives
_il n'y a pas de constructions infinitives en azbek, l'infinitif étant très peu utilisé, la plupart du temps sous sa forme nominlaisée
• Expression des temps
_un seul temps pour le passé (le parfait) ainsi qu'un plus-que-parfait assez présent dans le texte, remarquable à son thème en -ovis-. Un seul futur antérieur (czodovara). A noter que dans les subordonnées introduites par "ka", même si le verbe de la principale est au parfait, le verbe de la subordonnée reste le plus souvent au présent

3. Difficultés contournées :
_pas de grandes difficultés, hormis peut être le vocabulaire, car l'azbek se suffit en général d'un vocabulaire moins élaboré

4. Points en suspens :
• Vocabulaire inexistant
_il a bien fallu le créer !! :? l'azbek est une langue a priori qui ne possède pas comme une grande partie des langues du forum de méchanismes de formation lexicale logique, et cela pour donner un aspect plus naturel à la langue (il y a quand même quelques méchanismes qui simplifient les choses !). Alors il faut créer tout le vocabulaire, mais ce fut, je dois l'avouer, un plaisir ! certains d'entre vous qui parlent des langues "exotiques" tel le basque ou le breton reconnaitront les langues où j'ai pioché un peu de vocabulaire !
• Ambiguïtés sémantiques
_pas vraiment, il y a (pour le moment) peu de synonymes en azbek
• Ambiguïtés morphologiques
_beaucoup plus !! comme dit précédemment, en azbek il faut pouvoir placer les élèments qui vont ensemble le plus près possible les uns des autres, c'est pourquoi ce texte écorche quelques règles de bon sens en azbek, mais il reste quand même respectueux de celles-ci
• Idiotismes non traduisibles
_des mots tels que "sérénade" ou "mandoline" ont été adapté tels quels dans le texte, car je les ai considérés comme des emprunts, ils ont juste été "azbekisés"
• Constructions problématiques
_pas de problèmes

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MessageSujet: Re: Anna Karénine   Mar 7 Déc 2010 - 12:31

Elko:
(Traduit par Ziecken)

------- Ana Karenin. Tolstoi. 4a dawo. Galia kesselo. ------

Karenin liwo moru dyni lewope, lari nandage, mori nane sela Kize. Alexi Aleksandrovith nodi kise lysi Ewundia imapmabo moka se gewe oaga amano, bo go nyne delami se. Vronski nunde risi: Ana lari go wute, to oa oman teki o.

Igo doli webe wadu tora bo nuta. Alexi Aleksandrovith siwa ki kala baso dani, wope nanale ki kewe, wede oga wyla taka ; Ana, weno nanta bole, to ipomo maki tore kiwe, wedu tymi oga bewo lune waado kaade dano. To Vronski, og danu teki wope aga.

Beta meke, Vronski nodu nuti tasa dagdao. Og wota moki Peterburge selkea idrie, , to ki wylo, oga jela lawo to teko selkea ikowo, rsi oge wile gura. Idrio wedu rosu lydu renkoi nute oga waka deno, to nyti rusia itaso. Wedu nodi tebi tebi ogo dale to leli o dele. Bo, ki idri pali nyna kulo, wope po idrio, to nika toke igesa igeso, simi pata noso, opde Nederla dulbomo , wana to dola.Og wile waka, to rymu illeli gewe oddea ikowazo. Espanie, og gala, kipa espania aimano, to gaza ; Elbetie, og tama tebe; Aglie, bopa tanpino lonea to kowa kedi 200 zelo; Turkie, og wuna amandae; Indie, og waka tebeke, to odde, og rosu teki Rasia iruno.


Exemple détaillé de traduction :

Igo doli webe wadu tora bo nuta.
Tous les trois souffraient d'une situation qui eût été intolérable si chacun d'eux ne l'avait jugée transitoire.

- Igo = ils, mais dans le contexte ils regroupent tous les personnages évoqués dans le texte. // Tous les trois = kouta (3) igo (les)
- doli= souffrir, comme il s'agit d'un récit le texte est au présent puis on sait qu'il correspond à un passé, on peut cependant le mettre au passé au moyen de l'auxiliaire temporel "wedu" (passé) : ogo doli "il souffre" ogo wedu doli "il souffrait"
- webe = d'une situation // webo = une situation (GN) webe = d'une situation (GP)
- wadu est l'auxiliaire temporel du conditionnel et le verbe être n'existant pas "wadu" traduit alors "qui aût été "
- tora = difficile, mais intolérable serait plutôt "taiama"
- bo = marque l'oppostion et se traduit par si, mais, en revanche, par contre,...
- nuta = transitoire

bo nuta = "mais transitoire" faisant référence à la situation. J'ai choisi cette formulation car elle correspond plus à la structure simplifiée de la langue. mais la formulation la plus fidèle serait :
bo nanki ne mapi nuta = "si chacun d'eux ne l'avait jugée transitoire"

Pourquoi l'elko est une langue si courte ?
En fait il y a de nombreuses réponses à cette question, sur le site, dans la section présentation (2ème entrée) je présente succinctement les pécificités de la langue elkanne.
Mais pour être bref, je dirais que 'elko est une langue économe et ce pour plusieurs raisons :
Very Happy - on sélection les tournures les plus courtes
- les mots sont plus courts car tous composés de clés de trois lettres maxi
- l'elko joue avec le contexte, comme en chinois, en indonésien et même en langue des signes.
- L'elko utilise principalement des hyperonymes : par exemple animal (ek) est l'hyperonyme de chat (tetek) ou de chien (kerek) qui en sont les hyponymes. En elko les hyponymes contiennet toujours les hyperonymes. Ainsi tetek et kerek contiennent ek à la fin, alors pour faire lus court on ne garde que l'hyperonyme ek si dans le contexte on voit de quoi on parle ou si le détail de l'animal (exemple choisi) n'est pas obligatoire) Smile

L'elko se doit d'être large pour que tous les locuteurs du monde puissent l'utiliser. Parmis la centaine d'elkophones, je compte déjà 1 tchèque, 4 anglais et 2 allemands le reste c'est des français.
L'avantage c'est qu'ils n'y a pas de mot à apprendre puisqu'on les forme intuitivement. Wink

on a une liste de clés ou "racines" que l'on peut assembler les unes aux autres et enrichir d'une vingtaine d'affixes, ainsi avec très peu de clés on peut faire des milliers de mots.

ex : RAN (ciel) + AK (véhicule) = RANAK (avion)
TON (mine /sousterrain) + AK (véhicule) = TONAK (métro)
DAW (groupe) + AK (véhicule) = DAWAK (transport en commun)
DEM (ciel) + AK (véhicule) = DEMAK (tracteur)
PAL (ciel) + AK (véhicule) = PALAK (véhicule privé / voiture)
WES (cheval) + AK (véhicule) = WESAK (moto ou tout autre véhicule que l'on chevauche)
RAN (ciel) + AK (véhicule) = RANAK (avion)
SEB (désignant deux barres parrallèlles) + AK (véhicule) = SEBAK (train)

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MessageSujet: Re: Anna Karénine   Mar 7 Déc 2010 - 12:32

Ido:
(Traduit par Fafnir)

------- Anna Karénine. Tolstoï. 4ème partie. Traduction en ido. ------

Karenine kontinuas vivar sub la sama tekto, inter-renkontrar omna dio, e restar komplete stranjera l'una l'altra. Alexis Alexandrovich facesis devo por evitar la servistaro-komenti aparante kun lua muliero, ma il dineis rare che ol. Wronsky aparas nultempe: Anna renkontris il extere, e lua spozulo savis.

Omna la tri sufris di situeso qua esus ne-tolerebla se singlu ne judikis tempala. Alexis Alexandrovich expektis vidar ta bela pasiono abutar, kom omni kozo en ta mondo, ante ke lua honoro viciizabis aparante; Anna, la kauzo di tota malo, e pri la konsequi ponderis kruele, konsentis lua pozeso ke en la konvinkeso di balda konkluzo. Pri Wronsky, il fine kreis kom el.

Proxim la mezo di vintro, Wronsky havis enoyiganta semano tra-vivar, Il komizabis vidigar Petersburg ad stranjera princo, e ca honoro, pro ne-reprochebla vestaro e lua konoco di stranjera lingui, semblas li tedanta. La princo volus esar kapebla respondar ad questioni qua direktabos dum retro-veno pri lua voyajo, e profitar tamen di plezuri specale rusiana. Oportas do instruktar li dum matino ed amuzar dum vespero. Or ta princo posedis maxim bona saneso, mem per princo, e il parvenis ad, kun diligente higienala sorgado per lua persono, tolerar ecesiva fatigi, dum permanas fresha kom nederlanda kukombro, verda e brilanta. Il havas multe voyagita, e la ne-kontestebla avantajo qua il agnoskis ad moderna facilaji-komuniko, esis por pover amuzar su kun diversa fazoni. En Hispania il igis serenadi, kurtezita hispanini, e pleita mandolino: en Suisia. Il chasis la chamo; en Anglia trans-saltita hegi en reda vesti e pariita ocidar 200 fazani; en Turkia il penetris en haremo; en Indii il promenis su sur elefanti, e nun il volus konocar la plezuri di Rusia.


Parmi les difficultés de la traduction les articles comme par exemple le premier car s'il est possible d'ajouter un suffixe pour indiquer les membres d'un groupe on ne peut le faire pour un nom de famille. L'utilisation de "tout" en divers sens, le plus souvent en utilisant omna/i mais aussi éventuellement tota. Ne pas abuser des pronoms pri (au sujet de) et pro (à cause de).
fût ... entaché - symbolique donc je choisis vicier - esis viciizita compressible en viciizabis

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MessageSujet: Re: Anna Karénine   Mar 7 Déc 2010 - 12:36

Espéranto:
(Traduit par Skirlet)

La geedzoj Karenin daŭre vivis en la sama domo, renkontiĝis ĉiutage, sed estis tute fremdaj unu al alia. Aleksej Aleksandroviĉ staris por si la regulon ĉiutage vidi sian edzinon, ke la servantaro ne rajtu nenion suspekti, sed li evitadis hejmajn tagmanĝojn. Vronskij neniam vizitis la hejmon de Aleksej Aleksandroviĉ, sed Anna vidis lin ekstere, kaj ŝia edzo tion sciis.

La situacio estis suferiga por ĉiuj tri, kaj neniu el ili havus forton vivi eĉ unu plian tagon, se li ne atendus, ke ĝi ŝanĝu, kaj ke ĝi estas nur kelktempa vea malfacilaĵo, kiu pasos. Aleksej Aleksandroviĉ atendadis, ke ĉi tiu pasio finiĝos, kiel ĉio finiĝas ; ke ĉiuj forgesos, kaj lia nomo ne malhonoriĝos. Anna, kiu estis la kaŭzo de la situacio kaj por kiu ĝi estis la plej suferiga, toleris ĝin ne nur atendante, sed certante, ke ĉio baldaŭ solviĝos. Ŝi tute ne sciis, kio solvos la situacion, sed firme certis, ke nun tio venos baldaŭ. Vronskij, nevole obeante ŝin, ankaŭ atendadis ion sendependan de li, devantan malaperigi ĉiujn malfacilaĵojn.

Mezinverne Vronskij pasis tre enuan semajnon. Oni devigis lin montri peterburgajn vidindaĵojn al fremdlanda princo, veninta Peterburgon. Vronskij estis reprezenta; krome, li regis arton sin teni digne-respektoplene kaj kutimis trakti tiajn personojn; tial oni almetis lin al princo. Sed tiu devo ŝajnis lin tre peza. La princo deziris malatenti nenion, pri kio oni povus demandi lin hejme - ĉu li vidis tion en Rusio, - kaj li mem deziris laŭeble profiti de rusaj plezuroj. Vronskij devis gvidi lin en la unu kaj en la alia. Matene ili iris viziti vidindaĵojn, vespere partoprenis naciajn plezurojn. La princo ĝuis la sanon, neordinaran eĉ por princoj; per gimnastiko kaj bona zorgo pri sia korpo li atingis tian forton, ke, malgraŭ la ekscesoj en siaj plezuroj, li estis freŝa, kiel granda nederlanda kukumo, verda kaj glacea. La princo multe vojaĝis kaj pensis, ke unu de precipaj profitoj de nuna trafikvoja facileco estas la alirebleco de naciaj plezuroj. Li estis en Hispanio, kantis tie serenadojn kaj amindumis hispaninon, kiu ludas mandolinon. En Svislando li mortigis ĉamon. En Anglio li saltis vestita de ruĝa frako super barilojn kaj vete mortigis 200 fazanojn. En Turkio li vizitis haremon, en Barato li rajdis sur elefanto, kaj nun en Rusio li deziris gustumi ĉiujn speciale rusajn plezurojn.


- la traduction a été faite à partir de l'original russe et non à partir de la traduction française, d'où les divergences. A propos, le traducteur français ne rend pas le style de Tolstoï, qui est à la fois plus accessible au lecteur d'aujourdhui et plus rebarbatif / répétitif. Il a cédé à la tentation d"améliorer le style de l'original, peut-être en craignant que les mots à répétition seraient portés sur le compte d'une mauvaise traduction Smile

Par exemple, la phrase "Quant à Wronsky, il avait fini par croire comme elle." n'a pas grand-chose à voir avec l'original. D'ailleurs, pourquoi le "w"?..

Il y a également des entorses au sens, comme ici: "En Espagne, il avait donné des sérénades, courtisé des Espagnoles, et joué de la mandoline" - il a courtisé une seule Espagnole, et c'est elle qui jouait de la mandoline Smile

Bon, je ne vais pas m'étendre danvantage sur la traduction française.

- noms propres sont transcrits de façon très proche à l'original

- pour exprimer le temps, il y a beaucoup de possibilités Smile

- pas relevé d'idiotismes intraduisibles, vocabulaire en espéranto ne pose pas de problème

- la seule difficulté a été russo-russe, pour s'assurer du sens du mot "гемз", qui est un germanisme pas du tout utilisé aujourd'hui (je ne sais pas s'il était largement utilisé à l'époque de Tolstoï"

- en espéranto, il y a plusieurs possibilités pour exprimer le même concept, il faut faire des choix Smile

- on dit que le traducteur devrait être amoureux du livre qu'il traduit; je n'aime pas du tout Tolstoï, et si j'ai fait le maximum pour traduire le sens et la lettre, il est possible que les espérantistes ici présents trouveront des améliorations

- suite à la remarque sur la littérature russe, je voudrais dire qu'il ne faut pas en juger en se basant sur Tolstoï, Dostoïevski ou Soljénitsyne, ils ont tous un style lourd et peu digeste. Il y a tellement d'autres écrivains intéressants qui n'ont pas trouvé de faveurs aux yeux des éditeurs français Wink


***

Même texte traduit par Fenlabise à partir de la version française

  1. Les Karérine continuèrent à vivre sous le même toit, à se rencontrer chaque jour, et à rester complétement étrangers l'un à l'autre.

    1. La Kareninoj plue vivis sub la sama tegmento, plue interrenkontis je cxiu tago, kaj plue restis tute fremdaj unu la aliaj.

  2. Alexis Alexandrovitch se faisait un devoir d'éviter les commentaires des domestiques en se montrant avec sa femme, mais il dînait rarement chez lui.

    1. Alexis Alexandrovitch devigis eviti la komentojn de la servistoj, montrante sin kun sia edzino, sed li malofte vespermangxis cxe si.

  3. Wronsky ne paraissait jamais: Anna le rencontrait dehors, et son mari le savait.

    1. Wronsky aperis neniam : Anna ekstere renkontis lin, kaj sia edzo sciis tion.

  4. Tous les trois souffraient d'une situation qui eût été intolérable si chacun d'eux ne l'avait jugée transitoire.

    1. Cxiuj tri suferis pri situacio, kiu estus netolerebla, se cxiu el ili ne estus rigardinta gxin kiel provizoran. Condition : conditionnel dans les deux propositions. "estus rigardinta" (avaient regardée ou jugée) à la fois conditionnel par estus, et passé par le participe actif passé rigardinta, car l'ayant déjà jugée comme provisoire, la situation est tolérable.

  5. Alexis Alexandrovitch s'attendait à voir cette belle passion prendre fin, comme toute chose en ce monde, avant que son honneur fût ostensiblement entaché;

    1. Alexis Alexandrovitch atendis, ke li vidos la finon de tiu pasiego, kiel cxio-ajn en tiu mondo, antaù ke lia honoro videble makuligxos ; Alexis attend deux actions futures (vidos, makuligxos).

  6. Anna, la cause de tout le mal, et sur qui les conséquences en pesaient cruellement, n'acceptait sa position que dans la conviction d'un dénouement prochain.

    1. Anna, la kaùzo de cxiu-cxi malbono, kaj sur kiu la konsekvencoj kruele pezis, akceptadis sian pozicion nur je la konvinko de tuja malnodigxo.

  7. Quant à Wronsky, il avait fini par croire comme elle.

    1. Koncerne Wronsky, li finkredis kiel sxi.

  8. Vers le milieu de l'hiver, Wronsky eut une semaine ennuyeuse à traverser.

    1. Cxirkaù la vintra mezo, Wronsky devis travivi tedan semajnon.

  9. Il fut chargé de montrer Pétersbourg à un prince étranger, et cet honneur, que lui valurent son irréprochable tenue et sa connaissance des langues étrangères, lui parut fastidieux.

    1. Li estis komisiita montri Petersburgon al fremda princo, kaj tiu honoro, kiun lia neriprocxebla konduto (conduite morale ; ou sinteno : tenue vestimentaire) kaj lia sciado de fremdaj lingvoj meritis al li, sxajnis al li teda.

    2. ou bien : Li estis komisiita montri Petersburgon al fremda princo, kaj teda sxajnis al li tiu honoro, kiun lia neriprocxebla sinteno kaj lia sciado de fremdaj lingvoj meritis al li. Je préfère cette tournure car plus claire.

  10. Le prince voulait être à même de répondre aux questions qui lui seraient adressées au retour sur son voyage, et profiter cependant des plaisirs spécialement russes.

    1. La princo volis eble respondi la demandojn, kiuj estus direktotaj (participe passif futur) al li je la reiro pri lia vojagxo, kaj tamen profiti la specife (tute) rusajn plezurojn.

  11. Il fallait donc l'instruire le matin et l'amuser le soir.

    1. Necesis do, ke li instruu lin je la mateno, kaj li amuzi lin je la vespero.

    2. ou : Necesis do, ke li matene instruu, kaj li vespere amuzi lin.

  12. Or ce prince jouissait d'une santé exceptionnelle, même pour un prince, et il était arrivé, grâce à des soins minutieusement hygiéniques de sa personne, à supporter des fatigues excessives, tout en restant frais comme un concombre hollandais, vert et luisant.

    1. Nu tiu princo estis dotata esceptan sanecon, ecx por princo, kaj li sukcesis, dank'al detaleme higienaj flegadoj pri sia persono, elteni ekcesajn lacigxojn restante fresxa kiel holanda kukumo, verda kaj brila.

  13. Il avait beaucoup voyagé, et l'avantage incontestable qu'il reconnaissait aux facilités de communication modernes, était de pouvoir s'amuser de façons variées.

    1. Li multe vojagxis, kaj la nekontestebla avantagxo, kiun li agnoskis pri la modernaj komunikfacilajxoj, estis povi varimaniere amuzigxi.

  14. En Espagne, il avait donné des sérénades, courtisé des Espagnoles, et joué de la mandoline; en Suisse, il avait chasssé le chamois; en Angleterre, sauté des haies en habit rouge et parié de tuer 200 faisans; en Turquie, il avait pénétré dans un harem; aux Indes, il s'était promené sur des éléphants, et maintenant il tenait à connaitre les plaisirs de la Russie.

    1. En Hispanujo, li kantis serenadojn, li amindumis Hispanulinojn, kaj li mandoline muzikis ; en Svislando, li cxasis cxamon ; en Anglujo, li cxevalsaltis hegxon je rugxa vesto, kaj vetis pafi ducent fazanojn ; en Turkujo, li penetris en haremon ; en Hindujo, li promenis sur elefantoj, kaj nun li deziregis ( il y tenait vraiment d'où l'augmentatif -eg-) koni la plezurojn de Rusujo.


Remarques :
  • l'ordre syntaxique est habituellement SVO ou SVQualificatif, mais j'ai inversé cet ordre (-> QVS) pour que le sujet honoro précède immédiatement la proposition relative.

  • La syntaxe habituelle est Sujet-Adverbe-Verbe-Complément( Adjectif-Substantif), l'adverbe modifiant le verbe ; et l'adjectif modifiant le substantif.

  • On peut transformer tout une locution :

    • en participe : Esperanto signifiant "celui qui espère"

    • en adverbe : matene à la place de "je la mateno" le matin

    • en nom composé : komunikfacilajxo pour "facilité de communication"

    • en adverbe composé : varimaniere pour "de façons variées"

  • la formation d'un mot est la suivante : Préfixe-Racine-Suffixe(s)-Terminaison. Exemple :
  • Rugxcxapelulino : le petit chaperon rouge.

    • Rugx- : rouge

    • cxapel- : chapeau

    • -ul- : personne déterminée par la racine

    • -in- : personne de sexe féminin

    • -o : terminaison des substantifs

  • Ainsi la formation de mots nouveaux ne pose pas de problème et il sera compris par tout le monde.

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Olivier Simon



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MessageSujet: Re: Anna Karénine   Mar 7 Déc 2010 - 14:42

Nemszev a écrit:
------- Anna Karénine. Tolstoï. 4ème partie. Traduction en français. ------

Les Karénine continuèrent à vivre sous le même toit, à se rencontrer chaque jour, et à rester complétement étrangers l'un à l'autre. Alexis Alexandrovitch se faisait un devoir d'éviter les commentaires des domestiques en se montrant avec sa femme, mais il dînait rarement chez lui. Wronsky ne paraissait jamais: Anna le rencontrait dehors, et son mari le savait.
Tous les trois souffraient d'une situation qui eût été intolérable si chacun d'eux ne l'avait jugé transitoire. Alexis Alexandrovitch s'attendait à voir cette belle passion prendre fin, comme toute chose en ce monde, avant que son honneur fût ostensiblement entaché; Anna, la cause de tout le mal, et sur qui les conséquences en pesaient cruellement, n'acceptait sa position que dans la conviction d'un dénouement prochain. Quant à Wronsky, il avait fini par croire comme elle.
Vers le milieu de l'hiver, Wronsky eut une semaine ennuyeuse à traverser. Il fut chargé de montrer Pétersbourg à un prince étranger, et cet honneur, que lui valurent son irréprochable tenue et sa connaissance des langues étrangères, lui parut fastidieux. Le prince voulait être à même de répondre aux questions qui lui seraient adressées au retour sur son voyage, et profiter cependant des plaisirs spécialement russes. Il fallait donc l'instruire le matin et l'amuser le soir. Or ce prince jouissait d'une santé exceptionnelle, même pour un prince, et il était arrivé, grâce à des soins minutieusement hygiéniques de sa personne, à supporter des fatigues excessives, tout en restant frais comme un concombre hollandais, vert et luisant. Il avait beaucoup voyagé, et l'avantage incontestable qu'il reconnaissait aux facilités de communication modernes, était de pouvoir s'amuser de façons variées. En Espagne, il avait donné des sérénades, courtisé des Espagnoles, et joué de la mandoline; en Suisse, il avait chasssé le chamois; en Angleterre, sauté des haies en habit rouge et parié de tuer 200 faisans; en Turquie, il avait pénétré dans un harem; aux Indes, il s'était promené sur des éléphants, et maintenant il tenait à connaitre les plaisirs de la Russie.

Bon, je le fais en sambahsa:
I Karenins nagwiveer sub id sam krov, naghiet mutu cadadien, ed naremien alnos tarniens dia mutu. Alexis Alexandrovich se skeulih vergihes ia commentes im khadims deikend-ye se con sien gvibh, bet is dinrit rar-ye in sien hem. Wronsky naiwo prohp : Anna ghiet iom exo, ed ays mann woiss to.
Vasyi tri payss ob un situation quod habiet esen intolerable sei ielg ex i ne habiet id kohnsen zanchey. Alexis Alexandrovich exspectit vide tod bell passion ende, kam quantum in tod mund, pre eys honor bohr poldam tod ayib; Anna, ia cause ios hol khitert, ed ep quam ids consequences vyigeer cruel-ye, acceptit sin position tik in id conviction unios niebst hassile. Wronsky de hieb vicredihn kam ia.
Ambh id medium os ghim, Wronsky hieb un plictic hevdo tehrtu. Buit maimour med dikes Petersburg uni gospoti peurst, ed tod honor, quod ei viel eys nemambhim sulouk ed eyso gnohsa om gospoti bahsas, ei kwohk fastidieus. Is peurst volit ses in stand om antwehrde ibs werds qua ei esient iskwn ye eyso saferreik, ed brunges lakin ia besonters rusk plaisures. Is ghi tohrb ses instrugen aghyerns ed zalissen vespers. Api so peursto brug un exceptional sieune, hatta pro un peurst, ed is hieb kamyaben, dank rlienxien-ye hygienic kaurs os seswo, tehle excessive striekes, ed sammel remane fresch kam un hollands gurk, glend ed lamper. Is hieb maung safern, ed id incontestable vantage is recognihsit ibs moderne communication facilitats eet ghehde habe glewos variat-ye. In Espania, is hieb daht serenades, curtiset Espaniolas, ed kanto mandolin; in Schweiz, is hieb sayden kamwns; in England, skanden hags dutos in rudh ed vaten gvehne 200 kijies; in Tyrkia, is hiebit penetren un harem; in Hind, is hiebit spasseren ep elephants, ed nun is gnohskwit Russias plaisures


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Dernière édition par Olivier Simon le Jeu 9 Déc 2010 - 17:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Anna Karénine   Mar 7 Déc 2010 - 22:46

Nemszev a écrit:
Je récupère un certain nombre de messages du forum Babel, qui a fermé sa partie langues construites.
Voici une traduction d'un texte de Tolstoï effectuée dans plusieurs langues construites.

------- Anna Karénine. Tolstoï. 4ème partie. Traduction en français. ------
Ah le texte d'Anna Karénine que j'avais proposé comme exercice interlinguistique à l'époque où j'étais animatrice sur le forum Babel, avant que sa convivialité soit pulvérisée. Comme le temps passe. Crying or Very sad
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MessageSujet: Re: Anna Karénine   Jeu 9 Déc 2010 - 16:45

J'ai oublié le ry, de rdo!

Bonjour,
Tout débutant en langue construite, je vous présente néanmoins mon essai de traduction en ry (prononcer "ru" - qui signifie tout simplement "langue, langage"). J'en ferai une présentation sur un autre fil si nécessaire (et si ça intéresse quelqu'un). J'ajouterai également un détail mot à mot de la traduction un peu plus tard.
Le ry étant destiné à avoir son propre conscript (un jour lointain, sans doute, faute de temps), j'ai tenté de rendre chaque son par une lettre unique (ce fut aussi une nécessité pour l'utilisation du dictionnaire Lexique Pro). Aussi ai-je employé nombre de symbole de l'API, plus quelques autres pour pouvoir noter tous les sons. Il ne s'agit donc pas d'une charte phonologique. J'espère que l'ensemble en restera lisible.
Voici tout d'abord les lettres et leur prononciation (celles dont la prononciation n'est pas détaillées se prononcent comme en français) :
Consonnes : b / p / ƥ (p expiré) / f / m / n / ŋ (ng comme dans king) / r (roulé à la russe) / ɽ (r rétroflexe) / l / h (fortement expiré ; en finale après une voyelle il allonge la voyelle et est peu prononcé), x (x russe, j espagnol) / k / ʔ (arrêt glotal) / ƙ (k expiré) / g / s / ʃ (ch dans chat) / ʧ (tch dans tchèque) / ƭ (t expiré) / (t mouillé, ть russe) / ʦ (ts dans tsar) / (tl) / d / ʤ (dj dans djinn) / ʣ / z / ð (th anglais dans the) / ʒ (j dans joue) / j (y dans yeux) / w (w dans wapiti)
Voyelles : a / i / o / ø (eu dans heureux) / u (ou dans loup) / y (u dans rue) / ɛ (è dans très) / e (é dans été) / ɛ̆ (èï dans treille) / ŏ (oï dans Tolst) / ă (aï dans bail) / (a long) / ɛː (è long) / ãŋ (ang dans gang) / õŋ (ong dans gong) / я (ia dans piano) / ə (e bref, shewa)

------- Anna Karénine. Tolstoï. 4ème partie. Traduction en français. ------
Les Karérine continuèrent à vivre sous le même toit, à se rencontrer chaque jour, et à rester complètement étrangers l'un à l'autre. Alexis Alexandrovitch se faisait un devoir d'éviter les commentaires des domestiques en se montrant avec sa femme, mais il dînait rarement chez lui. Wronsky ne paraissait jamais: Anna le rencontrait dehors, et son mari le savait.


Ana Karenin / Tolstŏ / rhauʃø ʒɛn / ry-l segjɛm
wɛ̆ Kareninu モa băda ikɛr-ɛr ød ewe aʃamя ʃaweni ƥasmae we ikwaeni wahnãŋ kyntя iti we wehɛmte / unda ny øʃni ʣum я Aleksi Aleksandrowiʧ băɛmtu-ɛf rymenehu obta we gje tɽø ʦawɛŋя øʃni-r tawɛnme / neheh Wronski peʃɛd ƥan Ana lau øʃ ƥasmae nun kynɛð jaːh /


Tous les trois souffraient d'une situation qui eût été intolérable si chacun d'eux ne l'avait jugée transitoire. Alexis Alexandrovitch s'attendait à voir cette belle passion prendre fin, comme toute chose en ce monde, avant que son honneur fût ostensiblement entaché; Anna, la cause de tout le mal, et sur qui les conséquences en pesaient cruellement, n'acceptait sa position que dans la conviction d'un dénouement prochain. Quant à Wronsky, il avait fini par croire comme elle.

wĕ să モa ʦe ʦŏmanʒi rhɛːh nih ɛxaː ʃaweni ʦăapʤa ge gaːm tu melɛŋɛl / karpa tehumdeя kjaʔ mɛmƭɛ Aleksi Aleksandrowiʧ モa umahe le panʤi ƥan ŏxiba-ɛf tɛx kynta nan ɛːf atu we teh we hramne / tame haram tu セat ki ikarя ƥan ɛ̆ʃt kynta uŋku nun セeni ʒeu xamŋaя umebɛm ɛːf Ana gaːm-ɛセ ɛpʤe / Wronski meʃa ɛセ nan waʒa w otɛʃtu /

Vers le milieu de l'hiver, Wronsky eut une semaine ennuyeuse à traverser. Il fut chargé de montrer Pétersbourg à un prince étranger, et cet honneur, que lui valurent son irréprochable tenue et sa connaissance des langues étrangères, lui parut fastidieux. Le prince voulait être à même de répondre aux questions qui lui seraient adressées au retour sur son voyage, et profiter cependant des plaisirs spécialement russes. Il fallait donc l'instruire le matin et l'amuser le soir. Or ce prince jouissait d'une santé exceptionnelle, même pour un prince, et il était arrivé, grâce à des soins minutieusement hygiéniques de sa personne, à supporter des fatigues excessives, tout en restant frais comme un concombre hollandais, vert et luisant. Il avait beaucoup voyagé, et l'avantage incontestable qu'il reconnaissait aux facilités de communication modernes, était de pouvoir s'amuser de façons variées. En Espagne, il avait donné des sérénades, courtisé des Espagnoles, et joué de la mandoline; en Suisse, il avait chassé le chamois; en Angleterre, sauté des haies en habit rouge et parié de tuer 200 faisans; en Turquie, il avait pénétré dans un harem; aux Indes, il s'était promené sur des éléphants, et maintenant il tenait à connaître les plaisirs de la Russie.

moセ-ɛf ʦelit ʧirkɛm wɛ̆ Wronski eni săʃam muhndje / utjei øgɛn waðă eni petɛrsburg ʣum gɛn øʃ løle nun kɛstehu dyl ny yru waðă mɛƙ tu gɛn-axam-ɛf karpa le øʃni ta-muhndje faセ / øgɛn モa arwat øʃni semɛセ-øʃ-ɛl oftamte tu sosdɛ gɛn osdamu ʣaセ ew afgendu we ʧɛrmo libu ordя rasɛktax ihe w aza / sŏ xɛ̆ mŏʒɛt ørɛn ewe tŏt gaːh ew ølø / fe øgɛn ƥan øgɛn tu jɛt ɛːf gipa ta-dɽu-ta-dɽu ihe nun øʃni johu faðabя ătapte я mɛʃa ɛb kikerax ajɛg øsãŋ nan esesɛm iti я ŋelu posɛʧ rapta we gje / ãŋwe oftɛmte nun ʃɛ̆ ʒinʒi lɛm-ɛf sapu tu lameh セat-セat mɛƙ ƥan aru waʣad я engaːh we モɛm / ʃpan-ɛr mɛʃa sesɛrmetu dă ʤă-ʃpanxa mame lipuh ʃegje / wizra-r sõŋʃa søpɛ / inɛg-ɛr sakモa orlɛg ge-moʒя ɛ̆ƭehu ŋɛʃ musemenɛz ðă-ʃɛː orʃ ewe tɽaʔ / tyrɛk-ɛr ʤăba-l ɛrɛm / warʃa-r bundami ɛŋɛr sɛmsɛm / netremenu rasɛk-ɛf libu mɛƙ ew aza /

------- Points à illustrer ----------------
1. Grandes caractéristiques :
• L'emplacement des éléments est toujours temporalité+SOV, y compris dans les relatives et les subordonnées.
• Césures de phrases et de propositions : le ry ne possède pas de ponctuation, excepté une césure finale marquée ici par /. Les pauses (équivalant aux virgules et points-virgules) se font naturellement après chaque particule (temps, condition, cause, ergatif, relative, etc.) puisque l'ordre des mots est à peu près l'inverse du français (groupe nominal + postposition).

2. Stratégies de traduction :
• Les noms de personnes sont translittérés au plus près de l'original. Certaines lettres n'existent pas ; le v par exemple devient w. Les noms de pays, en revanche, ont leur écriture propre (ex : wizra pour Suisse). Le ry est destiné à avoir (un jour) sa propre écriture qui ne comportera pas de majuscule mais les noms propres seront accompagnés à l'écrit d'un signe honorifique que j'ai rendu ici par une majuscule.
• Constructions infinitives : la racine verbale est invariable, le temps étant marqué sur le sujet ou le pronom personnel. Il n'y a donc pas de différences majeures entre une construction infinitive ou non.
• Expression des temps : le ry comporte 4 temps (passé, présent, futur, narratif) et est une langue extrêmement contextuelle. Ici le texte est évidemment au narratif. Le passé n'est employé que dans les propositions antérieures à celle de la narration. Le conditionnel est noté par un futur (action postérieure). D'une manière générale, le temps n'est indiqué que s'il est différent de celui de la proposition principale de la phrase précédente.
• Eléments sous-entendus : le ry est très économe tant au niveau vocabulaire que syntaxique. Les articles ne sont jamais indiqué sauf absolue nécessité ; il en est de même pour les adjectifs possessifs. Pronoms personnels et indications temporelles ne sont indiqués que si différents de la phrase précédente.

3. Difficultés contournées : Certaines structures de phrase ont été modifiées même si le ry accepte volontiers les propositions imbriquées.

4. Vocabulaire :
• Le ry étant une langue a priori, j'ai créé le vocabulaire nécessaire. J'ai utilisé des redoublements typiques, par exemple avec ta-dɽu-ta-dɽu (litt. très-bon-très-bon) pour traduire "exceptionnelle" bien que le mot haledje ("doué d'exception") existe. Mais j'ai trouvé la première solution plus poétique. De même, j'ai traduit "incontestable" par セat-セat (litt : sûr-sûr).
• L'emploi de tiret indique que dans le conscript final, certains mots seront accolés à d'autres (adjectif possessif, particule relative utilisée pour former le participe passé, certaines postpositions).

Voici le détail explicatif du premier paragraphe (les autres suivront plus tard ...) :

------- Anna Karénine. Tolstoï. 4ème partie. Traduction en français. ------
Les Karérine continuèrent à vivre sous le même toit, à se rencontrer chaque jour, et à rester complètement étrangers l'un à l'autre. Alexis Alexandrovitch se faisait un devoir d'éviter les commentaires des domestiques en se montrant avec sa femme, mais il dînait rarement chez lui. Wronsky ne paraissait jamais: Anna le rencontrait dehors, et son mari le savait.


Ana Karenin / Tolstŏ / rhauʃø ʒɛn / ry-l segjɛm
wɛ̆ Kareninu モa băda ikɛr-ɛr ød ewe aʃamя ʃaweni ƥasmae we ikwaeni wahnãŋ kyntя iti we wehɛmte / unda ny øʃni ʣum я Aleksi Aleksandrowiʧ băɛmtu-ɛf rymenehu obta we gje tɽø ʦawɛŋя øʃni-r tawɛnme / neheh Wronski peʃɛd ƥan Ana lau øʃ ƥasmae nun kynɛð jaːh /


[Ana Karenin / Tolstŏ] / [rhauʃø ʒɛn] / [ry-l segjɛm]
[Anna Karénine - Tolstoï / quatrième partie / ry en-vers traduire]

· [Ana Karenin / Tolstŏ] - noms propres écrits phonétiquement au plus proche de l'original. La majuscule équivaut à une marque honorifique qui sera noté dans le futur conscript par un signe spécial, sans doute diacritique.
· [rhauʃø ʒɛn] - rhauʃø : quatrième (rhau = 4 + ʃø = suffixe ordinal) / ʒɛn : chapitre, partie.
· [ry-l segjɛm] - ry : langue, langage (ici, le nom même de la langue) / l : dans, en, vers (notion de mouvement, de transformation) / segjɛm : traduire, traduction.

[wɛ̆ Kareninu モa] [băda ikɛr-ɛr ød ewe] [aʃamя ʃaweni ƥasmae we] [ikwaeni wahnãŋ kyntя iti we wehɛmte]
[narratif Karénine-pluriel ergatif] [maison même dans vivre connecteur] [quotidiennement réflexif rencontrer connecteur] [l'un-pour-l'autre étranger totalement rester connecteur continuer]

· [wɛ̆ Kareninu モa] - wɛ̆ : particule temporelle narrative (s'applique à tous les verbes de cette phrase et des suivantes tant que n'est pas notée une autre indication temporelle) / Kareninu : u = marque du pluriel / モa : ergatif (l'ergatif est facultatif. Il est utilisé pour aider, si nécessaire, à la compréhension de la phrase. Il ne s'applique qu'au verbe principal, ici wehɛmte [continuer]). Il a ici également un rôle distributif.
· [băda ikɛr-ɛr ød ewe] - băda : maison / ikɛr : seul, même, unique / ɛr : dans (statique) / ød : vivre (tous les verbes sont invariables, la conjugaison se faisant par le biais de la particule ou du pronom temporel) - ewe : connecteur verbal (relie le verbe secondaire au verbe principal), ici il marque une pause et renvoie au verbe final.
· [aʃamя ʃaweni ƥasmae we] - aʃamя : quotidiennement = jour + я (suffixe adverbial) / ʃaweni : pronom attributif, 3è pers. pl. (placé devant le verbe, il en marque la forme réfléchie) / ƥasmae : rencontrer / we : connecteur verbal.
· [ikwaeni wahnãŋ kyntя iti we wehɛmte] - ikwaeni : l'un pour l'autre / wahnãŋ = étranger (wah = autre + nãŋ = nominalisateur - litt : celui qui est autre) / kyntя : totalement (kynt = total, complet + я = suffixe adverbial) / iti : rester, demeurer (verbe d'état statique) / we : connecteur verbal / wehɛmte : continuer (verbe principal relié à chaque verbe secondaire par le connecteur verbal).

[unda ny øʃni ʣum я] [Aleksi Aleksandrowiʧ] [băɛmtu-ɛf rymenehu] [obta we gje] [tɽø] [ʦawɛŋя øʃni-r tawɛnme]
[femme avec réflexif montrer participe-présent] [Alexi Alexandrovitch] [domestiques de commentaires] [éviter connecteur faire] [mais] [rarement chez-lui dîner]

· [unda ny øʃni ʣum я] - unda : épouse / ny : avec, en compagnie de / øʃni : pronom attributif, 3è pers. sg. (marque la forme réfléchie du verbe qui suit) / ʣum : montrer / я : particule instrumentale (marque ici le participe présent).
· [Aleksi Aleksandrowiʧ] - nom propre sujet (l'ergatif n'est pas noté car aucune confusion n'est possible, le sujet étant toujours le deuxième mot de la phrase [le premier, l'indicateur temporel, est ici en ellipse puisque identique à celui de la phrase précédente]).
· [băɛmtu-ɛf rymenehu] : băɛmtu : domestiques (litt : gens de maison) / ɛf : particule génitive / rumeneh : parole négative, médisance + u : pluriel.
· [obta we gje] - obta : éviter / we : connecteur verbal / gje : faire, faire en sorte.
· [tɽø] : mais (marque la césure entre les deux propositions).
· [ʦawɛŋя øʃni-r tawɛnme] - le temps et la personne, identiques à la proposition précédente, sont en ellipse / ʦawɛŋя : rarement (ʦawɛŋ = rare + forme adverbiale) / øʃni-r : chez lui (øʃni = pronom attributif, 3è pers. sg. + r : dans) / tawɛnme : dîner.

[neheh Wronski peʃɛd] [ƥan] [Ana lau øʃ ƥasmae] [nun] [kynɛð jaːh]
[jamais Wronski apparaître] [:] [Anna dehors lui rencontrer] [et] [mari savoir]

· [neheh Wronski peʃɛd] - neheh : jamais (négation, toujours en tête de phrase) / Wronski : sujet / peʃɛd : (ap)paraître.
· [ƥan] : particule appositive. Ici, utilisée seule, elle a une fonction explicative équivalant aux deux points.
· [Ana lau øʃ ƥasmae] - Ana : sujet / lau : dehors, hors de / øʃ : pronom personnel 3è pers. sg. / ƥasmae : rencontrer.
· [nun] : et (entre deux propositions).
· [kynɛð jaːh] : kynɛð : mari (adjectif possessif sous-entendu) / jaːh : savoir.

Tous les trois souffraient d'une situation qui eût été intolérable si chacun d'eux ne l'avait jugée transitoire. Alexis Alexandrovitch s'attendait à voir cette belle passion prendre fin, comme toute chose en ce monde, avant que son honneur fût ostensiblement entaché; Anna, la cause de tout le mal, et sur qui les conséquences en pesaient cruellement, n'acceptait sa position que dans la conviction d'un dénouement prochain. Quant à Wronsky, il avait fini par croire comme elle.

wĕ să モa ʦe ʦŏmanʒi rhɛːh nih ɛxaː ʃaweni ʦăapʤa ge gaːm tu melɛŋɛl / karpa tehumdeя kjaʔ mɛmƭɛ Aleksi Aleksandrowiʧ モa umahe le panʤi ƥan ŏxiba-ɛf tɛx kynta nan ɛːf atu we teh we hramne / tame haram tu セat ki ikarя ƥan ɛ̆ʃt kynta uŋku nun セeni ʒeu xamŋaя umebɛm ɛːf Ana gaːm-ɛセ ɛpʤe / Wronski meʃa ɛセ nan waʒa w otɛʃtu /

[wĕ să モa] [ʦe ʦŏmanʒi rhɛːh nih] [ɛxaː ʃaweni ʦăapʤa] [ge] [gaːm tu melɛŋɛl]
[narratif trois ergatif] [négation transitoire estimer si] [futur pour-eux intolérable] [relative] [situation par souffrir]

· [wĕ să モa] - wɛ̆ : particule temporelle narrative / : trois / モa : ergatif (marque le sujet du verbe principal melɛŋɛl).
· [ʦe ʦŏmanʒi rhɛːh nih] - ʦe : négation du verbe rhɛːh / ʦŏmanʒi : transitoire, impermanent / rhɛːh : estimer, juger, considérer / nih : si.
· [ɛxaː ʃaweni ʦăapʤa] - ɛxaː : pronom temporel futur/conditionnel 3è pers. sg. inanimé (se réfère à gaːm) / ʃaweni : pour eux (pronom attributif 3è pers. pl. animé) / ʦăapʤa : intolérable, insupportable.
· [ge] : particule relative (relie le substantif gaːm à la proposition précédente).
· [gaːm tu melɛŋɛl] - gaːm : situation / tu : par, du fait de / melɛŋɛl : souffrir.

[karpa tehumdeя kjaʔ mɛmƭɛ] [Aleksi Aleksandrowiʧ モa] [umahe le panʤi] [ƥan ŏxiba-ɛf tɛx kynta nan ɛːf] [atu we teh we hramne]
[honneur évidemment souillé avant-que] [Alexi Alexandrovitch ergatif] [passion cette beau] [monde de chose tout comme] [finir connecteur voir connecteur s'attendre-à]

· [karpa tehumdeя kjaʔ mɛmƭɛ] - karpa : honneur / tehumde : évident, manifeste + я : adverbe / kjaʔ : souillé, sali, entaché / mɛmte : avant que.
· [Aleksi Aleksandrowiʧ モa] - sujet + ergatif.
· [umahe le panʤi] - umahe : passion / le : démonstratif (se place au plus près du nom) / panʤi : beau, belle.
· [ƥan ŏxiba-ɛf tɛx kynta nan ɛːf] - ƥan … ɛːf : particule appositive et génitif long qui encadrent une apposition reliée au verbe atu / ŏxiba : monde / ɛf : génitif / tex : chose / kynta : tout / nan : comme.
· [atu we teh we hramne] - atu : finir / we : connecteur verbal / teh : voir / connecteur / hramne : s'attendre à, se préparer à (notion d'imminence).

[tame haram tu セat ki ikarя] [ƥan ɛ̆ʃt kynta uŋku nun セeni ʒeu xamŋaя umebɛm ɛːf] [Ana gaːm-ɛセ ɛpʤe][fin proche de sûr parce-que seulement] [mal tout source et pour-qui conséquences cruellement peser] [Anna position sa accepter]

· [tame haram tu セat ki ikarя] - tame : fin / haram : proche, imminent / tu : de, du fait de / セat : sûr(e) / ki : parce que (subordonnée causale) / ikarя : seulement.
· [ƥan ɛ̆ʃt kynta uŋku nun セeni ʒeu xamŋaя umebɛm ɛːf] - ƥan … ɛːf : apposition (à Ana) / ɛ̆ʃt : mal, mauvais / kynta : tout / (ellipse du génitif) / uŋku : cause, source / nun : et / セeni : pour elle (pronom attributif 3è pers. sg. fém.) / ʒe : conséquence + u : pluriel / xamŋa : cruel + я : adverbe / umebɛm : peser, influer]
· [Ana gaːm-ɛセ ɛpʤe] - Ana (sujet du verbe principal - ellipse de l'ergatif) / gaːm : position / ɛセ : pronom personnel 3è pers. sg. fém. / ɛpʤe : accepter, tolérer.

[Wronski meʃa] [ɛセ nan] [waʒa w otɛʃtu]
[Wronski passé] [elle comme] [croire connecteur finir]

· [Wronski meʃa] - Wronski : apposition directe au pronom temporel qui suit / meʃa : pronom temporel 3è pers. sg. masc. passé (lié au verbe principal otɛʃtu).
· [ɛセ nan] - ɛセ : elle (pr. pers. 3è pers. sg. fém.) / nan : comme.
· [waʒa w otɛʃtu] - waʒa : croire / w : connecteur verbal / otɛʃtu : finir par, en arriver à.

Vers le milieu de l'hiver, Wronsky eut une semaine ennuyeuse à traverser. Il fut chargé de montrer Pétersbourg à un prince étranger, et cet honneur, que lui valurent son irréprochable tenue et sa connaissance des langues étrangères, lui parut fastidieux. Le prince voulait être à même de répondre aux questions qui lui seraient adressées au retour sur son voyage, et profiter cependant des plaisirs spécialement russes. Il fallait donc l'instruire le matin et l'amuser le soir. Or ce prince jouissait d'une santé exceptionnelle, même pour un prince, et il était arrivé, grâce à des soins minutieusement hygiéniques de sa personne, à supporter des fatigues excessives, tout en restant frais comme un concombre hollandais, vert et luisant. Il avait beaucoup voyagé, et l'avantage incontestable qu'il reconnaissait aux facilités de communication modernes, était de pouvoir s'amuser de façons variées. En Espagne, il avait donné des sérénades, courtisé des Espagnoles, et joué de la mandoline; en Suisse, il avait chassé le chamois; en Angleterre, sauté des haies en habit rouge et parié de tuer 200 faisans; en Turquie, il avait pénétré dans un harem; aux Indes, il s'était promené sur des éléphants, et maintenant il tenait à connaître les plaisirs de la Russie.

moセ-ɛf ʦelit ʧirkɛm wɛ̆ Wronski eni săʃam muhndje / utjei øgɛn waðă eni petɛrsburg ʣum gɛn øʃ løle nun kɛstehu dyl ny yru waðă mɛƙ tu gɛn-axam-ɛf karpa le øʃni ta-muhndje faセ / øgɛn モa arwat øʃni semɛセ-øʃ-ɛl oftamte tu sosdɛ gɛn osdamu ʣaセ ew afgendu we ʧɛrmo libu ordя rasɛktax ihe w aza / sŏ xɛ̆ mŏʒɛt ørɛn ewe tŏt gaːh ew ølø / fe øgɛn ƥan øgɛn tu jɛt ɛːf gipa ta-dɽu-ta-dɽu ihe nun øʃni johu faðabя ătapte я mɛʃa ɛb kikerax ajɛg øsãŋ nan esesɛm iti я ŋelu posɛʧ rapta we gje / ãŋwe oftɛmte nun ʃɛ̆ ʒinʒi lɛm-ɛf sapu tu lameh セat-セat mɛƙ ƥan aru waʣad я engaːh we モɛm / ʃpan-ɛr mɛʃa sesɛrmetu dă ʤă-ʃpanxa mame lipuh ʃegje / wizra-r sõŋʃa søpɛ / inɛg-ɛr sakモa orlɛg ge-moʒя ɛ̆ƭehu ŋɛʃ musemenɛz ðă-ʃɛː orʃ ewe tɽaʔ / tyrɛk-ɛr ʤăba-l ɛrɛm / warʃa-r bundami ɛŋɛr sɛmsɛm / netremenu rasɛk-ɛf libu mɛƙ ew aza /

[moセ-ɛf ʦelit ʧirkɛm] [wɛ̆ Wronski eni] [săʃam muhndje]
[hiver de milieu vers] [narratif Wronski pour] [semaine ennuyeux]

· [moセ-ɛf ʦelit ʧirkɛm] - moセ : hiver / ɛf : génitif / ʦelit : milieu / ʧirkɛm : environ, vers.
· [wɛ̆ Wronski eni] - wɛ̆ : particule temporelle narrative / Wronski eni : pour Wronski (attributif).
· [săʃam muhndje] - săʃam : semaine (litt : 7 jours) / muhn : ennui + dje : doté de.

[utjei] [øgɛn waðă eni petɛrsburg ʣum gɛn] [øʃ løle] [nun] [kɛstehu dyl ny yru waðă mɛƙ tu gɛn-axam-ɛf karpa le] [øʃni ta-muhndje faセ]
[on] [prince étranger à Petersbourg montrer que] [lui charger] [et] [vêtements impeccable et langues étranger connaître de obtenu honneur ce] [à-lui très-ennuyeux sembler]

· [utjei] - pronom temporel indéfini narratif (fonction sujet du verbe løle).
· [øgɛn waðă eni petɛrsburg ʣum gɛn] - øgɛn : prince / waðă : étranger (adj) / eni : à (attributif) / petɛrsburg : seuls les noms de personnes sont marqués d'une majuscule qui note un signe honorifique / ʣum : montrer / gɛn : particule relative (relie la proposition à øʃ).
· [øʃ løle] - øʃ : pr. pers. 3è pers. sg. masc. / løle : charger.
· [kɛstehu dyl ny yru waðă mɛƙ tu gɛn-axam-ɛf karpa le] - kɛstehu : vêtements / dyl : parfait, irréprochable / ny : et (entre deux substantifs) / yru : langues (pl. irrégulier de ry) / waðă : étranger / gɛn-axam-ɛf : obtenu (gɛn : particule relative qui accolée au verbe forme le participe passé + axam : obtenir + ɛf : génitif) / karpa : honneur (sujet du verbe faセ) / le : démonstratif.
· [øʃni ta-muhndje faセ] - øʃni : à lui (pr. attributif 3è pers. sg. masc.) / ta-muhndje : fastidieux (ta : très + muhndje : ennuyeux) / faセ : sembler.

[øgɛn モa] [arwat øʃni semɛセ-øʃ-ɛl oftamte tu sosdɛ gɛn] [osdamu ʣaセ ew afgendu we] [ʧɛrmo] [libu ordя rasɛktax ihe w aza]
[prince ergatif] [on à-lui retour-son-à voyage à-propos questionner que] [questions répondre capable ] [cependant] [plaisir spécial russe profiter vouloir]

· [øgɛn モa] - øgɛn : prince (sujet du verbe principal aza) - モa : ergatif.
· [arwat øʃni semɛセ-øʃ-ɛl oftamte tu sosdɛ gɛn] - arwat : on (pr. temporel indéfini futur), sujet du verbe sosdɛ / øʃni : à lui (pr. attributif 3è pers. sg. masc.) / semɛセ-øʃ-ɛl : à son retour (semɛセ : retour + øʃ : pr. personnel 3è pers. sg. masc. [ici, fonction d'ajectif possessif] + ɛl : à (locatif avec mouvement) / sosdɛ : questionner, poser (une question) / gɛn : particule relative.
· [osdamu ʣaセ ew afgendu we] - osdam : question + u : pl. / ʣaセ : répondre / ew : connecteur verbal / afgendu : être capable / we : connecteur (avec le verbe principal aza).
· [libu ordя rasɛktax ihe w aza] - lib : plaisir + u : pl. / ord : spécial, particulier + я : adverbe / rasɛktax : russe / ihe : profiter, jouir de / w : connecteur / aza : vouloir (verbe principal).

[sŏ] [xɛ̆ mŏʒɛt ørɛn ewe] [tŏt gaːh ew ølø]
[donc] [il matin instruire] [soir amuser falloir]

· [xɛ̆ mŏʒɛt ørɛn ewe] - xɛ̆ : pr. temporel impersonnel narratif (fonction sujet du verbe ølø / mŏʒet : matin / ørɛn : instruire / ewe : connecteur.
· [tŏt gaːh ew ølø] - tŏt : soir / gaːh : amuser / ew : connecteur / ølø : falloir.

[fe] [øgɛn] [ƥan øgɛn tu jɛt ɛːf] [gipa ta-dɽu-ta-dɽu ihe] [nun] [øʃni johu faðabя ătapte я] [mɛʃa] [ɛb kikerax ajɛg øsãŋ nan esesɛm iti я] [ŋelu posɛʧ rapta we gje]
[or] [prince] [prince pour même] [santé exceptionnelle jouir] [et] [à-lui soins minutieusement hygiénique par] [il] [concombre hollandais vert luisant comme frais restant] [fatigues excessif supporter faire]

· [øgɛn] - prince (sujet du verbe ihe).
· [ƥan øgɛn tu jɛt ɛːf] - ƥan … ɛːf : apposition à gipa / øgɛn : prince / tu : pour, quant à / jɛt : même.
· [gipa ta-dɽu-ta-dɽu ihe] - gipa : santé / ta-dɽu-ta-dɽu : exceptionnel (ta : très + dɽu : bon) / ihe : jouir de.
· [øʃni johu faðabя ătapte я] - øʃni : envers lui (pr. attributif) / johu : soins (pl. irr. de hjo) / faðab : minutieux, soigneux + я : adverbe / ătapte : hygiénique / я : par (instrumental).
· [mɛʃa] - il (pr. temporel passé), sujet du verbe principal gje.
· [ɛb kikerax ajɛg øsãŋ nan esesɛm iti я] - ɛb : concombre / kikerax : hollandais / ajɛg : vert / øsãŋ : luisant, brillant / nan : comme / esesɛm : frais, dispos / iti я : restant (iti : rester + я : participe présent).
· [ŋelu posɛʧ rapta we gje] - ŋel : fatigue + u : pl. / posɛʧ : excessif / rapta : supporter, endurer / we : connecteur / gje : faire en sorte.

[ãŋwe oftɛmte] [nun] [ʃɛ̆ ʒinʒi lɛm-ɛf sapu tu lameh セat-セat mɛƙ] [ƥan] [aru waʣad я engaːh we モɛm][beaucoup voyager] [et] [il moderne communication de facilités envers avantage incontestable reconnaître] [:] [façons varié par s'amuser pouvoir]

· [ãŋwe oftɛmte] - ãŋwe : beaucoup / oftɛmte : voyager.
· [ʃɛ̆ ʒinʒi lɛm-ɛf sapu tu lameh セat-セat mɛƙ] - ʃɛ̆ : pr. temp. narratif (changement de temps par rapport à la proposition précédente) / ʒinʒi : moderne / lɛm : communication / ɛf : génitif / sap : facilité + u : pl. / tu : envers, à propos de / lameh : avantage / セat-セat : incontestable (litt : sûr-sûr) / mɛƙ: (re)connaître.
· [ƥan] : particule appositive à fonction explicative, équivaut aux deux points.
· [aru waʣad я engaːh we モɛm] - aru : façons (pl. irr. de ra) / waʣad : varié, divers / я : par (instrumental) / engaːh : s'amuser / we :connecteur / モɛm : pouvoir.

[ʃpan-ɛr] [mɛʃa sesɛrmetu dă] [ʤă-ʃpanxa mame] [lipuh ʃegje][Espagne en] [il sérénade donner] [Espagnole courtiser] [mandoline jouer]

· [ʃpan-ɛr] - ʃpan : Espagne - ɛr : dans (placé avant le pr. temporel, prend un rôle distributif et s'appliquer à propositions suivantes).
· [mɛʃa sesɛrmetu dă] - mɛʃa : pr. temporel 3è pers. sg. masc. passé / sesɛrmetu : sérénade / : donner, offrir.
· [ʤă-ʃpanxa mame] - ʤă-ʃpanxa : Espagnol (ʤă = préfixe féminin) / mame : courtiser.
· [lipuh ʃegje] - lipuh : mandoline : ʃegje : jouer de la musique (litt : faire musique).

[wizra-r sõŋʃa søpɛ] [Suisse en chamois chasser]

[inɛg-ɛr] [sakモa orlɛg ge-moʒя] [ɛ̆ƭehu ŋɛʃ] [musemenɛz ðă-ʃɛː orʃ ewe tɽaʔ][Angleterre en] [tenue rouge portant] [haies sauter] [faisan 200 tuer parier]

· [sakモa orlɛg ge-moʒя] - sakモa : vêtement, tenue / orlɛg : rouge / ge-moʒя : portant, en étant habille (ge : préfixe participe passé + moʒ : habiller = être habille + я : participe présent).
· [ɛ̆ƭehu ŋɛʃ] - ɛ̆ƭehu : haies / ŋɛʃ : sauter.
· [musemenɛz ðă-ʃɛː orʃ ewe tɽaʔ] : musemenɛz : faisan / ðă-ʃɛː : 200 / orʃ : tuer / ewe : connecteur verbal / tɽaʔ : parier, miser.

[tyrɛk-ɛr ʤăba-l ɛrɛm] [Turquie en harem dans entrer]

[warʃa-r bundami ɛŋɛr sɛmsɛm] [Inde en éléphant sur se-promener]
· sɛmsɛm : se promener (litt : aller-aller).

[netremenu rasɛk-ɛf libu mɛƙ ew aza] [maintenant Russie de plaisirs connaître vouloir]

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MessageSujet: Re: Anna Karénine   Jeu 9 Déc 2010 - 23:22

Nemszev a écrit:
J'ai oublié le ry, de rdo!
Rdo = Lal Behi, il me semble. Smile
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MessageSujet: Re: Anna Karénine   Dim 12 Déc 2010 - 13:00

Je vais m'y laisser tenter...

Donc, Esséntheamitea :

------- Anna Karénine. Tolstoï. 4ème partie. Traduction en français. ------
------- Ana Carenin. Tolsetoi. Elelie Gunó. Deolám aFransitea------

Les Karénine continuèrent à vivre sous le même toit, à se rencontrer chaque jour, et à rester complétement étrangers l'un à l'autre. Alexis Alexandrovitch se faisait un devoir d'éviter les commentaires des domestiques en se montrant avec sa femme, mais il dînait rarement chez lui. Wronsky ne paraissait jamais: Anna le rencontrait dehors, et son mari le savait.

Oelcareninés Tunaéi Aníé Ounólyomn Faé, Méalthéi Dumédhayouin, Yeoxunalloeliéi Faitea Taé Yeotaé. Aletsi-Aletsanderovishes Einularúyemei Túigé Remlá Daoiopitea Gunéaxon, Todthewoio Afpéitea OunóiolyenRonsecies Daopei Fadhayouin : Anaes Mealthéi Taioé Utilyen, Yeoveaes Aemei.

Tous les trois souffraient d'une situation qui eût été intolérable si chacun d'eux ne l'avait jugé transitoire. Alexis Alexandrovitch s'attendait à voir cette belle passion prendre fin, comme toute chose en ce monde, avant que son honneur fût ostensiblement entaché ; Anna, la cause de tout le mal, et sur qui les conséquences en pesaient cruellement, n'acceptait sa position que dans la conviction d'un dénouement prochain. Quant à Wronsky, il avait fini par croire comme elle.

Télie Faes Pénei Seanatunú, Aeshíes Xopélie, Thíoleatunúei Amezelie. Aletsi-Aletsanderovishes Thilei Agwoné'es Neferelie Améthei, Etiaeshítea Faelie AeshíesRémélyen, Edhiseliéi Cíoes Willeoitea ; Anaes, vílatunúei, Yeoidtaé Ulgiénes Íshelei Sampéítea, Réi Seaion Yintuitea Veanatunú Anes Séimelie.Ronsecies, Taes Améthitea Thilei Idtatiea


Vers le milieu de l'hiver, Wronsky eut une semaine ennuyeuse à traverser. Il fut chargé de montrer Pétersbourg à un prince étranger, et cet honneur, que lui valurent son irréprochable tenue et sa connaissance des langues étrangères, lui parut fastidieux. Le prince voulait être à même de répondre aux questions qui lui seraient adressées au retour sur son voyage, et profiter cependant des plaisirs spécialement russes. Il fallait donc l'instruire le matin et l'amuser le soir. Or ce prince jouissait d'une santé exceptionnelle, même pour un prince, et il était arrivé, grâce à des soins minutieusement hygiéniques de sa personne, à supporter des fatigues excessives, tout en restant frais comme un concombre hollandais, vert et luisant. Il avait beaucoup voyagé, et l'avantage incontestable qu'il reconnaissait aux facilités de communication modernes, était de pouvoir s'amuser de façons variées. En Espagne, il avait donné des sérénades, courtisé des Espagnoles, et joué de la mandoline; en Suisse, il avait chasssé le chamois; en Angleterre, sauté des haies en habit rouge et parié de tuer 200 faisans; en Turquie, il avait pénétré dans un harem; aux Indes, il s'était promené sur des éléphants, et maintenant il tenait à connaitre les plaisirs de la Russie.

Fuldúnaxolla, Ronsecies Meolon Ardasséliéi Yeovutréliéi. Adtaes Anoélpanei PeterzeburgéShóixel Xunalloelie, Yeoguleniamocion, Mizuelie Neyatunú Yeoaematunú Xunalloessénes, Adtaon Vultrélie (subjectif exprimant le pt de vue). Shón UrtiyameiAceles, Aeshíés Adtaé Esséneliéi, Baungoiouin Arneioles, Totdhoféi Gémolé Túyuatunúelie Russiaelie. Adtaé Aemei Debléaxolla Yeocoléaei Émazaxolla. TocgulienamoshóéDhoféi Limatunú Gumpenaneferelie (la meilleure), Tozshóé, Adtaes, Óilatunú Zopleatunúelie Sanitelie Adtaixel, Loénámonéi Táuné Ocilei, Ciolelieaxolla Acrinéatoeilte Ollandélie, Shéuelie Yeozuinelie. Arnelheil Adtaes, YeosidereiDoné Iyeatélie, Igúes Asetá Opelie, Aeshí Ticoléaeliéi Yémolatunú. Efpanialyen, Tiomhei, Railesei Inefpaniaé, Yeomendoséi ;Suislyen, Suyhei Shamé, Anegleterlyen, Umpéisei Alyonwos Tián'eyitea* Yeobuosei Gaeltes Adtátunú** Puinoié Raeolneuelie. Turcilyen,Inaisei GunocélyemnIndalyen, Ouléi Barélle, Yeorulidhayoaxolla Uraemei Gemolé Russiázol.

*Allongement compensatoire de *Tianneyitea
** Litt : Il avait parié sur la mort de 200 faisans par lui.

------- Points à illustrer ----------------
1. Grandes caractéristiques :
• Il n'y a pas de typologie, les éléments sont donc tous dans le désordre la plupart du temps
• L'ordre des suffixes est extrêmement important car suivant l'ordre, la fonction du mot change et un suffixe peut être lexical ou grammatical (bien qu'il n'y ait pas de différence notable).

2. Stratégies de traduction :
• J'ai translittéré comme possible les noms propres. Il est notable que tous les mots (donc les noms) commencent par une majuscule.
• Des périphrases, des coupes et des réinterprétations, mais j'ai conservé le sens assez correctement je pense?
• Il n'existe que trois temps : présent équivalent de l'imparfait mais peu utilisé, le passé marquant l'antériorité (utilisé dans la fin du texte) et l'aoriste, très utilisé car il est non marqué et peut donc théoriquement remplacer tous les temps. On peut remarqué que théoriquement tous les noms se conjuguent.
• La très forte utilisation du nom de reprise "Ta" comme équivalent des pronoms.

3. Difficultés contournées : Toutes les phrases verbales étaient difficiles, mais j'ai essayé de rendre autant que possible les formes. Le plus difficile était la voix passive, rendue par un nom, le suffixe essif et le suffixe prédicatif. (limité à quelques formation). Les adverbes de temps rendus comme possible. Les autres formations sont plutôt simples.

4. Vocabulaire :
• J'ai inventé tout le vocabulaire ou presque, car mon dictionnaire est limité pour le moment.
• Tous les mots sont des noms, même les verbes ne sont que des noms mis en prédicat (même pas des périphrases)

5. Remarques générales :
La plupart des mots sont très longs car les suffixes de trois syllabes sont courants et car on forme des mots par agglutination (dans le genre allemand ou Elko).
On peut aussi remarquer l'absence de mots courts, ce qui est la preuve du côté synthétique de mon horreur sémantique (si elle ressemblait pas à ça, je devrais m'en inquiéter)
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